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Ludwig van BEETHOVEN : Symphonies nos 1 et 6 « Pastorale », Symphonies nos 4 et 6 « Pastorale »

PAR Stéphane Friédérich | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 28 mars 2008
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Classica

NOUVEAUTE      

Chaque mois apporte son lot de parutions de symphonies de Beethoven. Systématiquement, c'est l'édition de la partition réalisée par Jonathan Del Mar qui est utilisée car elle présente des changements de tempos et des nuances qui ont interpellé bien des musiciens en dehors même des interprètes baroques comme Abbado, Barenboim et Rattle.

Les deux opus gravés par le chef finlandais, Osmo Vänskä, et sa formation américaine, l'Orchestre du Minnesota dont il est le directeur musical depuis 2003 sont de bonne facture. Les timbres sont agréables, mais passé la séduction des premières minutes, on se lasse des multiples éclairages qui ont perdu la vision d'ensemble du mouvement. C'est un paradoxe que de vouloir restaurer l'impulsion originelle de l'oeuvre et de n'aboutir qu'à un morcellement de la phrase musicale. Est-on bien certain que cette conception prévalait au Theater an der Wien de Beethoven ? Vänskä nous offre avec habileté et un sens très persuasif des couleurs, une succession d'événements. C'est d'ailleurs souvent bien amené. La dimension chambriste du second mouvement de la Première Symphonie est une réussite. Mais, ce côté digne d'une sérénade mozartienne avec des sonneries de cor joliment fruitées a vite fait de se « labelliser ». L'intérêt est par conséquent tempéré entre la qualité de la mise en place (superbe menuet), l'impeccable précision des pupitres parfaitement individualisés et une surenchère d'effets. Il est également curieux que dans le finale, les potentiomètres valorisent la dynamique des premiers violons alors que Vänskä a choisi d'en diminuer en nombre...

La masse sonore de ces mêmes violons apparaît plus resserrée encore dès l'introduction de la Symphonie « Pastorale ». Le son est minimaliste, concentré au milieu de l'orchestre et atténué dans les bois. Ce sont des ruptures incessantes de climats, des coups de projecteurs permanents qui nous distraient. Dans les deux mouvements suivants, la lecture est à nouveau plus fluide, rapide, mais charmeuse et spirituelle dans le troisième mouvement. L'orage revient à de justes proportions. C'est heureusement beaucoup mois décoratif et le lyrisme est contenu avec justesse. Les nuances sont respectées et le Finale se construit de manière humble presque à l'opposé de ce que l'on avait entendu dans le premier mouvement de l'oeuvre. En quarante minutes, l'unité de la partition s'est volatilisée, passant du baroque décoratif au préromantisme ! Sans remettre en cause la suprématie d'un Nikolaus Harnoncourt parmi les interprètes modernes, ni faire preuve d'une audace révolutionnaire, Osmo Vänskä présente une lecture brillante.

Après les Deuxième et Septième Symphonies, Gustav Kuhn et sa formation italienne nous offrent une Symphonie « Pastorale » qui est un modèle de probité, de clarté, d'équilibre. Mais, cela est-il suffisant pour interpeller l'auditeur qui a maintenant devant lui un choix considérable d'approches stylistiques ? Car Kuhn s'en tient à une version des plus classiques, ce que réalisaient la plupart des chefs entre les années 1960 et 1980. Rien ne dépasse, d'une aimable « Scène au ruisseau » jusqu'à un « Orage » contenu (sans trop de vent ni trop de grêle...). La Symphonie n° 4 est tout aussi suave, sans réel frémissement. Chacun prend plaisir à arrondir les fins de phrases, à évacuer tout élément théâtral sans prises de risques. Contrairement au précédent volume, celui-ci paraît beaucoup plus neutre.

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