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LUDWIG van BEETHOVEN
Sonates pour piano op. 10 n° 1, 2 et 3 - Pastorale, op. 28 - Op. 49 n° 1 et n° 2 - Adieux, op. 81a - Op. 109, Op. 110, Op. 111

PAR Stéphan Vincent-Lancrin | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 7 août 2008
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Classica

Paul Lewis (piano)

Harmonia Mundi 3 CD HMC901909.11. 2005-2007. 3 h 04'

NOUVEAUTE      

Prise de son un peu trop r

La note de Classica :

Avec ce quatrième volume de son intégrale des Sonates pour piano de Beethoven, Paul Lewis passionne sans toujours emporter une totale adhésion. Lewis a d'évidentes affinités avec Brendel, notamment en termes de recherches sonores. Paul Lewis affectionne un piano aux registres très contrastés, avec des basses très (voire trop) éloignées des aigus, et, comme Brendel, possède une sonorité fondue, nimbée, très joliment projetée et chantante, produite avec un usage abondant et très sophistiqué des pédales. À vrai dire, le pianiste anglais va encore plus loin dans la sophistication sonore, au point de gommer les aspérités et violences voulues de l'écriture beethovénienne. On le ressent fortement dans les dernières sonates, beaucoup moins tendues qu'à l'accoutumée (en particulier les troisièmes mouvements des Opus 109 et 110, et le premier de l'Opus 111, qui commence de manière relativement tendue avant de nous promener dans de verts pâturages). Le pianiste anime la musique dans un cadre rythmique assez strict, en marquant les contrastes de dynamique et de registre et en s'attachant particulièrement aux transitions. Il convainc ainsi totalement dans les oppositions de registres et les dialogues entre voix, mais sa conduite mélodique très décontractée ou très apprêtée (il en fait ainsi un peu trop dans le deuxième mouvement de l'Opus 111), quoique séduisante par sa pure beauté sonore, reste finalement assez désincarnée. La conduite frappe par son contrôle absolu, d'une précision chirurgicale, donnant parfois le sentiment d'être dans le laboratoire d'un grand chef cuisinant à l'azote. À moins qu'il s'agisse d'un understatement tout à fait british des effusions romantiques ? Si elles sont peu subjectives, au sens romantique du terme, ces interprétations n'en sont pas moins très personnelles : il est finalement assez rare que l'on aborde les dernières œuvres de Beethoven comme des études sonores, ou, plus précisément, en niant l'idée d'une différence avec ses premières.

Les premières sonates sont en fait des réussites, avec une Pastorale exceptionnelle, et très adaptée à son style étant donné la prévalence des nuances piano, ou encore des sonates « faciles » ou de jeunesse passionnantes. Mais il nous manque parfois un peu d'éloquence et de lyrisme dans Les Adieux et les dernières sonates, interprétées dans le même esprit classique : Beethoven nous y parle finalement davantage lorsque la musique semble craquer de toute part et nous parler d'autre chose que de la beauté de sa facture. Lewis nous offre cependant du beau piano et une vision intéressante de Beethoven, apportant quelque chose de neuf à la monumentale discographie des sonates de Beethoven (la note reflétant une moyenne). Pour commencer, Kovacevich (EMI) reste prioritaire.

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