Krzysztof PENDERECKI, Symphonie n° 8 « Lieder des Vergänglichkeit ». Dies Irae. Aus den Psalmen Davids
Solistes, Orchestre philharmonique et Choeur national de Varsovie, Antoni Wit
Naxos 8.5570450 (Abeille). 2003. 73'
NOUVEAUTE_PREMIERE
Manque de transparence et de pr

Naxos poursuit sa passionnante série Penderecki dirigée par Antoni Wit. Malgré le nombre d'enregistrements déjà disponibles de certaines oeuvres, chaque volume a vocation à devenir une référence grâce à la qualité de l'interprétation proposée par ces équipes polonaises. Ce fut notamment le cas de la Passion selon saint-Luc, du Requiem Polonais, des Concertos pour violon ou de la Symphonie n° 7 « Les Sept Portes de Jérusalem », distingués dans ces colonnes et qui sont autant de classiques de notre temps.
La Symphonie n° 8 , « Lieder des Vergänglichkeit » (« Chants de l'éphémère ») est enregistrée en première mondiale, avec toujours autant de brio du côté de l'orchestre et du choeur, particulièrement sollicités. Cette symphonie fut donnée en France en 2006, un an après son achèvement, sous la direction du compositeur, lors du Festival Présence que Radio-France lui avait consacré (voir notre n° 79).
En 12 mouvements de durée très inégale, la Symphonie n° 8 alterne, dans un style proche de l'oratorio, les passages choraux et les interventions solistes (soprano, mezzo-soprano et baryton). La qualité de l'inspiration constamment renouvelée, la science des transitions et des développements, la lucidité face aux procédés mis en oeuvre, les effets toujours contrastés, la maturité de l'écriture vocale (qui ne cache pas une influence wagnérienne bien digérée), tout cela est le travail d'un maître en pleine possession de ses moyens.
L'écriture symphonique de Penderecki, spectaculaire mais finalement assez limitée dans sa tentative de fondre les idiomes hérités de Chostakovitch dans la grande forme brucknérienne, avait montré ses limites dans les Symphonies nos 2 à 5. Les deux symphonies les plus récentes, les nos 7 et 8 (la 6e est un « work in progress » inachevé), illustrent mieux la volonté du compositeur d'« unification de tout ce qui a été » pour créer un langage synthétique et universel.
Dans les « Chants de l'éphémère », celle-ci prend en outre une valeur testamentaire. Ce sous-titre souligne l'hommage à la poésie allemande : Penderecki a choisi de mettre en musique des textes de Goethe, von Arnim, Rilke, Krauss, Hesse ou von Eichendorff évoquant l'aspiration à la vie éternelle et une forme rédemptrice de communion avec la nature. Cette symphonie au dessein élevé est l'une des plus achevées de son auteur.
En complément de ce disque au minutage généreux, on trouvera deux autres partitions emblématiques du parcours de Penderecki. Les Psaumes de David d'inspiration post-stravinskienne lui ont permis, en 1959, de remporter deuxième Concours de Varsovie organisé par l'Union des compositeurs polonais et démarrer une brillante carrière. Presque dix ans plus tard, le Dies Iræ à la mémoire des victimes d'Auschwitz était l'oeuvre d'un maître, qui, avec Fluorescences, le Premier Quatuor à cordes ou la Passion selon saint-Luc, composés à la même période, imposait sa voie à l'avant-garde européenne.
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