Johann STRAUSS II : Jabuka
Thomas Tischler (Mirko), Wolfgang Veith (Vasil), Michael Schober (Mischa), Veronika Groiss (Jelka), Elisabeth Wolfbauer (Petrija et Annita), Choeur Gaudeamus de Brno, Orchestre europ
Naxos 2 CD 8.660216-17 (Abeille). 2005-2007. 2 h 18'
NOUVEAUTE
Clinquant et assez agressif dans les forte.

Le présent enregistrement est une première mondiale, qui vise à donner une seconde chance à cette oeuvre, laquelle ne s'est jamais relevée du mauvais accueil de la critique et de la cinglante remarque de Brahms lors de la création en 1894. Mais on ne peut franchement pas parler de réussite. La première raison est un livret inepte, dont l'action faussement naïve n'a ni queue ni tête, et qu'on a toutes les peines du monde à suivre (défaut encore renforcé par l'absence de texte chanté). La seconde raison tient à la faiblesse de la musique : on regrette de l'écrire, mais le roi de la valse n'était guère inspiré au moment d'écrire cette Jabuka. Les mélodies sont plates et répétitives, et l'ennui pointe vite face au manque de créativité. Ce n'est pas l'orchestration qui aide à relever l'intérêt : il faut déplorer un abus systématique de caisse claire et de piccolo à la moindre occasion, ce qui est passablement agaçant et sent un peu trop le travail bâclé. Seuls quelques morceaux émergent : le duo entre Annita et Vasil au deuxième acte, d'une belle facture, et le final du même acte, avec un choeur de jeunes filles très réussi.
Pour transcender les faiblesses de l'oeuvre, il eut fallu une interprétation sans faille. C'est loin d'être le cas. Les chanteurs ne nous épargnent aucun des clichés sur les mauvaises habitudes de l'opérette : éternuements au milieu d'une phrase, abus de parlando, accent viennois forcé, « rrrr » grasseyants à souhait ... un catalogue de tout ce qu'il faut éviter dans ce répertoire et qui fait sombrer toute l'entreprise dans le kitsch le plus rebutant. Seul le ténor Thomas Tischler, dans le rôle de Mischa, parvient à tirer son épingle du jeu grâce à un timbre séduisant et une émission droite. Si on ajoute à la médiocrité des voix un orchestre atone et un choeur incertain, on obtient un résultat globalement très peu engageant.
Heureusement, Johann Strauss, bien conscient des faiblesses de l'oeuvre, en a sauvé les plus belles mélodies et les a arrangées pour orchestre sous forme de marches, polkas, valses, etc. Le résultat, plus honorable, est enregistré à la suite de l'opérette et fait monter la note du coffret d'un point.
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