Stefano Bollani (piano), Filarmonica 900 du Th
NOUVEAUTE STEREO DDD 
Superbe restitution de l'atmosph
Notice 

Rares sont les lectures d’œuvres symphoniques de Poulenc qui semblent d’emblée aussi naturelles. Est-ce l’absence de prétention de l’orchestre, cette atmosphère désuète qui convient si bien à ces pages ou bien la connaissance remarquable de ce répertoire par le chef anglais (ses prestations dans la musique française avec l’Orchestre philharmonique de Strasbourg dont il fut le directeur musical restent dans les mémoires) ? D’un bout à l’autre des Animaux modèles, chacun semble vouloir traduire avec sincérité le chant et le lyrisme de l’écriture de Poulenc. Le résultat est pétillant d’intelligence, de saveurs, de clarté. Jan Latham-Koenig joue sur les changements d’atmosphères, les parfums et la délicatesse des impressions d’avant-guerre. Il y a beaucoup d’esprit et heureusement aucune « naphtaline » dans cette lecture habillée par la sonorité ronde et chaleureuse des cordes. L’Ours et les deux compagnons passe ainsi successivement de la musique de chambre, d’une complicité intimiste entre les pupitres au lyrisme d’un orchestre symphonique. Dans ce bain de jouvence, Poulenc se fiche de tout le monde, raille aussi bien l’élégance bourgeoise dont il est issu que la trivialité de la fête populaire. Il y a du Guitry dans cette musique délicieusement bavarde. Ailleurs, dans le Lion Amoureux, par exemple, les couleurs si proches du cabaret sont joliment trouvées par les solistes. Les Deux Coqs tranchent avec un persiflage bien amené et qui rappelle le jeune Chostakovitch. Le Repas de midi pourrait à lui seul symboliser la musique des années 1930 que Latham Koenig dirige avec une infinie tendresse.
Par comparaison, le Concert Champêtre semble d’une grande austérité. Le piano de Stefano Bollani demeure volontairement froid et persifleur. Une fois encore, chacun croit sincèrement à ce qu’il joue, à l’hommage néoclassique en l’occurrence. Toute caricature est prohibée et l’on goûte à une lecture précise et sans brutalité. L’Andante est touchant avec un piano qui devient l’écho de l’orchestre à la manière d’un concerto de Bach. En guise de conclusion, Stefano Bollani interprète une série d’improvisations en hommage à Poulenc. Le piano s’égare aux frontières du free-jazz, mais le jeu sur les résonances, pédale forte au plancher, correspond aussi à ce que souhaitait Poulenc lorsqu’il interprétait lui-même dans un halo sonore ses propres partitions.
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