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Clara SCHUMANN : Soirées musicales op. 6. Romances op. 11 et 21. 4 Pièces fugitives op. 15

PAR Philippe van des Bosch | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 25 mars 2008
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Classica

Marie-Jos

Lyrinx LYR2255 (Cod?x). 2006. 64'

NOUVEAUTE      

Son tr

La note de Classica :

On a pu découvrir certains de ces opus de Clara Schumann juxtaposés aux oeuvres de son époux dans plusieurs récitals discographiques, mais il est rare qu'un disque entier lui soit consacré, et nous permette ainsi de nous faire une idée plus complète de son talent de compositeur.

La découverte la plus surprenante réside dans les Soirées musicales op. 6. Après une Toccata brillante et légère, nous savourons surtout deux Mazurkas, une Ballade mélancolique, une Polonaise ardente, un Notturno langoureux, toutes pages où, hormis quelques diversions charmeuses voire presque coquines, dominent une sentimentalité sombre, une sensualité ombrageuse, presque tragique, évoquant beaucoup le style du jeune Chopin. Et l'on est bien surpris d'apprendre qu'elles ont été composées par une jeune fille entre 14 et 16 ans !

Les autres pages se succèdent entre 1839 et 1844. Y dominent des Romances au chant limpide, au climat recueilli et mélancolique, de moins en moins sensuel, de plus en plus chargé de gravité, jusqu'à l'ultime recueil, l'Opus 21 de 1853. Les deux pièces écrites respectivement pour son pauvre mari interné, et pour le jeune Brahms venu la soutenir dans son malheur, touchent par leur tristesse désenchantée, parfois poignante, qui annoncent même les derniers Klavierstücke que Johannes Brahms écrira quelque quarante ans plus tard. Hélas, Clara Schumann cessa de composer après la mort de son mari, Robert.

Marie-Josèphe Jude apparaît comme l'interprète idéale, apte à magnifier ces oeuvres, avec cette musicalité, ce chant profond et apaisant qui charmait déjà tout au long de sa merveilleuse intégrale Brahms. Les pages ici réunies n'ont certes pas l'originalité fracassante de celles de Robert, mais elles rivalisent sans conteste avec le cycle des Romances sans paroles de Mendelssohn, et le schumannien fervent sera évidemment ému de reconnaître, surtout dans les Soirées musicales, la source de certains thèmes (des opus 6, 17 ou 21 par exemple) de son époux, lequel lui écrivait : « Tu me complètes comme compositeur, de même que moi pour toi. Chacune de tes pensées provient de mon âme, de même que je te dois toute ma musique ».

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