• Être fidèle à la musique | 

Philip Glass

L'actualité discographique distingue une nouvelle fois le compositeur américain le plus populaire de sa génération.

PAR Franck Mallet | LE POINT SUR... | 2 septembre 2008
Réagir
Classica

Conjuguant des influences multiples et originales où, à l'enseignement de Darius Milhaud (Aspen, Etats-Unis) et Nadia Boulanger (Paris), se mêlent l'étude des structures de la musique indienne – à la fois au contact de Ravi Shankar et à l'occasion de voyages en Inde –, Philip Glass devient à New York, dès la fin des années 1960, et avec son contemporain Steve Reich, le fondateur du mouvement minimaliste, ou répétitif.

Ses premières œuvres, d'un radicalisme extrême dans la permutation et l'accumulation de cellules de quelques notes, sont, paradoxalement, celles qui jouissent toujours autant d'un vif succès auprès de nouveaux interprètes. Ainsi, aux côtés du fondateur Music in 12 Parts, euphorique Clavier bien tempéré du minimalisme à la Philip Glass dont il faut recommander la seconde version de 1993, par le Philip Glass Ensemble, dir. Michael Riesman (3 CD Nonesuch), l'ensemble italien Alter Ego a repris avec brio pour Stradivarius les premières partitions (1967-1969) du musicien : 600 Lines, How Now, Music in Similar Motion, Music in Contrary Motion, Strung Out... Cette première phase créatrice culmine avec l'opéra Einstein On The Beach, co-signé avec Bob Wilson. Autant visuel que sonore, Einstein fascine par sa stylisation extrême du mouvement, sa dynamique bondissante, confiée tour aux voix, à l'orchestre, à l'orgue ou au violon solo (3 CD Nonesuch). Objet de culte d'une voix différente de la musique contemporaine, Einstein s'impose également auprès d'un large public de non-spécialistes, amateurs de rock comme de musiques populaires.

Le compositeur s'engage ensuite dans une trilogie d'opéras de figures majeures dont les idées ont modifié la face du monde. Après la science, suggérée par Einstein, la religion, avec Akhenaton, puis la politique, avec Ghandi et Satyagraha. Pour chacun de ses ouvrages, le compositeur n'a pas son pareil pour ciseler des mélodies au lyrisme entêtant, de l'Hymne au soleil d'Akhenaton à la Chanson du soir de Satyagraha, en passant par de simples notes énoncées par le chœur dans la série des Knee d'Einstein. Aux enregistrements audio de Satyagraha et Akhenaton chez Sony Classical, il faut joindre celui, en DVD, de Satyagraha dans la production de Stuttgart du metteur en scène Achim Freyer, chez Arthaus Musik : indispensable !

Au cours des années 1990 suit une seconde trilogie basée sur l'œuvre de Cocteau, dont le film-opéra La Belle et la Bête, pour Nonesuch (audio) et Criterion (DVD). Collaborateur inspiré du cinéma, le coffret Philip on Film (Nonesuch) réunit ses partition majeures, dont plusieurs existent également en DVD : Dracula (Universal) et la trilogie des Qatsi avec G. Reggio (MGM et TF1 vidéo).

Parmi une discographie particulièrement généreuse (plus de 150 CD...) d'un compositeur à l'activité toujours aussi trépidante, il faut distinguer les récents Études pour piano (Orange Mountain Music), Symphonie n°6 « Plutonium » (OMM), ainsi que les opéras the CIVIL warS (Nonesuch), The Voyage (OMM) et Waiting for the Barbarians (OMM).

Philip Glass : Another Look at Harmony, Part IV (Critique Classica)

 Lire aussi

Votre avis

À découvrir autour de l'article

Fil d'actualités

Tous les Qobuz Studio Masters en promotion pendant 6 jours !

Jazz : Cap au Nord

Jusqu'au 30 juin, recevez un chèque remise de 25% pour tout achat de 25€ sur le label Naxos

Inscrivez-vous à nos newsletters