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Kathleen Ferrier, le chant du ciel

PAR Franck Mallet | LIVRES | 17 janvier 2011
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Classica

La surprise est de taille : voici, en un petit livre, un beau portrait de la célèbre contralto Kathleen Ferrier par cet amoureux de la voix qu'est Boris Terk — à qui l'on devait déjà la traduction en français d'un ouvrage sur elle signé Ian Jack (Klever Kaff, Allia, 2006).


Disparue trop tôt à quarante et un ans, cette voix d'alto fascina dès ses premiers concerts, au début des années quarante, jusqu'à un succès fulgurant. Elle fut l'interprète inoubliable de Bach, Haendel, Gluck (Orphée) et Britten, qui composa à son attention,
et, bien sûr, du Chant de la Terre de Mahler sous la direction de Bruno Walter, qui ne tarissait pas d'éloges à son égard et qui est l'un des témoins majeurs de ce livre. "Lorsque je l'entendis pour la première fois, confiait-il, le timbre prenant de sa voix m'émut comme aucun son ou presque ne m'avait ému jusque-là."


L'étrangeté de cette tessiture de contralto, qui fascinait tant Théophile Gautier, le poète des Nuits d'été, comme le souligne Boris Terk, subjugue encore l'auditeur d'aujourd'hui au point que, cinquante ans après la disparition de la chanteuse, "l'être de la voix se reconstitue" à l'écoute de simples enregistrements : un paradoxe, et la thèse éminemment poétique de ce livre qu'on lit avec passion — sans oublier l'ouvrage de référence que lui consacra Jérôme Spycket en 1990 (Payot).


Editions Allia - 80 pages

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