Les plus beaux CD du mois

Avril 2017. Un mois d'émotions musicales

 

Des extraits de quelques Diapasons d'or (Nouveautés et rééditions) et de "L'œuvre du mois"

 

- SCHUBERT : Rosamunde / Berliner Philharmoniker - Karl Böhm ("Great Recordings 1953-1972" : coffret 17 CD qui n'a pas sa réplique en version numérique)
- MONTEVERDI : Beatus vir / Les Arts Florissants - William Christie (Réédition pour le moment indisponible en numérique)
- HANDEL : Concerto grosso, Op.6 n°4 / Amsterdam Baroque Orch. - Ton Koopman (Réédition pour le moment indisponible en numérique)
- MARAIS : Le Labyrinthe / Marianne Muller - Ensemble Spirale (Réédition Zig-Zag Territoires bientôt disponible sur Alpha)

- DEBUSSY : Prélude à l'après-midi d'un faune / Walther Straram (Indisponible en numérique chez Andante : remplacé par le même enregistrement chez Aeon)

Ecoutez la playlist

Ci-dessous les albums d'où proviennent les extraits.

L'Indispensable de Diapason (N° 91)

Johannes Brahms (1833-1897)

29 Lieder

Janet Baker, Lisa della Casa, Elisabeth Grümmer, Dietrich Fischer-Dieskau, Hans Hotter, Lotte Lehmann, Christa Ludwig, Hermann Prey, Margaret Price, Elisabeth Schumann, Elisabeth Schwarzkopf, Irmgard Seefried

 

« [...] La nostalgie méditative inspire nombre de chefs-d'œuvre qui, empilés, deviendraient de puissants narcotiques. Pour maintenir un certain dynamisme et explorer les différentes facettes d'un répertoire qui ne se limite tout de même pas à la contemplation, il a fallu sacrifier des titres superbes. [...] Il était impensable de ne pas glisser plusieurs Chants populaires pour compléter le portrait. On y entend Irmgard Seefried, Elisabeth Schumann et Hermann Prey au sommet de leur art, espiègles, candides ou doucement résignés. [...] Dans notre malle, que de trésors ! Les cantatrices y occupent une place de choix. On rend les armes devant le soleil voilé de mélancolie de Lisa Della Casa, l'effusion vibrante d'Elisabeth Grümmer, le bronze en fusion de Christa Ludwig, la candeur d'Elisabeth Schumann. Capté un peu tard, Der Tod, das ist die kühle Nacht par Lotte Lehmann ? Mais qui d'autre dessine les vers de Heine avec autant de mystère et de visions [...] ? Chez les messieurs, deux noms se distinguent aux côtés de Prey : Hans Hotter, sobre et digne [...], Fischer-Dieskau qui n'a guère d'égal dans les élans passionnés de Es schauen die Blumen et Mein Herz ist schwer. »

(Diapason, avril 2017 / Hélène Cao)

Les autres disques chroniqués

RENCONTRE
avec Jordi Savall


« Éloge de l'utopie »


« Il reste le champion de Marin Marais : après avoir fait connaître le compositeur au grand public, Jordi Savall dirige aujourd'hui Alcione, pour la réouverture de la Salle Favart. Musicien et citoyen du monde, il est l'un des artistes les plus actifs de notre époque, poursuivant son travail pour la paix et le dialogue entre les peuples, des tempêtes baroques à la jungle de Calais.

 

[...] Alcione, enfin ! Il y a onze ans, Jordi Savall devait renoncer à une production envisagée avec Eugène Green. C'est finalement à l'Opéra-Comique, en compagnie de Louise Moaty, qu'il rendra l'œuvre au théâtre, où on ne l'a plus vue depuis le XVIIIe siècle. L'occasion tant attendue se produit alors que le chef d'Hespèrion XXI fête en tournée le vingt-cinquième anniversaire de Tous les matins du monde, film dont la bande, enregistrée par ses soins, a fait connaître Marais sous tous les cieux.»

(Diapason / Luca Dupont-Spirio)

 

NOUVEAUTÉ

LES ROUTES DE L'ESCLAVAGE

Tembembe Ensemble Continuo - Capella Reial de Catalunya - Hespèrion XXI - Jordi Savall

EN SCÈNE

MARIN MARAIS

ALCIONE

26 avril au 7 mai à l'Opéra-Comique (Favart)

DISCOGRAPHIE DE JORDI SAVALL

HISTOIRE

Marin Marais

ce musicien béni des dieux, méconnu des hommes


« Six cents joyaux pour la viole de gambe, quatre opéras [dont Alcione], un roman et un film populaire [Tous les matins du monde] dont il fut le héros : Marin Marais devrait voir son étoile briller comme celles de Lully, Charpentier ou Rameau. [...]

 

Bien instruit, bien formé, admiré par ses pairs, " Marais s'attacha à Lully qui l'estimait beaucoup, et qui se servait souvent de lui pour battre la mesure dans l'exécution de ses opéras et de ses autres ouvrages de Musique, cela ne l'empêchait pas de s'appliquer à la Viole et de composer une grande quantité de belles Pièces sur cet instrument, qu'il jouait avec tout l'art et toute la délicatesse possible." d'après Titon du Tillet [...] En 1686, il dédie à Lully un Premier Livre de Pièces de viole. [...] "On peut dire, ajoute Titon, que Marais a porté la Viole à son plus haut degré de perfection, et qu'il est le premier qui en a fait connaître toute l'étendue et toute la beauté." Le 18 février 1706, Mademoiselle Desmatins [...] incarne la douce Alcione dans un ouvrage triomphal. [...] La "révolution baroque" des années 1970 donnera la parole à ses premiers champions, les frères Kuijken et Jordi Savall. Mais Alcione devra patienter longtemps. [...] Lorsqu'enfin, ce 26 avril 2017, à l'Opéra-Comique... [...]

 

L'image que nous avons de Marais serait probablement tout autre si la renaissance du compositeur n'avait pas croisé le chemin de Jordi Savall dès 1976 [...] La musique emplit l'espace dès qu'il lève l'archet, mais le regard se porte au-dedans. [...] Un modèle si puissant devait susciter autant de réactions que de vocations. »

 

LES DISQUES :

- « Christophe Coin marchait sur les pas de son maître dans la Suite d'un goût étranger, disque merveilleux.
- Wieland Kuijken : magistral panorama du Cinquième Livre
- De tous les interprètes que l'autorité de Savall a stimulés sur une voie divergente, [...] on ne trouvera rien d'aussi lumineux et touchant que la voix de Marianne Muller (Accord).
- la Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont voit les lignes s'entortiller et s'embraser autour de trois notes de basse, ré-fa-mi, obstinément.
- Chef-d'œuvre de la jeune équipe de Reinhard Goebel [...] l'orchestre d'Alcione (Minkowski) accuse déjà de sérieuses rides, et s'exprime dans un vocabulaire étroit. Mais les tableaux qu'il installe, et ce qu'il suscite en réponse chez les chanteurs sont un bonheur [Indisponible en numérique].
- Ajoutez-y les extraits symphoniques du même opéra magnifiés par Savall, et la question est réglée (Alia Vox).
- Reste Sémélé, fermement conduite par Hervé Niquet avec une assez belle équipe (Glossa) »

(Diapason, avril 2017 / Gaëtan Naulleau)

L'œuvre du mois

Debussy : Prélude à l'après-midi d'un faune

 

« [...] Pour invalider la tradition des interprétations dites impressionnistes, René Leibowitz (compositeur et chef d'orchestre) invoquait le témoignage du pianiste catalan Ricardo Viñes qui créa La Mer à deux pianos avec Debussy et quantité d'autres œuvres du même : "il critiqua très fermement [...] l'atmosphère brumeuse et vaporeuse de la plupart des exécutions et me signala [que] Debussy lui-même ne jouait pas de cette manière et il ne la prisait guère chez d'autres." [...] Gustave Doret apporte un éclairage complémentaire [...] : "Celui qui n'a pas entendu Debussy jouer lui-même ses œuvres au piano dans l'intimité ne peut se rendre compte absolument de l'art debussyste, art si immatériel, si subtil que seul l'auteur pouvait de ses mains extraordinaires, guidées par sa profonde sensibilité, en donner l'interprétation exacte. Quelle valeur prenait alors, sous sa poigne, les accents violents !" Net, sans peser mais avec une palette allant de l'immatériel à la violence. [...] »

(Diapason, avril 2017 / Gérard Condé - Image : Nijinsky dans "Le Faune")

 

DISCOGRAPHIE COMPARÉE

 

LE QUATUOR GAGNANT :
- MYTHIQUE : WALTHER STRARAM (1930, réédition Andante, indisponible. À la place, le même enregistrement chez Aeon [CD 2 / Piste 5]) : « La critique a toujours loué Boulez pour sa "direction analytique" et pourtant, ces deux disques livrent moins de détails que celui réalisé en 1930 par l'orchestre de virtuoses réunis et conduits par son mécène fondateur. Sur une vingtaine de points qui sont autant d'exigences objectives de la partition (nuances, phrasé, équilibre des plans, etc.) que de pierres d'achoppement, il se révèle exemplaire. Le charme opère dès le solo initial où Marcel Moyse [...] fait vraiment parler sa flûte. »
- AUTHENTIQUE : GEORGES PRÊTRE (1987, EMI / Warner) : [...] « la flûte imaginative de Philippe Pierlot et le bras sensible de Georges Prêtre en obtiendront une version parfaitement simple et simplement parfaite, captée avec tact et équité. Sans énumérer les injonctions respectées ici ignorées ailleurs, quand la clarinette rompt la cadence de si majeur (mes. 31), elle le fait en douceur et le quasi-trémolo des violoncelles y répond pianissimo. »
- ÉROTIQUE : CLAUDIO ABADDO (1998, DG) : « le même flûtiste, Emmanuel Pahud, relie et distingue les prestations de Claudio Abbado et Simon Rattle (EMI - Warner) [...] Malgré « une réverbération excessive » et la « quasi-disparition des cors, injustifiable, [...] à la réécoute Abbado l'emporte parce que son éloquence est plus puissante, et elle tient en un mot : retarder imperceptiblement la note, l'harmonie, ou la couleur qui va combler le désir sans l'assouvir... »
- ROMANTIQUE : CARLO-MARIA GIULINI (1994, Sony) : « Giulini n'a pas encore levé sa baguette que le vibrato aussi marqué qu'infiniment vivant de la flûte a déjà captivé l'attention ; le même vibrato, avec une impalpable fragilité de ligne, du violon solo y répondra sur le versant descendant du Prélude. Entretemps, au fil des initiatives individuelles, l'œuvre ira son chemin. On imagine que le maestro écoute et redistribue plus qu'il n'impose, selon le principe des vases communicants.

Nicolaï Gedda

votre humble serviteur

(1925-2017)


« Quelques soixante-dix rôles et, dit-on, près de deux cents disques à son actif. Dans un répertoire qui donne le vertige par sa diversité, l'astre Nicolaï Gedda a brillé au zénith de la galaxie ténor pendant cinq décennies. Il s'est éteint comme il a vécu, sans tapage. La nouvelle de sa mort, survenue le 8 janvier dernier à l'âge de 91 ans, n'a été révélée qu'un mois plus tard — trop tard pour que nous lui rendions hommage dans nos précédentes éditions.»

(Diapason, avril 2017 / Emmanuel Dupuy)


EN DISQUES

Comment choisir dans un si vaste legs discographique ? Voici cinq joyaux, ou plutôt cinq portes d'entrée vers un véritable palais des merveilles.

- GOUNOD : Faust / Los Angeles, Christoff, Cluytens (EMI / Warner)
- PUCCINI : La Bohème / Freni, Sereni, Schippers (EMI / Warner)
- GLINKA : La Vie pour le tsar / Stich-Randall, Christoff, Markevitch (Urania. Remplacé par BnF)
- STRAUSS : La Chauve-Souris / Rothenberger, Fischer-Dieskau, Boskovsky (EMI / Warner)
- NICOLAI GEDDA, the lyric poet of the tenor voice (EMI / Warner)

Discographie de Nicolaï Gedda

L'illustre inconnu

Ces grands compositeurs qu'on a failli oublier (par Jean-Charles Hoffelé)

 

Giuseppe Sinopoli (1946-2001)

 

« [...] Une lutte s'engage entre l'œuvre, qui exige sa part de temps et de chair humaine, et la direction où, devant l'orchestre, s'ouvrent et s'éclairent les chemins de la composition – les siens mais surtout ceux des autres. Son univers sonore se forme dans Schumann, Wagner, Bruckner, Mahler, chez les Viennois et Debussy dont Maderna lui aura dévoilé les mystères fondateurs d'une autre modernité. Toute une décennie, la dévorante nécessité de l'acte créateur prendra le pouvoir : vingt-quatre opus où l'orchestre, mesure à mesure, assimile les héritages de Berg et de Debussy, mais puise l'inspiration dans les mots chez Nietzsche ou Corbière. [...] Le sablier de la création s'est écoulé. La décennie 1970 s'éteint, l'œuvre va se parachever à l'opéra justement. Il lui faut une héroïne, il choisira une égérie, Lou Salomé, créature littéraire, sujet freudien. Le 10 mai 1981, peu après ses débuts de chef au Staatsoper de Vienne, le rideau se lève à Munich sur son opus ultimum, mis en scène par l'ami Götz Friedrich : Nietzche, Rilke, Paul Rée déroulent leurs souvenirs, l'orchestre célèbre les textures, les couleurs que Berg avait mises à sa Lulu. Sinopoli dit adieu à son monde avant d'aller servir ses modèles, vingt ans sans reprendre la plume.»

(Diapason, avril 2017 / Jean-Charles Hoffelé)

À ÉCOUTER

- Lou Salomé - Suites n°1 & n°2 / Lucia Popp, José Carreras, Giuseppe Sinopoli (DG)
- Tombeau d'Armor III, Hommage à Costanzo, Porta 2... / Giuseppe Sinopoli, Sylvain Cambreling, Peter Ruzicka (Hänssler - Indisponible)

DISCOGRAPHIE DE GIUSEPPE SINOPOLI

L'air du catalogue


En 10 disques, une invitation au voyage dans...

500 concertos de Vivaldi

 

« [...] Vivaldi [...] comprend vite que la relation tutti/solo met en valeur ses exploits virtuoses. L'orchestre et le soliste deviennent autonomes et se font face ; le premier plante le décor, l'autre défend sa place avec un langage instrumental puissant et créatif. Épaulé par les musiciennes de la Pièta, le Prêtre roux approfondit cette dualité du groupe et de l'individu, ce cadre alternant verticalité et horizontalité qui permet (et stimule) les divagations les plus osées. Il présente son travail dans L'Estro Armonico, son premier opus concertant, publié à Amsterdam en 1711. L'Europe entière est bientôt conquise. [...] Le Prêtre roux projette dans le concerto tous les genres d'instruments. Il affirme, dans la virtuosité du soliste, un langage expressif à part entière, au-delà d'une mise en valeur personnelle. [...] Plusieurs manuscrits d'élèves de Vivaldi présentent des variantes et des ornements qui ne laissent aucun doute quant à l'élasticité de la forme. L'interprète doit s'approprier la composition. [...]. »

(Diapason, avril 2017 / Olivier Fourés

LA SÉLECTION

 
- CONCERTI PER DUE VIOLONI / Amandine Beyer - Giuliano Carmignola - Gli Incogniti (HM)

« [...] illustrant magnifiquement  la nature théâtrale, spontanée  et émotionnelle de la palette vivaldienne [...].»

- L'ESTRO ARMONICO / The English Concert - Trevor Pinnock (Archiv)

« [...] Aucune équipe n'a capté aussi subtilement que celle de Trevor Pinnock et Simon Standage cette osmose de fantaisie et de science. [...] »

- TEATRO ALLA MODA / Amandine Beyer - Gli Incogniti (Harmonia mundi)

« [...] Benedetto Marcello rend responsable "Aldiviva" (cherchez l'anagramme) de tous les maux du théâtre. [...] Une furie de couleurs et de pathos.»

- CONCERTI PER LE SOLENNITÀ / Suonatori della Gioiosa Marca - Giuliano Carmignola (Divox)

« Un panorama des œuvres écrites pour de grandes cérémonies religieuses. [...] L'incomparable talent de Carmignola révèle toute la puissance dramatique de cet état de transe. »

- CONCERTI DA CAMERA / Il Giardino Armonico (Teldec)

« [...] les concertos de chambre [...] mettent surtout les vents à l'honneur. L'incisivité du jeune Giardino Armonico permet d'apprécier toute la particularité de ces miniatures symphoniques. »

- CONCERTOS POUR BASSON, Vol.1 / L'Aura Soave Cremona - Sergio Azzolini (Naïve)

« [...] Après le violon, c'est au basson que Vivaldi a dédié le plus de concertos : 39 ! [...] Azzolini rend justice à ces pages surprenantes en poussant à son comble leur discours contrasté, clairement descriptif. [...] »

- 11 CONCERTOS POUR VIOLONCELLE / Anner Bylsma - Tafelmusik (Sony)

« [...] Bylsma déploie sa fougue dans ce disque diversifié, où Jeanne Lamon, au premier violon, fait apparaître les esprits variés, voire complexes, du concerto vivaldien. [...]. »

- CONCERTOS POUR FLÛTE À BEC & POUR FLAUTINO / Camerata Köln - Michael Schneider (DHM. Indisponible)

« [...] Michael Schneider démontre combien la flûte à bec, et même le minuscule flautino, peut faire face à (et profiter de) la virtuosité et de l'expression les plus fantasques. [...] »

- CONCERTI CON MOLTI STRUMENTI / Matheus - Jean-Christophe Spinosi (Vérany/Arion)

« [...] Vivaldi est le premier à employer la clarinette. Les molti strumenti mêlent leurs couleurs et leurs caractères sur fond orchestral : un laboratoire sonore, qui influencera la genèse de l'écriture symphonique.»

- CONCERTOS POUR VIOLON TARDIFS / Giuliano Carmignola - Venice Baroque Orchestra - Andrea Marcon (Sony)

« Comment de tels trésors ont-ils pu être redécouverts si tard ? [...] Vivaldi y mélange toutes ses exprériences musicales passées dans un langage renouvelé [...] portant à son comble l'esprit du "drame sans paroles". »

Les 100 disques que tout mélomane doit connaître

L'île déserte de Jean-Michel Molkhou

 

Mozart

Quintette à deux altos, KV 516

Quatuor Amadeus - Cecil Aronowitz

DG (1970)

« [...] Mozart avec ses miraculeux quintettes à cordes par le Quatuor Amadeus et Cecil Aronowitz, le tout jeune Mendelssohn avec son octuor par Heifetz et ses amis, les sonates de Franck et de Lekeu par le duo Ferras/Barbizet, comme les concertos de Bruch et Sibelius par le couple électrique Gitlis/Horenstein se pressent sur le podium. Alors, comme en finale d'un concours, s'il me faut désigner le meilleur en ne pensant qu'à la postérité, et si je laisse seule l'émotion me guider, il devient évident que les Amadeus dans le Quintette en sol mineur, KV 516 l'emportent haut la main [...]. Son esthétique mozartienne m'a toujours comblé par sa fraîcheur, sa tendresse et sa pulsation intime. [...] Leur ton souverain, jamais opulent, laisse une discrète fragilité ébranler nos cœurs. Rien n'est figé dans leur art d'énoncer la mélodie : Brainin s'offre une incroyable liberté tandis que ses partenaires [...] ne brident jamais son inspiration. Un équilibre magique entre tendresse et vigueur unit leurs archets. »

(Diapason, avril 2017 / Jean-Michel Molkhou)

 

D'AUTRES TRÉSORS

- SIBELIUS - BRUCH : Concertos pour violon / Ivry Gitlis - Jascha Horenstein (Vox, indisponible : remplacé par la version Brilliant sous licence)
- MENDELSSOHN
: Octuor / Jascha Heifetz, William Primrose, Gregor Piatigorsky... (Indispensable Diapason)
- FRANCK - LEKEU
: Sonates pour violon & piano / Christian Ferras - Pierre Barbizet (DG)

"Les disques de ma vie"

Nathalie Stutzmann

 

« Profitant d'un jour off à Monaco, où elle dirige son premier Tannhäuser, la plus célèbre de nos altos revient sur les gravures qui ont accompagné sa double vocation de chanteuse et de chef d'orchestre.»

 

« [...] avec des parents chanteurs, ce n'est pas le disque qui m'a éveillée à la musique. Même s'il y en avait plein à la maison, et chez ma grand-mère, boulangère de profession, qui passait tous ses lundis à écouter de l'opéra ! La découverte du répertoire symphonique, c'est cependant à l'un de ses cadeaux que je la dois. Pour mes onze ans, elle m'offrit l'enregistrement des Cinquième et Septième de Beethoven par Carlos Kleiber. Je ne savais pas qu'on pouvait oser ces contrastes de tempos, ces couleurs, ces articulations. [...] J'étudiais le piano et le basson au conservatoire, mais décidai de m'inscrire en direction d'orchestre. [...] si je suis là aujourd'hui, c'est sans doute parce que l'émerveillement de cette rencontre avec Kleiber ne m'a jamais quittée. [...] Horowitz partage avec Kleiber cette liberté, cette façon d'assumer sa personnalité à travers son interprétation, à l'opposé des musiciens qui feignent de ne jouer que ce qui est écrit. Il est mon deuxième amour au disque. [...] Et puis Ferrier, bien sûr. Mes seize ans, les premiers cours de chant avec ma mère [...] Je réécoute aujourd'hui Kathleen Ferrier avec un immense bonheur. C'est le mot le plus exact : l'absolu naturel de cette voix fait du bien, tel un baume »

(Diapason, avril 2017 / Vincent Agrech)

 

SES PRÉFÉRENCES :

- BEETHOVEN : Symphonies n°5 & n°7 / Carlos Kleiber (DG)
- VLADIMIR HOROWITZ : Intégrale des enregistrements pour DG
- KATHLEEN FERRIER : Intégrale des enregistrements pour Decca

Discographie de Nathalie Stutzmann

Prises de son d'exception

sélectionnées par Isabelle Davy


Deux albums Diapason d'or critiqués dans le numéro de mars 2017 :

- "AS DREAMS" (Nørgard, Lachenmann...) / Olso Sinfonietta - Grete Perdersen (Bis)
- J.S. BACH (Concerto italien, Partitas, Duetti...) / Rafal Blechacz (DG)

 

Aujourd'hui

Ella 100 ans !

Le 25 avril 1917 à Newport News en Virginie vit le jour Ella Jane Fitzgerald...

 

hier

Actress, électro du cerveau

Le Britannique Darren Cunningham alias Actress empêche la techno de tourner en rond...

 

dimanche

Julia Lezhneva déterre Graun

La jeune soprano-star russe ressuscite l'art de Carl Heinrich Graun...

 

Il y a 1 semaine

Allan Holdsworth

Allan Holdsworth, guitariste et compositeur britannique, nous a quitté hier, le 16 avril, à l’âge de soixante-dix ans. Hommage dans Musiq par Frédé...

 

Il y a deux semaines

Alice Jemima

La chanteuse anglaise de 23 ans, Alice Jemima, vient de sortir un premier album. Un album pop rock indé,  éponyme d’Alice Jemima.

 

Il y a trois semaines

Jupiter

Jupiter Bokondji, vient de sortir son nouvel album Kin sonic, avec son groupe Okwess. Un album ponctué de prestigieuses collaborations telles que W...