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Classique - Paru le 1 août 2017 | Brilliant Classics

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Hi-Res
Né peu après Mozart en 1760, mort peu avant Beethoven en 1822, le compositeur et organiste Gaetano Valeri passa sa vie autour de l’orgue et de Padoue : d’abord à la Basilica del Carmine, puis à la cathédrale de la même ville, cathédrale dont il finit en 1805 par devenir maître de chapelle. S’il a quand même commis deux quasi-opéras – quel compositeur italien y résisterait ! –, le gros de son œuvre tourne bien sûr autour de l’église : des dizaines d’hymnes, de psaumes, de messes, de litanies, de motets, de répons, de litanies, le tout à usage directement destinée à la liturgie. Dans le domaine instrumental, on lui connaît quand même quelque vingt-trois symphonies, des pièces pour clavier, et plus particulièrement un impressionnant corpus de pièces pour orgue. En voici l’intégrale, du moins de ce qui nous est parvenu, et l’auditeur remarquera que la majorité de ces pièces sont des Sonates pour orgue plus ou moins toutes écrites en un mouvement, comme Scarlatti ou Soler, même si le langage de Valeri semble autrement plus proche de celui de Mozart ou de Haydn – avec ce petit surcroît de recherche purement mélodique avec accompagnement simplifié qui caractérise la chose italienne. Mais on se demande quand même comment ce bonhomme, qui n’a jamais quitté Padoue de sa vie, a pu à ce point s’imprégner d’un style et d’une écriture venus de la lointaine Vienne, y compris sous son aspect le plus galant ! © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 1 août 2017 | Brilliant Classics

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La guitare baroque est assez éloignée, dans sa structure, de la guitare moderne ; à l’époque baroque, elle était de taille plus petite et effilée, et surtout, elle ne possédait que cinq « chœurs » – un chœur étant, en l’occurrence, une paire de cordes accordées à l’identique, permettant une sonorité plus ample qu’une seule corde. L’accord lui-même n’offre que peu de graves, même si d’un pays à l’autre, l’accord semble avoir été différent, sans que l’on sache toujours exactement ce que voulait le compositeur. L’un des principaux compositeurs pour guitare baroque française fut François Campion, dont voici l’intégrale des œuvres dont les manuscrits autographes nous sont parvenus. Né aux alentours de 1685 à Rouen, Campion publia en 1705 ses Nouvelles Découvertes sur la Guitarre : c’était là l’un des ultimes ouvrages publiés traitant de la guitare à cinq chœurs. Campion y apparaît comme l’un des principaux représentants de l’école française de guitare en ce début de XVIIIe siècle. À sa mort en 1747, son neveu fit présent à la Bibliothèque du Roi (l’actuelle Bibliothèque Nationale) de l’exemplaire personnel du compositeur. Une introduction manuscrite sur cet exemplaire décrit précisément ce que voulait le maître : « Piéces de Guitare du S.r Campion Proffesseur maitre de théorbe et de guitare de L’Academie Royalle de Musique en 1731 Auteur de la Régle de l’Octave », avec l’orthographie de l’époque… C’est avant tout comme compositeur qu’il avait acquis une renommée, mais aussi comme virtuose de la guitare et du théorbe, ainsi que comme membre de l’Académie Royale de Musique – l’Opéra de nos jours. L’exemplaire personnel des Nouvelles Découvertes permet aux interprètes de nos jours de suivre son processus créatif avec plus de précision que chez n’importe quel autre compositeur, en particulier de par le fait qu’il avait ajouté à la main de nombreuses petites pièces tout au long de sa vie. Pour cet enregistrement, Bernhard Hofstötter joue sur une guitare à cinq chœurs d’un Anonyme des années 1640, attribuée toutefois au célèbre facteur Matteo Sellas. Un instrument dans un état magnifique compte tenu de son âge ; et contrairement à tant de guitares baroques qui ont subi à l’époque romantique des modifications irréversibles, celle-ci est restée intouchée. De la sorte, l’auditeur peut se faire une idée des plus précises de la manière dont pouvait sonner une guitare voici quatre siècles. © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 1 août 2017 | Brilliant Classics

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Classique - Paru le 1 août 2017 | Brilliant Classics

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Classique - Paru le 1 juillet 2017 | Brilliant Classics

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Il y a amateur et amateur. Nietzsche, philosophe, poète, philologue, lui qui sut développer un niveau de pensée bien au-delà de la compréhension du commun des mortels, se croyait également compositeur. Hélas, mille fois hélas, Nietzsche compositeur fut et reste un amateur, pas du tout dans le bon sens du mot. Picorant de ci, de là, chez Schumann, chez Liszt, chez Wagner, préfigurant parfois Satie (bien involontairement) dans une certaine naïveté – qui chez Satie est savamment développée, chez Nietzsche l’errance d’un amateur sans la moindre connaissance –, il a pondu un nombre assez étonnant de Lieder, une poignée de pièces chorales, et des pièces pour piano dont voici l’intégrale. Attention, il s’agit de l’intégrale des pièces achevées pour piano à deux mains ; car il existe aussi beaucoup de fragments, ainsi que quelques morceaux à quatre mains, dont un Nachklang einer Sylvesternacht, « Souvenir d’un réveillon du Nouvel an » que Nietzsche avait passé avec les Wagner chez qui il eut quelque temps sa propre chambre. Las, les Wagner ne firent pas grand cas de ce souvenir et ce (votre serviteur a la partition sous les yeux) pour de bonnes raisons. Finalement, les Wagner et Nietzsche ne se croisèrent plus guère… Peu importe, en vérité : ce qui est ici fascinant, c’est le ton parfois liszto-hongrois, parfois wagnero-héroïque, parfois schumanno-schumannique de ces pièces, abracadabrantesquement mal foutues, bourrées de maladresses plus cocasses les unes que les autres, d’enchaînements douteux, d’harmonies faiblardes, mais qui offrent dans l’esprit du non-compositeur une vision d’une précision extraordinaire. On s’étonnera aussi d’un petit morceau pré-minimaliste, le Fragment an sich (« Fragment en soi ») qui doit être répété à l’infini « avec mélancolie ». Jeroen Van Veen ne nous propose ici que les pièces achevées, car la majorité des morceaux laissés par Nietzsche ne sont que des esquisses et des fragments. Incroyable ! À écouter absolument ! © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 1 juillet 2017 | Brilliant Classics

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Filippo Ruge (ca. 1725 - après 1767), virtuose du traverso, compositeur prolifique qui fit souvent preuve d’une grande force expressive (et reconnu comme tel de son temps, autant comme instrumentiste que comme compositeur pour le célèbre Concert Spirituel parisien des années 1750), éditeur de musique italienne à Paris, organisateur de concerts, semble avoir été l’un des musiciens italiens les plus en vue dans la capitale française à son époque. En 1753, le fameux éditeur londonien Walsh avait publié sa collection de Six concertos pour une flûte allemande, deux violons, alto et basse Op. 2, qui servit de modèle au Concerto en sol majeur n° 1 présent sur cet album. Cet ouvrage est un chef-d’œuvre de figuration musicale et d’images sonores. Toujours en 1753 mais à Paris, Ruge se produisit lors des éblouissants concerts organisés par le grand mécène Le Riche de La Pouplinière. Ses symphonies La Tempête (1757) et La Tempête suivie du calme (1760) – cette dernière également incluse dans l’album – furent ensuite reprises au Concert Spirituel, et comptent parmi les œuvres les plus représentatives du courant musical « descriptif » en France. Ses compositions, qui couvrent les champs symphoniques, chambristes et vocaux, se singularisent toutes par le caractère extraordinairement imagé du langage ; on retrouve cette tendance aussi dans l’aria pour soprano « Son qui per mare ignoto » et l’arietta « Vana di tua bellezza » pour deux sopranos et deux traversos, de beaux exemples de cette musique de table alors en vogue auprès de l’aristocratie parisienne. L’album a pour objectif de rassembler divers genres de l’œuvre de Ruge, démontrant son remarquable flair et sa créativité, des qualités qui le placent sans conteste parmi les musiciens les plus fascinants de sa sphère. Le flûtiste et musicologue Enrico Casuralo est professeur de flûte baroque au Conservatoire Saint-Cécile de Rome. © SM/Qobuz