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L’Ensemble Calliopée ressuscite Lucien Durosoir

Le 7 juin, l’Ensemble Caliopée jouera la belle et oubliée musique du compositeur français Lucien Durosoir.

Par Marc Zisman | Sur Scène | 27 mai 2010
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Lundi 7 juin, le Théâtre de l’Athénée à Paris proposera une soirée consacrée au compositeur Lucien Durosoir avec l’Ensemble Caliopée. Une soirée de musique de chambre française aux combinaisons instrumentales variées. Au côté de deux œuvres majeures de Debussy et Ravel, et d’une œuvre originale et faunesque du jeune compositeur Thierry Pécou, ce concert propose de découvrir l’œuvre inédite et l’histoire émouvante de Durosoir, ce violoniste virtuose qui traverse la guerre de 14-18 en puisant dans la pratique de la musique une force salvatrice dont découlera une œuvre lumineuse empreinte d’une riche palette de couleurs. Pour témoigner de cette histoire exceptionnelle, son propre fils, Luc Durosoir, s’appuiera sur la projection de lettres, de photographies, de manuscrits et d’affiches de concerts de l’époque.

L’Ensemble Caliopée jouera donc des pièces signées Claude Debussy/ Arnold Schönberg (Prélude à l’après-midi d’un faune pour flûte, hautbois, clarinette, accordéon, harpe et quintette à cordes), Thierry Pécou (Nilu pour cordes, vents, cor, accordéon, harpe et piano), Maurice Ravel (Introduction et allegro pour harpe, flûte, clarinette et quatuor à cordes) et bien entendu Lucien Durosoir (Quintette pour piano et cordes et Jouvence pour violon principal et octuor).

Cet événement sera l’occasion de faire découvrir en avant-première un programme en écho au disque Jouvence que la formation publiera chez Alpha quelques semaines plus tard.

L'Ensemble Calliopée poursuivra une tournée nationale entamée dès octobre 2009 qui aidera à la diffusion de l’œuvre de musique de chambre de Lucien Durosoir. Cette tournée comprend les dates suivantes : 26 juin : Festival Cello Fan - Callian (Var) ; 6 juillet : Rencontres musicales de St Cezaire-sur-Siagne (Alpes-Maritimes) ; 18 juillet : Festival « Les heures musicales de l’Abbaye de Bourgueil » (Indre-et-Loire) ; 29 juillet : Moments musicaux de Chalosse (Landes) ; 11 et 18 septembre et 2 octobre : Festival Les Musicales de Verneuil-sur-Avre (Eure) ; 17 septembre : Les Moments musicaux de Touraine - Neuillé Pont Pierre (Indre-et-Loire) ; 11 octobre : Salle Gaveau – Paris ; 13 octobre : Théâtre de Ljubljana – Slovénie ; 8 novembre : Hôtel National des Invalides – Paris.

Fondé en 1999, l’Ensemble Calliopée est un ensemble de musique de chambre à géométrie variable, réunissant un quintette à cordes, un quintette à vent, une harpe et un piano regroupés autour de l’altiste Karine Lethiec, directrice artistique. Le nom de l’ensemble est inspiré par la muse de la poésie épique, Kalliopê, femme à la belle voix.

Interprétant du répertoire de l’époque classique à nos jours, l’Ensemble Calliopée collabore avec de nombreuses personnalités invitées, telles les musicologues feu Guy Erismann, Harry Halbreich, Corinne Schneider, et s'est produit à la Philharmonie tchèque à Prague, au Festival Amadeus à Genève, au Festival Présence de Radio-France, à l’Opéra Bastille et sur la Scène nationale de Cherbourg pour le spectacle Mozart et les étoiles avec l’astrophysicien Hubert Reeves.

L’Ensemble Calliopée est, également, accueilli en résidence à l’Hôtel National des Invalides. Animée par un esprit d’ouverture sur notre époque, cette formation défend la création musicale en commandant et en interprétant des œuvres nouvelles, en élaborant toujours des parallèles avec le grand répertoire classique. L’ensemble aime tout autant créer cinq nouvelles œuvres lors du concert des finalistes du Concours de composition Pablo Casals (partenaire depuis 2005) que proposer l’intégrale de la musique de chambre de Dvorak (Centre culturel tchèque, Paris, 2003).

l’Ensemble Calliopée attache, également, une grande attention à l’action éducative. Ainsi depuis 2001, il est invité par la ville de St Cézaire dans le Var à participer aux Rencontres de Lauréats, moment unique de partage où des étudiants côtoient les musiciens de l’ensemble et un compositeur en résidence, en préparant des concerts en commun.

Dans le même esprit, l’Ensemble Calliopée est en partenariat avec le Conservatoire de Paris (CRR), où des master-classes, des Ateliers contemporains animés par Corinne Schneider et des concerts ont lieu régulièrement en collaboration avec différentes classes de l'établissement (composition, histoire de la musique, musique de chambre...).

Depuis sa création, l’Ensemble Calliopée entretient des liens très étroits avec la musique d’Europe centrale en général et la musique tchèque en particulier. L’ensemble est, d’ailleurs, en résidence depuis 2001 au Centre Culturel Tchèque à Paris où il propose régulièrement des concerts de musique de chambre.

Tous les programmes de l’Ensemble Calliopée y sont présentés et sont l’occasion de rencontres et d’échanges entre le public, les musiciens et les compositeurs.

l’Ensemble Calliopée a publié un premier album intitulé H136, consacré au compositeur tchèque Bohuslav Martinu, chez Alpha. Ce double disque a été unanimement salué par la critique et a reçu un « Choc » du magazine Classica. En juin 2010, l’album Jouvance consacré à Lucien Durosoir sort donc également chez Alpha. Ce disque poursuit le travail de découverte de l'œuvre inédite de Durosoir, amorcée avec l'édition de partitions par MEGEP (Musiciens Entre Guerre Et Paix), distribuées par Symétrie, et deux premiers enregistrements consacrés à la musique de chambre pour violon et piano (par Geneviève Laurenceau et Lorène de Ratuld) et aux trois quatuors à cordes (par le Quatuor Diotima).

Contrairement à beaucoup d’autres, Lucien Durosoir n’est pas un compositeur oublié, mais un compositeur ignoré de par sa volonté même : les quarante œuvres qu’il a composées entre 1920 et 1950 sont restées manuscrites jusqu’à ces dernières années. Son ami le pianiste Paul Loyonnet consigne dans ses mémoires : « Il avait la plus entière confiance en sa musique et m’écrivit qu’il mettait, à l’instar de Bach, ses œuvres dans une armoire, et qu'on les découvrirait plus tard ». La découverte de son œuvre est, en somme, la réalisation de cette hasardeuse prophétie. «Nous ne pouvons que peu de choses face aux grands bouleversements de l’Histoire. Se souvenir, juste un peu se souvenir. Et transmettre à d’autres le fil invisible de la mémoire ».

Le site du Théâtre de l’Athénée

Le site du Théâtre de l’Athénée

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