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 La compression : un bien ou un mal pour la musique ?

PAR Philippe Daussin | Pratique | 18 août 2011
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Qobuz

Le but de la compression est de gagner de la place en créant des fichiers moins lourds à partir des fichiers originaux, pour pouvoir les transmettre plus rapidement ou les stocker dans un espace mémoire moindre.

Cependant, il y a compression et compression…

Premièrement : la compression sans perte ou lossless (en anglais)

On l’utilise pour les fichiers (par exemple les fichiers d’installation de logiciels) où il est absolument impératif, tout en gagnant de la place, de ne pas perdre d’informations, d’où son appellation «sans perte». On emploie parfois le terme de compression «réversible». La plus connue est la fameuse compression «Zip» avec son symbole en forme de presse enserrant un petit meuble de rangement pour dossiers.

Dans ce type de compression réversible, on utilise des algorithmes (méthodes de calcul) qui, en quelque sorte, «encodent» les informations numériques afin qu’elles prennent moins de place. Lors de la phase de «décompression», des algorithmes inverses de ceux ayant servi à la compression permettent de récupérer les informations numériques telles qu’elles étaient à l’origine. On parle aussi pour ces raisons de formats «d’encodage» sans perte.

Pour les fichiers audio, il existe diverses méthodes de compression sans perte, comme le FLAC (Free Lossless Audio Codec), le WMA (Windows Media Audio), ou encore l’ALAC (Apple Lossless Audio Codec), et les fameux Dolby TrueHD et DTS-HD Master Audio, utilisés pour les pistes audio en haute définition sur les Blu-Ray. Le principe et les résultats sont identiques à ceux cités ci-dessus et ne souffrent aucune critique.

Deuxièmement : la compression avec perte ou «partiellement destructrice»

Quel utilisateur de baladeur ne connait pas le fameux «MP3», le format de compression audio le plus utilisé de par le monde et qui permet de stocker sur un objet à peine plus gros qu’une pièce de deux euros tout le Top 50 depuis sa création ? C’est de là que vient son succès plus que de ses qualités sonores, dirons-nous…

En effet, si la compression MP3 ne se fait pas trop ressentir sur des genres musicaux relativement peu riches en dynamique et en diversité de timbres (cas typique de la musique de variété de grande diffusion), cela devient problématique lorsque ces deux facteurs sont utilisés à l’extrême, à l’exemple de la musique classique et encore plus lorsqu’il s’agit de musique orchestrale.

Mais d’où vient donc «le mal» pour la musique ?

Parler de «compression» pour le MP3 (et autres formats du même type) n’est pas vraiment exact au sens «informatique» du terme car non seulement celle-ci n’est pas réversible mais en plus il s’agit de suppression pure et simple d’informations, non pas informatiques, mais musicales.

Expliquons-nous

Grosso modo, lorsqu’un son de fréquence proche d’un autre son est beaucoup plus fort que ce dernier, l’oreille humaine n’est pas en mesure d’entendre le son qui a le niveau le plus bas. On parle d’effet de «masque» et le MP3 exploite cette caractéristique «psycho acoustique» en supprimant tout simplement le son «masqué». C’est aussi pourquoi on emploie parfois l’expression «compression psycho acoustique».

Le MP3 a donc des effets destructeurs irréversibles, d’autant plus accentués que l’on utilise un taux de compression élevé, celui-ci pouvant prendre les valeurs extrêmes de 1 : 3,88 à 1 : 155. Cela signifie que les fichiers occuperont de 3,88 à 155 fois moins d’espace. Le plus souvent, en pratique, cela va de 3,88 à 19,4 fois moins, ce qui correspond respectivement aux «débits» (quantité d’informations numériques par seconde) de 320 kbit/s et 8 kbit/s. A comparer au débit de 1411 kbit/s du CD Audio.

Cela se traduit donc tout simplement par des coupes claires dans le message musical qui sont perdues définitivement.

On comprend mieux que la musique classique n’apprécie pas pareil traitement et que le téléchargement en «vraie Qualité CD» que propose Qobuz soit une bénédiction pour les amateurs achetant de la musique en ligne. Mais il est sûr qu’on ne pourra pas stocker tout Karajan sur son baladeur…

A vos armes, la bataille – très pacifique – de la qualité sur la quantité est engagée !

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