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Le point sur la transmission audio sans fil

Par Philippe Daussin | Pratique | 8 avril 2012
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Qobuz

Si on remonte le temps à peine un an en arrière, et si l'on s'en tient à une qualité digne de la Haute Fidélité (excluant donc les liaisons BlueTooth d'alors), on ne parlait guère pour la transmission sans fil de fichiers audio que de l'incontournable système Airplay d'Apple, originellement né Airtunes en 2004, associé au logiciel de gestion de bibliothèques musicales iTunes.

Depuis sont apparues d'autres liaisons, revendiquant les unes une qualité CD (liaison Kleer par exemple, qui tient ses promesses), les autres une qualité proche de celle d'un CD, ou encore une transmission de fichiers en haute définition sans perte.

Il est un fait certain et indépendant de quelque type de transmission que ce soit, c'est qu'une liaison revendiquant la qualité CD doit permettre de retrouver à l'arrivée un flux numérique dont le débit est de 1411,2 kbps (débit = 2 x 44.100 x 16 = 1.411.200 bit/seconde), mais la technique réserve parfois des (bonnes) surprises...

C'est ainsi que l'abonnement Qobuz Hi-Fi, qui utilise bien sûr une liaison Internet, transmet les fichiers en format compressé sans perte FLAC et que la décompression de ces fichiers par le player Qobuz sur l'ordinateur de l'utilisateur permet de les récupérer au débit d'un CD.

Parlons maintenant un peu des quelques systèmes à liaisons audio sans fil que nous avons eus entre les mains.

Advance Acoustic WTX-500 avec liaison Bluetooth aptX (99 €)

Le WTX-500 d'Advance Acoustic est un petit appareil bien sympathique et simple d'utilisation, bien que nous ayons été surpris de constater que la liaison Bluetooth utilisant les codec aptX équipant ce système qui nous avait été présenté comme étant en qualité CD opérait en fait une compression de type "ADPCM" de 4:1, tout en gardant une quantification de 16 bit à 44,1 kHz, donc celle du CD.

Nous avons cependant pu constater que la marque annonçait sur son site à propos du WTX-500 :
"Compatible avec tous les appareils Bluetooth AD2P, ce dernier offre une restitution très proche du CD-audio grâce à un ratio de compression de seulement 4:1."

Wikipedia nous apprend que la compression ADPCM ou Adaptive Differential Pulse Code Modulation signifie en français Modulation par impulsions et codage différentiel adaptatif et que son algorithme repose sur la présence d’un schéma de prédiction et d’un codage des erreurs entre la prédiction et le signal original. Cela n'a donc rien à voir avec la compression audio telle que celle utilisée pour le MP3, par exemple, qui est basée sur "l'effet de masque" (en gros, si deux signaux de fréquences proches sont émis simultanément, celui qui a la plus faible amplitude sera masqué par l'autre).

Nous nous sommes posé la question de savoir si on pouvait encore parler de qualité CD (CD-Quality écrit CSR, le concepteur de la technologie aptX) sur le simple fait que la quantification est la même que celle du CD à partir du moment où entrent en jeu des algorithmes de compression sachant que le débit dépend de la compression et qu'en l'espèce celui-ci n'est plus que de 352 kbps (le quart de celui du CD) comme le spécifie la documentation de CSR ? Advance Acoustic est plus nuancé.

Mais tout cela c'était avant d'avoir écouté le WTX-500, et les essais d'écoutes que nous avons réalisés avec la Fantasia on British Sea Song de Henry Wood (que nous avons bien dans l'oreille), en streaming Hi-Fi Qobuz et à partir d'un iPhone 4S (notre application mobile iOS est compatible nativement avec AirPlay et Bluetooth et même aptX avec l'iphone 4S et fonctionne bien sûr quand on lui met un dongle), nous ont permis de constater que la restitution était très bonne et effectivement proche de celle obtenu avec un CD. La dynamique est préservée, la qualité de timbres est très bonne et l'aigu offre une bonne définition. Plutôt pas mal du tout et rien à voir avec de la compression MP3.

Une belle leçon d'efficacité d'un système de compression qui permet de réduire le débit au quart de sa valeur initiale en n'affectant qu'assez peu l'intégrité du signal original.

Le système sans fil playGo NC

Nous avions également porté quelque intérêt au système sans fil playGo USB mais sa propension à accentuer l'aigu (probablement dû à l'utilisation d'un convertisseur de fréquence d'échantillonnage) ne convenait pas à notre système Hi-Fi ni à celui de l'auteur. Sans doute avec des enceintes plus douces dans l'aigu que nos enceintes de référence et celles de l'auteur ce système playGo paraîtrait-il moins incisif.

Le playGo USB que nous avons testé était limité à des signaux 16 bit à 48 kHz, et sa nouvelle version (en photo et en lien) peut traiter des fichiers audio en 24 bit à 96 kHz et utilise une fréquence de transmission de 2,4 GHz. Nous avons de fortes raisons de penser que sa signature sonore sera proche de la liaison que nous avons testée, car il y est aussi fait usage d'un SRC, et nous savons par expérience que ce type composant (en particulier d'origine Burr-Brown, utilisé par playGo) a tendance à relever le niveau de l'aigu.

L'AirDAC NuForce à liaison SKAA (199 € avec utx, 219 € avec itX)

Le système AirDAC proposé par le constructeur américain NuForce utilise une liaison sans fil SKAA développée par Eleven Engineering Incorporated.

La liaison se compose d'un boîtier récepteur intégrant un convertisseur numérique analogique AKM4426, intégrant un "filtre à capacité commutée" et ne nécessitant donc pas d'étages de filtrage à amplificateur opérationnel et d'un émetteur qui prend soit la forme d'un dongle USB compatible PC Mac (utX transmitter) et nommé Ursula par Eleven Engineering Incorporated soit d'un adaptateur pour iPod, iPhone ou iPad (itX transmitter) qui a reçu le nom d'Izabella.

La qualité sonore du système AirDAC, que nous avons écouté avec comme source un iPod Nano et l'émetteur itX, nous a semblé plutôt bonne avec des fichiers audio en qualité CD et assez proche de celle obtenue en écoutant ce même fichier avec un DAC filaire.

Notons que chaque émetteur peut émettre vers quatre récepteurs différents, lesquels peuvent également recevoir de quatre émetteurs différents, l'ensemble formant un réseau audio sans fil.

Le rDAC Arcam à liaison Kleer (450 € sans émetteur)

Objet d'un banc d'essai récent Qobuz, le rDAC Arcam est un convertisseur numérique analogique doté d'une entrée numérique USB et d'entrées numériques S/PDIF coaxiale et optique et aussi d'une liaison sans fil Kleer assurant une transmission des fichiers audio en qualité CD (16 à 44,1 kHz sans compression). Le dongle USB (rWave) ou l'adaptateur pour Ipod, iPhone, iPad (rWand) assurant l'émission sont disponibles en option.

Les performances sonores de l'AirDAC sont excellentes en liaison USB ou S/PDIF (un véritable régal avec des fichiers en qualité Studio Masters) et la liaison Kleer permet une restitution des fichiers en qualité CD pratiquement du niveau de celle des liaisons filaires, comme nous l'avons constaté lors du banc d'essai que nous avons consacré à cet appareil.

Audioengine D2 à liaison propriétaire (599 € sur Internet)

Ce DAC sans fil présenté en deux boîtiers adoptant les mêmes dimensions est capable de transmettre des fichiers audio en haute définition (24 bit à 96 kHz). L'émetteur peut être raccordé en USB et en S/PDIF optique, tandis que le récepteur délivre le signal audio stéréo analogique et aussi sa forme numérique S/PDIF sur sa prise optique. Les qualités sonores de l'Audioengine D2 sont très bonnes, ce que nous avons pu constater lors du banc d'essai que nous lui avons consacré.

Quelles conclusions tirer à ce jour ?

Si l'on s'en tient au cheval de bataille de Qobuz qui est d'avoir la meilleure quantification possible jusqu'au 24 bit à 192 kHz et de la garder sous sa forme native d'un bout à l'autre de la chaîne, le système Audioengine est le seul à répondre à nos exigences (96 kHz en radio) et il offre de très bonnes prestations sonores. Si on le trouve facilement sur les sites de vente en ligne, sa distribution en France, théoriquement assurée par certains revendeurs traditionnels, semble pour l'instant au point mort.

L'Arcam rDAC bénéficie quant à lui d'un distributeur en France sérieux, et si sa liaison radio Kleer est limitée au 16 bit à 44 kHz sans compression, celle-ci permet une restitution quasiment identique à celle d'un CD. Avec ses liaisons USB et S/PDIF permettant la lecture des fichiers en haute définition (jusqu'à 96 kHz en USB et 192 kHZ en S/PDIF), le rDAC offrent des prestations sonores de très grande qualité. Nous lui avons décerné notre récompense Qobuzissime Hi-Fi.

Le WTX-500 d'Advance Acoustic est le trublion qui a été une véritable surprise à l'écoute alors que le septicisme s'était emparé de nous quand nous avons su qu'il utisait un système de compression. Il arrive à offrir une qualité sonore assez proche de cell d'un CD en réduisant le débit à 352 kbps, soit à peine plus que la meilleure compression MP3 qui reste cependant bien inférieure au niveau performances.

Le système AirDAC de NuForce utilise la technologie SKAA , sa restitution sonore est de qualité et la possibilité de créer un "réseau" d'émetteurs et de récepteurs est un plus à prendre en compte.

Pour finir, si la qualité sonore du système playGo ne nous a pas convenu, rien ne prouve qu'elle ne convienne pas à d'autres ou qu'elle s'accomode mieux d'autres chaîne Hi-Fi que la nôtre.

Cette sélection d'appareils permet, nous semble-t-il, de répondre aux besoins des amateurs exigeants souhaitant écouter dans de très bonnes conditions de la musique en haute définition, comme de ceux qui ne demandent pas plus que la qualité CD (ce qui est déjà très bien).

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