Étant connecté à Facebook, l'article que vous êtes en train de lire est susceptible d'être partagé au bout de 10 secondes de lecture. Vous pouvez configurer ceci dans vos paramètres de services externes.
Bonne lecture !

Ernest Blanc est mort

Le grand baryton français de l’après-guerre s’est éteint à l’âge de 87 ans.

Par Max Dembo | Chers disparus | 3 janvier 2011
Réagir
Qobuz

Ernest Blanc est décédé le 22 décembre. Le baryton français, qui chanta sur les plus prestigieuses scènes lyriques, était âgé de 87 ans.

Employé à l'arsenal de Toulon né à Sanary-sur-Mer le 1er novembre 1923, rien ne semblait prédisposer le jeune Ernest Blanc à la carrière qui allait rapidement être la sienne. C'était sans compter sur quelques oreilles avisées qui, l'entendant chanter à tue-tête dans les ateliers de l'arsenal, le convainquent de se présenter à quelques concours de chant, où il fut rapidement remarqué au point d'intégrer le Conservatoire de Paris. Deux ans à peine lui suffisent pour démontrer qu'il est prêt à affronter la scène : les engagements ne tardent pas à affluer.

Blanc fut l'un des très rares artistes francophones ayant été invité à participer au Festival de Bayreuth, où il interprète le rôle de Friedrich von Telramund (dans Lohengrin, en 1958 et 1959), qu'il apprit entièrement phonétiquement (ne parlant pas un mot d'allemand), aux côtés, notamment, de la mezzo belge Rita Gorr.

Sa voix et son physique prestigieux l'ont amené à se produire dans le monde entier depuis ses débuts en 1950 jusqu'à la fin des années 1980, avec un constant succès. Pour beaucoup, Ernest Blanc fut un interprète inégalable des grands rôles verdiens, aussi bien que de l'opéra français et allemand. Une grande puissance vocale, alliée à une longue tessiture lui permettent de triompher aussi bien dans les rôles emblématiques de baryton, comme en témoignent ses innombrables Rigoletto, que dans des rôles plus complexes comme celui de Wolfram von Eschenbach dans Tannhäuser. Son enregistrement du rôle d'Escamillo, aux côtés de la Carmen Victoria de Los Angelès, reste une référence.

Ernest Blanc aborde parfois quelques personnages vocalement plus graves, comme le Méphisto de Berlioz ou le père de Louise dont il présente à Bruxelles une puissante incarnation. À côté de ses qualités vocales, il sait également toujours démontrer dans l'ensemble de ses prestations une forte puissance dramatique, et un charisme incontestable. Héritier de la grande tradition du chant français, il maîtrise un art de la diction fait de clarté et d'élégance.

Ernest Blanc fit ses adieux, à l'âge de 70 ans, à l'opéra de Nice, dans la Manon de Massenet.

 Lire aussi

À découvrir autour de l'article

Votre avis

Vos lectures


Inscrivez-vous à nos newsletters