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Le fleuve ECM enfin streamable !

Tout le label de Manfred Eicher est désormais streamable...

Par Marc Zisman | Vidéo du jour | 18 novembre 2017
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Qobuz

Et si ECM était un peu le village gaulois d’Astérix… À l’heure où la musique enregistrée vit de nombreuses révolutions, le label fondé par Manfred Eicher en 1969 reste un îlot de pureté et de rigueur éditoriale. Une maison qui se ne soucie guère des modes, des modèles économiques et de tous les diktats. Car ECM est bien l’un des rares labels à conserver une vraie politique éditoriale, à proposer des pochettes superbes qui lient les disques les uns aux autres, et à suivre ses artistes dans le temps, sans se soucier viscéralement des ventes… On connaît l’adoration des fans d'ECM pour cette vision différente. Cette musique appréhendée différemment. Conçue différemment. Mise en valeur différemment. Vécue différemment…

Depuis ce week-end, tout le catalogue du label est enfin streamable ! De tous les albums de Keith Jarrett au nouvel opus d'Anouar Brahem, des disques de Jan Garbarek à ceux de John Surman en passant par certains indispensables de John Abercrombie, Ralph Towner et de centaines d’autres, les incontournables comme les trésors oubliés de cet ample catalogue peuvent désormais se savourer en streaming. Pour fêter l’événement, quelques vidéos de noms indissociables d'ECM :

À tout seigneur tout honneur avec Keith Jarrett, sorte de locomotive du label. Même si tout a été dit et écrit sur le rapport privilégié qu’entretiennent Manfred Eicher et le pianiste d’Allentown, force est de reconnaître que cette love story demeure assez unique dans l’histoire de la musique enregistrée. Sur ces images, Jarrett revient sur scène à Tokyo en 1984 pour le rappel de son concert :



Depuis le temps qu’il est l’autre, Avishai Cohen s’est toujours dit que c’est en imposant son jeu, son style, ses disques, que le public saura qu’il existe aussi un Avishai Cohen trompettiste, sans aucun lien de parenté avec le populaire contrebassiste. À l’exubérance et au lyrisme de son compatriote aîné, il déroule depuis une quinzaine d’années un jeu feutré où le silence est roi. Un phrasé à l’économie dans la tradition de son idole Miles Davis qui fut au cœur de son premier album pour le compte d’ECM, Into The Silence paru en 2016. Un label qui lui va divinement bien. C'est en entendant jouer Avishai Cohen lors des séances d'enregistrement de Lathe Of Heaven de Mark Turner que Manfred Eicher, impressionné par sa contribution, a véritablement pris la mesure du talent du trompettiste né à Tel Aviv et installé à New York depuis presque vingt ans, et qu'il l’a signé comme leader… Leader que Qobuz avait rencontré en juin 2017 dans le cadre magique de l’abbaye de l’Epau où il se produisait avec son quartet :



Au cœur de la caverne d’Ali-Baba d'ECM, un tandem original brilla de mille feux durant les années 70 : celui constitué par le pianiste Chick Corea et le vibraphoniste Gary Burton. Les deux Américains tissèrent une superbe étoffe chambriste dans laquelle leurs deux instruments trouvaient une sémantique commune vraiment fascinante. Dans Crystal Silence en 1972 ou sur le Live à Zurich de 1979, cette musique d’elfe est un enchantement. Comme ici où Burton et Corea sont sur scène à Tokyo en 1978 pour un virevoltant Señor Mouse :



ECM reste le vecteur majeur de la musique d'Arvo Pärt. En 1997, la BBC offre une carte blanche à Björk qui profite de l’occasion pour interviewer son idole qui n’est autre que le génie estonien ! Une rencontre rare qui se passe de commentaire :



Musicienne rare ayant signé une poignée de disques profonds sur ECM (Amaryllis en 2001, Vignettes en 2008 et One Dark Night I Left My Silent House en 2010), Marilyn Crispell fait chanter son piano avec fougue ou grâce, au choix… Elle n’est pas vraiment de ses artistes exubérantes, condescendantes ou prétentieuses. Une sorte d’opposé même. Derrière son clavier, Crispell en digne héritière de Cecil Taylor et Paul Bley ose promener son jazz vers des terres de musique contemporaine sans jamais omettre un lyrisme plus ou moins mis en exergue. La preuve ici en solo :



Le Norvégien Terje Rypdal (prononcez Té-Rieu) est le grand guitariste impressionniste du label munichois… Est-ce un chant de baleine ? Un râle du cœur ? Un souffle, juste, peut-être… La première chose qui frappe l’oreille avec lui, c’est cette voix. Ces cordes comme étirées. En apesanteur. On est plus que tenté de faire un parallèle entre les paysages de la terre natale du musicien d’Oslo et sa guitare en Vistavision... Un style à déguster avec ces images de 1973 sur lesquelles Rypdal est entouré de Jon Christensen et Sveinung Hovensjø :



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