Les albums

946 albums triés par Date: du plus récent au moins récent
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Electro - Paru le 6 mai 2016 | Polydor

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama - Pitchfork: Best New Music
Nonchalant, langoureux et contemplatif. Le troisième album de James Blake avance avec une réelle majesté. The Colour In Anything est pourtant tout sauf un disque prétentieux voire ampoulé. A 27 ans, le Britannique a toujours été un maître de l’épure et cette cuvée 2016 ne s’embarrasse d’aucun additif ou d’enluminures gratuites ou superflues. L’électro sensuelle à laquelle Blake a habitué ses fans est au cœur de ce projet aux allures de longue ballade. Sensuelle et surtout soul. Avec cet opus, James Blake joue davantage les crooners soul qu’électro. Sa voix a d’ailleurs toujours été très attachée à la soul music et The Colour In Anything est sans doute son album le plus soul à ce jour. Là où Blake impressionne le plus est dans cette faculté à rendre éthéré et gracieux tout ce qu’il touche tout en restant sincère. Sa musique vaporeuse influence tant d’artistes depuis 2011 qu’on pouvait craindre une perte d’identité ou un manque de renouvellement. Mais The Colour In Anything est tout sauf cela. C’est surtout la nouvelle étape marquante de l’ascension de son auteur. Trois épées l’épaulent ici. Justin Vernon alias Bon Iver qui vient poser sa voix le temps du duo renversant I Need a Forest Fire. Frank Ocean – influence majeur du disque selon Blake lui-même – qui prête sa plume pour la co-écriture de My Weeling Heart et d’Always. Et Rick Rubin enfin, co-producteur de certains titres. © MZ/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 15 avril 2016 | Island Records

Distinctions 4F de Télérama
Faisant suite au brillant Let England Shake paru en 2011, ce neuvième album studio de PJ Harvey est né des périples de la Britannique au Kosovo, en Afghanistan et à Washington. Il a été enregistré durant une résidence d’un mois à la Somerset House de Londres. Là, le public était invité à assister aux séances de travail de PJ Harvey et ses musiciens. Avec The Hope Six Demolition Project, elle prouve une fois de plus que le rock’n’roll n’est pas qu’un éternel recommencement. Surtout lorsqu’on a une telle plume et un tel sens de la composition. © MD/Qobuz
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Classique - Paru le 8 avril 2016 | Erato - Warner Classics

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama - Choc de Classica
Le Quatuor Ebène, fondé en 1999 et désormais sur l’avant-scène internationale – non seulement dans le répertoire classique mais aussi dans le jazz et le crossover ! –, a déjà joué le Quintette de Schubert avec une vingtaine de violoncellistes additionnels différents ; c’est Gautier Capuçon qui les rejoint pour cet enregistrement de toute beauté, d’une infinie liberté comme si Schubert venait de l’improviser, et pourtant avec une rigueur musicale parfaite. Personne ne tire la couverture à soi, chacun servant le discours au prochain protagoniste, dans le plus intense respect de la partition. Il existe de magnifiques enregistrements – plutôt anciens, d’ailleurs – de ce quintette, Qobuz ose affirmer que celui-ci gagnera rapidement les sommets aux côtés de l’un de ceux de Casals (on ne vous dira pas lequel des deux…). Le Quatuor Ebène poursuit sa quête schubertienne avec quelques adaptations – ô combien fidèles, rassurez-vous – de quelques Lieder transférées du piano au quintette à cordes (quatuor plus contrebasse) : La Jeune fille et la mort, Le Jeune homme et la mort bien moins connu que la version pour jeune fille, et quelques autres, ici chantés par rien moins que Matthias Goerne ! Que dire de plus que : c’est parfait. © SM/Qobuz « La merveille, dans ce quintette suprême tel que nous le donnent les Ebène avec Gautier Capuçon, c'est la dramatisation, une ligne d'ensemble tendue et soutenue de bout en bout, avec en même temps l'entente, l'effacement de chacun dans cette tension même, où les effets, les contrastes ne seront pas de simple dynamique mais d'âme. [...] La conduite d'ensemble, la connivence d'intonation, l'équilibre des timbres, l'unanimité de respiration tiennne du miracle (et quel travail derrière !). Mais la connivence avec l'auditeur, là est le plus vrai critère d'interprétation. Il est absorbé, conduit vers le silence intérieur de Schubert ; obligé d'entrer. » (Classica, avril 2016 / André Tubeuf)
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Classique - Paru le 8 avril 2016 | L'empreinte Digitale

Livret Distinctions 4F de Télérama
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Chanson française - Paru le 8 avril 2016 | Capitol Music France

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Huit ans après son précédent album, le magnifique Aimer ce que nous sommes, l’extra-terrestre Christophe redescend sur notre planète avec ces Vestiges du chaos. Comme à l’accoutumé chez notre dandy-ovni célébré par la plèbe comme par les hypsters, les genres se croisent et se décroisent. Electro, pop, blues, new age, rock, tout y passe. A 70 ans passés, le dernier des Bevilacqua, capable de signer une friandise limite kitsch ou un trip expérimental et déjanté, est une fois de plus impressionnant dans ses errances lunaires et belles. Christophe a toujours en ligne de mire la mélodie. Quel que soit l’habit qu’il lui offre, elle est centrale à son art. Cette fois, il embarque notamment avec lui dans son équipée sauvage Alan Vega du groupe Suicide, son vieux complice Jean-Michel Jarre (qui fut le co-auteur des Mots bleus et des Paradis perdus), Boris Bergman ou bien encore la comédienne Anna Mouglalis. Il signe également un touchant hommage au couple Lou Reed/Laurie Anderson. Pas de doute : Saint Christophe a encore frappé ! © MD/Qobuz
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Concertos pour violoncelle - Paru le 30 mars 2016 | Aparté

Hi-Res Livret Distinctions Diapason d'or - 4F de Télérama - Choc de Classica
Loin d’être un pâle épigone de son père qu’il admirait tant et dont il fut l’un des plus ardents défenseurs, Carl Philipp Emanuel Bach se révèle ici dans toute sa singularité en réinventant littéralement les genres auxquels il touche. Il révolutionne le concerto et la symphonie, bouleverse les formes et les codes ; dans ses concertos pour violoncelle, l’instrument solo n’est plus l’émanation de la basse ou du tissu orchestral, il incarne bel et bien un instrument positionné face à l’orchestre, créant un dialogue tantôt violent, tantôt d’une extrême sensualité. « CPE » annonce ainsi les heures de gloire du violoncelle dans les répertoires classique puis romantique, de Haydn à Schumann. Mozart ne s’y était pas trompé, lui qui avait dit « Il est le père, nous sommes ses enfants ». Voici neuf ans qu’Ophélie Gaillard et son ensemble Pulcinella côtoient ce surprenant personnage. Pour ce deuxième volume consacré à son œuvre, nos musiciens ont choisi deux symphonies, un concerto pour violoncelle, une sonate pour violoncello piccolo – que Bach-le-père a utilisé assez souvent dans ses cantates, et surtout pour lequel il a conçu sa Suite BWV 1012 ; il s’agit d’un violoncelle plus petit mais, dans la plupart des cas, accordé comme le violoncelle normal) –, et pour terminer un concerto pour clavecin. Les solos de violoncelle sont tenus par Ophélie Gaillard, le clavecin par Francesco Corti. Enregistré en septembre 2015 à l’église Bon-Secours, Paris. © SM/Qobuz « [...] Les sautes d’humeur, les incises, les traits vibrants qu’exige cette musique torturée autant que torrentielle sont maîtrisés à la perfection. La soliste et son orchestre Pulcinella visitent ce monde aux lumières changeantes sans rien perdre en beauté sonore. [...] L’album confirme la qualité superlative de timbres et la discipline à toute épreuve obtenue en quelques années par Pulcinella. [...] Une totale réussite.» (Diapason, mai 2016 / Jean-Luc Macia)
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Chanson française - Paru le 25 mars 2016 | Parlophone France

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
Engager Pierre Louÿs comme parolier, il fallait oser ! C’est pourtant ce que fait ici Gérard Manset pour Opération Aphrodite, son premier album depuis Manitoba ne répond plus paru il y a huit ans. Un disque qu’il a organisé autour d’extraits d’Aphrodite du poète de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Le musicien le plus discret mais sans doute le plus vénéré de la chanson française ne copie/colle pas la prose de Louÿs, il s’en inspire librement, la faisant dire par la comédienne Chloé Stefani. Comme toujours avec Manset, tout ici est hors norme, fou et ambitieux, et surtout à des années-lumière de l’ère du temps. Avec une telle densité artistique, l’inclassable poète frappe une fois de plus assez fort. © CM/Qobuz
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Chanson française - Paru le 25 mars 2016 | Capitol Music France

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Un œil pointé droit devant, l’autre dans le rétro, Alex Beaupain a toujours fait de la chanson moderne comme on en réalisait au temps jadis... Il est né dans les salles obscures mais a grandi dans nos oreilles. Depuis quelques années, Beaupain est devenu chanteur à part entière. Et non juste le mec des musiques des films de Christophe Honoré… Il a beau se mettre à nu, autopsier ses malheurs, dépecer ses amours, il y a aussi une légèreté de façade viscéralement pop chez lui. Même s’il est plus aisé d’écrire sur la mouise que sur le bien-être, et si le Diable est un personnage artistiquement plus rentable que Dieu, le chanteur bisontin prouve une fois encore qu’il a trouvé un équilibre jouissif entre ses passions et ses démons, ses idoles et ses envies. Avec Loin, ce brillant metteur en son de ses petits maux et orfèvre doué d’un art à la française assez éternel pour ne pas dire intemporel poursuit enfonce un peu plus le clou. Le sien. Mais cette fois, il embarque avec lui quelques compositeurs de renom : Julien Clerc, La Grande Sophie et Vincent Delerm. Mieux encore, notre grand fan de 7e Art partage le micro avec une certaine Fanny Ardant (Cela valait-il la peine). Encore plus émouvant, la résurrection du cinéaste Maurice Pialat dont la voix, chipée à une scène de son film A nos amours, évoque Van Gogh sur la chanson du même nom : « La tristesse durera toujours. Et ça me frappait beaucoup cette phrase parce que je me disais mais... Je croyais que c'était triste d'être un type comme Van Gogh. Alors je crois qu'il a voulu dire que c'est les autres qui sont tristes. C'est vous qui êtes tristes. Tout ce que vous faites c’est triste. » Un instant à l’image de Beaupain : joyeux, triste et mélancolique, trois pour le prix d’un… Bref, aucun doute, il est Loin des autres. Loin devant même, Alex Beaupain… © MZ/Qobuz
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Chanson française - Paru le 25 mars 2016 | Capitol Music France

Livret Distinctions 4F de Télérama
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Musique vocale sacrée - Paru le 25 mars 2016 | Accent

Distinctions Diapason d'or - 4F de Télérama - Gramophone Editor's Choice
« [...] La méritoire reconstruction sort de l’ombre deux œuvres de tout premier ordre. Les Litanies furent, comme la messe, créées en 1729. L’archiduchesse Marie-Josèphe vénérait son saint patron François-Xavier, censé l’aider à donner un nouvel héritier au trône de Saxe [...] et Zelenka, assurant l’intérim de Kapellmeister après le décès de Heinichen, saisissait l’opportunité d’une allégresse inspirée pouvant lui garantir le poste. Dans cette partition exubérante, on le devine aussi enivré par l’excellence des solistes et de l’orchestre de Dresde, que Vaclav Luks l’est aujourd’hui de ses troupes praguoises. [...] Zelenka décuple les timbres, soigne de longues introductions orchestrales et varie à l’infini les séquences. [...] Fervents et déterminés, les interprètes livrent une des révélations les mieux ciselées au catalogue Zelenka.» (Diapason, mai 2016 / Sophie Roughol)
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Electro - Paru le 18 mars 2016 | Smith Hyde Productions

Distinctions 4F de Télérama
Dire que Karl Hyde et Rick Smith sont des légendes de la scène électro est un doux euphémisme… La musique de leur duo Underworld a fait vibrer tous les clubs de la planète et leur tubesque Born Slippy de 1996 utilisé dans le film Trainspotting a permis à leur aura d’être décuplée… Surtout, Underworld a fait goûter l’électro au public rock à une époque où la porosité entre les genres et les fans n’étaient guère évidente… Avec ce septième album, le tandem britannique bientôt sexagénaire signe un magnifique opus à la saveur rétro. On retrouve tout l’ADN d’Underworld, ce mélange de sonorités rock filtrées aux machines et ce chant/parlé de Hyde si singulier. Une intro sur deux notes de basse désaccordée, posée sur des percus lancinantes, une envolée élégiaque de cordes se mêlant peu à peu à un monde électronique, un hurlement de loup dément obsédant, de la techno céleste et une acoustique sud-américaine, des voix se muant en riffs harmonieux, des paroles prises au hasard formant des monologues finement arrangés, de la musique cérébrale sur laquelle on peut danser… et le meilleur disque d’Underworld depuis bien longtemps. Surtout, une musique dont le potentiel chamanique n’a pas été entamé par les années. © MD/Qobuz
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Piano solo - Paru le 18 mars 2016 | La Dolce Volta

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama - Pianiste Maestro - Choc de Classica
Et pourquoi donc, demanderez-vous, acquérir l’intégrale des œuvres pour piano solo de Brahms par le jeune pianiste français Geoffroy Couteau alors qu’il existe déjà tant d’intégrales ou de quasi-intégrales par tant de stars plus anciennes ? Plusieurs réponses : il serait bien dommage de ne pas se laisser tenter par les nouveaux, ce qui n’enlève rien aux anciens. Par ailleurs, Couteau a, faut-il le rappeler, remporté le Premier prix du très convoité Concours International Johannes Brahms en Autriche, cuvée 2005. Et puis, tout simplement, il joue magnifiquement ce répertoire qui lui va comme un gant. Il a choisi de présenter cette intégrale, couvrant quelque quarante ans de la vie du compositeur, selon le monde chronologique, du Scherzo en mi bémol de 1851 jusqu’aux quatre ultimes grands chefs-d’œuvre de la fin de la vie que sont les Opp. 116, 117, 118 et 119, des moments crépusculaires dénués de toute virtuosité. En passant en particulier par les très virtuoses grands cycles de Variations (sur des thèmes de Schumann, Haendel, Paganini ou lui-même) représentatifs de l’ébullition du milieu de son existence et les tiraillements amoureux avec Clara. Tout cela est magnifiquement exprimé par Couteau qui rappelle que les grands ouvrages de Brahms sont sur son agenda personnel depuis l’âge de treize ans, une époque de la vie d’un pianiste où tant d’entre eux s’intéressent plutôt à Chopin, Liszt et Rachmaninov pour mieux épater les petits copains… Enregistré en avril, juillet et août 2015 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan. © SM/Qobuz « Cette intégrale de la musique pour piano seul de Brahms par Geoffroy Couteau est l'une des grandes réalisations pianistiques de l'année. [...] Que l'expression soit tourmentée ou bien recueillie, rien, dans cette somme, n'apparaît forcé ou empreint de maniérisme. Le sentiment d'évidence ne se produit généralement qu'en concert et si rarement dans une intégrale. C'est l'esprit de la confession qui prévaut ici (le cheminement d'une vie jusqu'à la résignation), mais à une échelle telle que nous redécouvrons, à la fin de l'écoute, la valeur humaine et musicale de cette musique.» (Classica, avril 2016 / Stéphane Friédérich) « Geoffroy Couteau organise les six CD selon la chronologie. [...] Le coffret se referme donc avec les fascinants Opus 116 à 119 [...] Dans toutes ces confessions ultimes, le pianiste français se montre exceptionnel. [...] Une intégrale absolument remarquable – dotée d'une notice très soignée. Le sens de l'atmosphère, le soin extrême accordé à la réalisation, l’évident travail en profondeur, la richesse de la pâte sonore, le lyrisme généreux et simple, sont la marque d’un musicien exceptionnel.» (Diapason, mai 2016 / Bertrand Boissard)  
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Jazz - Paru le 4 mars 2016 | Impulse!

Hi-Res Livret Distinctions 4F de Télérama
Il a beau jouer avec le contrebassiste Kiyoshi Kitagawa et le batteur Johnathan Blake depuis pas mal d’années, Kenny Barron n’avait encore jamais gravé d’album dans la cire avec cette rythmique qui lui va si bien. Et c’est justement cette complicité qui saute aux oreilles à l’écoute de ce somptueux Book Of Intuition paru sur le label Impulse !. Elégant, intelligent, raffiné et doté d’un swing plus que parfait, ce disque est une sorte d’ambassadeur du fameux crédo less is more. Pas une note de trop. Pas d’esbroufe technique. Chaque thème (tous signés Barron à l’exception de deux reprises de Thelonious Monk, Shuffle Boil et Light Blue, et une de Charlie Haden, Nightfall) est ici abordé avec une classe redoutable. Kenny Barron est l’un des derniers géants de ce piano éternel et intemporel qui ne cherche pas à révolutionner le genre ou l’instrument mais plutôt à trouver le ton juste. Une entreprise qu’il réussit grâce à l’implication de Kitagawa et Blake. Les trois musiciens atteignent ici une sorte de grâce esthétique. Un superbe album à écouter en boucle. © MZ/Qobuz
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Alternatif et Indé - Paru le 4 mars 2016 | Domino Recording Co

Hi-Res Distinctions 4F de Télérama
On ne peut pas dire que le nom de Bill Ryder Jones affole les foules de ce côté-ci de la Manche... Et c'est bien dommage car l'ancien guitariste du groupe The Coral construit une carrière solo des plus passionnantes. Pour preuve ce troisième album intitulé West Kirby County Primary paru chez Domino et qui touchera les fans de rock à la Pavement et tout simplement les amateurs de chansons joliment troussées. © MD/Qobuz
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Quatuors - Paru le 26 février 2016 | naïve classique

Livret Distinctions 5 de Diapason - 4F de Télérama - Gramophone Editor's Choice
Vrai, les œuvres pour quatuor à cordes de Schönberg, Berg et Webern ne sont pas nécessairement de celles que l’on chantonne sous la douche… voire, car ce coffret comporte l’intégralité de leurs ouvrages pour quatuor, donc aussi des pièces de jeunesse, et surtout de l’avant-dodécaphonisme – de l’avant-atonalisme, même ! Ainsi la première partie, consacrée à Schönberg, est-il tranquillement brahmsien ou, parfois, dvořákien. Le deuxième, encore Schönberg, avec les Quatuors n° 1 et 2, reste encore dans le giron de la tonalité tel que le compositeur la conçoit dans sa Nuit transfigurée. Jusque là, l’on peut chantonner dans la douche… Par contre, le Troisième Quatuor de 1907 qui ouvre la troisième partie dépasse déjà ces limites pour s’aventurer de l’autre côté du miroir schönbergien, tandis que le Quatrième de 1936 reviendrait presque vers un langage plus « classique », du moins teinté d’un ample lyrisme que l’atonalité ne cherche pas à gommer. La quatrième partie s’ouvre avec le Quatuor Op. 3 de Berg, écrit en 1910 avec la pleine griffe du compositeur, entre désarroi thématique, harmonies torturées, résolutions parfois d’une douceur mozartienne… et se poursuit avec la célèbre Suite lyrique, assez peu propice à être chantonnée, malgré son aspect profondément mélodique ; mais ce sont des mélodies atonales, dodécaphoniques, avec quelques touches d’humour à la viennoise : l’un des grands chefs-d’œuvre de Berg. La cinquième et dernière partie est entièrement consacré à Webern, de son très brahmsien Langsamer Satz (« Mouvement lent »), puis de deux autres œuvres encore ancrées dans le giron tonal, avant que ne retentissent les Cinq mouvements pour quatuor de 1909 de la manière dodécaphonique, puis les Six Bagatelles de 1911 – toujours dodécaphonique, toujours plus concentrés dans le propos – et enfin le Quatuor Op. 28 de 1936, à la fois d’un modernisme échevelé, mais aussi un hommage appuyé à Bach puisque les quatre premières notes de la série égrènent le fameux B-A-C-H, les suivantes le même dessin à rebours, les quatre dernières reprenant le motif initial, transposé sans plus. Certes, pas question de chantonner cet ultime quatuor, mais comme Schönberg à sa grande maturité, Webern est parfois retourné fouiller chez les anciens pour alimenter ses architectures… Aux commandes de cet impressionnant ensemble phonographique, le Quatuor Diotima, un ensemble français fondé en 1996 – vingt ans déjà ! – dont la vocation principale est de faire (re)découvrir la musique des XXe et XXIe siècles, sans pour autant se couper la route de Beethoven, de Brahms ou de Schubert. Une très grande réussite. © SM/Qobuz « [...] Sans égaler la finesse et le sens de la couleur, à la volupté si mystérieuse, des Hagen dans Webern (DG et Myrios), ou des Alban Berg II dans Berg, les Diotima savent marier souffle et densité, moelleux et tranchant. Les quatre quatuors de Schönberg affichent d'autres exigences, surtout le premier, en ré mineur [...] qui s'impose comme un sommet de son auteur. [...] la lecture vigoureuse, nette, ardente des Diotima en fait ressortir le profil impérieux, la tension intellectuelle et psychologique. On est d'autant saisi et plus d'une fois conquis par l'austère angulosité et l'analyse à la pointe sèche révélées dans les sériels Quatuors n°3 et n°4 ou le lapidaire Quatuor Op. 28 de Webern. Un aboutissement.» (Diapason, avril 2016 / Patrick Szersnovicz)