AU SOMMAIRE

NUMÉRO 51 - AVRIL 2016

En couverture

Avishai Cohen, le nouveau prince de New York

L'entretien du mois

Gregory Porter

Enquète

Noël Akchoté, c'est tous les jours Noël !

Sans oublier des articles consacrés à Jacques Mahieux, Colin Stetson, Elise Caron, Médéric Collignon, Céline Bonacina, Roberto Negro, Camille Bertault, Sonny Rollins, Duke Ellington et à bien d'autres.

Les albums

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Jazz - Paru le 13 mai 2016 | naïve Jazz

Hi-Res Distinctions Indispensable JAZZ NEWS - Qobuzissime
L’idée de monter un quartet de ce genre n’est pas nouvelle pour la talentueuse Airelle Besson. En effet, elle avoue en 2014 (année des premières répétitions avec le groupe) qu’elle avait passé les cinq années précédentes à potasser le sujet. Très rapidement l’alchimie entre les membres du groupe prend place et Airelle Besson affirme son choix de collaboration avec Benjamin Moussay (piano, synthé) et Fabrice Moreau (batterie). La découverte de la perle rare se fera plus tard en la personne d’Isabel Sörling.  La Scandinave à la voix d’agent utilise parfois son organe vocal comme un instrument, rendant le jazz mélodieux d’Airelle Besson encore plus aérien. Organique et minimaliste de bout en bout, l’ensemble musical de Radio One est gracieux et délicat. En plaçant l’émotion au cœur du projet, le quartet transforme son jazz en nuage où les auditeurs prendront plaisir à se poser. Formation atypique pour la nouvelle étoile de la trompette française, cette formation offre un véritable bol d’air créatif à la musicienne récemment récompensée. © AR/Qobuz
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Electro - Paru le 13 mai 2016 | Brainfeeder

Hi-Res Distinctions Indispensable JAZZ NEWS - L'album du mois JAZZ NEWS
Du naive computer jazz. Du jazz d’ordinateur naïf en quelque sorte. C’est ainsi que Mitchel Van Dinther alias Jameszoo a baptisé sa musique. Un élixir étrange et envoûtant qui donne ce premier album du producteur néerlandais pour Brainfeeder, le label de Flying Lotus… Originaire de Den Bosch, petite ville du sud de la Hollande, Van Dinther a d’abord fait ses armes comme DJ, jonglant avec tous les types de musiques osées : jazz d’avant-garde jazz, rock progressif, krautrock, électro expérimentale, etc. Pour ce disque conçu sous ce sobriquet de Jameszoo, il dit avoir été influencé pour ne pas dire obsédé par trois albums : Steve Kuhn (1971) de Steve Kuhn, Arthur Verocai (1972) d’Arthur Verocai et Rock Bottom (1974) de Robert Wyatt. Obsédé au point d’avoir contacté en direct Kuhn et Verocai pour qu’ils participent à son projet ! Et l’Américain comme le Brésilien ont accepté de mettre leurs grains de sel dans cet ovni sonore fou. Oui fou, car sans logique ni homogénéité. La musique à 360° d’un artiste regorgeant d’influences. Un artiste prêt à tendre tous les ponts possibles et imaginables. On entre donc guère facilement dans ce Fool, œuvre hautement exigeante et totalement inclassable. © MD/Qobuz
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Jazz - Paru le 21 avril 2016 | Atypeek Music

Distinctions Indispensable JAZZ NEWS
Manuel Adnot, guitariste du trio Sidony Box, a imaginé ce projet April Fishes comme un voyage improvisé et narratif au sein du monde aquatique. Il a ainsi proposé au guitariste et violoncelliste Adrien Dennefeld de monter ce nouveau groupe, inspiré des musiques improvisées et électroniques. Pour compléter l’équipe, le saxophoniste Romain Dugelay et le batteur Sylvain Darrifourcq apportent leurs énergies toutes particulières, au service d’un propos thématisé. April Fishes nous embarque ainsi pour des sensations virtuelles, fournies par l’imaginaire associé à l’univers marin… Tout au long des sept pièces qui composent ce premier album, la symbolique est restituée avec une grande force d’évocation et un sens certain du récit, voire de l’odyssée. Les quatre musiciens, qui s’étaient à maintes reprises croisés sur scène mais signent ici leur première œuvre commune, déploient une alliance mouvante d’instruments acoustiques et électriques ou électroniques. Guitare nylon, violoncelle, capteurs sur la batterie, machines, saxophone baryton... l’instrumentarium permet une texture sonore tantôt dense, tantôt aérée. Tissant un vrai patchwork de timbres, déroulant à l’envi des nappes sonores éthérées et des riffs planants, l’ensemble évoque volontiers les grands espaces à l’instar du groupe post-rock islandais Sigur Rós, tout en gardant un ancrage dans les musiques libres et les drames instantanés de l’improvisation. Un disque dans lequel on ne peut que plonger tête la première…
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Jazz - Paru le 15 avril 2016 | Stunt Records

Distinctions Indispensable JAZZ NEWS
Etonnant que cet album d’Aaron Parks conçu au sortir d’une résidence au Danemark. En compagnie d’une rythmique locale composée du contrebassiste Thomas Fonnesbæk et du batteur Karsten Bagge, le pianiste américain déroule sa superbe palette stylistique déjà contemplée sur Arborescence paru chez ECM en 2012, Invisible Cinema publié par Blue Note en 2008 ou bien encore au sein du groupe James Farm avec Joshua Redman, Matt Penman et Eric Harland. Dans les brisées du style de Brad Mehldau, Parks impose tout au long de Groovements un piano multicolore, alternant entre la mélancolie et la joie pure. Un jeu qu’ont apprivoisé à la vitesse de l’éclair ses complices d’un jour. Avec une grande intelligence, le trio offre ici un jazz virtuose jouissif à la musicalité communicative. © MD/Qobuz
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Jazz - Paru le 15 avril 2016 | Buda musique

Distinctions Indispensable JAZZ NEWS
Donnant une seconde jeunesse à ses Yeddish Cowboys, Yom forme un quintet faisant belle part à la guitare et ses dérivées. A travers cet album, qui s’apparente être un recueil, Yom remonte l’histoire de sa famille. Né d’un père s’étant installé aux Etats-Unis suite à la Seconde Guerre mondiale et d’une mère juive, il visualise en musique avec neuf titre son rêve américain. Voyage itinérant au cœur de l’infinie étendue des grandes plaines, dans le froid glacial des Appalaches, dans les lacs et leur calme déroutant, mais aussi dans l’âpreté des canyons… Faisant un parallèle entre les ballades traditionnelles yiddish et celles américaines, Yom vient sublimer à la clarinette un ensemble porté par les guitares folk, parfois country mais aussi rock’n’roll. Défini par une mélancolie incessante, cet album est une hymne à la solitude et à la découverte de soi-même à travers d’interminables voyages… © RB/Qobuz
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Jazz contemporain - Paru le 1 avril 2016 | The Leaf Label

Distinctions Indispensable JAZZ NEWS
Plus qu’un simple zébulon du jazz britannique actuel, Shabaka Hutchings est un explorateur qui n’a pas froid aux yeux et que chaque nouveau projet place un peu plus sur le devant de la scène… Une naissance à Londres en 1984, une jeunesse sous le soleil de la Barbade, un retour en Angleterre en 1999 où il intègre la prestigieuse Guildhall School of Music, avant d’être repéré par le saxophoniste Soweto Kinch et de fréquenter des pointures comme le saxophoniste Courtney Pine ou Jerry Dammers des Specials ! Mieux, Hutchings se retrouve sacré New Generation Jazz Artist par BBC 3 ! En 2011, le saxophoniste et clarinettiste lance Sons Of Kemet, un étonnant et déroutant quartet avec un tuba (Oren Marshall) et deux batteries (Tom Skinner et Seb Rochford) ! Un ovni entre la fanfare de rue et l’orchestre chambriste qui mêle jazz, musique caribéenne et africaine, effluves égyptiennes, saveurs de New Orleans ou même d’Ethiopie ! Cette fois, l’aventure s’intitule – à juste titre – The Comet Is Coming et, sans liens avec Sons Of Kemet, s’avère une nouvelle conjugaison inattendue de l’idiome jazz. Mais est-ce encore du jazz ? Peu importe car ce qui se passe entre les oreilles est assez fascinant. Tel un Sun Ra du troisième millénaire sous perfusion électro, Shabaka Hutchings – qui se fait appeler ici King Shabaka – est encadré par un tandem composé d’un certain Danalogue The Conqueror aux claviers et d’un dénommé Betamax Killer aux percussions. Tout un programme avant-gardiste bien calé sur une rythmique percussive surpuissante et des improvisations cuivrées hypnotiques. Sun Ra donc… Difficile de ne pas invoquer celui qui fut vénéré (ou détesté) pour ses compositions à tiroirs et ses performances phénoménales autant que pour la bizarroïde philosophie cosmique qu'il prêchait. Heureusement pour lui, Shabaka Hutchings n’oublie pas qu’il vit en 2016 et apporte à sa philosophie musicale des éléments bien contemporains bien éloignés de la sémantique du maître Ra. © MZ/Qobuz
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Rap - Paru le 18 mars 2016 | Alter K

Distinctions Indispensable JAZZ NEWS
Un quart de siècle passé sur terre et Dale Anthony Doss alias Charles X va déjà à l'essentiel. Il mélange aisément hip-hop, soul et jazz, s’appropriant adroitement les genres avec une créativité continue et, à l’arrivée, un style qui lui est propre. Crooner et compositeur, rappeur et multi-instrumentiste, ce Californien alterne phrasés uppercuts et arrangements ultra-mélodiques. Le jeune Angelinos aux faux-airs de Frank Ocean et aux postures à la Raphael Saadiq propose pour ce deuxième album un nouvel alliage bien groovy de rap old school et de nu-soul chloroformée à découvrir d’urgence. © MD/Qobuz
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Jazz - Paru le 18 mars 2016 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions Pitchfork: Best New Music - Indispensable JAZZ NEWS - 5 Sterne Fono Forum Jazz
Deux générations, deux styles mais une volonté commune d’avancer sur le chemin d’une certaine avant-garde jazz. Le pianiste Vijay Iyer et le trompettiste Wadada Leo Smith avaient jusqu’ici travaillé ensemble à de nombreuses reprises mais A Cosmic Rhythm With Each Stroke qu’ils publient sur le label ECM est leur premier album en duo. L’envoutante suite éponyme de l’album qui en constitue la pièce centrale est dédiée à Nasreen Mohamedi, l’artiste indienne innovatrice dont l’imagerie à caractère improvisé évoque des rythmes distraits. Cette suite est entourée de la composition d’Iyer Passage et d’une pièce de Smith célébrant la grande contralto Marian Anderson qui fut la première Afro-Américaine à chanter au Met Opera de New York en 1955... Son, texture et espace, les deux musiciens américains interagissent ici avec une grande sensibilité créatrice. Un disque exigeant et magnifique. © MD/Qobuz
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Jazz - Paru le 11 mars 2016 | Mack Avenue

Hi-Res Distinctions Indispensable JAZZ NEWS
Pour son premier album sur le label Mack Avenue – son quatrième au total –, Julian Lage s’est entouré du bassiste Scott Colley et du batteur Kenny Wollesen. Un trio de choc pour un disque puissant. Le guitariste new-yorkais avance tête baissée dans une musique à l’os, qui se concentre sur les improvisations et la communication entre les trois musiciens. Le vrai choc du disque est évidemment d’entendre Julian Lage exclusivement à la guitare électrique, lui dont on connait avant tout la virtuosité à l’acoustique. L’ancien petit génie qui fut au centre d’un documentaire en 1997 (Jules At Eight) a parcouru un long chemin pour que cette étiquette de singe savant s’éclipse au profit de celle du vrai musicien, inspiré et talentueux. Ici, Telecaster en main, Lage s’attaque à un répertoire ancien, parfois oublié. Un jazz sépia allant de Willard Robison à Sidney Bechet en passant par Jack Teagarden, Bix Beiderbecke, Spike Hughes et quelques autres, et dans lequel il incorpore des thèmes de sa composition, pièces rendant hommage à l’une de ses autres obsessions : le quartet américain de Keith Jarrett. Un fascinant grand écart donc entre des sonorités d’une ère révolue et des pièces avant-gardistes au possible. Le trio réussit brillamment à lier tout ça et le guitariste semble aussi à l’aise dans l’un comme dans l’autre répertoire. © MD/Qobuz
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Jazz - Paru le 4 mars 2016 | Cristal records

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Jazz contemporain - Paru le 4 mars 2016 | Heavenly Sweetness

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Un bon cap que ce Cap de Bonne espérance. Trop tentant de ne pas saisir le titre de ce troisième album de Florian Pellissier à la perche, tant le pianiste offre ici un disque encore plus brillant que ses prédécesseurs. Avec Yoann Loustalot à la trompette, Christophe Panzani au saxophone, Yoni Zelnik à la contrebasse et David Georgelet à la batterie, Pellissier s’engouffre dans un hard bop jamais passéiste, un jazz aux cambrures africaines, sud-africaines même pour être plus précis. C’est lors d’une soirée du festival Jazz à Vienne dédiée au jazz de ce pays qu’il reçut l’illumination qui allait guider ce disque. Un jazz sud-africain qui servit de guide spirituel pour l’écriture des titres de Cap de Bonne espérance, neuf pièces signées Pellissier agrémentées de deux reprises, le tubesque What A Difference A Day Makes avec Leron Thomas en invité, et The Hipster du saxophoniste jamaïcain Harold McNair. Un disque plus que parfait. © MZ/Qobuz
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Jazz - Paru le 4 mars 2016 | ECM

Hi-Res Livret Distinctions Indispensable JAZZ NEWS - L'album du mois JAZZ NEWS
Comme un retour aux sources pour Nik Bärtsch… Après Stoa en 2006, Holon en 2008, Lyria en 2010 et un double album live en 2012 avec son groupe amplifié Ronin (du « zen funk »), le pianiste zurichois signe ici un album avec sa formation d'origine Mobile. Le premier depuis une bonne quinzaine d'années… Quartet acoustique fondé en 1997, Mobile est la source de l'esthétique de Bärtsch et présente tous les éléments de son ADN. Une attitude façonnée par son approche conceptuelle de la réduction et de la répétition, mais aussi par sa fascination pour la culture japonaise. Jouant avec des textures musicales issues du jazz, du funk, de la musique contemporaine, du minimalisme et des musiques rituelles et sacrées, Nik Bärtsch crée de nouvelles énergies très structurées. « Cette musique, précise-t-il, puise son énergie dans la tension entre la précision des compositions et de l'auto-contournement de l'improvisation. De cette restriction auto-imposée découle la liberté. L'extase par l'ascétisme. » Un opus fascinant sur lequel les musiciens laissent surtout leur virtuosité individuelle au vestiaire et prennent plutôt part à la création d'un timbre commun, fort et énergique. © CM/Qobuz
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Jazz - Paru le 18 février 2016 | Universal Music GmbH

Hi-Res Distinctions Indispensable JAZZ NEWS
Loin des clichés de la musique d’église peu excitante à déguster hors contexte, comme dans un canapé moelleux par exemple, Cory Henry propulse le genre dans une stratosphère quasi-psychédélique. L’organiste new-yorkais du groupe Snarky Puppy signe ici un album live, enregistré dans la paroisse de son parrain, le Greater Temple of Praise de Brooklyn, seul derrière son arme de prédilection, le mythique Hammond B3. Et le résultat est d’une puissance émotionnelle assez phénoménale. Les aficionados de ce même B3 qui n’avaient pas vu la Sainte Vierge depuis la mort de Jimmy Smith risquent de ne pas en croire leurs oreilles ! Entre les mains de Cory Henry, des pages sacrées du gospel éternel qu’il revisite de fond en comble, mais aussi quelques tubes inattendus piqués à John Coltrane (Giant Steps), à Stevie Wonder (All In Love Is Fair) voire même aux Beatles (Yesterday) ! Chaque instant, chaque note, chaque mélodie, chaque improvisation est un incendie à lui seul ! Un corps à corps entre groove et spiritualité. Au point que rarement disque d’orgue solo n’avait atteint de tels cieux d’inspiration. Tout au long de ce The Revival, Cory Henry alterne entre imprécation et confession, en un simple claquement de doigt. Une vraie gifle ! © MZ/Qobuz
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Jazz fusion & Jazz rock - Paru le 15 février 2016 | Linoleum records

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Afrique - Paru le 12 février 2016 | Nonesuch

Hi-Res Livret Distinctions Indispensable JAZZ NEWS
Rokia Traoré est sans doute l’une des plus belles voix que le Mali nous ait envoyées ces dernières années. Belle mais aussi habitée et surtout engagée. Avec Né So, un album qu’elle a une fois de plus conçu avec John Parrish, producteur attitré de PJ Harvey, Rokia Traoré chante sa révolte du déracinement des peuples. Un combat en chanson qu’elle mène avec à ses côtés des invités de marque comme John Paul Jones de Led Zeppelin, l’écrivaine Toni Morrison ou bien encore le folkeux Devendra Banhart. D'une puissance rare. © CM/Qobuz