Plaisir d'amour Romances et complaintes de la France d'autrefois (2)

Romances et complaintes de la France d'autrefois (2)

Plaisir d'amour

Inclus : 1 Livret numérique

Paru le 25 octobre 2010 chez Alpha

Artiste principal : Vincent Dumestre

Genre : Classique

Distinctions : 5 croches d'Opéra International (novembre 2004) - 4 étoiles du Monde de la Musique (novembre 2004)

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Album : 1 disque - 15 pistes Durée totale : 00:54:13

  1. 1 Quand je menai les chevaux boire

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  2. 2 Jan Petit que danse

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  3. 3 La Louison

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  4. 4 La religieuse rebelle

    Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  5. 5 La Péronnelle

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  6. 6 Mort et convoi de l'invincible Malbrough

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  7. 7 Les tendres souhaits

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Giovanni Battista Pergolesi, Composer Copyright : 2004 Alpha

  8. 8 Bourrée

    Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  9. 9 La blanche biche

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  10. 10 N'èran tres fraires

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  11. 11 Ah! Vous dirai-je maman

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  12. 12 Tambourin

    Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  13. 13 Qui vòu audir cançon

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  14. 14 La Furstenberg

    Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Anonymous, Composer Copyright : 2004 Alpha

  15. 15 Plaisir d'amour

    Claire Lefilliâtre, Performer - Brice Duisit, Performer - Isabelle Druet, Performer - Le Poème Harmonique, Performer - Vincent Dumestre, Performer - Jean Paul Egide Martini, Composer Copyright : 2004 Alpha

À propos

Poème Harmonique & Vincent Dumestre

Détails de l'enregistrement original :

54:21 - DDD - Enregistré en juin 2004 - Notes en français et anglais
Quand je menai les chevaux boire
Jan Petit que danse
La Louison
La religieuse rebelle
La Perronelle
Mort et convoi de l'invincible Malbrough
Les tendres souhaits
Bourrée
La blanche biche
N'èran tres fraires
Ah ! vous dirai-je maman
Tambourin
Qui vòu audir cançon
La Furstenberg
Plaisir d'amour
Le Poème Harmonique - Vincent Dumestre
(Claire Lefilliâtre, Brice Duisit & Isabelle Druet, chant
Odile Edouard, violon - Anne-Marie Lasla, dessus de viole
Magali Imbert, psaltérion & tambour - Pierre Hamon, flûtes & cornemuse
Christophe Tellart, vielle à roue & cornemuse - Isabelle Saint-Yves, basse de viole
Nanja Breedijk, harpe - Arthur Schoonderwoerd, pianoforte à tangentes
Vincent Dumestre, guitare & théorbe)
Avec la gracieuse participation de Serge Goubioud & Arnaud Marzorati, chant
Chansons et romances d'autrefoisDamien Vaisse
    Voulez-vous ouïr chanson, chansonnette nouvelle ? C’est ainsi que s’ouvre mainte chanson du temps passé, avant de nous entraîner dans quelque histoire tendre, touchante, drôle ou cruelle. Parvenues à nous selon des voies diverses, souvent accidentées et retorses, les chansons ont traversé les siècles et les frontières, changeant ici de texte, là de timbre, adoptant de chaque région la langue, la musique, les usages et l’histoire    L’écart entre la culture populaire et la culture savante paraît s’être accentué au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, mais les chansons occupent une place à part dans la musique, jouant un rôle de passeur entre la campagne et la ville, la musique populaire et la musique savante. Les musiciens, aussi doctes fussent-ils, avaient également en tête les chansons que leur chantait leur nourrice, et celles qu’ils entendaient dans la rue, lors des fêtes ou au cabaret. Les échanges furent parfois si nombreux que les pistes sont aujourd’hui définitivement brouillées, et qu’il est vain de vouloir rechercher l’origine d’un air. Voici par exemple le timbre de La Furstenberg. Il est harmonisé pour quatuor de violons par Purcell pour la comédie The Virtuous Wife, et nous en trouvons des réminiscences dans l’Europe galante de Campra en 1697. Henry Playford l’inséra en 1703 sous le titre Saint Martin’s Lane dans son recueil The Dancing Master, qui contient de nombreuses danses populaires. En France il se diffusa sous le nom de La Furstenberg, peut-être pour persifler la comtesse de ce nom qui était, disait-on, la maîtresse du prince-évêque de Strasbourg. Les paroles qu’en donne Ballard dans son Recueil d’airs sérieux et à boire de différens auteurs en 1700 sont particulièrement grivoises. L’air était pourtant connu à la cour. Philidor le copia en 1712 dans un recueil des danses qui se jouent ordinairement à tous les bals chez le roy et il figure aussi, copié à la main, dans de nombreux cahiers d’amateurs.    Nous sommes plus assurés avec les romances qui fleurirent dans les salons aristocratiques au XVIIIe siècle. Elles sont souvent d’origine savante et leurs auteurs sont généralement connus, même si certaines d’entre elles passèrent ensuite dans le répertoire populaire et se transmirent oralement. Racontant d’un ton naïf et simple quelque histoire tendre ou touchante, souvent mélancolique, sur une mélodie facile et « naturelle », elles font la part belle au goût pastoral et galant, comme en témoignent Les tendres souhaits, de Charles-Henri Ribouté (1708-1740), contrôleur des rentes, qui emprunta son timbre à un air de Pergolèse, ou la chanson Ah ! vous dirai-je maman – dans sa version d’origine (Mon cœur dit à chaque instant / Peut-on vivre sans amant !) et non dans celle destinée aux enfants (Moi je dis que les bonbons / Valent mieux que les leçons). L’attrait pour les amours champêtres ne s’était jamais démenti depuis la parution en 1607 de L’Astrée d’Honoré d’Urfé. Les recueils de chansons étaient remplis de Sylvie et de Sylvandre, de bergers avec moutons, chien et houlette, de bosquets et d’onde pure. Prenons par exemple Plaisir d’amour. Le texte de cette romance figure dans Célestine, nouvelle espagnole, du poète Florian. Célestine, se croyant abandonnée par son amant, trouve refuge dans une grotte, d’où elle entend le son d’une flûte champêtre et la voix d’une jeune chevrier qui chante, les yeux mouillés, « sur un air rustique », le chagrin d’avoir perdu l’ingrate Sylvie. Martini mit en musique en 1785 cette chanson qui connut alors un succès éclatant. C’était l’époque où Marie-Antoinette, fuyant l’étiquette de la cour, jouait à la bergère dans un hameau d’opérette construit au fond du parc de Versailles. Aimables bluettes que ces romances de salon ? Peut-être, mais leur fortune prouve qu’elles parlaient réellement au cœur du public et se trouvaient en résonance avec la sensibilité du temps. Cette nostalgie du retour aux sources, dont témoigne aussi bien le succès du Devin de village de Rousseau en 1752, était peut-être le contrecoup du fossé qui s’était creusé entre le peuple et l’élite.    La faveur d’un timbre ou d’une chanson dans le public peut se mesurer aux multiples renouvellements qu’ils suscitaient. Sur les airs à la mode, les poètes de salon proposaient leurs propres vers. Les tendres souhaits pouvait ainsi devenir La romance de Clarisse, L’infidélité pardonnée, L’heureuse disposition ou encore La mouche expirante, à une dame qui la faisoit souffrir, et Malbrough, La belle indécise. Les timbres populaires se retrouvaient également dans les parodies d’opéra et les opéras comiques. Quand au plus fort du conflit avec les comédiens du roi, les comédiens des théâtres de foire s’étaient vu interdire de parler et de chanter, donc réduits à la pantomime, ils présentaient au public sur des rouleaux ou des pancartes le texte à lire ou à chanter, sur les airs les plus connus. Une fois l’interdiction levée, cette habitude de truffer les pièces de timbres à la mode subsista lorsque naquit peu après le genre de l’opéra comique. L’air du Curé de Môle, qui est aussi celui de Yan petit que danse, se trouve ainsi dans une parodie de Castor et Pollux de Rameau représentée par les comédiens italiens en 1737, et le timbre de La Furstenberg est repris en 1762 pour un air d’Annette et Lubin d’Adolphe Blaise.    L’utilisation d’airs connus à des fins d’édification témoigne de leur pouvoir d’émotion, sur laquelle on comptait pour fortifier les esprits dans la foi chrétienne. Le timbre du Yan Petit que danse (ou du Curé de Môle) fut ainsi publié sous forme de noël en 1675. Ah ! vous dirai-je maman devient un cantique avec pour paroles Ô digne objet de mes chants, ou Ô vous dont les tendres ans dans les Opuscules sacrés… à l’usage des catéchismes de la paroisse de Saint-Sulpice. Dans le même recueil, Les tendres souhaits, aimable chanson pastorale, sert à mettre en musique la Passion du Christ, sur les paroles Au sang qu’un Dieu va répandre ! Juste retour des choses pour les chansons profanes dont beaucoup avaient emprunté leur timbre à la musique liturgique.    La musique instrumentale puisa aussi largement dans le répertoire des chansons. Michel Corrette, dans La belle vielleuse, en 1783, donne un Malbrough en menuet et des variations sur Ah ! vous dirai-je maman et sur La Furstenberg, qui lui inspira également un Concerto comique. Nous retrouvons encore Ah ! vous dirai-je maman dans la Méthode habile de vielle publiée par François Bouin en 1761, dans la Nouvelle méthode théorique et pratique pour la flûte de François Devienne en 1794, et l’inusable romance donna aussi lieu à de multiples variations au clavier, du génial Mozart à l’obscur Benaut, auteur également de variations sur La Furstenberg. Ce goût pour les chansons populaires dans la musique instrumentale s’accompagnait d’une attention renouvelée pour les instruments « campagnards » comme la vielle à roue, que jouait la reine Marie Leszczynska, et la cornemuse, déclinée en musette dans la musique savante. Désignant également des danses à deux temps, les « tambourins » et « musettes » connurent un grand succès sur la scène au XVIIIe siècle. Dans les salons, les chansons étaient aussi accompagnées au violon, à la guitare, à la harpe, au clavecin ou au piano-forte, que nous entendons ici dans Plaisir d’amour et Ah ! vous dirai-je maman.     À côté des chansons qui figurent dans les nombreux recueils publiés du XVIe au XVIIIe siècle, il en circulait d’innombrables qui n’avaient pas eu l’honneur de l’écrit et se transmettaient oralement. En 1852 Hippolyte Fortoul, ministre de l’Instruction publique, fut chargé par Napoléon III de lancer une collecte des chants populaires pour élever un grand monument au génie anonyme et poétique du peuple. Des recueils furent publiés par Weckerlin, Millien, Arnaudin, Rolland, Canteloube et bien d’autres. Certains avaient été des précurseurs, tel Gérard de Nerval, qui avait publié en 1842 ses Vieilles ballades françaises collectées dans le Valois. À cette redécouverte du patrimoine folklorique par les romantiques prit part également Chopin. Lors des séjours qu’il faisait à Nohant chez George Sand, il transcrivait avec Pauline Viardot des airs traditionnels berrichons, comme le ferait plus tard Bartók avec les chants populaires d’Europe centrale. George Sand utilisa plus tard des transcriptions de Chopin pour la mise en scène de François le Champi, et évoque souvent vielleux et cornemuseux dans ses romans, en particulier dans Les maîtres sonneurs. Le Poème harmonique présente ici l’une des deux bourrées transcrites par Chopin qui nous sont parvenues, non dans son harmonisation pour clavier, mais jouée à deux cornemuses, telle qu’il a pu les entendre lors d’une fête de village.    C’est à ces pieux antiquaires, décrits par Anatole France, qui allaient par les campagnes, recueillant sur les lèvres des bergers et des vieilles filandières les secrets de la Muse rustique, que nous devons de pouvoir chanter aujourd’hui encore ces chansons d’autrefois. La blanche biche avait sans doute plusieurs siècles d’existence quand elle fut transcrite dans les provinces de l’Ouest au milieu du XIXe siècle. Il en est de même pour La maumariée vengée par son frère, Quand je menais mes chevaux boire, La religieuse rebelle ou encore Les tristes noces. Le vocabulaire archaïque de ces chansons, l’emploi de l’assonance et non de la rime et l’usage parfois des anciens modes au lieu de la tonalité, témoignent de leur ancienneté. Transmises oralement, évoluant selon les époques, les régions et l’imagination ou les défaillances de chaque chanteur, elles présentent d’innombrables variantes de timbre et de texte. Cette plasticité invite à l’invention. N’eran tres fraires est chantée ici non sur son timbre relevé dans le Midi, mais sur le timbre de La maumariée vengée par son frère, qui n’en est pas la traduction française, mais raconte la même histoire. Qui vòu audir cançon ? a été écrite pour ce disque par le poète Maurice Romieu, comme la redécouverte d’une version occitane perdue de la chanson Les tristes noces.    Ces chansons nous parlent des émois du cœur ou de l’esprit, du merveilleux comme de l’anecdotique. Leurs thèmes trouvent leur équivalent dans les contes populaires et disent les joies et les infortunes individuelles ou sociales. La blanche biche est l’histoire, déjà présente sous une forme comparable dans des récits scandinaves, d’une jeune fille métamorphosée en biche et tuée à la chasse par son frère. La maumariée est vengée par son frère comme à la fin du conte Barbe-Bleue dans la version de Charles Perrault. La même histoire est aussi racontée en « style troubadour » par Moncrif en 1751 dans Les infortunes inouïes de la tant belle, honnête et renommée comtesse de Saulx. Qui vòu audir cançon ? est l’histoire d’un mariage forcé qui sépare deux amants et cause leur perte. Quand je menais mes chevaux boire dit la fragilité du destin. La Louison est à la fois chanson de conscrit et complainte de la fille-mère.    L’histoire peut aussi transparaître dans le texte des chansons, en dehors de celles qui commentent expressément les évènements du moment, comme les mazarinades pendant la Fronde et toutes les chansons satiriques ou politiques qui constituent un vrai journal des règnes de Louis XIV à Louis XVI et de la Révolution. La Péronnelle est ainsi l’histoire d’une jeune fille qui se sauve de sa famille et rejoint les troupes partant pour les guerres d’Italie au tournant du XVe et du XVIe siècle. La Furstenberg, nous l’avons vu, serait un portrait railleur. La chanson Malbrough, oraison funèbre sur un ton badin, aurait été composée peu après la bataille de Malplaquet en 1709, où les Français eurent un moment l’avantage, si bien que l’on pouvait croire que le vrai vainqueur, John Churchill, duc de Marlborough, avait trouvé la mort – il mourut en fait d’apoplexie dans son lit treize ans plus tard. Yan Petit que danse, qui passe à première vue pour une simple ronde pour enfants, n’est peut-être pas une chanson légère ; elle serait inspirée par un Jean Petit roué vif au XVIIIe siècle, sur ordre du Parlement de Toulouse, et l'énumération des membres évoquerait la dislocation du corps du supplicié sous les coups du bourreau.    Que de destins singuliers pour ces chansons ! Elles disparaissent, renaissent d’un hasard, se maintiennent parfois vivantes jusqu’à nous ou ne laissent que quelques traces, en se jouant des divisions traditionnelles du temps et de l’espace. La Péronnelle, malgré ou à cause de son texte très mince, resta ainsi très vivante pendant plusieurs siècles, avant d’être quelque peu oubliée. Rabelais la cite dans le cinquième livre de Pantagruel ; elle figure dans des farces du XVIIe siècle et fut encore recueillie au XIXe siècle dans la tradition orale, en France, en Piémont ou en Catalogne ; elle s’est perpétuée dans l’expression « chanter la Péronelle » (parler en l’air). Le timbre des Tendres souhaits laissera sans doute une impression de déjà-entendu chez beaucoup d’entre nous : c’est l’air du marchand de sable dans Bonne nuit les petits. Si la chanson Malbrough se répandit dans le public après 1780 et subsiste toujours vivante, c’est qu’elle était chantée au Dauphin par sa nourrice, Mme Poitrine, qui la tenait de son village, et qu’elle plût à la reine Marie-Antoinette. La cour la reprit après elle et elle gagna Paris. Dans Le mariage de Figaro, Beaumarchais fait chanter à Chérubin l’air de Malbrough en remplaçant le refrain Mironton mironton mirontaine par Que mon cœur, que mon cœur a de peine ! La chanson contre le malheureux duc anglais se trouvait en outre en résonance avec l’actualité, la France s’opposant alors à l’Angleterre dans la guerre d’indépendance des États-Unis. Plaisir d’amour, qui conclut le disque, est l’archétype de la chanson au succès constant, qui se prête à toutes les métamorphoses, de la version pour baryton et orchestre de chambre de Berlioz à l’interprétation de Joan Baez en 1968.

Damien Vaisse
© Alpha 2004 – Reproduction interdite

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