San Francisco Symphony, Michael Tilson Thomas Mahler: Symphony No. 6

Mahler: Symphony No. 6

San Francisco Symphony, Michael Tilson Thomas

Hi-Res 24 bits – 96.00 kHz

Inclus : 1 Livret numérique

Paru le 3 juin 2002 chez San Francisco Symphony

Artiste principal : Michael Tilson Thomas

Genre : Classique > Musique symphonique > Symphonies

Distinctions : Choc du Monde de la Musique (septembre 2002) - Hi-Res Audio (mars 2012)

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Album : 2 disques - 4 pistes Durée totale : 01:27:21

    DISQUE 2
  1. 1 IV: Finale: Allegro Moderato-Allegro Energico

    San Francisco Symphony - Michael Tilson Thomas, conductor

À propos

Symphonie n° 6 "Tragique" / San Francisco Symphony Orchestra, dir. Michael Tilson Thomas

Détails de l'enregistrement original :

56:00 - 31:21 - SACD hybrides (Super Audio CD - Enregistrement original DSD. Peut être lu sur tout lecteur CD standard) - Enregistré au Davies Symphony Hall à San Francisco en septembre 2001 - Notes en français, anglais et allemand

Gustav Mahler (1860-1911)

Symphonie n° 6 en la mineur "Tragique"

San Francisco Symphony Orchestra
Direction Michael Tilson Thomas

Les nouveaux enregistrements de la Sixième de Mahler sont rares : il faut un orchestre immense, un nombre impressionnant de répétitions & de services, et avec les célèbres enregistrements déjà disponibles — parmi les meilleurs : Haitink et Bernstein —, les comparaisons comportent des risques. Saluons donc l’excellent Orchestre de San Francisco, qui nous offre cet enregistrement tout beau, tout neuf, réalisé quelques jours après les événements de septembre dernier. Hasard de calendrier : les programmations sont faites des lustres à l’avance. L’œuvre est probablement la plus sombre, la plus désespérée de Mahler qui n’était déjà pas un gai luron ; elle explore les coins et les recoins des terreurs, des obsessions, de toutes les limites de la perception humaine. Avec des moyens orchestraux sidérants, Mahler nous emporte dans un tourbillon absolument irrésistible de frénésie sonore, aux extrémités du supportable — le dernier mouvement n’est pas à conseiller aux suicidaires. Voilà un enregistrement qu’il faudra compter parmi les meilleurs.

Symphonie n° 6 de MahlerMichael Steinberg

Les étés de 1903 et de 1904 furent pour Mahler une période aussi heureuse que toute autre de son existence. C’est pourtant à cette époque qu’il écrivit sa musique la plus sombre : la Sixième Symphonie et les deux derniers des Kindertotenlieder. Son épouse Alma était atterrée – et on la comprend – par cette obsession de mort d’enfants chez le père de deux jeunes filles en bonne santé ; et lorsque leur fille aînée, Maria, mourut de diphtérie à l’été de 1907, Alma était persuadée que son mari avait tenté la providence. Mahler voyait les choses différemment. Il était convaincu que l’artiste avait la faculté de pressentir les événements avant qu’ils ne surviennent, qu’il ne pouvait échapper à la douleur d’une telle prémonition. Il imaginait le finale de la Sixième Symphonie comme un scénario dans lequel « le héros » est assailli par « trois coups du destin, dont le dernier l’abat tel un arbre ». L’été de 1907 lui porta ces trois coups : la mort de Maria, la découverte de sa propre insuffisance cardiaque, et la fin pénible de son directorat à l’Opéra de Vienne. Là encore, comme aurait dit Alma, la Sixième Symphonie est autobiographique, mais écrite avant les événements.

Mahler écrivait-il sur lui-même ? Écrivait-il sur l’apocalypse de 1914 ? Sur Auschwitz et Babi Yar ? Écrivait-il simplement une symphonie ? Alma nous apprend que Mahler fut plus absorbé, affectivement, par son travail sur cette œuvre que par toute autre ; qu’après la répétition générale – qu’il dirigea à Essen le 27 mai 1906 – il « marchait en long et en large dans la loge des artistes, sanglotant, se tordant les mains, incapable de se maîtriser » ; qu’au concert il avait tellement peur de perdre le contrôle, tellement peur des démons qu’il avait lui-même lâchés, qu’il dirigea mal. La Sixième Symphonie est une œuvre imprégnée d’une vision tragique. Et, alors que les autres symphonies de Mahler se terminent dans le triomphe, dans le bonheur serein ou, pour les plus sombres, dans la résignation et l’acceptation, la Sixième est unique par sa conclusion en mode mineur.

Mahler débute par une sinistre marche. On sent les pas avant d’entendre l’orchestre, mais il ne faut que cinq mesures de crescendo féroce pour que la musique soit immensément présente. Puis, sur un roulement de caisse claire qui va diminuant, deux timbaliers battent un rythme de marche : gauche... gauche... gauche-droite-gauche. Par dessus, trois trompettistes font entendre un accord de la majeur. Eux aussi font un diminuendo, et à mi-chemin de la descente l’accord passe du majeur au mineur. C’est tout. « Destin » ou « tragédie » – nul mot ne le dit aussi sûrement que la musique. Un brusque changement de climat survient avec une mélodie fervente dont Alma nous dit qu’elle est censée la représenter. Brièvement interrompue par une grotesque musique de marche staccato, « Alma », dans un tendre decrescendo, amène l’exposition à sa conclusion. Pendant longtemps, la marche domine le développement. Puis Mahler se retire sur les sommets des montagnes. Le célesta et les violons divisés jouent de mystérieuses suites d’accords, superbement brouillées par le son des cloches à vache au loin. « Le dernier salut de la terre à pénétrer la lointaine solitude ses cimes », dit Mahler. Après cette vision, le réveil est soudain et rude. « Alma » réapparaît en temps utile, et le mouvement se termine avec « elle », dans un geste de triomphe.

Mahler eut du mal à se décider pour l’ordre des deux mouvements médians. L’Édition critique complète de 1963 (que suit la présente interprétation) place le Scherzo en second. Le Scherzo est dominé par la dissension rythmique. Ce qu’on remarque d’abord est la similitude avec le premier mouvement, mais il s’agit d’une variante grotesque de la musique précédente. Le Trio, qui revient à deux reprises, est d’une extrême irrégularité métrique. Alma Mahler y entendait « le jeu arythmique de jeunes enfants ». Dans la coda, selon elle, « les voix enfantines deviennent de plus en plus tragiques, pour finalement mourir dans un gémissement. »

Après cette musique d’une violence contenue, l’Andante est un baume. La mélodie inspirée est une merveille de phrasé subtil, dans une orchestration magique, avec des taches de couleur des vents qui mettent mieux en relief tel ou tel point sur la courbe mélodique. À son retour, dans la suite du mouvement, Mahler, outre qu’il ajoute une douce et aérienne contre-mélodie pour les violons avec sourdine, fait parcourir à sa ligne un chemin qui va du hautbois au basson, puis au cor, etc., avec les couleurs changeantes qui se chevauchent délicatement. Le mouvement dans son ensemble balaye une surprenante étendue harmonique, avec un point culminant dans la tonalité lointaine et lumineuse de mi majeur, arrivée pour laquelle Mahler ramène la mystérieuse sonorité des cloches à vache.

Les intentions définitives de Mahler quant à l’ordre de ces deux mouvements médians ne sont pas claires. L’autographe place le Scherzo avant l’Andante, de même que la première édition, publiée avant la création. Pour cette première exécution, toutefois, ainsi que pour la deuxième édition, Mahler inversa cet ordre. On dit qu’il souhaita ensuite rétablir l’ordre primitif, mais sans en avoir de preuve solide. Musicalement, il y a de bonnes raisons de placer le Scherzo avant l’Andante. Son effet en tant que parodie du premier mouvement est plus grand s’il suit aussitôt ce mouvement, le répit qu’il apporte est d’autant plus éloquent s’il arrive après le double impact des premier et deuxième mouvements, juste avant le finale, très éprouvant, affectivement, et les relations tonales (dont en perçoit le résultat, même si on ne peut mettre un nom dessus) sont plus parlantes.

Le Finale n’est pas beaucoup plus long que le premier mouvement, mais il paraît vaste. Du bruit sourd d’un do grave monte un large tourbillon de poussière étrangement lumineuse. Les premiers violons se détachent de cette nébuleuse pour déclamer une phrase de récitatif passionnée, qui, dans sa descente, se heurte à un spectre qu’on n’avait pas rencontré depuis longtemps – l’accord majeur qui passe en mineur, et les tambours avec leur rythme de marche féroce. Au moment où tout cela s’estompe, les cordes graves marquent un repos sur un la grave.

En à peine plus d’une demi-minute, Mahler définit la tâche harmonique du finale : il s’agit de rétablir la primauté de la tonalité centrale de la symphonie, la mineur. Le plan de Mahler est la forme sonate familière, avec introduction, exposition, développement, réexposition et coda. Il est réalisé d’une manière entièrement originale, et l’introduction reparaît, toujours variée, à chaque jointure.

On pourrait aussi décrire la pièce autrement. À partir de l’introduction, la musique gagne peu à peu le monde des marches. Le héros s’avance pour conquérir, mais, alors qu’il est en pleine confiance, un coup l’abat. Pour cela, Mahler voulait un « coup bref, puissant, de sonorité pesante, de caractère non métallique, tel un coup de hache ». La musique accumule l’énergie, la marche en avant devient plus frénétique, avant d’être arrêtée de nouveau par un second coup.

Dans la conception primitive de Mahler, un troisième coup coïncidait avec l’accord de la majeur du « destin », à la dernière apparition du tourbillon de poussière introductif, mais il l’élimina lors de la révision. Le caractère irrépressible de cette monstrueuse introduction suffit. À sa dernière apparition, il commence en la mineur, et l’accord du destin est le dernier la majeur qu’on entende. Sur un long roulement de timbales qui englue la musique dans la tonalité de la mineur, les trombones et le tuba bégaient des fragments de musique funèbre. La symphonie fait une halte, s’estompe dans l’inaudible. Le geste final, brutal, est un soudain éclat de la mineur avec, derrière, le dernier signal sinistre des tambours.

Michael Steinberg
Traduction Dennis Collins
© Delos International 2002

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SFS Media est le « label-maison » du San Francisco Symphony (SFS), créé en 2001. Le label enregistre et diffuse des documents audio et vidéo reflétant le travail de l’Orchestre et de son directeur musical Michael Tilson-Thomas, dans leur volonté de présenter des œuvres de compositeurs américains négligés, mais aussi des œuvres du grand répertoire classique. Ces enregistrements témoignent de l'ample vision artistique commune qu’ont développé chef et orchestre. Les concerts sont enregistrés en direct au Davies Symphony Hall, puis publiés en format SACD-hybride ou en format audio digital de haute définition. L’intégrale des symphonies et Lieder avec orchestre de Mahler a ...

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