Participez à la discussion : Amnésies contemporaines
L'avis de la communauté sur :
Par Qobuz le 2009/01/14
Histoires de goût par Anne-Sophie Jacouty Paru - le 2009/01/14
Le baroque aurait-il la mémoire courte ? Le label Alpha publie récemment une nouvelle version de Didon et Enée de Purcell...
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groumpf il y a plus de 3 ans // Modifié le 29/4/2009 10:54. |
groumpf 5 messages |
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sebastienll il y a plus de 3 ans Merci !!
Je viens de découvrir votre blog. Je suis sincérement heureux de vous lire, vos opinions m'ont réconfortées. Je suis un (jeune) musicien interprête, qui en avait besoin ! |
sebastienll 1 message |
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anonyme il y a plus de 3 ans Bravo ! Merci pour cet article où l'on sent bien votre agacement face à ces présentations qui veulent nous faire croire à un événement dont la planète ne se remettra jamais. Je ne connais pas bien Didon et Enée, l'ayant découvert en décembre dernier à l'Opéra-Comique dans cette production de Deborah Warner qui m'a semblée insignifiante... Je dois l'avouer, et j'en ai presque honte, mais je n'ai pas beaucoup apprécié cette oeuvre que tout le monde présente pourtant comme un bijou d'opéra. L'extrême concentration du livret, la rapidité avec laquelle s'enchaînent les événements m'ont beaucoup déçu, cependant j'ose croire qu'avec une mise en scène réussie et une partie musicale mieux que correcte (en décembre, le tout m'avait semblé plat et assea fade...exception faite de Hilary Summers et Christopher Maltman), l'oeuvre pourrait trouver grâce à mes oreilles. Pour autant, je ne me permets pas comme certains de qualifier cette oeuvre de "gentillette" ou "insignifiante", car je crois pouvoir imaginer que son succès continu depuis des décennies n'est pas le fruit d'un hasard ou d'une hypocrisie généralisée. Ainsi, lire des commentaires comme celui que vous citez dans votre article, ou encore une présentation comme celle du disque, est proprement scandaleux, et indigine d'une maison comme Alpha. Cela me renvoie à une découverte récente que j'ai faite : dans le livret du fameux enregistrement Sony des Quatre Saisons par Carmignola et le Venice baroque Orchestra, on peut lire, au milieu d'un texte de présentation boursouflé d'éloges béats du soliste et de son orchestre : "Il a fallu attendre notre époque et le présent enregistrement par Carmignola au violon et Marcon à la tête de son Orchestre baroque de Venise pour qu'une pièce aussi familière que Les Quatres Saisons de Vivaldi revive enfin." (sic !) Vous avez bien lu : l'auteur de ce livret prétentieux et pitoyable (aucune indication ou presque sur les trois concertos inédits en compléement de disque) fait consciemment fi des grandes références, de Pinnock à Harnoncourt pour les pionniers, et de Biondi à Antonini pour la nouvelle génération. Sans oublier, chez Divox, le premier enregistrement de... Carmignola lui-même, avec (déjà !) Marcon au clavecin, et les Sonatori ! Les deux cas me semblent bien proches... sauf que pour Carmignola, le disque est réussi ! Mais que voulez-vous ? notre époque est faite de compétition acharnée et de recherche de profit : tous les moyens sont bons pour attirer le public. Encore merci pour vos articles réguliers. Je constate d'ailleurs que vous êtes souvent à contre-courant de la majorité de la critique et du public, et je trouve sincèrement que vos recadrages sont plus que bienvenus !
Par Lomic Lamouroux |
anonyme 280 messages |
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anonyme il y a plus de 3 ans Merci de votre message ! Je crois effectivement que les nécessités commerciales, leur perpétuel besoin de créer, souvent artificiellement, l'événement... mais aussi une certaine dose d'inculture amènent à ce que j'ai qualifié d'amnésie et que l'on rencontre souvent dans les présentations de disques -encore plus qu'au spectacle. Bonne suite dans votre découverte de "Didon et Enée" de Purcell. Peut-être une production avec mise en scène n'est-elle pas le meilleur biais pour pénétrer cette oeuvre vraiment admirable. La discographie est vaste et mérite d'être balayée, depuis celles que j'appelle les "divas héroïques" aux approches baroques. Pour vous permettre un avant-goût de cette extraordinaire diversité, vous pouvez vous rendre sur youtube, où l'on retrouve le Lamento de Didon par les chanteuses que je cite... et bien d'autres encore. Cordialement, ASJ
Par Anne-Sophie Jacouty |
anonyme 280 messages |
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anonyme il y a plus de 3 ans En corllaire au phénomène d'amnésie que vous évoquez très justement, je pense que certains musiciens, dans le baroque en particulier, sont extrêmement perméables à la musique que l'on entends sur les ondes et dans les magasins, d'où un processus d'affadissement généralisé de la conception et de l'interprétation musicales. Pour le dire autrement : une dégradation pernicieuse du phénomène d'écoute (et Currentzis n'est pas le seul), qui voudrait s'imposer comme modèle de renouvellement interprétatif. Il faut en effet s'en offusquer et je vous remercie de votre billet.
Par continuum |
anonyme 280 messages |
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Ce jeune chef n'est pas un partisan sans nuances des interprétations sur insruments d'époque, comme votre article pourrait le laisser entendre, ni forcément des petites voix. Il dirige en ce moment à l'Opéra Bastille un Macbeth de Verdi très intéressant, dans une mise en scène qui n'a rien d'une reconstitution d'époque (guérilla urbaine suivie via Google Earth, potentats locaux...) et avec des chanteurs qu'on peut aimer ou ne pas aimer ( Violetta Urmana, Ferrucio Furlanetto, Stefano Secco... ) mais qui ne sont pas particulièrement des petits formats hors de toute tradition. Et l'orchestre de l'Opéra de Paris, qui a la réputation de ne pas être toujours tendre avec les chefs - et surtout de ne pas dissimuler les animosités - reste l'appaludir à la fin des représentations, ce qui n'est pas si fréquent.
Par ailleurs, votre article donne aussi l'impression que vous luttez seule contre tous pour dénoncer un enregistrement qui aurait été encensé plus que de raison. Pas du tout, vous hurlez avec les loups. J'ai lu les critiques de ce Dido dans les revues musicales spécialisées, et j'ai rarement vu un tel déchainement de violence : note minimale, motivation des critiques floue et méprisante (en substance : des ricanements). A tel point, que, trouvant cela suspect, je l'ai acheté (et après, on dira que la presse musicale ne sert à rien...) et j'ai été très agréablement surpris. On peut ne pas adhérer à cette vision frénétique et chaotique de Dido, mais c'est une interprétation qui tient la route.
Tout cela pour dire que Teodor Currentzis est un chef qui me semble se situer au carrefour de la tradition orchestrale "straussienne" et de celle des "baroqueux". Il est donc, si je vous suis bien, le type d'interprète que vous appelez de vos voeux.