Scott Joplin dit le «King of Ragtime» est un pianiste et compositeur afro-américain de musique ragtime, né entre Juin 1867 et Janvier 1868 dans le nord est du Texas; la date officiel
habituellement donnée est le 24 novembre 1867. Il est l'enfant de Giles Joplin, né vers 1842 en Caroline du Nord, agriculteur et esclave affranchit et de Florence Givins, du Kentucky, née vers
1841. Tous deux étaient des musiciens amateurs, son père pratique le violon et sa mère le banjo, les frères et sœurs de Scott jouent de la guitare, de la trompette ou chantent dans des chorales.
Vers 1875, la famille déménage à Texarkana, où la vie citadine favorise l'éclosion des talents musicaux. Les patrons blancs chez qui sa mère était femme de ménage ont un piano sur lequel le jeune
Scott peut s'exercer et son frère Robert commence à travailler comme danseur et comédien. Lorsqu'il a onze ans, grâce à son salaire d'ouvrier du rail, son père lui offre un piano d'occasion et
des leçons de musique chez divers professeurs, et notamment le professeur allemand Julius WEISS qui lui enseigne les techniques de l’harmonie et de la composition, ainsi que la musique
européennes. Plus tard, il forme un quartet vocal a capella qui se produit à Texarkana puis il joue du piano dans les dancing et enseigne la guitare et la mandoline. C'est alors que Scott Joplin,
encore adolescent, quitte Texarkana pour mener une vie de pianiste itinérant dans les saloons et les boxons du Texas, de Louisiane, du Missouri, de l'Illinois ou du Kentucky.
En 1893, il se rend au Chicago World's Fair, grand événement à l'époque et qui est l'endroit où la musique Ragtime se révèle au grand public, il commence alors à être connu auprès du public
Blanc. En effet, bien que les organisateurs aient exclu les musiciens noirs des programmes officiel des concerts, quelques pianistes étaient autorisés à charmer les foules de visiteurs à l'orée
du parc.
Il put aussi assister aux concerts de ses plus célèbres confrères: c'est là qu'il rencontra celui qui devait devenir son ami et partenaire musical : Otis Saunders. Pendant deux ans, ils formèrent
avec deux autres musiciens, un quatuor musical qui se produisait en jouant ses compositions. Ils s'installent à Sedalia en 1894, la ville étant plus tolérante à l'égare des Noirs Américains.
Sedalia disposait d'une école exclusivement réservée aux Noirs et abritait deux clubs sociaux créés par et pour des Noirs, le Black 400 Club et le Maple Leaf Club. Ces deux établissements
organisaient des soirées dansantes et autres activités sociales, incluant quelquefois des spectateurs Blancs. Il compose son premier rag, Original Rags en 1897 et essaye en vain de le faire
publier, de même que son Maple Leaf Rag et son Sunflower Slow Drag auprès de l'éditeur sédalien A.W. Perry & Son. Durant cette période, très florissante, Joplin épouse Belle Jones, compose
des morceaux pour le Queen City Band, suit des cours de compositions à l'Université Noire George R. Smith, et puis enfin il vend sa musique. En effet, Joplin rencontre un homme d'affaire Blanc
nommé John Stark à qui il vend la partition de Maple Leaf. Ce morceau connait un succès immédiat après une première édition de 10000 exemplaire; en 1909, on en était à plus d'un demi-million.
Stark lui propose un contrat, puis ils s'installent à Saint-Louis dans le Missouri. Là, Stark fait une promotion énergique de son client, il le surnomme même le «King of Ragtime». D'autres succès
suivirent : Peacherine Rag en 1901, et The Entertainer en 1902. Le ragtime était une danse créole pour fanfare, un rythme de marche joué de façon syncopée. Joplin modernise ce style en l'adaptant
au piano. Vers 1900, le ragtime est très à la mode, il est joué par de nombreux orchestres indifferament blancs ou noir. Scott Joplin devient son premier ambassadeur, il est le premier
compositeur et musicien Noir disposant d'une telle célébrité. Joplin tente de s'imposer en tant que compositeur d'œuvres pour grand ensemble avec un ballet populaire, intitulé The Ragtime Dance
en 1902 , et des opéra, A Guest of Honor en 1909 ( la partition a été perdue ), puis Treemonisha en 1911 mais ces œuvres couteuses sont peu jouées. Les inventions du phonographe et du piano
mécanique entraînent une baisse de la demande de partitions dès 1906. Cependant, une tragédie plus personnelle le frappe: Il divorce en 1903 après le décès de son premier enfant, puis sa seconde
femme, Freddie Alexander, meurt à Sedalia le 10 septembre, à l’âge de 20 ans, d’une pneumonie consécutive à une grippe, deux mois après leur mariage. Le ragtime Bethena, qu'écrit Joplin en 1905,
évoque sa relation avec Freddie Alexander ; c'est un morceau très triste et difficile à jouer. Joplin ne retournera plus à Sedalia. Muré dans une sévère dépression, les deux années suivantes
montre une réduction drastique de la production de Joplin. En 1905, John Stark, s'établit à New York. Scott Joplin quitte alors Saint Louis pour New York durant l'été 1907. Il épouse Lottie
Stokes, propriétaire d'un petit hôtel meublé pour une clientèle de comédiens et de musiciens. Bonne gestionnaire, elle joue un rôle dans les affaires de son mari, en devenant son partenaire dans
la société d'édition Scott Joplin Music Publishing Ltd dont le principal objectif est de gérer les intérêts générées par ses oeuvres. Profitant de sa nouvelle situation, JOPLIN établit des
contacts avec divers éditeurs New-Yorkais dans le but de faire éditer ses oeuvres et d'en tirer de meilleurs bénéfices. Il y publie à cette époque un guide de ragtime pour le piano, le School of
Ragtime. Il finit d'écrire son opéra Treemonisha, et parvient difficilement à éditer la volumineuse partition de cette oeuvre. Un théâtre accepte de monter l'œuvre, mais les directeurs finissent
par se défausser. Pris par les problèmes d'argent, de santé et les difficulté de son opéra, qu'il considère comme son chef-d'œuvre, la personnalité de Joplin est décrite alors comme dépressive et
morose. Ses dernières compositions deviennent de plus en plus sophistiquées, parmi elles "Euphonic Sounds", "Paragon Rag", "Stoptime Rag" et son dernier rag : "Magnetic Rag". BERLIN décrit les
efforts de ces compositions comme tentant de repousser certaines limites inhérentes au Ragtime classique.
En 1916, sa santé commence à se détériorer, car sa syphilis a atteint la phase tertiaire. Il souffre probablement de cette maladie depuis une vingtaine d'années déjà. Il est admis au début de
l'année 1917 au Bellevue Hospital. En février, il est transféré au département psychiatrique du Manhattan State Hospital. Il y décède le 1er avril 1917, à l'âge supposé de 49 ans, des
conséquences d'une syphilis à l'état tertiaire.
En guise d'hommage, Stark publie quelques mois plus tard Reflection Rag. On ignore la date de composition de ce rag.
Le nom de Joplin et le ragtime lui même sont alors tombés dans l'oubli, la nouvelle mode du jazz les ayant détrônés. Il fallut attendre cinquante ans pour que l'extraordinaire contribution de
Scott Joplin à la vie musicale américaine fût enfin reconnue grâce à la publication du livre de Rudi Blesh et de Harriet Janis, They All Played Ragtime: The True Story of an American Music, aux
enregistrements de Joshua Rifkin en 1970 et au retour populaire de '' The Entertainer '', morceau principal de la bande originale du film The Sting en1973. Son oeuvre a été récompensée par le
Prix Pulitzer en 1976 pour sa contribution à la musique Américaine.