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ÉCOUTE EN AVEUGLE

Ecoute en aveugle : "Le Sacre du printemps" d'Igor Stravinsky

Dans cette œuvre mythique, il faut à la fois narrer l'histoire (le sujet du ballet) et retrouver la violence originelle de la musique, véritable transe primitive. Un défi permanent. Pour en débattre, Stéphane Friédérich (SF), Bertrand Dermoncourt (BD), Philippe Venturini (PV) et Franck Mallet (FM).

RENCONTRES

Esa-Pekka Salonen : rester optimiste en des temps incertains

À cinquante-trois ans, le chef et compositeur finlandais Esa-Pekka Salonen, directeur du Philharmonique de Los Angeles pendant seize ans, est l'un des musiciens les plus estimés de la planète. Il est de retour à Paris pour un cycle Bartók au Théâtre des Champs-Élysées.

Les autres articles

Claire-Marie Le Guay : l'horizon à l'infini

Le nouveau disque de la pianiste Claire-Marie Le Guay, "Voyage en Russie", propose des œuvres de six compositeurs russes : invitation au départ.

Une Edition Richard Strauss indispensable

Brilliant Classics regroupe en 35 CD l'essentiel de l'œuvre de Richard Strauss dans les meilleures interprétations. Un coffret défiant toute concurrence par son très bon rapport qualité/prix.

La Folle Journée 2012. Stravinsky, un des héros de Nantes

"Le sacre russe", thème de cette année, propose l'histoire (l'épopée, devrait-on dire) de la musique russe de 1850 à nos jours. Voici notre sélection.

La griffe Palazzetto Bru Zane, de Venise à Paris

La France se fait l'écho du "Salon romantique", événement musical qui se déroule chaque année à Venise sous l'égide de la Fondation Bru Zane.

Anniversaire Debussy à Paris

En cette année 2012, réjouissances parisiennes en vue pour les 150 ans de la naissance de Claude Debussy, qu'il ne faut pas manquer.

Les autres articles

Un "Don Pasquale" signé Lacroix, Podalydès, Ruf, Rancatore...

Rencontre de grands noms autour de cette nouvelle production de Don Pasquale de Donizetti, qui sera donné sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées, du 13 au 23 février 2012.

Bientôt un "tube" vénitien à l'Opéra-Comique

Vincent Dumestre et le Poème Harmonique retrouvent Benjamin Lazar dans Egisto de Francesco Cavalli. À ne pas manquer !

"Festival Puccini +" à Lyon à ne pas manquer

L'Opéra de Lyon consacre un "Festival Plus" (du 27 janvier au 13 février 2012) au Triptyque du seigneur de l'art lyrique, Giacomo Puccini.

Ne manquez pas Piotr Beczala à l'Opéra Bastille en février

Piotr Beczala n'est pas de ceux qui cultivent l'image à tout prix. Il serait même le plus discret des ténors en exercice. Mais il est peut-être le plus naturellement doué.

Bientôt un nouvel auditorium à Bordeaux

La cité aquitaine s'offre un futur de toute beauté. D'ici un an, Bordeaux ouvrira les portes de sa nouvelle salle de 1400 places.

 
CRITIQUES

"Atys" de Lully et la vague baroque

La recréation historique d'Atys en 1987 par le tandem Villégier-Christie a converti la France au répertoire du grand siècle. Explication du phénomène alors que cette production légendaire, reprise en mai dernier à l'Opéra-Comique, est enfin disponible en DVD.

INSTRUMENTS

Deux pianos droits acoustiques

Ce mois-ci, nous avons sélectionné deux pianos droits — le Feurich "122 Universal" et le Sauter "Cantus 114" — qui satisferont aussi bien les débutants que les professionnels.

L'INVITÉ DU MOIS

Robert Hossein, l'invité du mois de Classica

Légende du cinéma et mastodonte des grands spectacles généreux, Robert Hossein avait un père compositeur. Il se souvient.

ÉCOUTE EN AVEUGLE

Ecoute en aveugle : "Le Sacre du printemps" d'Igor Stravinsky

Dans cette œuvre mythique, il faut à la fois narrer l'histoire (le sujet du ballet) et retrouver la violence originelle de la musique, véritable transe primitive. Un défi permanent. Pour en débattre, Stéphane Friédérich (SF), Bertrand Dermoncourt (BD), Philippe Venturini (PV) et Franck Mallet (FM).

ÉCOUTE EN AVEUGLE

Ecoute en aveugle : la 9e Symphonie de Schubert

Protéiforme, la "Grande" symphonie de Schubert se prête difficilement au jeu de l'écoute en aveugle. Pour en débattre, Stéphane Friédérich (SF), Philippe Venturini (PV), Eric Taver (ET), Bertrand Dermoncourt (BD).

ÉCOUTE EN AVEUGLE

Ecoute en aveugle : les Quatre derniers Lieder de Richard Strauss

Dans le chef-d'œuvre testamentaire de Richard Strauss, quelles versions récentes s'imposent ? Les grandes cantatrices d'aujourd'hui sont en lice.... et vont nous surprendre. Pour en débattre, Eric Taver (ET), Bertrand Dermoncourt (BD), Philippe Venturini (PV) et Jérémie Rousseau (JR).

ÉCOUTE EN AVEUGLE

Ecoute en aveugle : le "Concerto pour piano n° 1" de Liszt

Le Concerto pour piano n° 1 de Franz Liszt exige du soliste et du chef une réelle complicité. C'est vrai de tout concerto, mais ici plus que jamais. Qui y parviendra ? Pour en débattre, Eric Taver (ET), Jérémie Bigorie (JB), Bertrand Dermoncourt (BD) et Philippe Venturini (PV).

ÉCOUTE EN AVEUGLE

Ecoute en aveugle : la Symphonie n°3 "Héroïque" de Beethoven

Parmi les versions récentes tirées des intégrales des Symphonies de Beethoven, quelles "Héroïques" s'imposent ? Cette écoute confirme des jugements antérieurs... et donne aussi lieu à de nombreuses surprises ! Pour en débattre, Stéphane Friédérich (SF), Philippe Venturini (PV), Eric Taver (ET) et Bertrand Dermoncourt (BD).

LES BRÈVES

Archives lyriques Rééditions de grandes voix

Importantes rééditions chez Opera d'Oro et grandes voix masculines.

LES BRÈVES

Archives d’orchestres

Quelques rééditions de bandes oubliées, mais aussi de splendides prises sur le vif, certaines inédites, nous font redécouvrir de grands noms de la baguette.

LES BRÈVES

Musiques de chambre

Tout n’a pas été dit sur Haydn, Schubert, Schumann et Brahms. Leurs chefs-d’œuvre continuent heureusement de tenter les musiciens et les éditeurs de disques…

LES BRÈVES

Archets divers

Nous ne vous ferons pas l’injure de vous poser la question : « Aimez-vous Brahms ? » Hagai Shaham met tout en œuvre pour nous le faire adorer. Mais connaissez-vous les compositeurs Christian Joseph Lidarti ou Charles-Auguste de Bériot ?

LES POISSONS D'OR

Cap au large avec Penguin Café

Arthur Jeffes prend la relève de son père Simon en faisant renaître Penguin Café. ECM poursuit l'enregistrement de l'œuvre du compositeur arménien Georges Gurdjieff avec un disque réussi sous la direction de son jeune compatriote Levon Eskenian.

LES POISSONS D'OR

L'art de Stephan Micus

Il faut s'appeler Stephan Micus pour dompter et combiner les sons les plus inattendus.

LES POISSONS D'OR

Les "Poissons d'or" Le premier disque solo de Max Raabe

Decca publie le premier disque solo de Max Raabe, véritable institution en Allemagne.

LES POISSONS D'OR

Michael Nyman a créé son label

Michael Nyman réédite ses partitions les plus célèbres sur son label MN Records.

100% CRITIQUES
  • Jean-Baptiste Lully : Bellérophon

    CHRISTOPHE ROUSSET ENSOLEILLE JEAN-BAPTISTE LULLY Oubliée depuis plus de deux siècles, la tragédie en musique de Jean-Baptiste Lully "Bellérophon" a retrouvé, grâce aux efforts de Christophe Rousset et des Talens Lyriques, un lustre et un éclat que l'on croyait définitivement perdus. La ténacité militante du Festival de Beaune a permis la recréation mondiale, en juillet 2010, du dernier opéra de Lully qui manquait à la discographie. En cette année d'Atys, le Grand Lever de Lully s'achève donc avec l'une de ses partitions les plus éclatantes. Dans la production du Surintendant Bellérophon (1679), sur un livret de Thomas Corneille, assure l'intérim de Philippe Quinault alors en disgrâce pour avoir trop osé jouer la gazette persifleuse dans l'Isis de 1677. Le frère de Corneille, qu'on connaîtra comme le brillant librettiste de la Médée de Charpentier des années plus tard, écrit une œuvre virtuose, cependant dénuée des didascalies amoureuses du subtil Quinault. L'héroïsme est de mise en cette histoire de prince délivrant le monde d'un horrible monstre : la Chimère. Écouter/Télécharger Lully : Bellérophon Christophe Rousset Disponible en Studio Master et en qualité CD Lully tisse une partition solaire où les grands ballets (passacailles et chaconnes) sont exclus au profit d'un orchestre scintillant de timbales et de trompettes, à la façon de ses grands motets royaux. Opéra des effets spéciaux (convocation des magiciens, Chimère ravageuse) plus que des échanges tendres, il recèle cependant à l'acte IV des pages d'une grande émotion lorsque les nymphes déplorent les désastres causés à la nature. L'opéra met en avant des architectures polyphoniques où le Chœur de Chambre de Namur offre des moments d'une belle souplesse. La théâtralité de Bellérophon trouve en Christophe Rousset un serviteur scrupuleux : peu de coupes et présence du prologue. Néanmoins, comparé à Persée dont Bellérophon possède une palette proche, on lui trouvera une certaine sécheresse, peut-être due à la captation. Défenseur raffiné de la tragédie lyrique (les œuvres de Desmarets, mais aussi le Roland du même Lully), Christophe Rousset opte pour un orchestre diaphane et dentelé, proche des couleurs souvent choisies par Les Arts Florissants. La discographie de Jean-Baptiste Lully aujourd'hui disponible offre d'autres options sonores. On peut ainsi préférer des Lully denses et articulés (la palette de Jordi Savall dans L'Orchestre du Roi Soleil) ou puissants car nourris de pupitres de vents bien plus étoffés (Hervé Niquet dans son intense Proserpine) comme l'était l'orchestre originel de l'Académie Royale. La distribution vocale suscite d'autres petites réserves. Sans déroger pour autant, la délicate Céline Sheen ne possède pas encore l'envergure tragique d'un premier rôle. Rien ne vient équilibrer la colère d'Ingrid Perruche qui joue à merveille le dépit amoureux marié à la perversité politique. Evgueny Alexiev reste fâché avec l'élocution française et détonne souvent. Ces défauts sautent d'autant plus aux oreilles lorsque paraît l'étoile Cyril Auvity. La pureté de son discours, la finesse de sa diction, les teintes changeantes d'un timbre merveilleusement affiné, sa compréhension innée du texte font souvent pâlir le talent de ses amis chanteurs, à l'exception du racé Jean Teitgen, une basse superbe déjà engagée pour le rôle titre du Hollandais Volant... Dommage que Cyril Auvity reste sous-employé par les chefs internationaux et les scènes parisiennes. Qui l'a vu et entendu l'an dernier dans Amadis à Avignon ne saurait désormais faire la fine bouche... C'est lui la révélation qu'on espérait pour la renaissance d'Atys. Il est l'incarnation même du haute-contre français. Pour ce timbre si artiste, et malgré nos bémols, Bellérophon inédit, joyeux, à la pompe irrésistiblement versaillaise, mérite le détour et la dépense...

  • Archives lyriques

    La Battaglia di Legnano ouvrait la saison de la Scala 1961 : solennité avec, au pupitre, Gianandrea Gavazzeni, qui sait comme personne faire valoir ces œuvres de style et de ton intermédiaires, le cast lui assurant de toute façon le triomphe public. Simplement survoltés, Antonietta Stella, Franco Corelli et Ettore Bastianini portent aux nues une œuvre mineure où rien de vocal n’est mémorable, mais semble l’être ce soir ! En fill-up, un Corelli déchainé avec Guelfi (l’aîné) dans leurs scènes communes de La Forza (RAI 1956), un must italien. ★★★★ Myto 2 CD 00284 Ecouter et télécharger La Battaglia di Legnano / G. Gavazzeni   Chez Myto également, Un Ballo in maschera (Bologne 1961) n’a guère qu’un Carlo Bergonzi splendide de tenue et de charme pour le recommander : Leyla Gencer trouve ses limites dans le slancio verdien, épuisant pour toute Amelia, qui palpablement l’époumonne. Avec aussi Mario Zanasi, Adriana Lazzarini, Dora Gatta et Oliviero De Fabritiis. ★★★ Myto 2 CD 00283 Ecouter et télécharger Un Ballo in maschera / O. De Fabritiis D’autant qu’une série Verdi de Sony, en prove- nance du Met, nous offre la chose même : Un Ballo in maschera comme drame, action scénique électrisée par la direction de Dimitri Mitropoulos, où les valeurs du chant passent au second plan (autant du moins que c’est concevable au Met) et les caractères, les conflits, au premier. Jan Peerce est le contraire de Carlo Bergonzi, mais toujours désespérément honnête ; et Robert Merrill n’est que le meilleur Italien de New York ; mais l’Oscar de Roberta Peters est plus substantiel qu’on ne pouvait craindre, Marian Anderson (évidemment ovationnée) se tient héroïquement et Zinka Milanov est à la hauteur de ses grands jours. L’ensemble ici l’emporte mille fois sur le détail des composants. Soirée historique, dans le meilleur son qu’on lui ait jamais trouvé. ★★★★ Sony 2 CD 8697910022 Ecouter et télécharger Un Ballo in maschera / D. Mitropoulos   Il Trovatore (Fausto Cleva, 1961), lui, n’est que vocal, mais à quelle hauteur ! Un an avant d’être réunis par Karajan à Salzbourg, débutant l’un comme l’autre au Met, Leontyne Price et Franco Corelli sont royaux (lui n’en finissant pas de ses aigus, elle sculptant un air du IV mémorable). Ajoutons un bon (et pas vraiment belcantiste) Mario Sereni et Irene Dalis, d’abord un peu débordée par le pur poids vocal d’Azucena. Qui demande mieux ? ★★★★ Sony 2 CD 8697910002 Ecouter et télécharger Il Trovatore / F. Cleva Dans Don Carlo (Kurt Adler, 1964), Franco Corelli s’enivre de son propre timbre (il y a de quoi) et de ses aigus, ici moins sollicités que dans ses autres rôles ; Leonie Rysanek est sculpturale, sans les ressources de timbre du rôle ; Umberto Tozzi simplement correct, et Irene Dalis sans grand caractère en Eboli. Les surprises viendraient plutôt de l’assez rare Nicolae Herlea en Posa et d’un sensationnel Uhde en Inquisiteur. ★★★ Sony 2 CD 8697910042 Ecouter et télécharger Don Carlo / K. Adler Rigoletto (Fausto Cleva, 1964) est de pure routine locale avec Robert Merrill et Roberta Peters, Richard Tucker et Mignon Dunn. ★★ Sony 2 CD 8697910052 Ecouter et télécharger Rigoletto / F. Cleva   UN OPÉRA INCONNU Les Bourgeois de Calais, créé sous le nazisme, enregistré en RDA. Myto après tant de reprises, rhabillages et resucées nous révèle en première absolue une œuvre mieux que méconnue, inconnue, et de quelque poids : Die Bürger von Calais du Germano / Roumain Rudolf Wagner-Régeny. C’est Karajan, pas moins, qui en a dirigé la création à Berlin en 1939, assez frappé apparemment par l’œuvre pour avoir commandé à l’auteur pour Salzbourg Das Bergwerk von Falun (1961). D’abord porté aux nues par les nazis, Wagner-Régeny (d’ailleurs élève de Schreker) a dû fortement leur déplaire avec un Johanna Balk à Vienne en 1941 : de là on l’a fait rejoindre le front russe ! Rien d’idéologique dans un thème pas éloigné de son exact contemporain Friedenstag de Strauss : seulement la fatalité de la guerre, et des déchirements qui vont avec ; souvent en style oratorio, avec une puissante participation chorale et pour la protagoniste (créée à l’époque par Marta Fuchs, Isolde et Kundry à Bayreuth) au moins un air très déclamé et très tenu, d’assez grande beauté (on y imagine récemment Behrens en congé de Fidelio). L’œuvre ne semble pas avoir été jamais reprise. Radio Leipzig (la RDA d’alors, où vivait finalement Wagner-Régeny) en donne sous la direction de Herbert Kegel une exécution irréprochable, de sérieux et correction, mais de palpable ferveur aussi, sans personne de connu : mais Maria Croonen, superbe Cornelia, mérite amplement de l’être. Et l’œuvre aussi ! ★★★★ Myto 2 CD 00285 Ecouter et télécharger Les Bourgeois de Calais (Die Burger von Calais)

  • Bedrich Smetana Ma Patrie

    Distinguée à plusieurs reprises pour la qualité de ses pupitres, la formation malaisienne — formée pour l’essentiel de musiciens de pays de l’Europe centrale et orientale, mais aussi anglo-saxons et nordiques — séduit par l’intelligence et la décontraction de son interprétation. Cela sonne avec autant de précision que de chaleur. La baguette de Claus Peter Flor conduit parfaitement la narration dans Vysehrad. L’orchestre y est très homogène tout comme dans le tempo tenu de Vlatva. La douceur des climats, la finesse des contrechants sont idéales. Dans Sárka, l’enchaînement des phrases se fait avec beaucoup de cohérence et de naturel. Les détails de la partition sont mis en valeur, restitués dans une sorte d’écrin lumineux qui élimine toute trace trop marquée de folklore. On ne trouve donc guère de correspondance avec les lectures tchèques qui jouent pleinement sur l’évocation des légendes, avec leurs jeux de pupitres typés. Smetana : Ma Vlast Écouter et télécharger On regrette ici simplement une mise en place bien appliquée, qui joue au détriment des pupitres de solistes souvent sur la réserve. Cela est toutefois préférable à certains excès que l’on entend si souvent dans d’autres lectures de Par les prés et les bois de Bohême ou bien dans Tábor et Blaník. Les cuivres et la percussion préservent dans le tumulte un grain soyeux et une respiration pleine. Les demi-teintes sont privilégiées au détriment d’une générosité plus festive. Ennemi de tout sentimentalisme, Flor séduira ceux qui refusent dans cette page d’une grande fraîcheur une tradition d’interprétation wagnérienne. Un très beau disque qui approche les références d’Ancerl, Harnoncourt, Kubelík…

  • Serge Rachmaninov Concerto pour piano n°2 - Rhapsodie sur un thème de Paganini

    LES DOIGTS VOLANTS DE YUJA WANG La jeune pianiste chinoise entre dans la "cour des grands" en enregistrant des œuvres avec orchestre de Rachmaninov. Un premier récital de la jeune pianiste chinoise avait séduit et dérouté tout autant. Stravinsky, Brahms et Ravel fonctionnaient à merveille car l'interprète possède autant d'abattage que de finesse et d'intelligence. Hélas, c'est dans Scarlatti qu'elle avait montré les limites de son style. Péché de jeunesse, assurément. Ici, nous avons un programme qui lui va à la perfection. Les volutes, éclats, attendrissement et autres persiflages de la Rhapsodie sur un thème de Paganini glissent sous ses doigts avec une saveur quasi miraculeuse. Elle s'amuse. Ou plus exactement, ils s'amusent, elle, et Claudio Abbado visiblement sous le charme. Rachmaninov : Concerto n°2 / Yuja Wang Écouter et télécharger Il l'accompagne, suggérant tel ou tel accent ou imperceptible changement d'atmosphère au sein des pupitres. Nous n'entendons pas la rutilance et la puissance des grands aînés (Fleisher, Eresko, Graffman, Matsuev, Orozco, Rudy, Shelley...) dans la Variation n° 18, summum de lyrisme, mais l'ensemble fonctionne admirablement et les dialogues sont d'une vivacité et d'une densité peu communes. Le Concerto pour piano n° 2 est d'une fraîcheur et d'une inventivité qui séduisent dès les premières mesures. L'ensemble est d'une grande douceur, sous la direction bienveillante de Claudio Abbado qui assure un écrin aux couleurs sans cesse mouvantes. Le piano de Yuja Wang respire sans dureté et se construit avec une émotion perceptible (Adagio sostenuto). C'est brillant, intelligent et sans arrogance aucune. Une très jeune et déjà très grande artiste forge son répertoire. Profitons-en.

  • Wolfgang Amadeus Mozart : Divertimento K.563 - Schubert : Trio à cordes D.471

      Mozart - Schubert : Trio Zimmermann Écouter et télécharger COMMUNION DE FIDÈLES Le Trio Zimmermann fait du "divertissement K.563" de Mozart, un moment partagé de plaisir, de rigueur, d'amusement et de drame. L'interprétation de Frank Peter Zimmermann, Antoine Tamestit et Christian Poltéra est une réussite totale car c'est l'un des rares enregistrements qui explique et justifie musicalement le titre de "Divertimento" — au-delà des six mouvements — préféré à celui de "Trio". Dans cette œuvre, Mozart se joue au sens propre comme au figuré de l'exigence polyphonique du trio à cordes, ce que l'on retrouve dans le jeu des trois musiciens. Leur technique individuelle reconnue est mise au service du groupe et ils rendent justice à l'écriture fabuleuse du compositeur présentant une panoplie complète des possibilités polyphoniques, avec ses subtilités chromatiques (adagio) et ses inversions de voix (menuetto II). La trame est toujours transparente et limpide, grâce à une égalité parfaite de voix — saluons la partie d'alto magnifiquement défendue. Sans bousculer la rigueur de construction classique, sans coquetterie, ils parviennent à l'épure syntaxique qui laisse place au plaisir de jouer ensemble, comme en témoignent subtilement et efficacement les deux menuetti viennois. Cette alliance de sophistication du jeu instrumental et simplicité de la transmission émotionnelle correspond en tout point à l'œuvre de Mozart. On y retrouve la rigueur, on y retrouve le plaisir ; on y retrouve l'amusement, on y retrouve le drame. À mi-chemin entre l'équilibre élégant du Trio Grumiaux (Philips) et l'impulsion maîtrisée de Kremer-Kashkashian-Ma (Sony), le Trio Zimmermann établit, et certainement pour longtemps, une nouvelle version de référence. Le Trio de Schubert — excellent choix de complément car proche de l'esprit du divertimento — atteint lui aussi les sommets. Les trois comparses rendent justice non seulement à son classicisme de forme, mais également à sa tension lyrique. Surpassant les Grumiaux (Philips), un rien timorés, ils se placent également en tête de la discographie. Un grand disque, qui en appelle d'autres (Prélude et Fugues de Mozart, Trios de Beethoven et Schubert, etc.).

  • Antoine Boesset 'L'Archange et le Lys' : Messe et motets

    L'Archange se nomme Gabriel et le lys symbolise la pureté de la Vierge. Leur rencontre dans ce passionnant programme permet de suivre "les différentes composantes narratives et mystiques" de la fête de l'Annonciation du premier XVIIe siècle comme l'explique le musicologue Thomas Leconte. Sébastien Daucé et son remarquable Ensemble Correspondances ont alors choisi pour guide le manuscrit intitulé Deslauriers conservé à la Bibliothèque Nationale. Si les pages anonymes constituent l'essentiel de ce volume de quelque trois cents numéros, certaines mentionnent les noms de Bouzignac, Moulinié, Méliton, Carissimi et Boesset. Les artistes ont retenu en majorité ceux attribués à Boesset, vraisemblablement Antoine (une Messe du onzième mode et des motets) auxquels s'ajoutent des pages de Moulinié, Du Mont, Giamberti et du plain-chant issu d'un "antiphonier bénédiction" pour les religieuses de Montmartre. Antoine Boesset : Messe et motets / Ens. Correspondances - Sébastien Daucé Écouter et télécharger Si l'entreprise impressionne par sa rigueur historique, elle ne se limite pas à une docte leçon pour spécialistes. Sébastien Daucé et ses musiciens, comme dans leur précédent disque consacré à Marc-Antoine Charpentier ("Choc" de Classica), enthousiasment par un sens de la dramaturgie musicale toujours en accord avec les textes et accompli dans une réalisation technique impeccable. Le quatuor vocal féminin (deux dessus et deux bas-dessus) parvient en effet à valoriser la saveur d'une écriture polyphonique qui s'enrichit des libertés monodiques de l'air de cour que maîtrisait si bien Boesset. L'Ensemble Correspondances restitue avec la même grâce la tendresse face au mystère de l'Incarnation (Credo de la messe) que la félicité du Magnificat. Les "différentes composantes" annoncées sont donc au rendez-vous. Merci.

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  • Krzysztof Penderecki Concerto pour alto - Concerto pour violoncelle n° 2

    Le couplage de ces deux concertos composés à la suite l'un de l'autre (en 1982-1983) est désormais un classique du disque. En 1984, Polskie Nagrania enregistrait les œuvres avec l'Orchestre de la radio polonaise sous la direction de... Antoni Wit, déjà. Depuis, une dizaine de nouvelles versions sont venues témoigner de leur passage dans le répertoire courant. Parmi elles on retiendra, dans le Concerto pour violoncelle, les prestations du dédicataire Rostropovitch (Erato), de Pergamenschikov (Orfeo) ou de Noras (Finlandia), les trois sous la direction du compositeur, versions auxquelles on ajoutera celle de Thedéen et Segerstam chez Bis. Penderecki : Concertos pour alto et pour violoncelle / Antoni Wit Écouter et télécharger Dans le Concerto pour alto, une partition dont il existe aussi des transpositions pour violoncelle et clarinette, Tabea Zimmermann (Wergo) fait figure de référence. Il faudra désormais compter sur ce nouveau volume de l'excellente intégrale Penderecki d'Antoni Wit chez Naxos. Les solistes — surtout Vassiljeva — font au moins jeu égal avec leurs devanciers, mais c'est finalement la direction qui subjugue dans ce disque. Alors que le compositeur a parfois tendance à alourdir la pâte sonore dans ses propres enregistrements, et du coup à tirer sa musique vers le post-romantisme, Wit offre une vision syncrétique absolument saisissante. On perçoit combien le Concerto pour violoncelle n° 2, l'un des chefs-d'œuvre du genre de Penderecki avec le Concerto pour piano et le Premier Concerto pour violon, synthétise les acquis de la période sonoriste du compositeur (celle de Thrène et de la Passion selon Saint Luc) pour les fondre dans un langage plus traditionnel et encore plus expressif. D'une invention constante, avec ce sens de l'éclat sonore, du pathos et des climats propres au Polonais, la partition s'impose comme un classique sous la baguette de Wit. Plus proche de Chostakovitch, le Concerto pour alto est moins original. Il fonctionne autour de petites cellules proliférantes, où le chant de l'alto alterne confrontation et fusion avec l'orchestre. Sa noirceur sans échappatoire est non moins frappante. Un grand disque de musique contemporaine.

  • William Walton Belshazzar's Feast - Symphonie n° 1

    Peter Coleman-Wright (baryton) - Chœur & Orchestre Symphonique de Londres - Dir. Colin Davis LSO Live LSO0681 (Abeille). 2005, 2008. 80' ★★★★ Après le scandale de Façade qui assurera la notoriété d'un compositeur alors âgé de 19 ans, William Walton reçoit une commande d'un bref oratorio de la part de la BBC, ce qui donnera jour au (plus ample) Festin de Belshazzar. Sir Colin en signe une des meilleures versions modernes. Sa lecture ciselée, très nuancée mais puissante fait paraître des finesses d'orchestration habituellement perdues ou ignorées. Si le soliste ne fait pas oublier Bryn Terfel (avec Litton, Decca), le chœur est en tous points exemplaire de précision. Écouter et télécharger Walton / Colin Davis Suite au succès de Belshazzar, la Première Symphonie du jeune Walton était attendue avec impatience dans les milieux musicaux, d'autant qu'à l'entre-deux-guerres, la symphonie anglaise connaissait une quasi-renaissance. Si à plusieurs endroits on entend des échos de Sibelius, influence majeure en Angleterre — Bax et Vaughan Williams lui dédieront une symphonie chacun —, la voix de Walton est déjà distincte. Colin Davis a très peu visité l'univers de Walton mais sa lecture de cette symphonie (enregistrement déjà sorti il y a cinq ans) fait preuve d'une étude approfondie de la partition, une approche qui le démarque nettement de la plupart de ses confrères. Au lieu de la vigueur et de la confiance conquérantes de cette œuvre d'un jeune homme, nous sommes en présence d'interrogations et de doutes, voire de tourments — reflets de la maturité ? En dépit d'une durée plus longue que celles des versions du compositeur captées en concert, il n'y a aucune baisse de tension, le drame étant omniprésent. Nous tenons une référence moderne, profondément originale, avec un orchestre au meilleur de sa forme.

  • Félicien David Trio n°1 en mi bémol majeur - Quatuor n°3 en ré mineur - Mélodies pour violoncelle & piano - Pièces pour piano - Transcriptions de pages célèbres de Félicien David par Philippe Musard, Sebastian Lee, Henri Vieuxtemps

    Quatuor Mosaïques - Ensemble Baroque de Limoges (Christophe Coin, violoncelle - Jean-Jacques Dünki, piano - Andrés Gabetta, violon) Laborie LC12 (Abeille). 2010. 78' ★★★★ On ne joue presque plus rien de Félicien David, dont on sait seulement qu'il fut saint-simonien, qu'il voyagea en Orient, ce qui lui inspira un début d'orientalisme musical avec son ode symphonique Le Désert. Il connut un certain succès en son temps avec quelques opéras (Lalla-Roukh, La Perle du Brésil) dont quelques chanteuses à cocottes interprétaient les roulades. Écouter et télécharger Félicien David Disponible en Studio Master et en qualité CD (LossLess) Un CD paru chez Marco Polo puis Naxos nous découvrait cependant deux fort agréables Trios pour piano, violon et violoncelle (n° 2 et n° 3). Voici le premier, aussi charmant que ses frères, et qui atteste de la présence en France d'une musique de chambre de qualité bien avant 1870. David, dans ses Trios, se rattache à une tradition post-classique, à peine marquée d'un zeste de romantisme. Il suffit évidemment d'écouter le pimpant et gracieux finale de son Trio en mi bémol pour comprendre que cet exact contemporain de Schumann n'entendait pas la musique de la même façon. Il se rapprocherait plutôt, avec plus d'imagination, du style d'un Napoléon Reber ou d'un Ambroise Thomas, évidemment peu connus. L'Ensemble Baroque de Limoges joue sur instruments d'époque dont un piano Erard de 1850 et un pianino suisse de 1845, et fait aussi entendre quelques suaves pièces de salon (Pensée, Le Caprice, L'absence) ou des transcriptions chambristes d'autres œuvres par des compositeurs du temps. De son côté, le Quatuor Mosaïques interprète avec beaucoup de légèreté et de subtilité le Quatuor n° 3 qui est, en mineur, de la même encre que le Trio, avec la même élégance, la même clarté, les mêmes tensions sous-entendues mais jamais exagérées. C'est là une heureuse redécouverte, peut-être pas de premier plan mais tellement agréable.

  • Alban Berg 'Wien 1925' : Concerto de chambre - Strauss/Webern : Valse du Trésor - Strauss/Schoenberg : Roses du Sud

    Marie-Josèphe Jude (piano) - François-Marie Drieux (violon) - Orchestre Poitou-Charentes - Dir. Jean-François Heisser Mirare MIR133 (Harmonia Mundi). 2010. 55' ★★★★ Pour sa deuxième version discographique du Concerto, après celle avec des membres de la Philharmonie tchèque, où il était au piano (Praga), Jean-François Heisser laisse sa place à Marie-Josèphe Jude, confie le violon solo à François-Marie Drieux, et dirige cette fois son Orchestre Poitou-Charentes — et c'est là qu'on le préfère, comparée à la version "tchèque" de 2000... Écouter et télécharger "Wien 1925" Disponible en Studio Master et en qualité CD (LossLess) Le chef offre une interprétation plus mûrie, où il peut exalter les timbres et savourer l'architecture périlleuse de treize instruments à vent, combinés à ce piano d'une richesse dévastatrice. Marie-Josèphe Jude s'y révèle d'une renversante précision : à la fois ferme et tendu, son jeu ne force jamais le trait, propulsant la matière sonore avec une clarté qui permet à l'orchestre et au second soliste, le violon de François-Marie Drieux — "Adagio" d'une éloquence idéale —, de s'exprimer à jeu égal. Loin d'être une version supplémentaire, s'ajoutant à une discographie déjà conséquente, cette nouvelle interprétation n'a rien à envier à celle de Barenboim/Zukerman/Boulez, pour DG, dans l'art de la fluidité et d'une constante transparence dans cette polyphonie charnue. Un lyrisme et une plasticité sonore excellemment servis par une prise de son à la fois spacieuse et attentive à la moindre nuance. Échos parfaits aux valses et autres Ländler qui parcourent la musique viennoise de Schubert à Mahler jusqu'à Berg, les deux valses de Strauss, dans leurs arrangements pour la Société d'exécutions musicales privées de Schoenberg fondée en 1918, sont autant de friandises préparées avec soin par les deux solistes et quatre musiciens de l'Orchestre Poitou-Charentes — et réservés aux becs fins... que nous sommes !

  • Gabriel Fauré Intégrale de la musique de chambre

    La musique de chambre de Fauré a suscité de nombreux enregistrements séparés et l'on disposait également de trois ensembles cohérents, constitués autour du pianiste Jean Hubeau (Erato), de Jean-Philippe Collard (EMI), et compilés dans les fonds CRD, Dorian, Claves et Hyperion (Brilliant Classics), le tout de très bonne tenue, car l'on imagine bien que l'on ne s'embarque pas dans un tel univers sans de solides motivations ! Fauré / Musique de chambre Ecouter et télécharger L'interprétation de la musique pour violon par Renaud Capuçon et ses partenaires (Dalberto pour la Sonate n° 1 et les pièces brèves, Angelich pour la Sonate n° 2) ne manque pas d'ampleur. Le violon est charnu, très "grand style" mais un peu épais tout de même. Ce n'est pas grave pour la Sonate n° 2 dans la mesure où Angelich fait avancer le discours et le fluidifie. Dans la Sonate n° 1, en revanche, le sérieux et la retenue de Dalberto empèsent la musique. Dans la musique pour violoncelle, le problème est différent. L'approche toujours grave de Dalberto dans la Sonate n° 1 sert bien le discours très intériorisé de Fauré (mais moins le lyrisme à fleur de peau de l'Élégie), tandis qu'Angelich sait donner à la Sonate n° 2 toute sa légère élégance. Dans les deux cas, la sonorité de Gautier Capuçon, dense mais sans lourdeur, est parfaitement adaptée à cette esthétique rêveuse, précieuse et expressive tout à la fois. Les Quatuors avec piano (Dalberto pour le Premier, Angelich pour le Second, avec les deux Capuçon et Caussé) bénéficient d'approches similaires. La force expressive, la grandeur, tout ce qui les rattache au Romantisme allemand semble privilégiée par rapport à la quête d'ambiances poétiques — si bien exprimées dans la récente version des Wanderer (HM). Mais tout cela est d'un haut niveau. Le Trio, probablement "le" chef-d'œuvre de tout cet ensemble, atteint le sublime (Angelich, R. et G. Capuçon). Les Quintettes et le Quatuor (déjà publiés avec ceux de Debussy et Ravel en 2008) bénéficient de la présence de l'excellent Quatuor Ébène, qui éclaircit ces partitions parfois touffues et les rend aisées et abordables. Les deux Quintettes (Dalberto pour le n° 1, Angelich pour le n° 2) sont joués dans un tempo plus retenu que la moyenne, qui leur ôte un peu de leur lumineuse vitalité — mais leur confère en revanche une noble grandeur. Dans l'ensemble, un élément de premier plan pour la discographie fauréenne. Mais il faudra peut-être attendre l'intégrale de la musique de chambre avec piano de Fauré concoctée chez Alpha autour d'Eric Le Sage — dont le premier volume vient de paraître — pour faire un point plus complet sur la discographie.

  • Muzio Clementi Capriccios et Variations

    "CAPRICES" DE STAR Howard Shelley, pianofortiste de talent, offre une leçon de musique dans des pièces méconnues et sous-estimées de Muzio Clementi. En quelques mots, à la fin de sa vie, Muzio Clementi donne la clé de son œuvre au(x) style(s) inclassable(s) : "J'étais un jeune Italien, mais aujourd'hui, je suis un vieil Anglais". Clementi / Howard Shelley Écouter et télécharger Après une intégrale des sonates (6 coffrets, 12 CD !), le pianiste anglais nous livre une anthologie passionnante des Caprices et Variations. L'interprète réputé dans le répertoire romantique, pianofortiste de talent, mais aussi chef d'orchestre nous livre ici une leçon de musique. Les Caprices qui portent pourtant si bien leur nom atteignent parfois les 20 minutes. Des pensums diront certains... L'auditeur est sidéré devant autant de réminiscences d'écritures, de Mozart, Mendelssohn, Czerny, Beethoven, mais aussi d'airs d'opéras à la mode. Pour l'interprète, le défi consiste à synthétiser des apports qui vont du baroque français (La Chasse) aux portes des univers de Chopin et de Liszt (Capriccio en ut majeur). La musique de Clementi n'est heureusement pas uniquement "fabriquée" par des danses anodines, des pastiches, plagiats et parodies (The Black Jones avec 21 Variations, Fantaisie et Variations sur Au clair de la lune, Variations sur "Batti batti" du Don Giovanni de Mozart...). Il faut un beau tempérament pour éviter toute sécheresse et de se griser par la virtuosité des morceaux. Howard Shelley trouve le ton juste, en jouant avec une certaine distanciation et un humour de tous les instants. Son toucher volubile s'amuse des ornements "à la Scarlatti" tout en goûtant des médiums et des graves rugueux et profonds. D'où le choix, probablement, d'interpréter ces œuvres sur un Steinway d'aujourd'hui. Un disque superbe.

100% CRITIQUES
  • Manuel de Falla Nuits dans les jardins d'Espagne - Cuatro piezas españolas - Fantasia bætica - Homenaje, pour le tombeau de Paul Dukas - Cancion - Nocturno - Mazurka - Sérénade andalouse

    LE PAYS DE JAVIER PERIANES Le jeune pianiste espagnol Javier Perianes et le chef Josep Pons nous font découvrir tous les sortilèges de la musique de Falla. Voici un grand disque consacré à Manuel de Falla. Dans les différentes pièces pour piano seul, nous sommes frappés par la générosité du toucher du pianiste dans l'expression du rythme des corps imaginaires et du flamenco sublimé. On songe ici au film Carmen de Carlos Saura lorsque les claquements des talons martèlent les phrases musicales. Il y a aussi cette part de mystère, la pudeur fière de la Sérénade andalouse, la finesse sans prétention de la Mazurka et du Nocturno, les imitations de la guitare, le jeu rasguedo en imitation de la guitare dans les Quatre pièces espagnoles. On découvre ainsi un interprète à la forte personnalité, au jeu typé et qui équilibre avec un sens aigu de la couleur, ce qui appartient à un folklore recréé d'une part et à une écriture pointilliste audacieuse d'autre part (voir l'interview). Falla : Nuits dans les jardins d'Espagne par Javier Perianes et Josep Pons Écouter et télécharger Disponible en Studio Master en qualité CD (LossLess) Dans les Nuits dans les jardins d'Espagne, le dialogue entre l'orchestre et le soliste est enchanteur. Le chef d'orchestre Josep Pons, dont la précédente version avec Josep Colom au piano (Harmonia Mundi) remporta notre écoute en aveugle de l'œuvre (Classica mai 2009) transfigure immédiatement la formation anglaise qui assimile dans l'instant l'atmosphère de la partition. Javier Perianes qui a été l'élève de Josep Colom joue avec naturel, révélant la sauvagerie, le mystère de chaque pièce ainsi que la modernité du langage de Falla. L'âme de cette musique comme les audaces harmoniques, le déchirement des traits, le halo sonore volontairement indécis s'imbriquent logiquement. La magie de l'écriture composite, proche notamment des inflexions "françaises", fauréennes ou debussystes surgit en pleine lumière. Si certains interprètes enferment la partition dans l'esprit romantique d'une œuvre purement concertante, Javier Perianes et Josep Pons nous convient dans cette version de référence à une chorégraphie sonore. Grâce à eux, l'Espagne sort de ses frontières.

  • Johann Sebastian Bach Sonates et Partitas pour violon seul Pisendel : Sonate pour violon

    UN VENT FRAIS SOUFFLE SUR LE BAROQUE Tout ce que l'histoire et Les musicologues nous ont appris sur les Sonates et Partitas, Amandine Beyer nous le fait entendre sans jouer les professeurs mais avec sensibilité et talent.  Johann Sebastian Bach : Sonates & Partitas par Amandine Beyer Écouter et télécharger Malgré un texte original et pertinent d'Olivier Fourès et quelques réflexions de l'artiste, on ne saura pas pourquoi Amandine Beyer (ou l'éditeur ?) n'a pas choisi de suivre l'ordre des Sonates et Partitas. Est-ce pour des raisons de minutage ? Pour pouvoir intégrer en fin de cycle, sur le second disque, la Sonate de Pisendel, contemporain de Bach ? Cela ne gâche évidemment pas notre écoute mais perturbe cette alternance régulière entre pièces polyphoniques et mélodiques (les sonates) et pages plus naturellement orientées vers le rythme (les partitas, suite de danses stylisées) qu'Amandine Beyer a si bien su mettre en valeur. C'est en effet une des qualités de cette version que savoir distinguer le caractère de chaque œuvre et non de l'envisager comme un tout projeté vers une spéculation post-moderne et, en définitive, aride. Et comme la violoniste joue du violon baroque comme quasiment personne, avec une aisance désarmante et une maîtrise stupéfiante (il va falloir une bonne dose de mauvaise foi pour débusquer la moindre imperfection dans ce jeu royal), elle n'a jamais à forcer le trait pour prouver quoi que ce soit. Elle n'a d'ailleurs jamais l'impression de vouloir prouver, démontrer ou affirmer : elle empoigne son instrument et laisse sourdre la musique. Les accords de quatre notes s'égrènent sans la moindre brusquerie, la polyphonie s'éclaire sans violent coup de projecteur et les danses s'élancent d'un pied ferme qui sait rester souple. Baroque, son interprétation l'est par sa connaissance des styles et du langage d'époque mais, à nouveau, elle reste étrangère à toute démarche militante obtuse. Elle joue un instrument moderne, réalisé en 1996 par Pierre Jacquier, évidemment conçu sur un modèle ancien et utilise un archet d'Eduardo Gorr fabriqué en 2000. Elle limite son ornementation à quelques rares notes lors des reprises (menuet de la Partita n° 3 par exemple) et sait conserver une pulsation régulière qui ne raidira jamais le geste comme en témoigne l'allemande de la Partita n° 1. Une parfaite technique d'archet et la précision de la main gauche permettent à Amandine Beyer des doubles vertigineux (celui de la Courante) ou des bourrées d'une saine rusticité. En contrepartie, dans les sonates, règnent le cantabile et la lisibilité des lignes : l'andante de la Sonate n° 2, merveille de lyrisme, semble clairement distribué entre les deux mains d'un clavier imaginaire et la fugue de la même sonate prend des allures de grand orgue. Tout ce que l'histoire et les musicologues nous ont appris sur ce recueil fascinant, Amandine Beyer nous le fait entendre sans jouer les professeurs mais avec la sensibilité et le talent d'une immense artiste. Voilà sans conteste la version la plus aboutie, celle qu'on attendait depuis longtemps, sur violon baroque. Et tant pis si les Sonates et Partitas sont dans le désordre !

  • Quatuor Diotima "American music" (Reich : Different Trains - Barber : Quatuor à cordes op.11 - Crumb : Black Angels)

    DIOTIMA IN AMERICA Le quatuor français Diotima impose sa griffe avec son album consacré à la musique de chambre américaine du XXe siècle. Le Quatuor Diotima revient à la musique américaine. La référence au Nouveau Monde n'est pas usurpée, tant les partitions de Steve Reich et George Crumb se rattachent à une certaine histoire des États-Unis — ce qui est moins vrai de Samuel Barber. Américan Music / Quatuor Diotima Écouter et télécharger Le plus connu est sans conteste Steve Reich, venu du courant marginal minimaliste des années 1960. Different Trains de 1988, pour quatuor à cordes et bande magnétique, est une œuvre "partiellement autobiographique", où le compositeur évoque en parallèle les trains de son enfance, entre Los Angeles et New York et les convois de l'Holocauste, en Europe. Si la version enregistrée par les Kronos (Nonesuch) demeure insurpassable, en revanche, trente ans plus tard, le Quatuor Diotima impose son style. L'intelligibilité des Diotima irradie Different Trains au point d'en renouveler grandement l'interprétation. Le jeu du quatuor français n'est pas moins passionnant dans le style élégiaque de Barber. Ballotté entre sérialisme (début du premier mouvement), romantisme (languide du deuxième mouvement popularisé par sa version orchestrale) et expressionnisme (troisième mouvement), cette œuvre funèbre offre un visage différent du compositeur, volontiers plus lyrique, à l'image de son opéra Vanessa et de son cycle de mélodies Knoxville : summer of 1915. Cérémonial étrange confié à un quatuor à cordes amplifié, Black Angels de George Crumb se veut une œuvre "de temps de guerre" : celle du Vietnam. Contrairement à Steve Reich, ici pas de bande magnétique, mais la voix des instrumentistes qui s'ajoute aux instruments et un ensemble de petites percussions, pour créer le même type d'envoûtement. Les musiciens du Quatuor Diotima effleurent à peine leurs cordes, électrisant l'atmosphère d'un spectacle haut en couleur — et estompant les interprétations remarquées des Quatuors Kronos (Nonesuch) et Mir (Bridge). Du grand art.

  • Gustav Mahler Symphonie n° 3

    PLUS GRAND QUE NATURE Après la réédition de l'intégrale Mahler que Tennstedt grava pour EMI, voici un "live" magique de la Troisième Symphonie. Difficilement disponible (sous label Memories), cette version de la Symphonie n° 3 de Mahler magnifiquement captée par la BBC est d'un intérêt majeur. Contrairement à la lecture studio rutilante mais extérieure, cette gravure possède l'émotion des grands jours. Les climats expressionnistes n'ont rien de commun avec le romantisme lyrique et impérial de la version studio. Tennstedt construit une épopée avec des éclairages et des effets saisissants de force grâce aux phrases portées jusqu'à la dernière note. Dans cette irisation effrayante de l'espace sonore, l'auditeur a le sentiment que tout peut s'effondrer dans l'instant. Tennstedt tient à bout de bras un orchestre chauffé à blanc, vibrant, épuisé, mais victorieux dans le finale du premier mouvement. Le Menuetto et plus encore le Scherzando sont d'une saveur et d'une fraîcheur confondantes. Mahler : Symphonie n°3 / Tennstedt Écouter et télécharger C'est l'émerveillement devant la Nature avec des plans caractérisés, une générosité des timbres qui enchantent. Le chœur d'enfants à l'unisson, est merveilleux de naïveté, concentré et libre à la fois. Quant à Waltraud Meier, au sommet de ses moyens vocaux, elle livre l'une des plus belles prestations de l'œuvre. Elle interprète la "mère" consolatrice avec une émotion saisissante de vérité, loin des lectures convenues et "parfaites" que l'on entend trop souvent. Dans l'écoute en aveugle de juin 2009, Cornelia Kallisch avec Gielen et Jessye Norman avec Abbado dominaient sans conteste la discographie récente. Ajoutons le nom de la mezzo allemande. Avec un orchestre certes moins raffiné que ceux d'Abbado (Vienne, DG) et Haitink (Berlin, Philips), Tennstedt fait jeu égal avec ces références modernes.

  • Tomás Luis de Victoria Œuvres sacrées

    UN COFFRET "NEC PLUS ULTRA" Archiv Produktion rend hommage à Victoria à l'occasion de la commémoration du quatrième centenaire de la mort du musicien. Des Tallis Scholars au Gabrieli Consort, on sait l'attraction exercée sur les maîtrises et chorales anglo-saxonnes par Victoria, figure majeure du dolorisme espagnol au Siècle d'Or. Pour autant, le présent hommage impressionne par son ampleur, s'agissant d'un coffret de 10 CD, miroir de la passion que Michael Noone voue à une œuvre qu'il aborda naguère comme choriste à la cathédrale de Sydney. De cette admiration, une formation est née : l'Ensemble Plus Ultra (toujours au-delà), référence à l'empereur Charles-Quint qui fit de la formule sa devise, en écho à l'esprit d'audace des conquistadores qui faisaient alors reculer les limites du monde connu. À la fois férue de spiritualité et de style, la présente approche dit, certes, l'importance des années romaines (de 1567 à 1586) chez le maître d'Avila, mais hors de toute dépendance palestrinienne. Victoria / Michael Noone Écouter et télécharger Reste le plus délicat à réveiller ici : cette quête ardente comme une flamme, sous l'intériorité de la prière, et qui fait de Tomás Luis un individualiste obstiné, rebelle à toute influence étrangère. Aussi bien, est-ce sur ce problème qu'achoppent la plupart des chorales non ibériques, face à la déploration victorienne, à la fois contemplation et drame dans une représentation de la Passion qui déjà pressent le geste baroque. Un constat qui souffre heureusement quelques exceptions mémorables, telle la relecture du Requiem par les Tallis Scholars (Gimell) qui, sous son austérité apparente, brûle d'un feu sacré irrépressible. Face à pareille réussite, le très généreux "pavé" d'Archiv sait faire entendre sa différence, précisément dans le Requiem et dans l'Office de la Semaine Sainte, lequel visualise en quelque sorte la figure d'agonie du Christ, "trahi, broyé et mis à mort". Eu égard à l'ampleur du sujet (plus de 140 pièces rassemblées !), on s'en tiendra à ces deux exemples pour dire tout le bien qu'inspire le témoignage de Plus Ultra, vocalité et discipline à parts égales.

  • César Franck Sonate pour violoncelle et piano - Debussy, Poulenc : Sonates pour violoncelle & piano

    BON ANNIVERSAIRE ANNE, ET MERCI ! Avec cet enregistrement, Anne Gastinel fête (déjà) ses vingt ans de carrière discographique et nous offre un beau cadeau. Aussi étonnant que cela paraisse, le couplage, pourtant évident de la transcription de la Sonate pour violon de Franck et des Sonates de Debussy et Poulenc n'avait à ce jour été réalisé qu'une seule fois (Chuat-Naoumoff/Saphir). Il s'agit pourtant des trois sonates pour violoncelle françaises les plus célèbres. On peut considérer la transcription de la Sonate de Franck par son ami le violoncelliste Jules Delsart comme une partition originale et authentique. Franck l'accepta ; elle est d'une remarquable fidélité à l'original. Moins brillante certes mais plus intensément lyrique. Franck, Debussy, Poulenc : Sonates Anne Gastinel - Claire Désert Écouter et télécharger Loin de là, la Sonate de Debussy, très cursive, s'inspire vaguement d'un programme emprunté à l'esprit des Fêtes galantes de Verlaine. C'est le témoignage d'un nécessaire renouvellement, loin des sortilèges de l'"impressionnisme musical", et peut-être d'un état d'esprit grinçant et sarcastique de la part d'un compositeur horrifié par la Grande Guerre et condamné par la maladie. La Sonate de Poulenc, dédiée à Pierre Fournier, n'a pas toujours bonne presse et le compositeur lui-même se montrait réservé à son égard. Avec le recul nous en percevons la délicieuse ambiguïté. Poulenc y congédie en partie seulement un certain humour au profit d'un ton plus directement lyrique, sérieux et plus amplement construit, qui annonce les grandes œuvres des années 1950. Avec Anne Gastinel nous retrouvons la même qualité sonore, toujours le même sens de la ligne acérée, toujours la même variété de couleur, jamais le moindre empâtement. Claire Désert est évidemment la partenaire idéale. Cette grande schumannienne se sent comme chez elle dans le lyrisme éperdu de Franck, la fantaisie et l'humour debussyste, les intermittences d'humeur de Poulenc.

 
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NUMÉRO 139
FÉVRIER 2012

 

A la une

Stravinsky, l'inventeur de la modernité

Dossier

Proust et la musique

Entretien

Esa-Pekka Salonen

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Le compositeur du mois

Franz Schubert : le Voyageur et son ombre

Entre Beethoven, le père fondateur, et la grande génération romantique née vers 1810, l'histoire a mis longtemps à faire une place à Schubert. Il a pourtant laissé au romantisme quelques-unes de ses plus belles créations.

 
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Miles Davis

Par Jean-Pierre Jackson

Miles Davis fut l’un des rares jazzmen à connaître la gloire. Il voulait aussi la célébrité. Les deux dernières décennies de sa vie, Miles Davis les a donc vécues en rock star. C’est cette image, marquée par les années 1980, d’un musicien à la mode, qui subsiste à l’orée du XXIe siècle. C’est ce cliché que Jean-Pierre Jackson remet en question dans son Miles Davis. Replacée sans complaisance dans son contexte esthétique et biographique, l’oeuvre du musicien n’en prend que plus de force.

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Félix Mendelssohn

Par Jérôme Bastianelli

Il fut, selon Friedrich Nietzsche, le bel incident de la musique allemande. Cet enfant prodige (1809-1847), plus génialement précoce encore que Mozart : à 17 ans, avait déjà écrit deux de ses purs chefs-d’œuvre.

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Anton Bruckner

Sous la direction de Philippe Herreweghe

Comme celle de Schubert, la musique de Bruckner est profondément mélancolique, elle pleure le pardis perdu, elle évoque comme nulle autre l’apaisement dans la nature maternelle.

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Henry Purcell

Par Claude Hermann

Le 21 novembre 1965 disparaissait à Londres, à l’âge de trente-six ans, celui que ses contemporains surnommaient l’ “Orphée britannique”.

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Ludwig Van Beethoven

Par André Tubeuf

Peut-être y a-t-il des musiciens plus grands, ou meilleurs. Mais le seul Beethoven à tout instant de sa meilleure musique nous communique l’urgence qui est en lui, de convaincre, d’entraîner.

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Jean-Baptiste Lully

par Agnès Morel

Fabuleux destin que celui de J-B Lully (1632 – 1687). Au coeur de cette vie hors du commun, l’invention et l’organisation de l’opéra de Louis XIV, dont il sera l’ami et le serviteur. La rencontre entre le Roi-Soleil et ce fils de meunier florentin est l’une des plus inattendues et passionnantes de l’histoire esthétique européenne.

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Leonard Bernstein

Par Renaud Machart

Le nom et la renommée de Léonard Bernstein restent pour l’essentiel liés à sa carrière de chef d’orchestre, à ses émissions télévisées de pédagogie musicale. Cet essai associe un portrait psychologique de ce compositeur janusien à une analyse acessible des carctéristiques premières de sa musique, si méconnue en France, tout en ne négligeant pas ses apports précieux aux domaines de la direction d’orchestre et de la pédagogie.

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Charlie Parker

Par Jean-Pierre Jackson

Charlie Parker vécut intensément, et au plus haut degré, toutes les contradictions du créateur de génie : maîtrisant parfaitement le langage du jazz classique, il fit entendre une forme de modernité inconnue avant lui ; demandé par les grandes salles de concert, enregistrant avec des cordes à une époque où pour un jazzman c’était un privilège, il fut aussi un musicien maudit, accroché à l’alcool et à la drogue, et à qui l’on refusa un jour l’entrée d’un club portant son nom ; mettant en œuvre des formes savantes de l’harmonie et du rythme, la musique de ce “musicien pour musicien” fut pourtant parfois populaire. Sa carrière musicale fut brève, puisqu’elle se déroula de 1935 à 1955. Sa musique, née dans l’instant, et qui aurait pu n’être que le reflet de son époque, possède les vertus de l’éternel. Cinquante ans après sa mort, elle continue à bouleverser, à enthousiasmer. Plus que moderne, elle est actuelle. Comme tous les volumes de la collection Classica, ce livre est enrichi d’une bibliographie, d’un index, de repères chronologiques et d’une discographie commentée.

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