Andreas Staier aux Bouffes du Nord

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Il y a quelques semaines sortait chez Harmonia Mundi le nouvel opus d’Andreas Staier. Au programme, les Variations Goldberg de Bach, que le claveciniste allemand fréquente assidûment depuis quelques années.

Sa venue à Paris ce lundi 8 mars me permettait ainsi d’entendre pour la première fois en concert l’un des artistes peut-être les plus attachants de la scène musicale baroque : il demeure l’un des rares à porter un regard personnel sur les œuvres qu’il aborde. L’alliance Bach-Staier donna de nombreuses réussites, de son cadence de clavecin dans le Cinquième Brandebourgeois (Musica Antiqua Köln, Archiv Produktion, 1985) aux Partitas et Fantaisies enregistrées pour DHM, sans oublier ses plus récents projets, les Sonates en 1997 (Teldec, indisponible sur Qobuz), et celui dédié à des œuvres de jeunesse (HM, idem).

L’oreille du mélomane doit s’habituer au faible niveau sonore qu’offre le clavecin – à n’en pas doute un instrument du passé, l’oreille moderne étant accoutumée à des niveaux et fréquence plus élevés. Dans l’acoustique du Théâtre des Bouffes du Nord, le clavecin d’Anthony Sidey rayonne. Le jeu d’Andreas Staier laisse davantage perplexe – étonnamment. Son interprétation surprend par son manque d’équilibre et d’architecture globale. Les phrasés, un peu plats, ne soutiennent pas la grande ligne, la polyphonie – peu lisible – ne respire pas avec l’ampleur nécessairement attendue. A peine quelques variations résonnent, inachevées. Cette soirée donne un goût d’inachevé.

Puis arrive la variation 20. Soudain, le musicien allemand tousse. Il est malade, grippé. Voilà pourquoi son interprétation semblait dépourvue de souffle, de cette folie digitale, qui imprègnent habituellement le jeu de ce claveciniste souvent immense musicien. Une petite déception !

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