Decca Eloquence Australie (II) : Ernest Ansermet Bartok

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2°) RAVEL : ŒUVRES ORCHESTRALES – MONO RECORDINGS – L’Orchestre de la Suisse Romande – 2 CD – Decca 442 8321

Ravel et Ansermet, une longue amitié réciproque… Entre 1951 et 1954, Ansermet s’était lancé pour Decca dans un cycle Ravel presque complet, incluant mélodies, ouvrages pour la scène et œuvres orchestrales. Ce double album en rassemble une partie, soit la suite de Ma Mère l’Oye (mars 1951), la Rapsodie espagnole et l’Alborada del gracioso (octobre 1951), la Pavane pour une infante défunte et Daphnis et Chloé (octobre 1952) et enfin les Valses nobles et sentimentales et Le Tombeau de Couperin (juin 1953). Ces gravures monophoniques restent préférables aux enregistrements réalisés à l’ère de la stéréophonie, de par leur plus grande finesse et leur intensité poétique.

Dans les ballets tels que Ma Mère l’Oye, superbe de sensibilité féérique, ou Daphnis et Chloé, la direction d’Ansermet demeure incroyablement narrative (Danse suppliante de Chloé par exemple) et dynamique. Dans Daphnis et Chloé, la volonté de finesse et de puissance ne contraint pas encore l’architecture globale de l’œuvre, redoutable par son aspect autant symphonique que rhapsodique. Les tempos s’avèrent légèrement plus rapides, les accents plus violents, à l’exemple de cette étonnante Danse de Lyceion, où les cuivres foudroient par leur rage, et plus encore de la transition vers une Danse guerrière magnifiquement rythmée, aux échappées irrésistibles… Ces enregistrements captent réellement Ansermet et L’Orchestre de la Suisse Romande à son meilleur, à une époque où les prises de son monophoniques de Decca avaient atteint une incroyable plénitude, que les reports contemporains malheureusement ne traduisent plus tout à fait fidèlement – les aigus notamment sont courts, alors que foisonne dans les mille recoins de l’espace la matière, comme en témoigne le Lever du jour, incroyable de splendeur… Le Tombeau de Couperin demeure une réussite totale. Ansermet en traduit à merveille l’esprit à la fois enchanteur et nostalgique. Inoubliable !

SCARLA D’OR : Ravel : Le Tombeau de Couperin (juin 1953) – L’Orchestre de la Suisse Romande – Decca 442 8321

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