Promenades : Toulouse, Toulouse.

Une semaine aux rythmes de la musique des Balkans à Toulouse lors du festival Rio Loco ; découvertes heureuses de Taraf de Haïdouks (pas encore mondialisé), de Martin Lubenov (un accordéoniste virtuose et inventif), de la musique branchée des Balkan Beat Box. Jeunes fous furieux dopés au Red Bull. Semaine étouffante sous le soleil écrasant d’une ville rose. Et des moments sous le chapiteau de France Musique, posé sur les bords de la Garonne ; rien de plus que le grand soleil évoquant l’engloutissement de toutes choses, l’irradiation qui demeure d’un univers enfin submergé : souvenirs. C’est dans le soleil, surtout, que cette musique aux modes tziganes, aux trompettes colorées, aux voix déchirées des balkans, prend sa logique. Entre évocation d’un populaire d’Europe centrale et l’envie d’un moderne commercial. Tous n’ont pas la même éthique.

 

Le soleil, dans la ville, ne semble jamais décliner.

 

Aucun îlot de nuage avançait, gagnant en densité, aucune ombre bleue sur le fleuve, pas même une vague sur le capitole de Toulouse. Simplement un goût providentiel d’été par les jeunes gens presque dénudés ; par l’insouciance, par la nonchalance d’un corps allongé sur l’herbe.

 

Et quelques souvenirs, déjà, en vrac :

 

- Françoise Degeorges, à vélo, dans les rues roses pastels dont les pierres apparentes des maisons ne sont que nudité et pauvreté adorable de la matière. Quelques cours intérieures avec les charmes des lauriers roses.

- La chapiteau de France Musique envahit par une foule jeune, chaleureuse, déchaînée.

- L’angélus de Notre Dame du Taur, trop tôt, entendu de l’hôtel fenêtres ouvertes.

- Un chardonnet, la nuit sur les toits structurés de Toulouse, rue Polinaires avec G** et B**. Bonheur.

- Mollets fatigués par le vélo et les marches jusqu’à trois heures du matin.

- Chansons de l’immigration algérienne par Origines Contrôlées.

- Brocante autour de Saint-Sernin, sept petits bateaux furieusement tentants.

- Café avec G**, dans le jardin d’un musée, près de Saint-Sernin, le bon matin d’un 21 juin.

 

Touches d’été, envies de partir, instants d’abandon vers des paysages inconnus, exaltant et démoniaque soleil, festivals ; peut-être serai-je un blogeur absent. Alors, chers lecteurs, laissons à l’espace une petite place.

 

Bel été, à très vite.

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