Promenades parisiennes : Festival Présences, suite et fin
Soleil, presque irrévérencieux en ce début mai. Cité de la musique, de jeunes gens, parfois dénudés, allongés sur les pelouses ; d’autres, rangées de lunettes de soleil, sur la terrasse du café de la musique. Un air, assez prononcé, d’été. Et un public relativement important pour les concerts du festival Présences. Comme chaque édition : des bonnes et mauvaises découvertes. Mais une certitude, le festival éclaire les affres de la création : entre hybridités et souvenirs nostalgiques de la modernité, entre facilités et banalités.
Alors, on oubliera, les courtes pièces de Magnus Lindberg, les Silhouettes (grises et bien monotones) de Yan Maresz pour orchestre à cordes. Mais le pire n’était pas encore entendu en ce vendredi soir. Rien de honteux pour l’instant.
Période de cinéma oblige :
Pour les palmes du plus grand ennui, décorons :
- Toshi Ichiyanagi pour une partition hasardeuse à tous points de vues…
- Olivier Meston avec une interminable pièce pour violoncelle et piano, sans changement de tempo, avec quelques gestes romantiques assez maladroits et bizarrement écrits pour le violoncelle.
- Jean-Louis Agobet avec Sectio (création mondiale) et son « catalogue d’effets » aux coups de grosse caisse tapageurs.
- Le grand prix revient à Jean-Luc Darbellay pour la partition la plus ennuyeuse. Bravo ! Dix minutes annoncées sur le programme sont devenues vingt minutes au concert. Un long moment pour cor (à l’écriture extrêmement sommaire) et ensemble. On avait déjà eut droit à un concerto pour cor du même Darbellay lors de Présences à Montpellier (je ne comprends pas vraiment les doublons du festival d’ailleurs ; c’est la même chose pour Jean-Louis Agobet). Ici, on a retrouvé sans joie les interminables chromatismes retournés, les mêmes jeux d’échos (enfantins dans la facture), les mêmes gestes grossiers et, j’ose le mot : de la vulgarité.
La palme du respect revient à : François-Bernard Mâche avec ses quarante minutes de musique (Taranis pour récitant, chœur et orchestre). Musique monde qui refait l’histoire, Cantate spirituelle avec récitant, musique géologique. Travail de titan.
Les palmes de musique poétique reviennent à :
- Philippe Schoeller avec The Eyes of the Wind, pour violoncelle et orchestre. Musique de lumière, d’attente, d’écoute.
- Akira Nishimura pour Corps d’arc-en-ciel, partition somptueuse, fantaisie contemplative aux couleurs délicates et raffinées. Ainsi la création.

