Suspension, sourire… et conversations

  

Ainsi donc :

après une semaine radiophonique, un éclair de printemps.

Et,

quelques pas de danse pour croire à la légèreté : deux ballets de Mats Ek à Garnier. Le premier, La Maison de Bernarda, froid, calculé, un peu long. Sans doute sinistre, parfois kitch. Notamment le duo avec le Christ. Mais le deuxième, Une Sorte de… : vivant, drôle. Deux couples égarés, réconciliés et entrecoupés par la fureur de la ville. Nolwenn Daniel, pliée dans une valise ; Nicolas Le Riche, les bras levés vers un ciel. Miteki Kudo épuisée par une danse avec Benjamin Pech. Une femme passe la serpillère : désespérée. Et la foule, rythmée, bouillonnante et imagée par Mats Ek. Les hommes se déchirent, s’entraident. Ils font semblant, marionnettes d’une société un peu folle. Et les idées ! L’espace, la lumière… Puis le rideau se referme, l’homme lève ses mains vers le ciel, elle – si frêle –  ne le rejoindra pas et reste du côté de la ville car la porte de l’intérieur est infranchissable. Puis : sommeil. Et si cela n’était qu’un rêve. Nicolas Le Riche se couche. D’ailleurs, c’est bien lui – au détour d’un saut –, qui propose une définition de la grâce par sa suspension. C’est donc un rêve.

F**, à mes côtés, reste de marbre. Elle n’applaudira pas la performance : ces jeunes gens saluent ; il ne reste plus que quelques éphémères et radieuses images de leurs pas sur la scène.

  

Et,

un livre. Un poème. Un reste de vie, un souvenir. Philippe Jaccottet ne laisse presque plus rien. Fragments, étirés, retirés d’un imaginaire encore foisonnant. Quelques images (« Paroles tenant à la terre par leur tige invisible »), les mémoires et les obituaires de ses amis disparus. Ce peu de bruit, est une musique silencieuse. Et pourtant, tout est doux, savoureux : cette sorte de sourire que sont parfois aussi les fleurs, au milieu des herbes graves. Le sourire de Philippe Jaccottet est mélancolique, mais c’est un sourire. Il propose car il sait que là où tout se fige : il faut savourer l’image. Il regarde et contemple. Le temps. Car il sait exactement ce qu’il a tant de fois ressenti et essayé de dire : un creusement de l’espace-temps jusqu’à l’infini. Calme lecture.

  

Et,

  

longue discussion avec J**. Café avec B**, radieuse et drôle. Le soleil dans ses cheveux. Quelques phrases échangées avec G**.

Et,

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