Broadway in Satin : Billie Holiday revisited

Certaines musiques ne meurent jamais, elles se magnifient avec le temps. C’est le cas des chansons populaires de l’Amérique des années 1920 à 1950, nées des comédies musicales de Broadway et des musiques de films d’Hollywood. Ces mélodies, ornées de soyeux arrangements pour les crooners de l’époque, servent encore de socle à la musique populaire d’aujourd’hui et constituent par ailleurs le terreau des improvisations des jazzmen. Elles représentent donc le véhicule idéal à une exploration qui oscille entre ces deux mondes.

Daniel Yvinec poursuit sa quête d’une relecture des grands standards d’outre-Atlantique, évoquant à travers Broadway in Satin la mémoire de Billie Holiday dont le cinquantenaire de la disparition sera commémoré en 2009. Interprète géniale et tourmentée, cette immense artiste a su s’approprier ces succès populaires avec une telle force et originalité que l’on pourrait jurer qu’elle en est l’auteur. Gardant intacts les merveilleux contours des mélodies, l’orchestre aborde un recueil de chansons emblématiques interprétées par la diva (God Bless the Child, I Am a Fool to Want You, Strange Fruit…) en les dotant de singulières couleurs orchestrales, s’aventurant ainsi sur des terrains sonores inexplorés. La complicité d’Alban Darche, arrangeur subtil, projette une lumière inédite sur ces mélodies en utilisant avec pertinence les particularités de l’orchestre (piano préparé, traitements électroniques, instruments jouets).

Empruntant aussi bien à l’écriture classique qu’à la musique de film, le jazz, la pop ou l’électronique, ces versions transfigurées seront portées par deux voix rares, deux personnalités contrastées : Karen Lanaud, précieux talent à découvrir, et Ian Siegal, charismatique bluesman anglais. La voix enregistrée de l’extraordinaire conteur Archie Shepp rythmera ce programme en dévoilant des extraits de l’autobiographie de Billie Holiday.

À travers une scénographie originale, Broadway in Satin est un spectacle à part entière où se rencontrent tradition et modernité, voguant vers une multitude de genres à l’image d’un Tom Waits en queue de pie qui dirigerait la musique d’un film de Tim Burton arrangée par Gil Evans et Ennio Morricone.

Concerts

20 octobre 2009
LE CARRÉ MAGIQUE
Lannion (22)

7 décembre 2009
THÉÂTRE SOLIS
Montevideo / URUGUAY

8 décembre 2009
FESTIVAL DE JAZZ DE BUENOS
AIRES ARGENTINE

9 décembre 2009
CORDOBA JAZZ FESTIVAL
Cordoba / ARGENTINE


 

De Daniel Yvinec à télécharger en Lossless et MP3:

Guillaume de Chassy et Daniel Yvinec
The Lost Crooner
Le jazz en qualité CD.

 

À PROPOS DE DANIEL YVINEC

Daniel Yvinec est le premier directeur artistique nommé à la tête de l’Orchestre national de jazz pour un mandat de trois ans renouvelable. Il succède ainsi aux directeurs musicaux qui ont su écrire à travers neuf projets différents – depuis la création de l’orchestre en 1986 – avec leurs univers propres et musiciens, l’histoire de cette « institution » unique au monde créée à l’initiative du ministère de la Culture. La nomination de cet artiste au parcours libre et remarqué, concepteur et défenseur d’un projet aussi audacieux qu’exigeant, s’inscrit dans une volonté d’évolution de l’ONJ. Une ambition qui entend, forte du patrimoine de l’orchestre, réaffirmer son positionnement de laboratoire de création par un enrichissement de ses missions et plus particulièrement de leur mise en oeuvre. Daniel Yvinec porte le désir de relever ce nouveau défi, celui d’une perspective novatrice des modes de fonctionnement de l’orchestre se singularisant par une ouverture à d’autres acteurs, formes musicales et artistiques, ainsi qu’à des pratiques de jeux originales et géométries orchestrales inédites. C’est en penseur de croisements fertiles et en fédérateur qu’il agira pour faire naître et vivre ses créations, sollicitant le concours et l’inventivité de nombreux partenaires – plumes associées et artistes prestigieux invités – avec l’intention de donner une dimension transversale et un parcours de vie inattendu à l’Orchestre national de jazz. Et pour que son projet prenne tout le sens qu’il souhaite lui donner, Daniel Yvinec accordera également une place privilégiée à la sensibilisation et à la pédagogie, pour que l’ONJ, fort de ces ambitions, conquière de nouveaux publics.