L’EPK c’est extra !
Les EPK des maisons de disque sont à mourir de rire ! Derrière cet acronyme qui sent bon le parti d’opposition albanais ou moldave se cache en fait l’Electronic Press Kit, ou kit de presse électronique, in French… Des EPK qui atteignent en fait des sommets lorsqu’ils touchent au domaine classique. Petites vidéos promotionnelles d’une dizaine de minutes, elles replacent le musicien (évidemment poudré, coiffé, maquillé comme pour sa première communion) dans divers contextes récurrents comme « en répétition », « dans les coulisses quelques minutes avant de monter sur scène » ou, sommet de la confession et de l’intime, « chez lui », « dans un lieu qui lui est cher » voir « un lieu inattendu au possible ». Trois phrases sur le thème du nouvel album, quatre mots sur sa carrière et deux onomatopées sur son fort intérieur, c’est dans 99% des cas le vide intersidéral. Dans ce néant audio-visuel, une succession de scènes tellement naturelles et de propos si profonds réussit presque au final à susciter l’effroi. Pourquoi faut-il écouter « Bartoli chez Franprix », « Tharaud au Parc Monceau », « Dudamel devant sa gamelle » ou « Dessay dans la forêt » pour être attiré par leurs nouveaux opus ? Comme si une interview de facture classique devait obligatoirement être synonyme de repoussoir ultime…



















