L’heure du best-of-top-meilleur-plus-mieux…

La trêve des confiseurs est souvent synonyme du temps des listes. Les listes ? Quelles listes ? Les fameuses listes du best-of-top-meilleur-plus-mieux de l’année écoulée, évidemment ! Albums de l’année, singles de l’année, artistes de l’année… Mais 2009 oblige, il y aura double ration cette fois avec le best-of-top-meilleur-plus-mieux de… la décennie ! Eh oui, les années 00, c’est fini ! Là, tel un solennel « entre ici Jean Moulin », qu’allons nous pouvoir installé dans le panthéon, dans la time capsule, qu’allons nous garder de ces années 2000 ? Les sixties, les seventies, les eighties, les nineties même, on voit à peut-prêt ; voire très bien même… Mais les zeroties ou twothousandsies, quel instantané conserver de cette période couvrant le 1er janvier 2000 jusqu’au 31 décembre 2009 ? Du fan de Guillaume de Machaut à celui de Booba, sans oublier celui de Charlemagne Palestine, Wilco, Celia Cruz, Beck, Gidon Kremer, Asha Bhosle ou AC/DC, le bilan sera sans doute plus pratique et technologique qu’artistique : culture de l’iPod, écoute au titre, retour de la compile perso désormais baptisée playlist, échanges tous azimuts de fichiers numériques, acquisition quasi-instantanée des morceaux ou albums recherchés, cette décennie fut celle d’une révolution de la pratique de l’écoute. Révolution dont on ne mesure guère l’impact sur la façon de concevoir cette musique. Certes, une bonne chanson reste et restera toujours une bonne chanson, et la mission du compositeur, seul face à sa sacro-sainte feuille blanche, qu’elle soit en papier ou sur un écran d’ordinateur, reste la même : écrire une bonne chanson. Pourtant, notre façon d’appréhender des notes, des harmonies, des textes chantés même, ne sera sans doute plus tout à fait la même. A vérifier les 31 décembre 2019, 2029, 2039, 2049, 2059…

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