Archive foroctobre, 2009

This is what ?

Au commencement il y eut la larme à l’œil… Ou plutôt la madeleine… Ce 25 juin dernier, en apprenant la mort assez subite de Michael Jackson, petits et grands, Noirs et Blancs, minces et gros, gentils et méchants, touaregs et eskimos, tous, tous, tous, échangèrent sur leur rapport avec la star défunte. Un moonwalk improvisé dans le miroir de la salle de bain alors qu’on avait à peine dix ans. Thriller offert par Tata Ginette lors du Noël de 1982. Un réveillon déguisé en Jackson 5. Un débat entre potes lors d’une fin de soirée bien arrosée sur le thème « Michael ou Prince ? ». Une improvisation vocale, sous la douche matinale, autour de We Are The World. Etc. Amusants, touchants voire intéressants, ces flashbacks se sont vite dissipés pour faire place, malheureusement logiquement, aux fossoyeurs, marchands de tapis et autres camelots en tous genres. Concerts-hommages organisés à l’arrache. Expositions de bibelots et reliques montées en quelques semaines. Publication express de chansons pseudo inédites. Et, montage en moins de deux, des dernières images du saint homme, quelques heures avant le trépas, pour accoucher de This Is It, un document filmé qui sort aujourd’hui, pour seulement quinze jours d’exploitation en salle. Donc this is it ? Donc ça y est ? Mais ça y est quoi exactement ? Tout le monde sait bien que le mythe était mort et enterré bien avant ce 25 juin 2009. Surtout, les quelques pépites piochées dans la saga Jackson 5 et au fil d’Off The Wall, Thriller et Bad vivent seules, indépendantes et sereines, à des années lumières de cette kermesse post-mortem interprétée avec cynisme par l’Orchestre Philharmonique du Tiroir-caisse…

jackson-it.jpg Michael Jackson

This is it

LOSSLESS – 12,99 €

Voir toute la discographie de Michael Jackson

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La phrase de la semaine #9

« Je trouve souvent mes anciens disques un peu froids. Avec l’expérience, je joue avec plus de liberté. »

Maurizio Pollini (in L’Express – Février 2009)

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Musique (très) vivante

C’est comme « clochard » et « SDF », « de droite » et « libéral », « aveugle » et « non-voyant » : avant, on disait « concert », maintenant c’est « musique vivante » ! Merci pour ceux qui préfèrent n’agir qu’en studio, heureux sans doute d’apprendre qu’ils sévissaient au rayon de la musique morte…

Qobuz a beau être là pour vous vendre des notes dématérialisées, de la musique morte donc, c’est pourtant de la musique bien vivante que nous diffuserons, en direct, lundi soir sur notre site. Celle qui raisonnera dans la salle du Théâtre Marigny : l’Orchestre National de Jazz sous la direction artistique de Daniel Yvinec pour son projet Around Robert Wyatt avec en invité, ce soir-là, Yael Naïm, Rokia Traoré, Irène Jacob et Daniel Darc.

Confortablement assis devant votre ordinateur, vous pourrez déguster cet alléchant concert en très haute définition. Comme un rappel, certes évident, du caractère unique et fascinant d’entendre de la musique, en direct et sans filet, jouée par des musiciens ensorceleurs. Bref, juste de la musique vivante pour réaliser qu’on est bien vivant.

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La phrase de la semaine #8

“Je préfère les rimes de Booba à celles de la plupart des chanteurs français.”

Benjamin Biolay (Le Monde – 19 octobre 2009)

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Exposer la musique

Exposer la musique. La faire entrer au musée. L’idée apparemment saugrenue est devenue monnaie courante depuis plus d’une décennie, les grandes expositions autour d’un genre, d’un musicien ou d’un compositeur se multipliant comme des petits pains aux quatre coins du monde… Mais est-ce vraiment utile de montrer le peigne de Bach, la set-list d’un concert estonien de Sonic Youth ou le string-ficèle de Lennon pour souligner l’intérêt musical du muséifié du jour ? Surtout : comment réussir à rester concentré sur cet intérêt musical en question ?

Cette fois, le gros machin du moment se penche sur le cas Miles Davis. Le sujet semble parfait : vrai génie musical, belles reliques, photos et babioles à foison, tant côté look que côté pochettes, et biographie à tiroirs qu’Hollywood pourrait aisément filmer. Et cette exposition parisienne, « We Want Miles » à la Cité de la Musique, réussit là où celle consacrée à Gainsbourg – même lieu il y a un an – avait échoué.

Ne se contentant guère de n’être qu’un beau joujou creux et désordonné, elle se concentre exclusivement, et de manière très didactique et claire, sur le pourquoi de ce génie, musique à l’appui (dans des espaces quasi-clos ou au casque). Et si ce genre de grand rassemblement est avant tout destiné aux novices, à leur transmettre la simple envie, après coup, de se plonger dans l’œuvre majeure et kaléidoscopique du trompettiste, les miles-ophiles en auront eux aussi pour leur argent avec quelques raretés passionnantes. Comme quoi la musique peut entrer au musée sans y être momifiée.

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La phrase de la semaine #7

« La véritable musique est le silence, les notes ne font qu’encadrer ce silence. »

Miles Davis (l’exposition « We Want Miles – Le jazz face à sa légende » se déroule à la Cité de la Musique à Paris du 16 octobre au 17 janvier)

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Etrons et diamants…

Par quelle opération du Saint Esprit, les étrons d’hier deviennent les diamants d’aujourd’hui ? Comment ce qui hérita du goudron et des plumes se retrouve en 2009 élevé au rang de révolutionnaire, de génie et autres précurseur ? Évidemment les modes… Le phénomène n’est guère nouveau. On aime, on déteste, on jette, on évalue, on réévalue, on re-aime, on re-déteste, on re-jette, on re-réévalue, etc.

La Roux nous fait croire que les infâmes Eurythmics n’étaient pas si infâmes. Mika tente d’imbriquer l’écœurant strass d’un Elton John dans la quincaillerie FM et vulgaire de Queen. Gossip lorgne aussi bien vers Kiss que les garçons coiffeurs de Duran Duran. Et ainsi de suite… La nostalgie a toujours été un brouilleur cinq étoiles lorsqu’il s’agit de faire les comptes. On le sait tous pour avoir été pris dans ce machiavélique piège.

Une musique liée à une époque. A un instant. A une rencontre. A un lieu même… Une nostalgie qui arrive parfois à éradiquer tout jugement critique. Et qui, l’âge aidant, prend même de l’assurance lorsqu’elle s’allie à un autre machiavélique piège baptisé « c’était mieux avant ». Mais non, ça n’était pas mieux avant. Un étron reste un étron et un diamant reste un diamant. Les Brandebourgeois, Kind Of Blue, Nevermind ou What’s Going On le savent bien.

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La phrase de la semaine #6

« Mes enfants ont du mal à savoir ce que je fais précisément. Tant mieux. Je freinerai toujours leurs pulsions artistiques pour les orienter vers des métiers sérieux. Il faut se méfier des enfants d’artistes, surtout si c’est pour finir par chanter du jazz manouche »

Jean-Louis Murat (interviewé par le mensuel Magic – Octobre 2009)

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