“Amateurs et bricoleurs”, s’offusquait Mackie-le-Surineur dans L’Opéra de quat-sous. Des amateurs et des bricoleurs (attention, ne pas confondre avec les bricoleurs-amateurs, fonds de commerce des magasins de bricolage !), on en trouve dans toutes les strates de la société, du président de telle ou telle république jusqu’au plus humble manœuvre et encore, lui, n’a pas le droit de se tromper sous peine d’être impitoyablement viré… Ne nous étonnons donc point que le milieu des compositeurs lui aussi soit lardé de son lot d’amateurs. Mais attention, amis peau-de-castors, y’a amateur et y’a amateur. On jettera un voile de miséricorde sur les sinistres rigolos armés d’un synthétiseur-compositeur automatique, ainsi que sur les affligeants grattouilleurs de variété, pour se pencher sur les grands compositeurs dont la musique n’était pas le premier métier, voire pas le métier du tout. Voici un petit parcours amusant à travers les œuvres de compositeurs amateurs, dont certains valent mille fois mieux que tant de professionnels dont les nullissimes manuscrits achèvent tranquillement de nourrir les vers à papier dans les bibliothèques. A vos oreilles, amis peau-de-castors, mais attention, nous vous avons glissé quelques peaux de banane sous forme de musiques nulles de compositeurs qui se croyaient géniaux – méconnus, naturellement – et dont la postérité n’a retenu le nom que dans des cercles d’où les rondes et les noires sont bannies. Quant au symphomane de service, il bafouille toujours autant, vous avez le droit de vous en plaindre en haut lieu.
Borodine, Danses polovtsiennes, Thomas Beecham, EMI Classics
Ives, Three PLaces in New England, 3e mouvement, Michael Tilson-Thomas, DGG
Gustave de Suède (1827 – 1852), Studentsangen, Jussi Björling, NAXOS
Frédéric II de Prusse, Concerto pour flûte en ut majeur, Patrick Gallois, DGG
Bach-Stokowski, Ein feste Burg ist unser Gott, dir. Stokowski, NAXOS
E. T. A. Hoffmann, Undine (ouverture), RSO Berlin, dir. Roland Bader, Koch-Schwann
Delius, Florida Suite, NAXOS
Friederich Nietzsche, Manfred (deux pianos)
Berwald, Symphonie4 (scherzo), Okko Kamu, NAXOS
Chaplin/Raskin, Modern Times
Chabrier, L’Etoile, Couplets du pal, Gardiner, EMI
Jean-Jacques Rousseau, Le Devin du village (ouverture), René Clemencic, Nuova Era
Qui se cache derrière le Sympho-Man ? Vous ne le saurez PAS.
Un musicien probablement. Une sorte de "Monsieur X" de la musique, qui semble aussi bien renseigné en tous cas que le fameux "Monsieur X", celui de France Inter, sur les dessous de l'orchestre.
Notre Sympho-Man fait des pompes tous les matins en se levant, avant de se pencher, pensif, sur ses partitions. Il nous fait profiter ici de son autre côté de la baguette en ivoire, qu'il ne tourne pas vingt fois dans son étui avant de l'agiter, lui ! Quoi d'autre ?
Ah oui... le Sympho-Man est tendance symphonique lourde. On n'a pas encore réussi à lui faire aimer Jean-Christophe Spinosi ou Fabio Biondi. N'attendez pas de lui qu'il vous fasse des critiques, il n'en fera pas. Son job, c'est la démonstration que l'enthousiasme mène à tout à condition de ne pas le perdre.