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Bernard Chérèze

Passionné de foot, de pêche, de nature et de voyages, Bernard Chérèze est surtout un fou de radio ! Lui qui vécut l’explosion de la bande FM dès 1981 entre à Radio France en 1986 pour y exercer les métiers d’animateur puis de directeur de locale Lyon, Valence et Strasbourg. En 1995, il prend la responsabilité des programmes de la radio musicale FIP. Repéré par Jean-Luc Hees nommé directeur de France Inter, il le rejoint comme conseiller à la programmation musicale en 1999. Avec Bernard Chérèze s’engage un vrai renouvellement de la couleur musicale et des grands « live au 104 » (Henri Salvador, Peter Gabriel, Ben Harper, Diana Krall, Norah Jones, Jacques Higelin, Manu Chao, M, Iggy Pop, Bryan Ferry…) et plus récemment Patti Smith en concert exclusif pour France Inter depuis New York. Des évènements musicaux qui ont fait la réputation de la radio et pour dont il est l’un des principaux instigateurs.

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

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Le label Æon

Kaisa et Damien Pousset - Label Aeon

Du catalogue du label Aeon fondé par Kaisa et Damien Pousset en 2001, riche de plus de quatre-vingt références déjà, se dégage un patient travail d’éditeur fondé sur le développement de deux collections complémentaires : l’une, strictement contemporaine, dédiée aux monographies de compositeurs des XXe et XXIe siècles – la diffusion de la musique contemporaine reste l’une des principales missions que s’est donné le label ; l’autre, ouverte à un plus large répertoire, offre une expression singulière à des artistes pleinement adoubés, et toujours associés à la vie du label. Soit une véritable direction artistique.

Partir à la découverte d’Aeon, c’est s’engager dans un grand chemin spirituel, de la “Messe de Notre-Dame” de Machaut à “Patterns In A Chromatic Field” de Feldman, un chemin spirituel envoûtant, servi par des prises de non d’un naturel inouï. Un voyage exigeant sur la route duquel éclosent des interprètes souvent transfigurés.
Laissons parler Kaisa et Damien Pousset, les initiateurs de cette beauté… « A chaque parution, les mêmes bonheurs, les mêmes tracas, l’espoir indétrônable de parvenir à l’absolue beauté, une excitation collective au démarrage des projets, un contact quasi permanent avec ce que la musique revêt de plus émotionnel, de plus pur, cette fragilité des artistes mis à nus sous les micros — d’un voyeurisme indécent —, notre empressement à poser sur la platine le master tant attendu, puis, les surprises de la première écoute, ce moment critique de l’audition, l’enthousiasme qui soudain nous saisit, le désir irrépressible d’en communiquer l’émotion, de faire partager notre quête ininterrompue de disques rêvés, réalisés, la lente euphorie qui les accompagne durant près de deux ans, entre la conception des programmes et leurs sorties dans les bacs des disquaires. Le plus fascinant, c’est qu’il n’y a pas d’accoutumance à cela, comme la joie de l’enfance ressurgi chaque saison à la survenue des premiers flocons. Certes, notre époque produit considérablement de bruit. Echapper à la rumeur et à la rudesse des marchés est un combat de chaque instant, une sorte de progression à contre-courant. Les cours de la bourse ou l’indice de consommation des ménages, n’ont pas droit de cité dans le capital de promesse et de beauté dont nos artistes sont les hérauts, cette terre d’utopie où nous poussent nos aspirations les plus profondes. Il nous faut donc résister, nous entêter à « crier, dirait Thomas Hobbes, comme les oies du Capitole, au bruit des assaillants.
Derrière le cocktail de voyelles du mot « æon », en grec ancien, se dissimule en effet un vocable disant la durée – la pérennité, même – telle qu’en elle-même l’éternité ne la changera jamais… une sorte de puissance par laquelle peut s’exercer notre possibilité infinie d’agir sur le monde, de peser sur les choses et les destinées. »

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Jean-Marie Hubert

Créateur du Salon HIFI Home Cinema qui se tient ce WE à Paris près de la Tour Eiffel à l’Hôtel Pullman, Jean-Marie Hubert est un observateur très avisé de l’industrie de la Haute-fidélité, qui est à la fois sa passion et son métier depuis… très longtemps.

Le salon qu’il a créé est né de la disparition du Festival du Son au début des années 80. Depuis lors Jean-Marie Hubert, à travers les hauts et les bas de ce métier, a tenu le cap.

Sur le Salon 2011 flotte un petit air frais de renouveau qu’accompagne très bien la météo de cet été indien sur Paris : dans les rues de beaux jeunes gens arborent de gros casques qui magnifient la musique, et pour la maison les constructeurs de matériels conçoivent des engins qu’on appelle “streamers” et qui envoient votre musique de très haute qualité dans toutes la maison, pilotée du bout du doigt depuis la tablette de votre choix.

Tout n’est donc pas si morose en cette rentrée 2011, puisque la belle musique recommence à sonner beau. Au loin, passe un corbillard sans fleurs ni couronnes. Le MP3 est mort ! Vive la qualité du son !

Ecoutez le podcast que nous avons réalisé avec Jean-Marie Hubert

Le site du Salon de la HIFI, de la Vidéo et du Home Cinéma 2011dont Qobuz est partenaire

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Alain Pâris

Alain Pâris

Il y a quelques années, on avait plaisir à entendre Alain Pâris sur France Musique nous conter les orchestres, leur histoire, leur style, leurs sonorités. C’était “Tutti or not tutti”, indispensable émission pour appréhender cette entité si étrange et méconnue que représente la phalange symphonique, programme quotidien du début de soirée, aux environs des 19 heures. Aujourd’hui, inutile de chercher sa voix, elle est absente des antennes de la seule radio … autrefois conséquente en matière de musique classique en France. Plus d’émission sur les orchestres, pas davantage d’ailleurs de programmes autour du legs d’archives exceptionnel et immense conservé à l’INA. Un patrimoine qu’Alain Pâris s’efforçait également de mettre en avant dès qu’il le pouvait à travers les orchestres de Radio France (Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique de Radio France). Pendant ses nombreuses années de présence radiophonique, et bien que chef d’orchestre de profession, Alain Pâris ne nous a pas parlé uniquement d’orchestre. Il a animé également pendant plusieurs saisons d’affilée le très bon “Papier à musique”, l’une des multiples déclinaisons au fil des saisons de l’émission thématique en matinée (après Le Matin des Musiciens, Les Mots et les notes). De nombreuses thématiques abordées, des invités experts, amoureux et connaisseurs, des séries d’émissions mûrement préparées et réfléchies. Encore la preuve que les gens connaisseurs et passionnés ne sont pas “chiants” pour autant !

Au départ, Alain Pâris reçoit une formation de pianiste tout en passant une licence en droit. Il étudie la direction d’orchestre avec Pierre Dervaux, Paul Paray et Georg Solti et remporte le 1er prix au Concours international de Besançon en 1968. Il fut assistant de Michel Plasson au Capitole de Toulouse, et devient premier chef d’orchestre à l’Opéra du Rhin entre 1983 et 1987 et professeur de direction d’orchestre au Conservatoire de Strasbourg entre 1986 et 1989. Pour la petite histoire, il existe dans les archives de l’INA des concerts d’Alain Pâris à la tête des orchestres, dans la deuxième moitié des années 1960 … Avis aux curieux !

En réalité, est un « infatigable diffuseur de musique » qui cherche à faire partager par tous les moyens sa passion pour la musique. Depuis toujours, le musicien français est invité dans le monde entier pour propager le répertoire français, avec notamment des attaches profondes à Saint-Pétersbourg, Bucarest, Le Caire… mais aussi des séjours en Chine, en Amérique latine ou en Afrique de Sud. En tant que musicographe, il est l’auteur notamment du fameux “Dictionnaire des interprètes” dans la collection Bouquins (Laffont).

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Gil Goldstein

Gil Goldstein, pianiste, accordéoniste, arrangeur et producteur.

Il est de ces acteurs on ne peut plus discrets de la scène jazz. Car à 60 ans passés, Gil Goldstein n’est pas qu’un simple pianiste affectionnant tant le clavier acoustique que l’électrique. Et c’est souvent derrière et aux côtés des autres qu’il s’exprime le mieux ou du moins avec le plus de conviction…

L’accordéon attire d’abord ce natif de Washington. Il en entame l’étude à seulement 5 ans avant de passer au violoncelle puis au piano. Après un passage au prestigieux Berklee College of Music, Gil Goldstein commence à travailler avec le guitariste Pat Martino, le saxophoniste Lee Konitz et quelques autres pointures du jazz.
En 1982, il rencontre l’immense Gil Evans. LA rencontre clef de sa carrière. Une collaboration étroite durera jusqu’à la mort du pianiste arrangeur dont la philosophie devient celle d’un Goldstein fasciné.

De temps à autres, son amour pour l’accordéon refait surface comme lorsqu’il accompagnera Michel Petrucciani. Ses envies multiples le font surtout exercer en tant que producteur et arrangeur. Des caquettes qui lui font décrocher trois Grammy Awards, un en 1993 pour la réorchestration de “Miles Davis & Quincy Jones Play The Music Of Gil Evans”de Miles Davis, et deux pour “Wide Angles” de Michael Brecker en 2003.
Et comme tout cela ne semble guère lui suffire, ce fanatique de Sibelius se met à composer et arranger pour la télévision et le cinéma (au hasard, “Little Buddha”de Bertolucci) et enseigne aussi à l’Université de New York.
Bref, guère étonnant que des personnalités aussi éclectiques que Pat Metheny, Milton Nasciemento, Richard Bona, Michael Franks, Helen Merrill, David Sanborn, Boz Scaggs ou plus récemment la belle Esperanza Spalding aient fait appel un jour à son oreille experte.

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

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