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Philippe Tessier du Cros

Ingénieur du son et réalisateur hors normes, Philippe Tessier du Cros sert la musique depuis plus de vingt ans. Classique, jazz, world, electro ou rock, cet infatigable voyageur est toujours prêt à prendre sa valise, quelques micros et ses magnétos pour aller enregistrer à l’autre bout du monde.

Sur sa route, il a croisé aussi bien Bojan Z que Stefano Bollani, Moriarty, Eric Legnini, SoCalled, Vincent Segal, Guillaume de Chassy, Mal Waldron, Henri Texier, Rokia Traoré, Magic Malik, Piers Faccini, Michel Portal, Poalo Fresu, Boubacar Traoré, Rodolphe Burger, Aldo Romano et bien d’autres…

Diplômé de l’Ecole Louis Lumière en 1985, ce passionné loin d’être rassasié a ainsi aidé à mettre au monde plus de 300 albums !
Ces projets réalisés en France comme aux quatre coins du monde lui ont permis de rencontrer de nombreuses situations, prévues ou imprévues. Du confort des studios ultra performants aux batailles menées dans des studios inimaginables, des grandes villes riches et modernes aux encore plus grandes villes, souvent très pauvres, des villages isolés ou même en pleine nature…

Ce sont ces rencontres qui nourrissent ce perfectionniste, grand voyageur mélomane avant d’être technicien. Rencontrer et voyager. Tel semble être le crédo de celui qui aime à dire : « J’ai rêvé de graves profonds, d’aigus soyeux, de mediums à la présence magique et émouvante. J’ai rêvé de sons proches, lointains, larges, de mises en scène sonores réalistes ou absurdes. J’ai surtout rêvé de rencontres stimulantes et enrichissantes… »

Ecoutez notre rencontre-podcast avec Philippe Tessier du Cros

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

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Jean Rochard, producteur et fondateur des disques nato


Jean Rochard, producteur et fondateur des disques nato

Producteur depuis l’aube des années 80, Jean Rochard est aussi le père des disques nato. Une aventure née dans le prolongement d’une autre aventure, le Festival de Chantenay-Villedieu…

Un peu de photographie, un peu de musique et beaucoup d’équipement hifi pour les revues spécialisées, les débuts de Rochard sont pluriels avant que qu’il ne devienne membre fondateur de l’association Chantenay Jazz et Images en 1977 qui organisera le Festival de Chantenay-Villedieu jusqu’en 1988.

Cette association présentera d’abord quelques musiciens français majeurs (Jacques Thollot, Michel Portal, Jean-François Jenny-Clark, François Jeanneau, Bernard Lubat, Martial Solal, Jean-Louis Chautemps, Raymond Boni, François Tusques, Jacques Coursil, Tamia, André Jaume…) puis s’ouvrira vite à la scène européenne (Irène Schweizer, Misha Mengelberg, Peter Brötzmann, Pierre Favre, Maarten Altena, Günter Sommer…) et plus particulièrement britannique (Lol Coxhill, Tony Coe, Steve Beresford, John Stevens, Tony Hymas, Christine Jeffries, Evan Parker, Alterations, Mike Cooper…). Elle présentera également de jeunes musiciens français (Louis Sclavis, Jean-Paul Céléa, Annick Nozati, Joëlle Léandre, Michel Doneda, Sylvain Kassap, Emmanuel Bex …) ainsi que de nouveaux musiciens américains comme Arto Lindsay, Elliott Sharp, Bill Frisell, George Lewis ou John Zorn dont ce sera la première française.

C’est lors de ce festival que naîtra nato en 1980, tout d’abord en complicité avec l’ingénieur du son Christian Savouret le temps de cinq disques.

Ces disques nato donneront naissance aux disques Chabada avec le groupe The Melody Four puis à d’autres collections comme Hope Street…
Avec “Sept Tableaux Phoniques Erik Satie”, il inaugure une série de disques à thèmes (collectifs) qui souligneront ses intentions de façons remarquées. Sa rencontre avec Violeta Ferrer accentuera aussi d’autres orientations mettant en valeur la parole, la culture espagnole et les idées libertaires…
Alors qu’il abandonne la photographie en 1982, Jean Rochard crée le bimestriel “Jazz Ensuite” publié par les Editions Fréquences pour lesquelles il était auparavant photographe…

À la demande de Philippe Harry Blachette, il produit quelques émissions pour France Culture. Il produit aussi quelques musiques de films pour Liria Begeja, Tonie Marshall, Jacques Perrin, Mehdi Charef, Jean Marboeuf, Jean-Pierre Sinapi, Judith Abitbol. La cinéaste Pascale Ferran consacre un film de long métrage tourné en Floride à l’enregistrement d’une de ses productions : “Winter Garden” de Sam Rivers et Tony Hymas…

À la demande de “Jazz Magazine”, Jean Rochard retrempe sa plume pour quelques articles sur Doris Day, Keith Jarrett, John Gilmore, Camel Zekri, Jimi Hendrix, Tony Williams ou Frank Butler, quelques notes de pochettes (Pablo Cueco, Jacky Molard, Claude Tchamitchian…), puis écrit pour le journal des “Allumés du Jazz”, association regroupant une quarantaine de producteurs indépendants, dont il est l’un des membres.

Il esquisse à la volée quelques scénarios de bande dessinée pour Cattanéo ou Chantal Montellier. Didier Petit fait appel à lui comme directeur artistique pour quelques productions In Situ, ce qui est également l’occasion d’une rencontre durable avec Denis Colin. À partir de 2000, sans se départir de son indépendance fragile, il produit pour Universal le disque de Michel Portal “Minneapolis” suivi de quelques productions franco-américaines qui donneront naissance à la collection Hope Street.

Avec Sara Remke, il créé en 2003 à Minneapolis, le festival Minnesota sur Seine, lieu de rencontre de musiciens franco-américains.
En 2009, Rochard travaille comme réalisateur pour les projets de Nathan Hanson-Brian Roessler, Didier Petit, Denis Colin et le chanteur Imbert Imbert… Et comme ce parcours à part est celui d’un homme à part, il n’a logiquement toujours pas de téléphone portable en 2011. « De très bons disques ce sont faits sans vous savez », aime-t-il à préciser…

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

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Matthias Winckelmann


Matthias Winckelmann, fondateur et directeur du label Enja

Etonnante coïncidence… Comme pour son voisin ECM, le premier album du label Enja fut un enregistrement de… Mal Waldron ! Depuis, l’écurie fondée (à Munich aussi, tiens, tiens) par Matthias Winckelmann durant l’été 1971 affiche un profil à part. Une volonté de trouver des «artistes ayant leur propre langage».

A 70 ans, Winckelmann peut être plus que fier d’avoir publié des disques de musiciens aussi éclectiques et charismatiques que Cecil Taylor, Ray Anderson, Abdullah Ibrahim, Malcolm Braff et bien d’autres.
C’est d’abord la scène free qui fascine ce simple amateur de jazz, diplômé en économie et en sociologie, et Horst Weber, l’ami avec lequel il lance cette aventure à l’aube des années 70. Au point qu’Enja devient un peu l’ambassadeur de ce jazz libre sur le territoire européen.
Un label moins monolithique que son voisin ECM et son fameux son. Pour ne jamais passer à côté d’une merveille, Winckelmann se rend alors chaque année plusieurs mois par an à New York.

Durant quatre décennies, cette envie de ne rien manquer demeure une réelle exigence, s’ouvrant rapidement à toutes les formes de jazz. Résultat, la liste des maîtres ayant enregistré au moins une fois pour Enja est plus qu’impressionnante : Cecil Taylor donc mais aussi Eric Dolphy, Elvin Jones, McCoy Tyner, Kenny Barron, Lee Konitz, Tommy Flanagan, Bob Degen, mais aussi, lorgnant vers des saveurs plus world, Rabih Abou-Khalil, Dhafer Youssef, Rosanna & Zelia, Roberto Fonseca ou Renaud Garcia-Fons.

Et ce nom, Enja ? European New Jazz, évidemment…

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

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Cyril Dohar


Cyril Dohar, fondateur de Musicdeal.fr et des éditions Fairwood Music

Rarement médiatisé, le monde de l’édition musicale comprend pourtant des acteurs mélomanes passionnés comme jamais, des gens comme Cyril Dohar.

A la tête des éditions Fairwood qu’il crée en 2003, Dohar vit la musique – les musiques même – sous tout les angles. Une histoire avec l’édition musicale remontant à son plus jeune âge… Eté 1966, il a 8 ans et reçoit d’un «Monsieur» la partition de “La Chanson de Lara”, « Monsieur » qui s’avère être le parolier Hubert Hitier.

Derrière les chansons de la radio, Cyril Dohar réalise qu’il y a des hommes et des femmes. C’est le déclic ! Après une maîtrise de droit décrochée à Nancy, il croise la route de CharlElie Couture. A ses côtés pendant trois ans, il fait ses premières armes, découvrant les divers aspects du métier.
En 1982, il crée avec Gérard Drouot (aujourd’hui l’un des plus gros tourneurs français) sa première société d’édition musicale. Ensemble, ils signent notamment le duo strasbourgeois Raft qui s’envole vers les sommets du Top 50 avec leur single “Yaka Dansé”.

Après un détour par la communication, Cyril Dohar revient à ses premières amours et devient l’assistant de l’éditeur britannique Paul Banes. A ses côtés, il parfait sa connaissance du métier, notamment à l’international. Il gère les catalogues éditoriaux de pointures nommées David Bowie, Murray Head ou bien encore Deep Purple, et manage même la tournée de Touré Kunda avec Santana. La signature des Bretons Matmatah sera l’un des temps forts de leur collaboration.

En 2003 donc, Dohar monte sa propre structure éditoriale : les éditions Fairwood Music. Dans un environnement économique devenu rugueux, son objectif est double : gestion des catalogues éditoriaux internationaux et développement d’artistes. Le catalogue de Bowie le suit, puis celui de Bob Marley, du label 4AD, et bien d’autres. En local, il signe Groundation, Sandra Nkaké, Jesus Volt ou bien encore Wasis Diop pour l’aventure de l’Opéra du Sahel.

Avec la montée en puissance du net, Dohar cherche une solution qui pourrait à la fois assurer la promotion des œuvres et les faire connaître aux professionnels de l’audiovisuel. Sa rencontre avec Frédéric Leibovitz de Cezame Music Agency sera décisive. Il s’inspire de son expérience de la librairie musicale en l’adaptant aux contraintes des éditeurs indépendants. Sa nouvelle aventure peut démarrer : Musicdeal.fr, un moteur de recherche musicale puissant et multicritères qui offre la possibilité aux professionnels de l’image de chercher, écouter des œuvres en streaming et de les tester immédiatement sur leurs séquences vidéos.

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

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Reijo Kiilunen

Reijo Kiilunen, fondateur et directeur du label Ondine

Créé en automne 1985 par Reijo Kiilunen, Ondine était originellement conçu comme le complément discographique du Festival de Musique de Chambre de Kuhmo (étudiant à l’Académie Sibelius d’Helsinki, Kiilunen s’est occupé de la programmation de la manifestation), le label se devant de conserver une trace des riches heures du festival.

Ondine outrepasse rapidement cette mission originelle. Sa quatrième parution, dédiée au Thomas de Einojuhani Rautavaara conquiert en effet une audience internationale, dans les années 1987-1988. Fort d’un savoir-faire sonore indéniable, Ondine devient l’artisan d’une renaissance musicale finnoise, dans la lignée du label Finlandia, avec comme pilier le nom et la musique de Rautavaara. Plus de 25 références à l’actif du catalogue d’Ondine.

Au début de son existence, Ondine affirma un enracinement très marqué dans la musique et la culture finlandaises. Musique finlandaise, musiciens finlandais. Des découvertes passionnantes, des noms aussi peu connus en Finlande qu’à l’étranger : Väinö Raitio, Aarre Merikanto, Erkki Melartin, servis par les meilleurs représentants de la Finlande d’alors : Jukka Pekka Saraste, Leif Segerstam, Sakari Oramo, le Choeur de Chambre de Finlande, Karita Mattila, Soile Isokoski, Ralf Gothoni, ou encore l’orchestre de chambre Tapiola Sinfonietta (de la ville d’Espoo).

Sans doute les plus beaux disques d’Ondine datent de cette époque, un véritable âge d’or. Signalons quelques réussites absolument marquantes, dignes d’une discothèque idéale : Jorma Hyninnen chantant des mélodies de Sibelius, mais aussi les œuvres vocales pour chœur mixte de Rautavaara par le Finnish Radio Chamber Choir (extraordinaires !), les Symphonies n°1 à 6 de Melartin (la Quatrième Symphonie, musique sublime, demeure l’une des partitions finlandaises les plus éblouissantes du début du XXe siècle) par Leonid Grin, les Poèmes Symphoniques de Merikanto (le très beau Pan !) par Tuomas Ollila-Hannikainen ou encore les deux opus Raitio (indispensables) par Saraste et Ollila-Hannikainen. Sans oublier les programmes Pingoud, Englund, Kokkonen … et plus récemment, le superbe récital “Talescapes” du choeur YL, défendant la musique contemporaine de son pays, défend l’idée de continuité dans la politique artistique…

Ondine s’est efforcé également de défendre les interprètes de la nation finlandaise dans des répertoires plus connus. En témoignent d’incontestables réussites également, telles les Sonates de Prokofiev par Matti Raekallio, ou encore le récital Strauss incontournable (Vier Letzte Lieder partout applaudis …) de Soile Isokoski avec l’Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin… !

[Le label Ondine, aujourd'hui rattaché au groupe Naxos, sera distribué en France par Abeille Musique à partir de 2012]

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

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