Classica Les blogs de Qobuz

Siggi Loch


Siggi Loch, fondateur du label ACT

Quand on pense label de jazz allemand, le nom d’ECM vient immédiatement à l’esprit. Celui d’Enja est aussi à portée de main. Mais ces derniers temps pourtant, le nom d’ACT les talonne de plus en plus sérieusement. Plus jeune, l’écurie fondée par Siegfried Loch – Siggi pour les intimes – vient tout de même de souffler ses vingt bougies. 1992 – 2012.

Deux décennies où, malgré les intempéries subies par l’industrie du disque, cet ex directeur de Warner International a réussi à conserver une politique éditoriale digne de ce nom, entre jazz pur, jazz fusion, world et musiques improvisées.

Passionné de jazz (logique), Loch aura surtout réussi à garder une véritable indépendance de ton. Et cette volonté permanente de donner leur chance aux jeunes talents marquants dans les nouveaux courants du jazz.

Avec plus de 350 albums au compteur, il peut aussi s’enorgueillir d’avoir à ses côtés de fortes personnalités de la jazzosphère plurielle : Nguyên Lê (première signature maison !), le regrété Esbjörn Svensson, Nils Landgren, Michael Wollny, Yaron Herman, Viktoria Tolstoy, Lars Danielsson, Wolfgang Haffner ou bien encore Youn Sun Nah comptent parmi les poulains d’ACT. Des musiciens majoritairement européens.

A 71 ans passés, Siggi Loch peut être fier de cette aventure artistique unique, l’une des plus fraîches, jeunes et osées de ces dernières années.

Téléchargez ou écoutez les albums du label ACT sur Qobuz

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

Partager sur mes réseaux sociaux

Happy Birthday, Mr. Naxos !

Klaus Heymann, le fondateur de Naxos, est à Paris ces jours-ci avec son épouse,  la violoniste Takako Nishizaki, à l’occasion de la célébration du vingt-cinquième anniversaire de son label.

Avec sa dégaine décontractée d’éternel jeune homme, baskets aux pieds et dédain obstiné de la cravate et du conformisme propre au petit milieu du classique, Klaus aura été le grand dynamiteur du métier.
Mais ce révolutionnaire aura aussi été le ré-inventeur du disque classique. Aujourd’hui, la puissance internationale de Naxos n’a pas tué ses concurrents, elle en est au contraire le meilleur bouclier.

Une extraordinaire aventure que celle de Naxos, label indépendant classique fondé à… Hong-Kong, qui fut d’abord le premier label de CD classiques économiques, devenu en 25 années de travail et de talent de son fondateur le premier label classique mondial indépendant et, on le sait moins, l’acteur dominant de la musique classique enregistrée au niveau mondial, que ce soit pour les CD ou pour le numérique.
Naxos publie ses propres disques, mais aussi distribue la plupart des autres labels indépendants !

Naxos et la France, c’est aussi une vieille histoire d’amour ! Naxos propose aujourd’hui le plus extraordinaire catalogue de musique française, après avoir réalisé en 25 ans un superbe ensemble d’albums consacrés aux compositeurs et interprètes français, et poursuit sans relâche son travail en faveur de la découverte du patrimoine musical de notre pays avec de nouvelles collaborations et en particulier une série d’enregistrements magnifiques, en cours, avec l’Orchestre National de Lyon.

Klaus Heymann a présenté dimanche 13 mai à Musicora une Keynote passionnante sur sa vision de l’avenir de la musique classique et de la musique enregistrée, sur l’impact du numérique sur le disque classique dans le monde et la stratégie de Naxos dans ce contexte. De fait, l’aventure de Naxos et son actuel développement est riche d’enseignements pour ceux qui s’intéressent à l’avenir de la musique classique enregistrée. Il a lâché à cette occasion un chiffre absolument étonnant et que ses confrères devraient méditer : Naxos réalise aujourd’hui 75% de son chiffre d’affaires avec les CD… mais 90% de ses bénéfices avec le numérique !

Ecoutez la rencontre-podcast vidéo de Klaus Heymann par Marc Zisman

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

Partager sur mes réseaux sociaux

Etienne Bultingaire

Un vrai magicien du son ! Ingénieur du son certes mais aussi compositeur et interprète, Etienne Bultingaire pétrit de la matière sonore depuis une quarantaine d’années dans divers territoires.

Celui de la musique contemporaine (il est assistant puis ingénieur du son à l’Ircam de 1982 à 1995, opérant pour Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, Luciano Berio, Marc-André Dalbavie, Philippe Manoury, Tristan Murail, Arnaud Petit, Marco Stroppa, Harrisson Birtwisle, Kajia Saariaho sans oublier Frank Zappa !) et des arts de la scène (il est régisseur son avec Pierre Debauche au Théâtre des Amandiers de Nanterre, travaillant notamment avec Peter Stein, Daniel Mesguisch, Claude Régy et Eric Rohmer) mais aussi de la danse contemporaine (il collabore avec des grands de la chorégraphie comme Carolyn Carlson, Lucinda Child et Maurice Béjart).

Et lorsqu’il foule le sol du jazz et des musiques improvisées, Bultingaire s’occupe d’empêcheurs de tourner en rond nommés Michel Portal, Fred Frith, Benoît Delbecq, Phil Minton, Tony Hymas, Denis Colin ou bien encore Louis Sclavis avec lequel il forme un duo scénique depuis 1998.

Etienne Bultingaire est également indissociable, depuis le début des années 90, de la carrière d’un certain Pierre Henri pour le compte duquel il gère la sonorisation comme la conception de systèmes de diffusion du son. Et comme cet ingénieur du son atypique est d’une curiosité sans fin, il passe régulièrement de l’autre côté de ses micros et crée lui aussi ses propres paysages sonores, visuels et sensoriels totalement atypiques.

Ecoutez la rencontre-podcast de Etienne Bultingaire par Marc Zisman

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

Partager sur mes réseaux sociaux

Susan Orlando

Susan Orlando, responsable de l’Edition Vivaldi
L’Américaine et le Prêtre Roux. Comme Roméo et Juliette ? Pas vraiment… Musicologue et gambiste américaine ayant étudié au Conservatoire de Boston, spécialisée dans la musique du XVIIe siècle, et ayant jetée l’ancre en Italie, Susan Orlando découvre en fait sérieusement l’œuvre d’Antonio Vivaldi grâce au musicologue Alberto Basso, à l’aube des années 2000, lorsqu’elle s’installe à Turin.

« Vivaldi n’a pas écrit 500 concertos, mais le même concerto 500 fois ! » Dire que la phrase de Stravinsky n’a pas vraiment aidé à populariser la musique du compositeur vénitien est un doux euphémisme…
Heureusement, certains se sont appliqués à dégommer avec aisance ce préjugé, juste armés de l’essentiel : la musique. Et Susan Orlando est l’un de ces « certains ».

Responsable de l’Edition Vivaldi lancée conjointement par l’Istituto per i Beni Musicali de Turin et la maison de disques Naïve, l’Américaine a passé la décennie écoulée à entreprendre l’enregistrement de l’intégralité de cette œuvre dense. Une saga folle, la majorité de ces pièces n’ayant pas été entendue depuis le XVIIIe siècle ! Des opéras, des centaines de concertos, des compositions sacrées et des cantates, tout est là pour évidemment prouver qu’il y eut une vie avant et après les « Quatre saisons ».

L’objectif de Susan Orlando et de son Edition Vivaldi est de rendre cette extraordinaire profusion musicale disponible pour le plus grand nombre et révéler le génie de Vivaldi, non seulement comme compositeur de musique instrumentale, mais aussi en tant que créateur de quelques-unes des œuvres vocales les plus importantes du XVIIIe siècle… Et la viole de gambe, toujours à portée de main ? « Oh vous savez, sourit Susan Orlando, si on n’est pas Jordi Savall, on ne va pas très loin avec cet instrument. »


Ecoutez la rencontre-podcast de susan Orlando par Marc Zisman

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

Partager sur mes réseaux sociaux

Roland Hayrabedian

A la tête de Musicatreize qu’il a fondé à Marseille en 1987, Roland Hayrabedian s’est imposé comme un chef majeur de la musique contemporaine.
Si l’univers de la vocalité fut d’abord au centre des préoccupations de son ensemble, l’instrumental est rapidement venu s’ajouter aux territoires explorés. Cette curiosité est au cœur même du travail d’un chef aussi à l’aise chez Monteverdi que Strasnoy ou Mantovani.

Très marqué par la personnalité et la musique de Maurice Ohana qu’il ne cesse de défendre et transmettre, Hayrabedian est avant tout un chef d’une curiosité rare, impliqué dans la diffusion de la musique de son temps, œuvrant pour briser les murs d’un ghetto plus souvent construits, comme il le dit lui-même, par les organisateurs de concerts que par le public…

Et comme sa vision est à 360°, Roland Hayrabedian s’active aussi dans le domaine de la musique de scène, le théâtre musical et le ballet, collaborant avec des metteurs en scène ou de chorégraphes.

Adolescent, il délaisse vite le piano pour la direction d’orchestre. Quelques noms forts jalonnent ensuite son itinéraire : Betsy Jolas, Iannis Xenakis, Guy Reibel, André Boucourechliev, Seiji Osawa…

Quelques rencontres marquantes : Félix Ibarrondo, dans les années 80 et donc Maurice Ohana, sous le signe de l’intuition, la spiritualité, le chant intérieur et l’empreinte du rituel. Il en sera en outre l’un des principaux interprètes. Le jeune chef crée en 1978 le Chœur Contemporain puis Musicatreize en 1987.
La voix, son grain, sa souplesse, tout ce qui sous-tend l’œuvre, le fascinent peut-être à cause de l’héritage longtemps inconscient de son orientalité et de son imaginaire méditerranéens.

Cette « écoute » singulière en fait un directeur artistique recherché. Il aime que les œuvres dialoguent à travers les esthétiques et les âges …
Il s’attache aussi à tous les aspects de la représentation, de la mise en scène à la spatialisation.

Mais l’axe central reste le travail avec des compositeurs vivants (Oscar Strasnoy, Philippe Gouttenoire, Edith Canat de Chizy, Zad Moultaka, Bruno Mantovani, Jesper Nordin, Tapio Tuomela…).

Roland Hayrabedian a dirigé le long de sa carrière de nombreuses formations orchestrales et vocales (Orchestre du festival de Spoleto, la Capella de Leningrad, les chœurs de Radio-France, l’Orchestre philharmonique de Radio France, des Pays-de-Loire, l’Orchestre philharmonique de Lorraine, l’Orchestre d’Avignon, le National Choir of Ireland, le Nederlands Kamerkoor) et collaboré avec des ensembles spécialisés comme les Percussions de Strasbourg, Musique Vivante, Musique Oblique, 2e2m, TM+, l’ensemble Itinéraire, et plusieurs ensembles étrangers).

Il a travaillé avec de nombreux solistes de renommée internationale. Il collabore également volontiers avec les metteurs en scène et chorégraphes Ariel Garcia Valdès, Pierre Barrat, Eric Ruf, Angelin Preljocaj, ou plus récemment Jeanne Roth, Thierry Thieu Niang, Philippe Carbonneaux.

De 2002 à 2005, Roland Hayrabedian occupe le poste de chef de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, orchestre avec lequel il collabore encore. Il compte plus de 30 disques sous sa direction musicale et artistique, dont plusieurs ont obtenu des distinctions exceptionnelles.

Enfin, il enseigne la direction au C.R.R. de Marseille avec une inventivité pédagogique et un plaisir toujours renouvelés. Avec un tel parcours, Hayrabedian reste toujours aussi passionné, agitateur et esthète, évoluant entre passé et présent, grands classiques et œuvres inédites.

Photo : © Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction interdite.

Partager sur mes réseaux sociaux