Classica Les blogs de Qobuz

On peut refaire sa vie et la réussir deux fois

Frédéric Lodéon

Frédéric Lodéon

Frédéric Lodéon a été l’un des plus grands violoncellistes français de l’après-guerre. Ses disques nombreux en témoignent, et aux plus jeunes, on conseille vivement de les écouter : un instrumentiste magnifique au goût impeccable, doublé d’un bretteur doté de finesse et d’élégance. Et le sens de la prise de risque, qui change tout. Un artiste, quoi. Il sort beaucoup de violoncellistes, à chaque génération : beaucoup de très bons, mais si peu qui flambloient vraiment… Il était de ceux-là.

Et puis, un  jour, surexposé longtemps et, allez savoir, envie d’arrêter. Frédéric a posé archet et violoncelle, a disparu, puis réapparu. À celui qui l’a placé là où il est, devant un micro, il faudrait se rappeler de dire merci.

Avec la politesse de l’homme cultivé, il s’est mis au service de la musique classique autrement qu’en jouant de son instrument, en en devenant le conteur. Un conteur dont on connait la verve, les anecdotes, la jovialité et dont on aurait tort de sous-estimer la finesse et l’esprit. Il a bousculé les audiences radio sur France Inter, il a osé faire gai et amical quand tant de sinistres pensent qu’il convient de faire emmerdant. Ce n’est pas rien.

Lodéon, tout le monde vous le dira, est l’un des hommes les plus bienveillants du métier. À son confrère, le confrère Lodéon, passé à la radio, donnera toujours un coup de pouce pour un concert dont la réservation se présente mal. Lodéon n’hésite pas à sortir du cadre pour soutenir un événement libre et peu institutionnel, car il est un musicien et, c’est bête à dire, il sait de quoi il parle.

La musique a ses croyants d’une part, et ses pratiquants de l’autre. Lodéon est du côté des pratiquants. Comme les musiciens, il affiche des admirations et des fidélités qui ne coïncident pas toujours avec celles des simples mélomanes que sont les journalistes pur sucre.

Otez-vous vite s’il venait à vous considérer comme un truqueur ! Il ne vous assassinera certainement pas à l’antenne, car il est là pour faire aimer d’abord, mais il ignorera. Bienveillant ? Oui, mais dans certaines limites !

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Jérémie Rousseau

Jérémie Rousseau

Jérémie Rousseau

Pour les auditeurs de France Musique, Jérémie Rousseau est la voix qui préside au destin de leur remarquable émission d’opéra du samedi soir sur la chaîne, et ce depuis 2004. Cette voix est celle d’un jeune homme qui a réussi à fixer dans un exercice trop balisé, un ton et une manière de faire singuliers et dynamiques.

Jérémie Rousseau a d’abord décidé de se consacrer à la musicologie à la Sorbonne (il est titulaire d’un DEA). Comme chacun sait, la musicologie mène à tout, à condition d’en sortir : voilà pourquoi il est devenu journaliste, et  collaborateur de bien des titres et de radios :  France Culture, RTL, L’Express, France 2, Mezzo, BFM…

Quand il ne voyage pas en Inde ou dans l’Océan Indien – ce sont les autres grandes passions de sa vie, il y a fait une vingtaine de voyages – Jérémie écrit des livres. On lui doit un très bon Leos Janacek chez Actes Sud. Et puis, Jérémie est le rédacteur en chef de notre partenaire Classica, aux côtés de Bertrand Dermoncourt, dont il fut le camarade de jeux depuis le début.

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Bertrand Dermoncourt

Bertrand Dermoncourt

Bertrand Dermoncourt, dans son bureau à L’Express, le 17 septembre 2009.

Le Directeur de la rédaction de Classica est un homme à l’œil amusé et à la posture immanquablement patiente. Par sa réserve autant que par ce qu’on imagine être sa bibliothèque, on le croirait, allez, prenons ce risque, comme du genre de ces intellectuels catholiques sociaux et européens à l’ancienne.

À supposer que ce soit vrai — peut-être ne va-t-il pas aimer du tout… —, ce serait incomplet quand même, car, de son histoire, on doit aussi retenir certains aspects « jeune homme moderne » méconnus.

D’abord, Bertrand n’a pas fait ses classes au Figaro, ou dans les ambassades mais à Classica directement, et plus avant même, dans un petit gourbis du douzième, aux Editions Prélude et Fugue, aux Têtes de l’Art exactement ! C’était le titre d’un magazine gratuit sur la musique, publié par les Editions Prélude et Fugue.

Il fréquenta auparavant une école de commerce d’excellente réputation, à Bordeaux. Il fut stagiaire dans une maison de disques indépendante à la grande époque, chez Opus 111, auprès de l’irréductible Yolanta Skura. Il fit de même chez Warner Classics, à une époque où il y avait vraiment plus de « Classics » chez Warner. Il signa même pour les Editions Prélude et Fugue, pour faire bouillir la marmite avant que Classica n’existe, quantité de papiers rock pour Start’Up, le magazine des disquaires Starter.

À côté de publications d’envergure comme le Mozart de A à Z (Laffont) dont il est le maître d’œuvre, il écrivit des petits livres dans la collection Music Book (des collectors, désormais !), consacrés à des gloires de la musique populaire telles que The Cure, David Bowie, Joy Division ou même Dépêche Mode ! Des artistes plus yéyé que ne le sont les Harnoncourt, Savall, qu’il admire tant. Et il collabora même au DicoRock de chez Robert Laffont. Vous voyez-bien : l’habit ne fait pas le moine. Il fit chauffer de manière très moderne et très « nouvelle économie » les Mac de Classica dès la fondation bien risquée et miraculeuse de ce magazine en 1997.

Quand il décide aujourd’hui de publier crânement, dans le prochain numéro de Classica, quatre pages consacrées au compositeur Guillaume Connesson, on pensera : ce modéré n’est-il pas plus extrémiste que d’autres plumes plus tranchées ? Il a pris dans son magazine et depuis l’origine le parti, sans drame et sans bruit, d’une musique contemporaine qui parle et qui chante, et non celui, partout répandu, des épigones bouleziques. L’histoire lui a déjà donné raison, et les compositeurs dont il a défendu l’esthétique sont ceux qu’on écoute aujourd’hui.

Avec un pied à Classica — qui a grandi, acquis respect et considération grâce à lui, à force de son travail patient et modeste —, et l’autre aux grandes orgues de la tribune classique du grand orgue de L’Express, l’un des titres phares de la presse hebdomadaire française, Bertrand pose chaque semaine et chaque mois sur l’actualité musicale un regard autant indulgent que pugnace quand il le faut, empreint d’une vision morale.

* NDLR – Classica et le Groupe GER sont les partenaires du site Qobuz.

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Alain Duault et ses secrets

Alain Duault

Alain Duault et ses secrets.

Il est réconfortant de savoir que dans certains cas les “passeurs” de musique, à la radio et sur le petit écran, sont non seulement des passionnés capables de faire partager leur flamme mais aussi de vrais experts, qualifiés. Car la passion est indispensable, mais elle ne suffit pas quand il est question de faire aimer et découvrir — tant d’apprentis sorciers incompétents se risquant régulièrement à l’exercice, c’est un point qu’il faut affirmer et défendre.

Les donneurs d’ordre de la télévision et des médias objecteront toujours que leur langage est spécifique et que la maîtrise en est un métier à part entière. Mais faut-il encore qu’à travers ce langage dominé, l’enthousiasme soit palpable et communicatif comme c’est le cas pour Alain Duault ; à la fois éveiller la curiosité des néophytes en se rendant accessible et contenter les mélomanes avertis.

Après des études de musicologie et de piano, Alain Duault débute dans l’enseignement tout en participant à des activités littéraires variées : il crée notamment la revue Poésie avec Michel Deguy et Jacques Roubaud. On n’a pas oublié qu’il est un spécialiste incontesté et brillant de l’Art lyrique, et qu’il fut le rédacteur en chef de la revue L’Avant-Scène Opéra.

Ses débuts à la télévision datent de 1977, mais en tant qu’invité dans une émission de Bernard Pivot, Apostrophes, consacrée aux « poètes français d’aujourd’hui » pour son recueil de poèmes Colorature, et à nouveau  en mars 1978, aux côtés de Pierre Seghers et de Jean-Claude Renard.

Dès lors, radio et télévision deviennent son moyen d’expression régulier. Il participe à plusieurs émissions radiophoniques sur France Culture et France Musique, avant de présenter lui-même l’émission Mélomania sur Europe 1. En 1989, il débute à RTL où il assure une chronique quotidienne dans Laissez-vous tenter et présente l’émission dominicale Classic Classique. Il est aussi critique musical à la NRF, à Elle et à L’Événement du jeudi.

À la télévision, on se souvient qu’il a fourbi ses armes d’animateur aux côtés de la grande prêtresse Eve Ruggieri, époque à laquelle se forge son expérience du petit écran. Il crée en 1987 l’émission hebdomadaire Musicales sur FR3, dont on se souvient peut-être que l’impeccable Charles Imbert assurait auparavant le service public. De 1991 à 1994, il est directeur des programmes musicaux de la chaîne. En 1994 son émission Musicales devient Musique et Compagnie et en 2001 Toute la musique qu’ils aiment.

Voilà : ne vous arrêtez pas qu’aux images. Animateur de télévision et de radio, critique musical, Alain Duault est avant tout un littéraire, et en tant que poète, l’un des plus beaux artistes actuels, dont les recueils sont publiés par Gallimard dans la prestigieuse Collection blanche. En 2002, l’Académie Française lui a décerné son Grand Prix de poésie. Une journée d’étude lui a même été consacrée à l’université Paris X de Nanterre en mai 2008.

Plume inspirée et infatigable, Alain poursuit la publication de romans et de livres sur la musique. Il est le collaborateur régulier du magazine Classica pour lequel il tient une chronique mensuelle reprise sur Qobuz. Il a récemment collaboré aux textes d’œuvres du compositeur Éric Tanguy (Du fond caché de la clarté, Méditations…).

Le blog d’Alain Duault

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Olivier Bellamy, Radio Classique

Olivier Bellamy

Olivier Bellamy, Radio Classique

Olivier Bellamy débuta à Angers à Radio Oxygène au début des années 80 puis a collaboré à La Nouvelle République du Centre Ouest, à Ouest France, à Angers Poche. Monté à Paris, il a collaboré au Quotidien de Paris de Philippe Tesson, à Globe, à L’Evénement du Jeudi. Il est aussi l’auteur de quatre guides du Petit Futé ! : Angers (bien sûr) mais aussi Paris, et même Paris-Dimanche

Est-ce la douceur de la région angevine, où il commença sa carrière, qui prédisposait Olivier Bellamy à devenir l’interlocuteur et le confident de tant de stars sur Radio Classique, dans  « Passion Classique » de 18 h à 19 h 30 tous les jours (*) ?  Dans « Passion Classique » Olivier Bellamy reçoit les plus grandes personnalités qui y parlent de leur rapport à la musique et font leur programme hebdomadaire pendant trois ans ; l’émission entame sa deuxième année en tant que quotidienne. Ecrivains, acteurs, hommes politiques, médecins, chercheurs, navigateurs ou musiciens livrent une partie inattendue de leur personnalité tout en attirant un large public dans le monde de l’émotion musicale. Olivier Bellamy est également collaborateur à Classica et journaliste au Parisien – Aujourd’hui en France.

Biographe, il publiera bientôt la première biographie mondiale consacrée à Martha Argerich, qui sortira chez Buchet-Chastel en février 2010 ; il a collaboré au récent livre de Hélène Mercier-Arnault. À la télévision, il est l’auteur de portraits de Dee Dee Bridgewater, Françoise Hardy et de documentaires sur le Concours Long Thibaud, la famille Casadesus, la cantatrice Renata Scotto et les orchestres d’harmonie en France…

(*) Rediffusion de 0 h à 1 h 30, best of le week-end.

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