Serge Dorny

Serge Dorny
Opéra de Lyon
Dans le domaine de la création lyrique, l’Opéra de Lyon possède une vraie tradition d’audace : depuis 40 ans, au moins une, parfois plusieurs créations par saison. Ainsi, la deuxième ville française peut s’enorgueillir d’être l’un des porte-drapeaux de la création musicale internationale. Un théâtre qui, depuis longtemps, ose la prise de risques et sait dégager les budgets nécessaires pour offrir aux créateurs les meilleures conditions pour travailler. Parmi eux, des compositeurs aussi différents que Gilbert Amy, Georges Aperghis, Gavin Bryars, Antoine Duhamel, Marcel Landowski, Joseph Kosma, Maurice Ohana, Claude Prey… A la tête de l’institution lyrique lyonnaise depuis un septennat déjà , Serge Dorny conserve perpétuellement le cap sur cette audace. Ce Belge de 47 ans a perpétué cette tradition lyonnaise en suscitant l’émergence d’œuvres nouvelles et de productions inédites d’opéras des XX e et XXI e siècles, proposant des spectacles de tout premier plan. Ainsi, outre Faustus the last Night de Pascal, Lady Sarashina d’Eötvös, Hanjo de Hosokawa et L’Upupa de Henze, l’Opéra de Lyon a donné ces dernières années les premières scéniques françaises de Moscou, Quartier des Cerises de Chostakovitch (2004), Tea de Tan Dun, Luci mie traditrici de Salvatore Sciarrino (2007) associé à un pur joyau viennois, Une Tragédie florentine de Zemlinsky lui aussi donné en création scénique française ; et, au cours de la saison 2008/2009, Dans la Colonie pénitentiaire de Philip Glass aux côtés du Joueur de Prokofiev, Le Vin herbé de Frank Martin.
Né en 1962 à Wevelgem, cité belge de 15.000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Lille, Serge Dorny a étudié l’histoire de l’art, l’archéologie, la musicologie et les sciences de la communication à l’université de Gand, parallèlement à des études musicales au conservatoire de cette ville. En 1983, il intègre, en qualité de dramaturge musical, le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, sous la direction de Gérard Mortier, avant de rejoindre le Festival des Flandres.
En 1987, Dorny devient le directeur artistique de ce festival pluridisciplinaire. En 1996, il est nommé directeur général et directeur artistique du London Philharmonic Orchestra, orchestre en résidence au South Bank Centre de Londres et assurant la saison lyrique du festival de Glyndebourne. Depuis janvier 2003, il est directeur général de l’Opéra de Lyon.
Parallèlement à ces activités, Serge Dorny assure des missions d’expertise et de conseil et siège dans plusieurs concours : Helsinki et Bamberg (direction d’orchestre), Concours international de musique Reine Élisabeth (épreuve de chant). Et si il lui reste un peu de temps, il prend la plume comme ce fit le cas pour L’Opéra, l’avenir d’un passé, en collaboration avec Johan Thieleman, publié à Bruxelles en 1990.
Cette saison, grâce à Dorny, l’Opéra de Lyon se distingue une fois encore au sein du paysage lyrique français en creusant le sillon de la création et de l’opéra contemporain avec deux rendez-vous majeurs dans la capitale des Gaules : la première en France de l’opéra multimédia du Hollandais Michel van der Aa After Life, et, surtout, la création mondiale du troisième ouvrage scénique de la Finlandaise Kaija Saariaho, Emilie, sur un livret d’Amin Maalouf inspiré de la vie d’une des femmes d’esprit la plus importante du Siècle des Lumières, la Lorraine Emilie du Châtelet, incarnée par Karita Mattila.





