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Jean Nipon

Jean Nipon

Jean Nipon
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

DA, Producer, DJ, Show Man, Graphiste… C’est l’impeccable Jean Nipon !

Têtu, peu discipliné, incorrigible, intouchable derrière ses platines, producer membre à part entière de la famille Institubes (label créé par Tekilatex du groupe TTC, Tacteel et Paraone), sur lequel il publie ses EP : Wild At Heart, Teamtendo… Jean Nipon, c’est autant la culture du mainstream que celle de l’underground; un des piliers de la scène club parisienne, aux contacts innombrables.

C’est comme batteur dans différents groupes de hardcore que débute Jean Nipon, avant de se décider vers 1997 à jouer les disques des autres pour se faire un peu mieux accepter des humains (= plaire aux filles). Puis, dans le désordre : il devient graphiste, crée Teamtendo (un EP sur Institubes, un autre sur Deco), vit au Japon pendant un an, y est disquaire pendant deux ans au shop culte Katapult, dirige trois volumes du projet Eurogirls (Arcade Mode), dessine une bouteille pour Coca-Cola, remixe TTC, Ark, Micornauts, Cosmo Vitelli, Lesbians On Ecstasy, Adam Kesher, David Rubato… sort un maxi d’IYM avec dj Wet, fait les plus gros festivals d’Europe (Printemps de Bourges, Eurockéennes de Belfort, Transmusicales de Rennes, Vieilles Charrues, Sonar, MEG Montreal…), est résident du Paris Paris où il a chaque mois et pendant 3 ans donné des sets-marathon de 7 heures durant lesquels il partage équitablement son amour entre Prince et Minor Threat, Alphex Twin et les Beastie Boys, Dinosaur Jr et Lio, Pink Floyd et Shellac, My Bloody Valentine et KRS-One… ”

Il est maintenant le Directeur Artistique du club Le Regine, et y propose des soirées aux sons toujours typés, à l’ambiance électrisée, des sélections d’artistes/DJs et groupes électro du monde entier. Grand communicateur et splendide représentant des marques qu’il vend, on le retrouve chaque semaine annonçant sa playlist sur ses vidéos toutes plus déjantées les unes que les autres, chez Dailymotion par exemple.

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Michel Pampelune, Fargo

Michel Pampelune

Michel Pampelune, Fargo
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

C’est un peu le village gaulois… Quoiqu’en l’espèce, le sobriquet de Fort Alamo soit sans doute plus approprié… Discret, investi, modeste et surtout juste passionné, Michel Pampelune n’est pourtant guère le John Wayne local, goldo maïs au bec, dans toute cette histoire… Grâce à lui, les aficionados de country et de folk lui seront toujours gré d’avoir aidé à extraire le genre des insupportables casseroles qu’il traîne chez les novices.

En créant le label Fargo fin 1999, il rappelait aux esprits étroits que les musiques en question n’étaient pas synonymes de rednecks néo-nazis, de beaufs à mulet, de saloons en Placoplatre, de cow-boys Playmobil, de feux de camp en plastique, de jeans neige à pinces et de santiags en skaï… Le nom de l’écurie et sa référence aux Frères Coen rassuraient sur les intentions de Pampelune de se lancer dans une aventure célébrant la country alternative, le roots rock déglingué et le folk crépusculaire. Pari risqué chez nous où ces genres restent encore attachés pour beaucoup aux momies Dick Rivers et autres Hugues Auffray…

Dans l’écurie plurielle de Michel Pampelune, les canassons ont même des robes bien différentes. Et en une décennie, les montures se sont appelées Andrew Bird, Alela Diane, Chris Whitley, Neal Casal, Great Lake Swimmers, Richard Buckner, Dawn Landes, Jesse Sykes, Shearwater, Clare & The Reasons et même Emily Loizeau. Au final, cette étiquette « americana » s’est toujours éclipsée face au songwriting pur. Lorsqu’on avance sous pavillon Fargo, c’est que l’on maîtrise en général plutôt bien le stylo plume, les refrains magiques et les harmonies vocales célestes. Car comme il le dit lui-même « la ligne éditoriale du label se veut être celle des (bonnes) chansons car on pense modestement que celles-ci sont plus importantes que ceux qui les écrivent et les chantent. » Discret, investi, modeste et surtout juste passionné…

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Didier Martin, Naïve Classique

Didier Martin

Didier Martin, Naïve Classique
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

Dès la création de Naïve, il y a maintenant un peu plus de dix ans, le répertoire classique a revêtu une importance particulière pour la maison qui, quelques mois après sa création, avait acquis le catalogue Auvidis, et ses labels, Astrée, Valois, et plus tard encore, le label Opus 111.

Certains pourront discutailler à l’infini sur la création ou la destruction de valeur opérée par Naïve sur ses acquisitions ; mais à bien y réfléchir, la première et la plus grande réussite de Naïve, et pas seulement en classique, aura été de créer une marque, créer un style unique en un temps record, un syle qui se décline avec une évidence étonnante dans différents genres musicaux. Et faire vivre et évoluer cette marque, ce style, avec grand succès dans des temps peu faciles.

Côté classique on est redevable de cela, à l’évidence, à Didier Martin, le Directeur de Naïve Classique, qui a pris les commandes au départ de son prédécesseur Hervé Boissière et a su insuffler à la production de la maison une sorte de solidité, un discours d’une précision et d’un sérieux qui sont internationalement reconnus désormais.
Voilà une belle réussite que d’affirmer une identité singulière quand tout fout le camp, sans compromis quand la tentation du crossover n’est plus même une solution.

Faut-il en citer les illustrations ? … Vous les connaissez ! Cette Edition Vivaldi, que rien ne saurait empêcher d’avancer, et qui aligne des stars et des inconnus avec beaucoup de perspicacité. Les disques de Laurence Equilbey et le succès de ses Transcriptions. Une politique soutenue en faveur de la musique contemporaine. Le développement discographique d’instrumentistes tels que François-Frédéric Guy, Sergeï Katchaturian, l’enfant terrible, hors-normes, Fazil Say – ou Anne Gastinel (qui était déjà là du temps d’Auvidis, belle fidélité !) – pour ne citer qu’eux.

Et aujourd’hui, dans le paysage discographique français, force est de constater que Naïve Classique a acquis l’estime autant des mélomanes que des professionnels, en suivant et illustrant la ligne du père-fondateur de la maison, Patrick Zelnik, qui est de bâtir une « maison d’artistes », une jolie et intelligente façon d’éviter de dire : « maison de disques ». Voilà comment et pourquoi Naïve a réussi en somme à moderniser avec délicatesse la manière de faire et de vendre des disques classiques.

Comble de bonheur: tout Naïve Classique est disponible en téléchargement sur Qobuz. (Très grande majorité d’albums en qualité CD.)

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