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Pierre Darmon, Bonsaï Music

Pierre Darmon

Pierre Darmon, Bonsaï Music
Photo Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

Le droit, tout comme la musique d’ailleurs, mène à tout, à condition d’en sortir… La preuve, par Pierre Darmon !

Notre homme est tombé dans la musique après avoir exercé la profession d’avocat pendant plus de dix ans. Pour rejoindre EMI en 1994, il quitte son cabinet pour occuper le poste de Secrétaire Général au sein de cette belle compagnie pendant plus de dix ans. Fin 2003, il décide de voler de ses propres ailes, et crée son label, Bonsaï Music, en compagnie de celui qu’il appelle sa “moitié professionnelle” : Bertrand Coqueugniot.

Chez Bonsaï Music, tous les choix se font à deux : “les musiques que nous aimons l’un et l’autre, et l’un ou l’autre”, dit Darmon. “Et cela donne, d’une part, la production de beaux artistes transalpins – car à l’origine il était important pour moi de démontrer que l’Italie a mis au monde d’autres artistes que Laura Pausini ou Eros Ramazzoti. D’autre part, celles de projets inclassables comme Orange Blossom, ou d’artistes sensibles de la chanson française tels qu’Ana Pankratoff ou Usthiax.”

Un éclectisme musical qui est à coup sûr la marque de fabrique de Bonsaï Music, tout comme le talent, et l’élégance.

Le catalogue Bonsaï Music est disponible en téléchargement en qualité CD sur Qobuz.

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Alexandre Leforestier, Bee Jazz

Alexandre Leforestier

Alexandre Leforestier, Beejazz
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

Tête de l’Art ? Mais oui ! Et souvent avec un “d” ! Et surtout par les temps qui courent, si vous lui parlez de la crise du disque : il en a marre, Alexandre, de la crise du disque ! Car à sa position d’indépendant sévèrement têtu et irréductible (appellation d’origine cauchoise garantie), il la soigne tous les jours, la crise. Et cela fait quelques années que cela dure.

En charge de la maison de disques indépendante Abeille Musique — son job à plein temps — qu’il barre depuis l’an 2002 financièrement et bien plus, d’une poigne solide entre les récifs, il aura tout connu ! Être traité de vendeur de housses de cathédrales ; être engueulé parce qu’il ne pouvait pas livrer assez de ce fameux coffret Mozart au double disque d’or, et faire face enfin, dans le contexte mortifère du marché de la musique enregistrée, là où il en est rendu pour l’heure, à toute la délicatesse dont la distribution est capable, face aux producteurs spécialisés.

Aussi, quand il veut retrouver quelque raison agréable de faire ce métier, Alexandre décroche, et dessine les plans de sa prochaine production pour Bee Jazz (vous avez compris le jeu de mots) — un label qu’il a fondé en 2003 et auquel il joue souvent en duo avec Mohamed Gastli, une très prochaine Tête de l’Art.

BeeJazz, ce sont des projets savoureux, ouverts, sans autre prétention que la qualité et la musicalité ; avec des musiciens grande taille, decidés à ravir les gens subtils. À peu près ce qui se fait de plus réussi dans le jazz discographique en France, qu’on va citer partiellement et très en désordre : Christophe Wallemme, Guillaume De Chassy, Daniel Yvinec, les frères Ferré, Manu Codjia, Daniel Humair, Jérôme Sabbagh….

Beaucoup d’amour et beaucoup d’ardeur : Bee Jazz a déjà tracé son sillon — un sillon également numérique à présent, puisqu’il est le fondateur de Qobuz — un site qu’il a créé, avec Yves Riesel. Si on ne vous l’avait pas dit spontanément, vous auriez fini par le savoir d’une manière ou d’une autre, de toute façon !

Tout Bee Jazz en téléchargement qualité CD Qobuz.

Photo : (c) Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – Reproduction Interdite.

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Albin de La Tour, Festival 1001 Notes

Albin de La Tour

Albin de La Tour, Festival 1001 Notes
Photo : Jean-Baptiste Millot

Albin est avant-tout un producteur d’idées – des idées farfelues, ingénieuses qu’il met au service de la musique et des interprètes. Serial entrepreneur de la musique, il est d’abord tout jeune administrateur du festival du Vexin. Il poursuit, à 24 ans, en redonnant vie à une abbaye du XIIe siècle, et en créant en Limousin les Estivales du Chalard, village dont il est originaire. Les Estivales ont invité des artistes comme Jordi Savall, le Trio Wanderer, Alexandre Tharaud, Yuri Bashmet…  En 2007, il crée au Pôle à Lanaud une saison musicale, Les Récitals, un rendez-vous mensuel avec les plus grands pianistes de la scène actuelle.

En 2009 Albin entreprend de réunir la plus jeune de ses créations (Les Estivales du Chalard) et la plus ancienne (Le Festival du Limousin) pour fondre un alliage qu’il appelle 1001 notes.

1001 notes, c’est un total de 37 années d’expériences cumulées par les deux festivals mariés, 120 artistes, onze lieux de spectacles, vingt spectacles musicaux. Et, frappé de bougeotte créatrice aiguë, le jeune directeur se lance dans un projet qui lui tient très à cœur : Le Maître et l’élève. Le principe est simple : les grands musiciens prêtent leur notoriété à de jeunes virtuoses encore peu connus. Il dit : «  De formidables artistes évoluent dans le milieu musical sans jamais percer, uniquement par manque d’exposition. C’est un véritable gâchis ! Nous souhaitons, avec le concours d’artistes à la réputation établie, être un tremplin pour les jeunes talents. » Comme le disent si joliment les anglais, « The proof of the pudding is in the eating ». Alors, courez cette année aux 1001 Notes, elles en valent la peine. D’ici là, de toute façon, Albin aura certainement une idée nouvelle pour l’année prochaine !

le site web du Festival 1001 Notes

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Pierre-Emile Barbier, Praga Digitals

Pierre-Emile Barbier

Pierre-Emile Barbier, Praga Digitals
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

Il fut un temps où le disque était tout autre. Où faire un disque, c’était, dans le classique, graver dans le marbre, poser pour l’éternité, imprimer un testament.

En ce temps là, Pierre-Emile Barbier n’était pas encore producteur de disques. Il était critique à ses heures de passion, auprès de Armand Panigel à la revue Disques, membre de la Tribune des Critiques de disques, puis critique à Diapason. Je vous parle d’un temps que vous n’avez peut-être pas connu. Le reste du jour, PEB était ingénieur, chez Thomson.

La retraite approchant, notre homme songea à passer de l’autre côté du miroir et, pour ainsi dire motorisé, passez-nous l’expression, par son amour immodéré pour le répertoire tchèque et les artistes tchèques – au premier rang desquels le formidable Quatuor Prazak, il créa le label Praga Digitals, après une première série de disques d’archives issues de la radio tchèque, parus sous label Praga tout court.

On entend dire parfois que les critiques sont des artistes ratés, ou des producteurs complexés. On connait peu souvent l’exemple inverse : le voilà.

De sa génération, Pierre-Emile Barbier est sans doute l’un des derniers encore parmi nous à pouvoir vous raconter ce que furent les grandes années du vinyle, pour l’amateur la promesse de culture et de civilisation que ce support apporta.
Jeune homme dans les années 50 et 60, si vous ne l’avez pas été vous-même, vous ne saurez pas. PEB, oui. Il a reniflé, aimé cette grande époque ; il a connu l’émerveillement, la découverte des répertoires, des artistes de ce temps-là. Il a connu un Paris aux 300 disquaires et surtout : un métier de la musique enregistrée qui avait son avenir devant lui.

Quand Pierre-Emile Barbier a créé son label, si tard, il le tissa avec ses rêves de jeunesse. Voilà pourquoi Praga, Praga Digitals pardon, est le plus beau label de musique de chambre de ces trente dernières années. Qui n’a pas produit un seul mauvais disque, ou un seul disque mal enregistré ; qui n’a pas fait un seul faux pas.

On ne lui fera pas un enterrement de première classe de son vivant, à ce cher vieux grigou PEB. Mais c’est ici l’occasion, parce que la photo est si réussie, et lui ressemble tellement, de lui dire qu’on l’aime, et que quoiqu’il fasse, sous ses différentes casquettes, Tonton PEB, il nous a fait aimer le disque, et les artistes.

PS – Le label Praga Digitals n’est toujours pas disponible en numérique, nulle part. Achetez donc ses disques !

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