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Benoit d’Hau, Indesens

Benoit d'Hau

Benoit d’Hau, Indesens
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

Un fou de trompette, qui, avec le temps, ne change pas de piston ! Benoît d’Hau est l’ami de ce qui brille – les cuivres bien sûr. Il a créé son label Indesens pour d’abord enregistrer et promouvoir ses amis, et les musiciens auxquels il croit – au premier rang desquels Eric Aubier. Grands solistes, jeunes artistes à découvrir, Indesens, à contre-courant des goûts les plus répandus, promeut jeunes instrumentistes ou jeunes compositeurs, et poursuit son chemin, courageusement.

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Emmanuel Chollet, Fiat Lux

Emmanuel Chollet

Emmanuel Chollet, Fiat Lux
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

Emmanuel s’était tout jeune passionné pour la musique et prêté l’oreille à tous les styles. Il écoute And Also The Trees, Cocteau Twins, Scott Walker, Joy Division, My Bloody Valentine, The Cure, Nick Drake, The Smiths, Etant Donnés, Bill Evans, Boards of Canada, Stereolab, Bertrand Burgalat – mais aussi, il devient un vrai fondu de piano classique (Ravel, Schumann, Schubert…) en furetant dans la discothèque familiale.

Quelques années plus tard, une rumeur comme il n’y en a plus trop désormais, dans les maisons de disques, avait bâti la réputation, et disait grand bien d’un disquaire indépendant tenant échoppe à Poitiers : ce disquaire, c’était lui, Emmanuel Chollet ! Huit ans de boutique, et il passe de l’autre côté du miroir, en entrant dans une maison de disque.

De 1996 à 2004 chez Virgin France/EMI, il participe au développement du réseau commercial, gère l’export vinyle de Daft Punk, Cassius, IAM, Phoenix, Air, Sébastien Tellier… et met en place un pôle de distribution pour des labels indés. Il signe notamment les labels Logistic Records (Dan Bell, Robert Hood, John Thomas), Télégraph (Cabanne, Ricardo Villalobos…), Kitsuné et le duo Techno sino-français Technasia.

Parallèlement, il fonde en 1997 son propre label, Fiat Lux, dédié d’abord aux musiques électroniques (Superfunk, le single ‘lucky star’ est double disque d’or en 2000, Jess & Crabbe, Exotica, Pauline…) puis au rock indé (10lec6, quatuor punk/no wave parisien, qui est le groupe français préféré de The Gossip et Luis Francesco Arena, un jeune songwriter proche d’Andrew Bird et Ken Stringfellow).

Mais, voyez comme les choses sont curieuses : désireux de retrouver sa passion la plus passionnée, qui est la musique classique, il rejoint l’équipe d’Abeille Musique en 2006. Puis décide, en 2008 de s’associer avec Stéphane Topakian et son label Timpani. La suite ? À lire sur le site de Fiat Lux Records et de Timpani.

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Denis Dufour, Motus

Denis Dufour

Denis Dufour, Motus
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

Cet homme est un orchestre à lui tout seul. Mais pas un orchestre comme vous l’imagineriez de prime abord. Un acousmonium. Qu’est-ce qu’un acousmonium ? C’est un orchestre composé de haut-parleurs. Pour administrer et diriger un acousmonium, les talents de management sont moins crucialement humains que dans le cas d’un orchestre symphonique traditionnel. Point de syndicat, point de mauvaise humeur – “quelle chance !” diront certains adversaires du dialogue social. Lecteur libéral, ne rougis pas, tu y as pensé.

Et puis, un acousmonium sur scène a une allure plus technologique que les postures habituelles d’un orchestre symphonique. Le problème de la tenue dans un acousmonium ne se pose pas. Imaginez : nombre de femmes dans un orchestre multiplié par nombre de questionnements sur sa tenue pour le concert du soir. Oui : la deuxième violon, la troisième violon, l’altiste, bref chaque dame dans l’orchestre qui se pose la question : “Comment vais-je m’habiller ce soir ? Si je continue avec la petite robe noire en polyamide de demi-soirée, le chef ne va-t-il pas se lasser ? En même temps, elle passe si facilement à la machine…”

Bon, revenons à Denis Dufour et considérons que le véritable intérêt de l’Acousmonium n’est pas dans sa tenue et dans son absence de revendications, et salariales, et de temps de pauses. D’autant plus que la gestion, l’installation, le déploiement d’un acousmonium, c’est coton ! L’intérêt de l’acousmonium est dans la musique qu’il (re)produit : de la musique électro-acoustique.

Avant d’être producteur, Denis est compositeur. L’un des maîtres de la musique électro-acoustique actuelle, et le Prince de la musique acousmatique, écrite pour l’acousmonium. Un compositeur à la finesse, à la sensibilité, on voudrait le dire, même si cela peut sembler bien étrange, à la sensualité troublante.

Pour défendre ses conceptions, et celles de ses camarades, parce qu’il est aussi chef de file d’une génération de jeunes compositeurs qui l’entourent et le stimulent, Denis Dufour a créé courageusement il y plusieurs années MOTUS, un label jadis exclusivement disponible sous forme de beaux objets discographiques, et aujourd’hui disponible en téléchargement.

Ecoutez ses albums, sentez par dessous le cœur battre d’une musique farouche et belle.

Les albums de MOTUS disponibles en téléchargement lossless sur Qobuz.

Tout savoir sur l’acousmonium sur Wikipedia.

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Hervé Corre, TransArt

Hervé Corre

Hervé Corre, TransArt
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

Hervé Corre de Valmalète est un enfant de la balle. Aujourd’hui à la tête du plus ancien bureau de concerts français en activité, dont il poursuit l’activité et dont il a ouvert une antenne à Londres, il est le fils de Marie-Anne de Valmalète, qui fut elle-même l’une des personnalités majeures parmi les agents français de ces quarante dernières années.

C’est en 1999 que Hervé décide de fonder un label, Transart Live. “Live” – notez bien. Parce que, enfant de la musique vivante, lui qui a connu et fréquenté par son environnement familial les plus prestigieux, les plus extraordinaires interprètes, tous ceux que le Bureau De Valmalète représentait, il lui semblait que de plus en plus l’enregistrement se détachait de l’émotion du concert.
Dans la préface à son catalogue, il s’élève conre “l’aseptisation croissante de l’enregistrement”. Il y écrit : “Le mélomane amateur de concert et de musique “live” le sait bien : c’est au concert que l’artiste donne le meilleur de lui-même, et que son interprétation gagne au dialogue et à la communication avec le public. Et il décrit “la frustration de certains artistes devant la froideur du studio, et l’absence de communion avec l’auditeur. Les montages excessifs cherchent à atteindre une forme de perfection pouvant desservir la richesse de l’interprétation.”

On aurait pu imaginer qu’à sa position, partenaire français de tant d’artistes internationaux célébrés, Hervé Corre aurait fondé un label avec des stars établies – il n’en est rien. Il mise constamment sur de jeunes artistes qui ne sont pas “dans le cercle”, et qu’il soutient avec une fidélité et un engagement remarquables, tant au disque qu’au concert. Il a inventé, dans le classique, ce fameux 360° devenu très à la mode dans la variété et qui consiste à tenir tous les bouts de la carrière d’un artiste afin de gérer l’ensemble. Les revenus peu fabuleux du disque classique ne motivent certainement pas Hervé Corre – mais son devoir et sa conviction oui.

Georges Pludermacher, David Grimal, la guitariste Filomena Moretti, Laure Favre-Kahn, Matt Haimowitz, Wilhelmenia Fernandez, le compositeur Eric Tanguy, Bruno Fontaine, Bruno-Leoardo Gelber, Marcella Roggeri, Nahum Starkmann figurent donc au catalogue de Transart “Live”, qui se définit aussi comme un “label bio” ! Avec dix ans d’avance, Hervé Corre avait donc prévu la vague actuelle du développement durable – un principe qu’en agent avisé, il sait indispensable à une carrière bien menée !

Les disques Transart Live sont disponibles en téléchargement sur Qobuz.

Le site Transart Live.

PS -  A visiter, le très joli site-souvenir des Concerts de Valmalète, avec son abondante iconographie consacrée aux artistes que le Bureau a représenté…

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Mohamed Gastli, BeeJazz

Mohamed Gastli

Mohamed Gastli, BeeJazz
Photo : Jean-Baptiste Millot
Texte : Hannah Krooz

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Mais dans le domaine de la production discographique, indépendante, bien dure, croire en son étoile et ne pas trop douter plus qu’une necessité est un impératif, qui ne doit jamais entamer la fraîcheur. Quand on est un jeune homme, produire d’abord l’enregistrement, porter en studio les artistes là où ils doivent être, publier ensuite, diffuser, promouvoir, faire la publicité et quelques années plus tard avoir dessiné un dessin, un parcours, un destin à ses productions – ce qu’on appelle un catalogue, n’est pas donné à tous. Et il faut surtout convaincre, trouver les moyens et les alliés, et se rendre aimable.

Voilà où Mohamed est très fort : il possède cette gracieuse cool-attitude, une nonchalante fermeté : il semble ne douter de rien, mais sans prétention aucune. Il arrive à sa table le matin avec un feeling de plus, sa soirée de la veille, au club ou au concert. Ce n’est pas un don auquel il croit, une infaillibilité personnelle, qui lui lèverait tout doute. Pour lui comme pour ses semblables, qui ont embrassé la pratique de produire parce que toute autre activité eut été sans intérêt, c’est l’oreille qui compte. Donc, Mohamed croit son oreille. Il entend et sent, c’est son fond de commerce. Moins intéressé par tout le reste, la paperasserie et les délais de rendu des épreuves à l’imprimeur.

Son chemin de production fait penser aux “portraits chinois” qu’on trouvait à la page “jeux” des quotidiens : en reliant les points entre eux avec un stylo, on formait une image, bien cachée dans le nuage. C’est ainsi que se forme un catalogue qui a de l’allure, et un sens – ou pas. Plus tard, avec ses incartades et ses dérapages controlés, ce chemin devient un guide pour l’amateur – on écoute la dernière production de tel label, parce que, au-delà des artistes inscrits sur la pochette, cela implique une vision, un style, une idée de la musique.

Il est probable que Mohamed ne fera plus grand chose de son diplome d’ingénieur chimiste, ce faux passeport dont il s’est servi pour infiltrer la scène jazz de la capitale lorsqu’il a quitté sa Tunis natale. Mais, si l’on ose abuser de la métaphore, il n’a pas tout à fait quitté la chimie en produisant des disques, et de la musique. Ecoutez ses derniers opus, parus sous le label BeeJazz, et écoutez aussi le premier projet discographique du nouvel ONJ de Daniel Yvinec, dont il a accompagné l’aventure…

Un peu plus sur BeeJazz :

Le site Myspace
A télécharger en qualité CD et Studio Masters sur Qobuz.

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