Photoblogue de Jean-Baptiste Millot, photographe et musicien
Mina Agossi, le 26 décembre au Sunset.
Nous devions faire les photos après la balance, mais c’était sans compter les traditionnels embouteillages de la vie parisienne à la fin décembre. J’étais donc là, elle aussi, mais pas son contrebassiste. Il faut dire que je suis venu à vélo, mais il est vrai aussi qu’un Nikon, même le D700, est plus petit qu’une contrebasse. En attendant, Mina prend la pose, et elle le fait très bien.
Elle me dit qu’en ce moment elle écoute en boucle Maria Callas dans Puccini. Tout de suite, forcément, je pense à Mounette. Pour ceux qui regardent les photos sans lire le texte, Mounette, c’est ma mère, c’est elle qui adore l’opérette, mais aussi Maria Callas. Moi, je préfère quand elle écoute Offenbach, ça la rend beaucoup plus drôle !
Grand merci belle Mina, tu m’as fait penser qu’en ce jour d’embouteillages du 26 décembre, c’est le 49éme anniversaire de mariage de Mounette.
Portrait réalisé après la balance. On va dans sa loge, mais la lumière, l’endroit, ce n’est vraiment pas top. J’avais repéré un petit recoin sombre, éclairé juste d’un néon, où l’on trouve des chariots, diables et balais… on y va !
Jean est très détendu. Dès les premières photos, je sentais qu’on aurait la bonne. En plus, l’équipe qui l’accompagne est très sympathique. Je bois une bière avec eux, ils me donnent envie de revenir. Demain, je ferai des photos du spectacle.
Texte de Prévert, musique de Kosma, le tout avec la personnalité qu’on lui connaît, je ne me suis pas ennuyé !
”L’harmonica est un objet à rêver, c’est l’instrument du voyageur, de l’errant… Il génère un imaginaire qui va bien au-delà des possibilités qu’on lui prête.”
Voici le grand Jean-Jacques Milteau, harmoniciste, le 8 décembre chez lui près de la Place de la Nation, à Paris tel qu’en lui-même.
Pour fêter la sortie de son nouvel album « Soul Conversation », Milteau a squatté plus d’une semaine le Sunset. Si vous l’avez raté, vous n’avez pas d’excuse.
Aldebert, dans sa loge à l’Alhambra le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas (celui qui m’apportait des cadeaux quand j’étais petit).
J’en ai vraiment assez de rencontrer des gens sympathiques, simples et talentueux. Où sont les crapules donc, dans ce métier ? J’écris quoi, moi, sur des gens comme ça ?
J’en suis là de mes pensées, quand on sonne à ma porte alors que je n’attends personne.
J’y suis : mois de décembre, les étrennes, calendriers des pompiers ou éboueurs, voire faux éboueurs. Et ça insiste !
Mais non : c’est ma charmante voisine de palier que ma réputation de bricoleur pousse à me demander de lui remplacer une ampoule.
Quel rapport ? Vous voulez que je vous dise quel rapport, comme dit l’autre ?
J’étais en caleçon, je mets un pantalon, j’y vais. Et qu’est-ce qu’elle écoutait, vous vous demandez ? Et bien je vais vous dire :
Aldebert !
Elle est fan. Mais ce n’était pas son dernier album.
Cette photo, ce sera son cadeau de Noël, à la voisine.
Isabelle Mayereau avant son concert le 29 novembre à l’Archipel.
Beaucoup de douceur et de tendresse, voilà Isabelle ! Elle connaît bien la photographie, adore Diane Arbus et Annie Leibovitz… ainsi que mes portraits !! : )
Elle n’aime pas poser et n’a plus 20 ans à ce qu’elle me dit. Qu’importe, ce fut très simple, sympathique et sans maquillage. Isabelle a peut-être les cheveux un peu gris, mais elle ne change pas et reste très belle !
Quand je lui ai dit que la photo de la semaine, ce serait Isabelle Mayereau, le regard de Riesel s’est embué. Ça lui a rappelé sa jeunesse à Antirouille et il s’est mis à chanter, le bougre :
“Tu m’écris, tu m’écris sur papier d’Arménie des mots À , des mots À,
à parfumer mon lit.
Je dessine, je dessine sur papier d’harmonie des notes À, des notes À,
à chatouiller ton ouïe
et le temps passe comme ça douceur de papier de soie et le temps passe comme ça…”
Mais je préfère l’original à sa reprise. Bon, je vous quitte, il va pleuvoir…
Franck Avitabile, pianiste et compositeur. Le 20 novembre en trio au Duc (euh… j’ai pas d’actions au Duc mais que voulez-vous, ça se passe là en ce moment !).
J’aime beaucoup ce pianiste, rencontré pour la première fois en 2001, pour les photos de son album Bemsha swing. A l’époque je travaillais avec le M5 de Leïca et je venais d’acheter leur excellent compact Minilux. Depuis, j’avais un peu oublié ce boîtier , mais pas Franck, et encore moins sa femme. En effet, à l’époque, il avait craqué sur cet appareil, et le lui avait offert.
A propos de Leïca, l’autre jour, j’ai un peu regretté mon M5. Pourquoi ? Avant de répondre à cette excellente question, je dois vous dire que les Leïca « M » sont très silencieux au déclenchement, contrairement à mon Reflex Nikon. Donc, j’étais à la répétition d’une chanteuse qui était accompagnée seulement d’un piano. A un moment, elle termine un morceau très doucement, pratiquement a capella et c’est très beau …Photographiquement aussi, alors, clic clac a fait mon Nikon et moi, je me suis fait jeter.
En attendant, vivement 2009, car le mois de janvier nous offrira un tout nouvel album de l’ami Franck.
Il est né vers 1950 à Dakar au Sénégal où son père est un haut dignitaire issu de l’ethnie des Lébou. J’ai écris à Wasis pour lui dire que j’aurais bien aimé bien lui tirer le portrait , pendant, avant, ou après la balance…pas de réponse, mais j’y suis allé quand même.
Wasis est très très grand, et aussi très très sympa. Il est ravi que je fasse des photos ! Plein de monde à la balance, ambiance pépère. Le titre de son nouveau disque lui correspond à merveille « Judu Bek » - ce qui veut dire « la joie de vivre ». Un album très personnel, aux ambiances ouatées, chanté en français et en wolof, une vision moderne de la musique africaine. Pour le mixage, Wasis a fait appel à Oz Fritz, un collaborateur de Tom Waits !
Tout d’un coup, l’une de ses chanson me fait penser à Leonard Cohen.
En fait, rien d’étonnant, cette voix râpeuse et sensuelle reprend « Hallelujah » rebaptisée « l’Ange Djibril » en hommage à son frère disparu… plus beau que l’original ! A 19 heures, on replie, c’est terminé. Un type adorable vient me voir. C’est James, le père de Wasis, venu du Sénégal pour le concert. Il veut des photos avec son fils et sa petite-fille, c’est très important… et puis, il me propose d’aller boire un verre. Et cela ne se refuse pas, hein.
Jean-Pierre Kalfon à l’Archipel le samedi 8 novembre. Même les amateurs de porno n’allaient plus à l’Archipel. Alors un type l’a racheté pour en faire un bouclard musical improbable dans lequel, pourtant, quelques pointures…
Accompagné de son pote guitariste Eric Traissard, JPK, la belle gueule du cinéma français des années 70 (vous vous souvenez son duo avec Piccoli dans “Une étrange affaire” ?) chante du rock et du blues . Je ne savais pas qu’il chantait, et pourtant, il le fait depuis les années 70 et a même joué à New-york avec Bob Marley en 73 ! J’aurais du me douter : la musique ne l’a jamais quitté et rien que de l’entendre parler, ça chante !
Jean-Pierre a un point commun avec Mounette (Mounette, c’est ma mère) : ils sont nés la même année, en 38. Dans un mois et un jour exactement, c’est son anniversaire à Mounette, pas à Jean-Pierre, lui c’est passé, c’était le 30 octobre. En attendant Eric qui cherche une place pour se garer, j’en profite pour lui faire le portrait. J’ai pas pu m’empêcher de lui dire, en le voyant : je pense à un film complètement loufoque, de la fin des années 80, “Vent de panique” avec Bernard Giraudeau et Caroline Cellier. Comédie absolument délirante !
Je suis venu à l’Archipel faire des photos de L.O qui faisait la 1ére partie. Une chanteuse rockeuse, rebelle, sympa… et sexy ! Elle doit sortir son premier album en 2009.
Qu’est-ce que je pourrais bien lui offrir à Mounette cette année, encore un CD d’Offenbach ? Quand j’étais tout bambino, le rock, ce n’était pas le genre de la maison ! Je vous laisse, j’vais écouter une opérette. Tout de même … Kalfon, quel culte ce type !
Dmitry Baevsky, saxophoniste, lundi 27 octobre dans sa loge au Duc des Lombards.
Né à Saint Petersbourg en Russie en 1976, Dmitry vit à New-York depuis l’âge de 20 ans. Il est 18 heures au Duc, et Dmitry est seul avec sa manager, Marina.
J’envisage des portraits dehors mais il commence à pleuvoir, et pas qu’un peu. On va faire les portraits dans sa loge.
J’éteins la lumière du plafond et j’allume juste le néon du miroir…
Alain Jean-Marie et son trio sont arrivés, la balance va être de courte durée, mais efficace, car Dmitry sait ce qu’il veut.
Pour tout dire, c’est un “убийца” (killer) et on pense à Charlie Parker quand il joue… impressionnant !
Il est 19h, Dmitry est déjà en interview avec Sébastien Vidal car chaque lundi au Duc, TSF diffuse en direct son magazine suivi de la retransmission du concert de vingt heures.
Et pour finir un peu de poésie (je me demande bien pourquoi il n’y a pas de poésie sur Qobuz ! ) Белеет парус одинокий
В тумане моря голубом!..
Что ищет он в стране далекой?
Что кинул он в краю родном?..
Philip Catherine à Paris le 18 octobre. Ce soir il joue en solo .
Il est belge, vit à Bruxelles mais il est né à Londres le 26 octobre 1942. Mom est anglaise.
Son dernier album “Guitars two” est une merveille. Même ceux qui n’aiment pas le jazz aimeront ! C’est toujours un grand plaisir que de le voir. Plein d’humour et de gentillesse, c’est un amour !
Je ne vous apprends rien en vous disant qu’il a accompagné mon trompettiste préféré et qu’ils ont enregistré ensemble de magnifiques albums. Celui-ci n’a pas de titre mais Philip l’aime beaucoup. Moi aussi !
Sinon, ne pas se faire remarquer avec Philip, c’est dur. Je me souvient déjà que lors de notre première rencontre, il avait renversé sa tasse de thé heureusement vide. Là, en se levant, il a renversé le plateau, avec l’assiette. Beaucoup de bruit encore, mais rien de cassé, tout va bien.
Yves Jamait dans sa loge, à l’Alhambra le 14 octobre, rue Yves Toudic près du Canal Saint-Martin.
Dommage qu’ils aient dû tout casser sur ordre des fonctionnaires, au nom de la sacro-sainte Sécurité… Une splendide salle Arts-déco est donc devenue un cube noir certainement fonctionnel mais sans charme particulier. Au moins, les voisins peuvent dormir tranquilles.
Paris devient une ville où on dort tranquille.
J’avais assisté au concert de Yves Jamait en mars 2007 au Cabaret Sauvage, avec une douce compagne qui avait adoré aussi… ce qui n’était pas gagné de prime abord, car elle déteste l’accordéon ! Je ne me suis pourtant pas mis à l’accordéon, depuis.
” Passe le temps c’est sûr, si rien ne dure, il reste pourtant les souvenirs… ” dit Jamait.
Malgré une sciatique, il va déclencher l’ambiance à l’Alhambra, mélangeant humour et émotion. Un vrai régal, j’suis fan !
” Je tire sur le mégot trop souvent je l’avoue ” Au croisés du tabac qui se soucient de nous ” Je prends une bouffée, une pensée m’effleure :
” les couloirs de la mort seront-ils non-fumeurs ? “
Le saxophoniste Rosario Giuliani, le 11 octobre à Paris.
Il est dingue de Coltrane, on pourrait s’en douter, mais aussi de Bach, Mozart et Debussy. Chet Baker est très important pour lui, c’est-à-dire qu’on s’est bien entendus. La semaine prochaine, Votre Serviteur passe à la chanson et s’en va portraitiser Yves Jamait, un nouveau grand de la chanson française.
Originaire de New York, elle chante des standards du jazz, du blues mais aussi de la bossa-nova, et du gospel.
Avant de la rencontrer, je suis allé voir son site. “La musique”, y écrit-elle, “est la meilleure façon pour moi de m’accorder au monde. C’est ma vie, ma raison d’être que je partage grâce à la joie qu’elle me donne. ”
Une joie qu’elle rend, au centuple. Devant l’objectif, Manda rit. Son œil pétille, comme celui d’une enfant.
Le pianiste Alain Jean-Marie, au Café Universel, le 24 septembre.
Je m’étais retrouvé là pour réaliser quelques portraits d’Adèle, une chanteuse talentueuse et adorable que je ne connaissais pas, mais accompagnée au piano par le génial Alain Jean-Marie. Immense pianiste, avec une façon extrême de swinguer, en quelques notes seulement : avec lui il se passe toujours quelque chose, l’ennui n’existe pas.
Alain est un homme plein d’humour et de générosité. Azou est le patron sympa du Café Universel, endroit plein de charme où l’on entend chaque soir du jazz de qualité. C’est au 267 de la rue St Jacques. Juste à-côté de la vieille Schola Cantorum. Mais nul risque d’y croiser Vincent d’Indy. Ouf !
Rencontre avec Pierre-Laurent Aimard, l’un des plus impressionnants pianistes français autour de son actualité (Bach, Messiaen et Carter) mais aussi de son art de l’interprétation qu’il magnifie à chaque nouvelle étape de sa carrière.
Très craquante : Sophie Alour, le 18 septembre 2008, aux Disquaires, 6 rue des Taillandiers, Paris 11.
Quelques portraits avant la balance, qu’elle accepte avec gentillesse, bien qu’elle dise détester les photos. Naturelle, simple, directe et sympathique.
Dans Jazz mag, on apprend que Radiohead l’a beaucoup influencé pour son dernier album “Uncaged”. Allez l’écouter, tous les jeudis soirs !
Daniele Gatti, nouveau Directeur musical de l’Orchestre National De France à la veille du concert inaugural de sa prise de poste à Paris.
Photographié mardi 16 septembre au studio 104, dit Olivier Messiaen, de Radio France (qui n’a plus son orgue…).
Le successeur d’une prestigieuse lignée de chefs qui ont dirigé l’orchestre (de Ingelbrecht à Masur, de Manuel Rosenthal à Sergiu Celibidache, de Maurice le Roux à Charles Dutoit…) est un homme affable, courtois, charmant.
L’harmoniciste Olivier Ker Ourio, le 13 septembre, en face du Duc des Lombards.
J’ai rendez-vous avec Olivier à 18 heures, il est un peu en retard et la pluie se met de la partie. Au Duc, la nana qui s’occupe de la régie m’annonce qu’il ont un problème de logiciel : pas d’éclairage de scène, juste des lampes au plafond - et donc pas de photos du concert possibles…
Mais dehors il fait gris et Olivier a l’air bien fatigué ! On ira au bistrot de l’autre côté du Boulevard. Olivier vient d’avoir une petite fille et même si elle est la plus mignonne des petites filles, son sommeil reste agité, et celui du papa aussi. Ceci explique cela.
Vingt minutes pour quelques portraits, et comme c’est Happy Hour, le serveur apporte une mousseuse grand format. Ce métier a des avantages. Et de plus, chez Qobuz, ils m’ont fait des cartes de visite maintenant.
La vie est belle. Ecoutez la musique de Olivier Ker Ourio.
J’aime bien Truffaz. Il envoie du gros son, mais il y a toujours aussi une fragilité, une sensibilité, une émotion…
Je ne sais pas pourquoi il me fait penser à Benoît Poelvoorde, qui serait Suisse !
Il a la déconne facile et ne se prend pas au sérieux ! Un vrai plaisir de le voir et de l’entendre !
Et en plus, il joue avec Christophe, et il a bien raison !
Bojan Z… pour Zulfikarpasic !
Né à Belgrade, mais une chance : il parle comme un Français, installé en France qu’il est depuis 1988 où il devient en quelques années un musicien incontournable de la scène jazz ; sideman d’Henri Texier, de Michel Portal, et de Julien Lourau.
Six albums en tant que leader, dont Koreni ( 1998), et aussi Solobsession (2001). Et son dernier album Xenophonia (2006), où l’on retrouve bien sûr le piano, mais aussi et surtout le xénophone. Aussi proche d’un son saturé de guitare que d’un clavier, il s’agit d’un Fender Rhodes transformé par notre homme.
Rendez-vous à 17h devant le Sunside bleu ; il a une belle chemise bleue, y’a du soleil, le ciel est bleu… ce n’est pas tous les jours aussi bien… Une bière vers la Fontaine des Innocents, dans un grand café, branché, cher et vide ! Bojan a une sacré gueule, j’ai davantage l’impression de réaliser les portraits d’un acteur que d’un pianiste !
John Ellis, le 21 août avant la balance de son concert au Sunside. On avait une demi-heure pour les photos et je comptais sur Romain, mon grand garçon (qui a eu son bac avec mention très bien, d’ailleurs) pour faire l’interprète. Comment cela, vous vous en foutez ?
Mais Romain m’a planté. Donc - je sors du Sunside avec John et, vu qu’on n’avait pas trop de temps, nous nous installons juste à coté, au Baiser salé.
Café pour John, bière pour moi. John est très disponible, simple, hyper sympa, un vrai régal de photographe. Son père était Pasteur, il a vécu au fin-fond des régions rurales, en Caroline du Nord, avant de migrer à la Nouvelle Orléans pour y apprendre la musique…. Puis : sideman chez Charlie Hunter ( 4 albums ), Robert Glasper, Nicholas Payton, Jason Marsalis, entre autres…
Ellis vient de sortir un album surprenant : “Dance Like There’s No Tomorrow” (Hyena Records, 2008) inspiré de son éducation dans le Sud et de ses années passées à la Nouvelle-Orléans ; on y entend… du sousaphone ! (oui, le sousaphone, et pas l’hélicon, c’est vrai on les confond, mais l’Hélicon c’est Bobby Lapointe !)
Géraldine Laurent, par moi photographiée, au Duc des Lombards le samedi 2 Août 2008. Géraldine a été une vraie révélation en 2006, après que Jean-Claude Carrière l’a dénichée au Festival de Calvi. Le Duc était bondé ce soir là, pas facile pour sortir mon Nikon.
Après le premier set, canicule à l’extérieur, mais merci la clim Deluxe du Duc, qui marche très bien. Je la vois au dehors, pour la pause cigarette. Je lui demande d’accepter de prendre la pose, juste un instant. Incroyable : elle me dit qu’elle sort de chez le coiffeur ! Je ne sais pas si c’est vrai. On raconte toujours des conneries aux photographes. On n’est pas considérés dans ce métier !
Sur scène, Géraldine dégage énormément d’énergie. Ses reprises de standards des années 60 sont formidables ! Elle ne joue que du saxo alto mais ses influences sont en fait les souffleurs de sax ténor, avec, au premier rang de ses préférés ,Sonny Rollins.
Le New Morning, 17 juillet. Nils Petter Molvaer - trompettiste et compositeur Norvégien. J’en avais entendu parler, mais jamais entendu.
Né en 1960. Pionnier de la fusion jazz/musique électronique : son album “Khmer”, est sorti en 1998 sur le label ECM.
J’arrive à la balance, ils s’installent. Lequel c’est, le Nils Petter? Pas celui qui est en “marcel” noir, quand même !
Le batteur à l’air cool et sympa mais avec son bermuda et un tee-shirt vert, il va me faire regretter d’être passé à la couleur.
Je repère l’étui à trompette ouvert et j’attends. C’est “marcel” qui s’en saisit. Aïe ! Comment gagner ma vie de photographe et acheter des coupés décapotables rouges avec des modèles pareils à photographier ! Il a un aspect bien intimidant, pas vraiment avenant, surtout quand il parle.
Je m’approche de lui et en fait tout va bien. Il me donne même son adresse mail pour lui envoyer les photos.
Quelle bête de musique! Le son est énorme, impressionnant et envoûtant, le genre de son qui m’avait frappé dans les nouveaux bars à Berlin en 1992.
Môôôôsssieur Freddie Redd.
Ci-devant photographié - que dis-je… perçu… capté… brossé… fixé… chaloupé… catché… par mon Nikon D300 - bref. Freddie Redd à Paris, mardi 22 Juillet, à la fin de sa balance au Duc des Lombards. La maison Wikipedia vous informe que Freddie Redd was born May 29, 1928 - New York et que il is an American hard bop pianist and composer. Sacré hardeur de légende, oui. C’est lui qui a écrit et joué la musique de la pièce de théâtre “The Connection”.
J’y étais pour 17 heures, ça commençait. Mon confrère Christian Rose était là déjà lui aussi, fidèle à son Nikon argentique. 17 heures six minutes, balance expédiée, déjà finie. Rien dans la boîte de mon Nikon, la cata.
Freddie se lève du piano, souriant, il me cause en américain et vous savez ce problème que j’ai avec les langues étrangères et les étrangères en général. Je comprend que lui il aime les photos et les photographes, et qu’il aimerait bien en avoir. Je lui fais prendre la pose. Quelques portraits. Ô Dieux des photographes ! J’étais sûr d’avoir une bonne image. Il m’a donné son adresse pour que je lui envoie les photos. Pas une adresse mail, non, car il n’en a pas. Son adresse postale.
Longtemps que je ne vous ai pas parlé d’une attachée de presse. Celle du Duc, Perrine, vraiment sympa en vrai, mais par téléphone, pas facile sur ce coup. Je lui laisse un message sur sa boîte vocale Orange, pour lui dire que JBM (c’est moi) sera à la balance pour Freddie, pas d’inquiétude, je demanderai l’autorisation aux musiciens pour faire mes petites photos. A 18 heures 40, je reçois son texto : pas possible que je vienne à la balance, l’agent de Freddie a donné son accord pour un autre photographe, etc Il y a certains texto qu’il vaut mieux recevoir trop tard.
Nicole Henry, vendredi 11 juillet au Duc des Lombards. Avec un nom pareil, vous pourriez la croire de Sucy-en-Brie. Pas du tout : elle est américaine, chanteuse, formidable.
Je vous donne l’adresse de son site : www.nicolehenry.com Elle est grande, elle est belle, elle me fait peur un peu, moi qui ne suis pas si grand. Qu’elle est belle ! Un train d’enfer, une sensualité tonique et un feeling monstrueux.
Elle raconte des trucs entre chaque chanson, et du moins ceux qui y comprennent quelque chose se poilent.
Ne le dites à personne, je me suis fais draguer par un ami à elle, un Américain donc.
Lui non plus je n’ai pas compris exactement ce qu’il voulait me dire ou me faire, mais j’ai une petite idée sur la question. J’ai sa carte, je lui enverrai mes photos de Nicole. Il dinait avec elle après le concert. Le monde est assez mal fait, mais quelle soirée !
Lou Donaldson, 82 ans, au Duc des Lombards, mercredi dernier 16 juillet, quelques minutes avant le ou l’un des derniers 20 heures de PPDA. En haut de l’escalier. Il est super simple, drôle et sympathique. Il s’en fout pas mal d’être pris en photo et se marre tout le temps. Que du plaisir, faudra en parler à K. J. : ) ! C’est quand même fou qu’il soit encore avec nous, Lou. Quel type ! Il a commencé à enregistrer en 52 avec Milt Jackson et Thelonious Monk et a joué avec Horace Silver ou Art Blakey… Je ne peux pas résister à l’idée de vous annoncer pour la semaine prochaine une belle photo de Nicole H., dont je suis carrément tombé amoureux. Ne le dites pas à Maman, elle me rêve en ménage avec une institutrice.