Photoblogue de Jean-Baptiste Millot, photographe et musicien.
Kellylee Evans sort aujourd’hui son nouvel album « Nina ». Elle sera au Canada le 12 septembre au festival de Jazz à Sudbury. A Paris les 14 et 15 février 2011 au Duc des Lombards.
Avec la sortie de ce nouvel album, sonne aussi la fin des grandes vacances alors que Confucius disait il y a 2500 ans et en chinois : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ». Soit Confucius est un doux rêveur, soit nous sommes en plein cauchemar.
. Le nouvel album de Kellylee Evans à télécharger sur Qobuz. (au prix spécial “Qobuz découverte” à -20% jusqu’au 8 sept.).
China Moses sera le 28 août à Nantes au Festival de Jazz, Les Rendez-vous de l’Erdre.
China sera accompagnée par le quartet de Raphaël Lemonnier avec Daniel Huck au saxophone.
Laurent de Wilde sera au piano samedi 21 août, à la première édition du Festival « Jazz en Baie » au Mont-Saint-Michel. Il jouera au Sunside à Paris les 23 et 24 août.
Je ne sais pas ce qui m’a pris, avant d’aller voir Laurent, j’eus l’envie furieuse de me couper les cheveux. Alors, j’ai pris ma tondeuse et j’ai tondu. Tant et si bien, qu’on voyait alors, que je n’étais pas rasé. Je me suis donc rasé. Ensuite, comme j’étais comme un homme neuf prêt à partir, je suis sorti de chez moi, tout content, tout léger. A croire que le bonheur parfois ne tient qu’à un peu de poils et quelques cheveux …
George Clinton, le 4 août à son hôtel porte de la Villette, avant son concert au Glazart.
J’étais juste rentré de mon rendez-vous avec George quand je me suis rendu compte que j’avais oublié mon appareil photo à l’hôtel. La guigne. Voire la faute professionnelle ! Immédiatement, j’appelle l’hôtel. Personne ne répond, j’enfourche alors mon vélo. En 7 minutes et 34 secondes, essoufflé, je suis sur place. Je me rue dans le salon où George, seul, assoupi, est toujours là. Pas d’appareil en vue. Comme je suis un fin limier, je comprends tout de suite que George n’est pas que chanteur, il est coupable. Lentement, sans bruit, j’ouvre son sac. Mon appareil est là. Je le saisis et sors du salon avec la discrétion d’un félin. Je rentre chez moi avec un énorme soupir de soulagement. Au moment de poser mon appareil, je découvre avec stupeur que ce n’est pas mon appareil, et que le mien est là, à une place, certes, inhabituelle. Bigre. J’enfourche une nouvelle fois mon vélo et suis sur place en 6 minutes 23 secondes. Dans le salon, George dort encore. Il ronfle. Je remets son appareil dans son sac et m’éclipse. Pardonne-moi, George, de t’avoir accusé et aussi d’avoir inventé toute cette histoire, mais cette semaine, je n’avais rien à raconter.
Vendredi 6 août, Christian Escoudé ouvrira le 31éme Festival de Jazz et de Blues de Gouvy en Belgique, accompagné de Géraldine Laurent au saxophone, Anne Pacéo à la Batterie, Jean-Philippe Viret à la contrebasse et Thuryn Mitchell au piano/orgue. Il était la semaine dernière aux Nuits du Château de la Moutte, un festival soutenu par Qobuz Labs.
Le jour de la séance photo avec Christian, j’étais invité, le soir, à une soirée littéraire organisée par un ami. Non pour réciter un poème, mais pour faire clic clac avec mon appareil photo. Nous avons eu droit à toute une scène d’Hamlet, parait-il en version originale. D’après moi, et ma belle sœur anglaise si elle avait été là, c’était surtout une version très originale. Ensuite, nous eûmes un texte inédit de Raymond Devos. « L’autre jour, je vais chez mon voisin qui me dit, j’ai un ami ici et il est tailleur. Comment pouvez-vous avoir un ami ici et ailleurs, lui répondis-je ? Me prenez-vous pour un menteur, me dit-il avec emportement ? De joutes verbales, nous finîmes par nous battre comme de vrais chiffonniers. Heureusement, son ami qui était ici était tailleur. » D’après moi, ce texte est plus inédit que de Raymond Devos. Pour finir, l’organisateur a commencé à lire tout Proust.Ou plutôt Hugo. Si ce n’est Sénèque. Qu’importe, j’avais pris la porte, ça ne se fait pas de rester trop longtemps chez les gens.
Emmanuelle Swiercz était au festival d’Albi début juillet, elle sera le 31 au festival de Nohant. Pour avoir le plaisir de l’entendre à Paris, il faudra attendre le 11 octobre au théâtre Dejazet.
Le rire étant la chose la plus sérieuse qui soit, je pense qu’Emmanuelle ne me contredira pas si j’affirme qu’une journée sans rire est une journée de perdue. Et qui n’a pas entendu, au moins une fois dans sa vie, un éminent professeur de médecine dire que la santé passe par le rire ? Dans ce cas, mon frère, c’est une pharmacie à lui tout seul. Il aurait dû faire comique professionnel, il aurait des cachets proportionnels à son humour, la France entière irait le voir, et la Sécurité Social serait excédentaire tout en remboursant les billets. Depuis qu’il vit en Normandie, à chaque fois qu’il vient à Paris, je l’héberge, d’où ma santé éclatante. Hier soir, il est venu chez moi, qu’est-ce qu’il est drôle !
J’ai passé une soirée merveilleuse, très drôle. Si certains d’entre vous désirent profiter de ses biens faits, hébergez-le lors de ses passages à Paris, je vous le prête. A force de rire, je suis un peu fatigué, j’ai peut-être dépassé la dose prescrite. En plus il mange beaucoup.
Tous les ans, le troisième jeudi du mois de juillet, j’organise un apéritif sur les bords de la Seine, près du Pont Notre Dame, pour célébrer le départ des parisiens pour leur villégiature, et fêter ensemble tout ce qui nous semble opportun de fêter. Naturellement, je ne peux m’empêcher de prendre quelques photos qui immortalisent ces moments d’exception, finissant toujours par une photo de groupe. Cette année, nous étions un peu moins nombreux que les années précédentes car mes parents ayant beaucoup de mal à quitter leur Bretagne, ne sont pas venus. Mes nombreux frères et sœurs, non plus, ne sont pas venus. L’un n’a pas fini son boulot, l’une s’est fait kidnappée depuis plusieurs années, l’autre s’est cassé la jambe, etc… Par chance, leur conjoint les ont suivis. Mais, j’ai des amis. Denis, lui, est en plein déménagement, avec ma fête, je n’ai même pas pu l’aider. Sandrine, je crois, est en pleine dépression, quant à Raymond, puisqu’il est mort, ça fait trois ans qu’il ne vient plus. Malgré tous ces absents, le soleil était au rendez-vous, et nous avons passé un très bon moment. C’était calme et chaleureux. A tous, je redonne rendez-vous, l’année prochaine, le troisième jeudi du mois de juillet.
Anouar Brahem jouera en quartet, au Parc Floral de Paris, dimanche 18 juillet à 16h30.
Je travaillais sur les photos d’Anouar, quand mon téléphone portable égrena sa petite musique habituelle m’indiquant que quelqu’un venait de composer mon numéro. C’était Romain, mon fils. Que me veut ce petit merdeux ? me dis-je. « Bonjour mon chéri, que me veux-tu » ? lui dis-je. « Rien du tout, me répondit-il, je t’appelle juste pour t’apprendre une bonne nouvelle, j’ai mon BTS d’audio visuel son, (Brevet de Technicien Supérieur). Quelle bonne nouvelle en effet, car ce grand fainéant va pouvoir travailler, gagner de l’argent et enfin me rembourser tout ce qu’il m’a coûté depuis le 14 août 1990. Donc, si vous connaissez un poste d’ingénieur de son à pourvoir, pensez à mon fiston. C’est un charmant garçon, plein de bonne volonté, serviable et doux. Brillant élève durant toute sa scolarité, il a aussi étudié le piano, la guitare, le ukulélé, le xylophone et le triangle. En sport, il a suivi une formation très complète. Au foot, au tennis, à la piscine, au moto-cross, au cyclisme, au ju-jitsu et même au rugby, il avait un superbe équipement. Depuis sa plus tendre enfance, sa vivacité d’esprit n’ayant d’égal que son sens de l’humour, Romain a additionné une infinité d’éclats de rires au contact de son papa si rigolo, de plus, il chante avec une justesse et un talent d’imitateur à faire pâlir un piano numérique. En somme, Romain est la recrue idéale pour une entreprise qui saura se l’offrir grâce à des émoluments conséquents qui pourront me permettre d’acheter plein de trucs. Romain, merci qui ?
Cet été, Ben l’Oncle Soul fera son tour de France en passant aussi en Belgique. On le retrouvera le 29 septembre, à l’Elysée Montmartre avec ou sans maillot jaune.
Champagne ! Voici venu le moment de boire du champagne pour fêter dignement deux ans de collaboration avec Qobuz , et le baccalauréat avec mention de Victoire, une de mes nièces qui fût au temps de sa tendre jeunesse, on s’en souvient tous, la plus mignonne des petites filles. Aussi, pour l’occasion, je vais vous jouer de la trompette : tututututututu tututututututututututututututu tututututututu tututututututu tututututututututututututututu tututututututu. Je félicite tous ceux qui ont reconnu la musique de « Mon grand frère Eugène » écrite par mon grand frère à moi. Bon, la fête est finie, laissons place aux vacances et au fameux Tour de France. Quand je pense que par trois fois, j’ai failli y participer, au Tour de France, en 85, 86 et 89. La première fois, je n’ai pu prendre le départ simplement parce que je n’étais pas inscrit. La deuxième fois, je n’avais pas d’équipe et en plus, j’avais prêté mon vélo à mon frère. Et la troisième fois, je n’avais pas très envie de faire du vélo. Aujourd’hui, je ne regrette rien, cela m’aurait fait de la peine de priver Bernard et Greg du maillot jaune.
Dans le cadre du festival « Paris Hip Hop », la Cigale accueillera le 1er juillet Despo Rutti. Vous pourrez y entendre aussi Nessbeal, Alonzo et Mac Tyer.
A force de prendre des photos de gens connus, force est de constater que partout où je passe, maintenant les gens me reconnaissent, même sans appareil photo. Comme si c’était contagieux. Pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps, passant en Bretagne dans un village que seuls ses habitants connaissent, j’entends « Mais c’est Jean-Baptiste, notre photographe ! » C’était Mounette qui, comme savent très bien les lecteurs assidus de ce blog, est la cousine par alliance du cousin du père de mon frère, plus simplement, ma mère. Mais ce n’est pas parce que l’on devient connu qu’il ne faut plus voir ses parents. J’ai dû quand même leur signer un autographe, au bas d’un chèque car je leur devais encore un peu d’argent. Mais malgré ma récente notoriété, je suis resté très simple, et petit. Ne dit-on pas que la vraie grandeur est dans la simplicité ?
Ludo Pin inaugure le Buzz le 24 juin, c’est au 106 boulevard de Belleville à Paris.
Allant à la rencontre de Ludo, sur mon vélo et sous un soleil chaud, je compris qu’était venu le mois de juin entrainant dans son sillage son été et ses mariages, faisant travailler les adjoints aux maires, les prêtres, les organistes et les photographes, bref, les artisans d’un mariage réussi. J’en ai noirci de la pellicule avec de la robe blanche ! Vivre si souvent la plus belle journée de la vie des autres, c’est tellement merveilleux. Déjà, quand j’étais enfant, de la tribune de l’église où mon père était organiste, j’aimais assister aux mariages. D’abord, je trouvais toutes les mariées rudement belles, ensuite le prêtre me donnait la « boîte de mariage », dans laquelle avaient été les anneaux. Aujourd’hui, je ne trouve plus beaucoup d’intérêt à collectionner ces petites boîtes, et je ne trouve pas toujours que la mariée est très belle. Donc, je fais des photos et je collectionne des chèques. Du moins j’essaie. Et comme le disait merveilleusement Bourvil : « Vive la mariée ».
. Nouvel E.P. « Le Temps nous dira » sur Qobuz :
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Toutes les infos de Ludo Pin sur son myspace officiel.
Avant de partir en tournée au Japon, Vermeulen chantera le 23 juin à l’Archipel. (17 bd de Strasbourg , Paris 10éme)
C’est à Paris, près d’un train à la gare du Nord, que j’ai capturé Vermeulen dans mon appareil photo. J’aime les trains. Déjà, c’est rudement pratique quand on ne sait pas faire du vélo ou que l’on ne veut pas arriver épuisé à un rendez-vous. Ensuite, symboliquement, le train, c’est le voyage, bien qu’il soit quelquefois la scène cauchemardesque des jours de grève. Paradoxalement, le train est aussi un lieu où travaillent des cheminots, dans un monde à part et séparé de nous, où le seul pont qui nous relie est la CGT. J’aime les ponts. Tiens, le décor de ma prochaine photo sera peut-être un pont.
. Le dernier album de Vermeulen (label l’Algarade) sur Qobuz :
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Le myspace de Vermeulen.
Le label l’Algarade pour toutes les infos sur Vermeulen.
ZAZ sera le 19 juin au Festival Jazz Musette des Puces, à Saint-Ouen/Paris.
C’est à Paris, sous le pont de Grenelle, que j’ai capturé Zaz dans mon appareil photo. J’aime les ponts. Déjà, c’est rudement pratique quand on ne sait pas nager ou que l’on ne veut pas arriver mouillé à un rendez-vous. Ensuite, symboliquement, le pont est un merveilleux chemin possible entre des rives, bien qu’il soit quelquefois le raccourci désespéré pour l’Ailleurs. Paradoxalement, le pont est aussi un lieu où vivent des exclus dénués de tout et séparés de nous, où l’escalier est le seul pont qui nous relie. J’aime les escaliers. Tiens, ma prochaine photo sera peut-être dans des escaliers.
Lila Downs juste avant son entrée en scène à la Cigale, le 27 mai.
Je connaissais Lila sans le savoir. Quand je l’ai vue, mystérieusement j’ai songé à Frida Kahlo. Il y a sept ans, j’étais allé voir le film « Frida », car j’avais une amoureuse qui tenait à le voir. J’ai tout aimé, l’histoire, Frida, sa peinture, mon amoureuse, la musique. En quittant Lila, j’eus l’envie furieuse de revoir ce film. Ce que je fis le soir même. Et là, qui vois-je ? Lila, dans le rôle d’une chanteuse. Encore une fois, j’ai tout aimé, l’histoire, Frida, sa peinture, mon frère, la musique et Lila.
“Rivières de plumes” est le nouvel album de Louis-Ronan Choisy.
Je travaillais sur les photos de Louis-Ronan quand l’on sonna à ma porte. J’ouvre, personne. Tiens, un petit farceur, me dis-je. Je retourne à Louis-Ronan, songeur. Pourquoi je pense tout de suite à une farce ? Pourquoi pas une erreur ? Bon, c’est vrai, je préfère les farces que les erreurs… quoique suivant la situation, quelquefois, je préfère une erreur. Tiens, l’autre jour, j’étais sous la douche, tout savonné, quand l’eau rinçante et bienfaisante s’arrêta net de couler. Après enquête, c’était une erreur de la gardienne. Aurais-je préféré une farce de sa part ? A y réfléchir, cela dépend maintenant de la personnalité du farceur, de son intention aussi. Bon, qu’est-ce une farce vraiment, si ce n’est la démonstration de la prise de conscience de l’existence d’autrui ? Bon, oublions les farces et concentrons nous sur les photos de Louis-Ronan. Bon, là il est farceur, là il ne l’est pas…Laquelle prendre…
. Le nouvel album paru chez Bonzaï, sur Qobuz à -20%.
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Le site officiel de Louis-Ronan Choisy.
Pour la sortie de son album intitulé « Unicorn », Tigs, la chanteuse du groupe Chew Lips, sera lundi 17 mai au Point Ephémère.
Le groupe Chew Lips vient d’Angleterre, un pays où le mois de mai est un mois comme les autres.
En France, le mois de mai est très apprécié pour ses jours fériés, reconnaissons-le. Moi aussi, j’aime les jours fériés car je peux me lever à n’importe quelle heure. Le jeudi de l’Ascension par exemple, je me suis levé à 4 heures, le 1er et le 8 mai aussi. C’est génial parce que quand on se lève si tôt, ça nous fait de très longues journées où l’on peut faire plein de trucs. C’est fou de penser que si le mois de mai n’avait plus ses jours fériés, on ne pourrait plus dire « En avril, ne te découvre pas d’un fil, en mai, fait ce qu’il te plaît » et l’on ne pourrait plus rien faire. C’est tellement chouette que le lundi de Pentecôte, je crois, je me lèverai à 3 heures.
Wayne Beckford mettra le feu à l’Alhambra le 12 mai. Espérons seulement que cela restera au sens figuré.
Moi je vous dis : de nos jours tout est politique. Je sais, ça n’a rien à voir avec Wayne, mais ce n’est quand même pas de ma faute si cette semaine a été marquée par des élections en Angleterre et en Allemagne. Donc je vous le répète : de nos jours tout est politique. Et je m’y connais. Pourtant au temps du lycée, dans les cours d’éducation civique, la politique était pour moi une science impénétrable. Lors de ma deuxième seconde, pour un « devoir à la maison » portant sur l’Assemblée Nationale, j’eu la bonne idée de profiter de l’avantage du redoublant : Recopier le corrigé de l’année précédente. Ce que je fis avec une satisfaction du devoir bien fait et de la combine efficace. Quand Madame Caradec, notre professeur, nous rendit nos devoirs, j’eus la surprise d’avoir été démasqué : « Millot, vous recopiez soit, mais tenez-vous quand même un peu au courant. Depuis l’année dernière, nous avons eu des élections législatives et nos députés ont changé. » C’est là que je compris que tout était politique.
Je souhaite donc à Margaret Thatcher le courage de prendre les décisions qui s’imposent, et félicite chaleureusement Helmut Kohl pour la création de son tout nouveau Ministère Fédéral de l’Environnement.
Rufus Wainwright chantera seul au piano, au Théâtre Mogador le lundi 3 mai à 20 heures.
La journée d’un photographe est pleine d’imprévus. Le matin je me lève tôt, dès neuf heures je suis sur pied. Le bon thé du matin achève de me réveiller. Je consulte mon agenda pour savoir qui passera devant mon objectif aujourd’hui : c’est Rufus. Je prends une douche qui me réveille tout à fait. A onze heures, je suis fin prêt, je peux m’assoir devant mon petit-déjeuner. Un peu de vaisselle et de ménage me mettent de bonne humeur et m’ouvrent l’appétit. A une heure, je suis plein d’énergie face à un bon déjeuner. Je ne peux m’attarder trop longtemps, Rufus m’attend. A trois heures, j’enfourche mon vélo lesté de mes appareils photos. A mon retour, je me dépêche pour faire quelques courses car c’est déjà l’heure du goûter. A sept heures, hop, je file en cuisine pour la préparation du dîner que j’honore dans la foulée. A dix heures, harassé par tous ces imprévus, malgré un bon bain chaud, je me couche fourbu en buvant une petite infusion. Heureusement demain est férié, je n’ai rien de prévu, je pourrai enfin faire une grasse matinée.
Médéric Collignon sera au Théâtre Traversière (15 rue Traversière 75012 Paris) vendredi 30 avril.
Quand je suis sorti de chez moi pour mon rendez-vous avec Médéric, j’ai senti une atmosphère pleine d’odeurs enivrantes et me suis dit : «Voilà le printemps. » La sève qui remonte, les feuilles qui poussent, les fleurs qui s’épanouissent, les filles qui embellissent, les oiseaux qui gazouillent, les déclarations d’impôt qui arrivent dans les boites aux lettres, bref, toutes les promesses d’un bonheur à jamais renouvelé. Bien sûr, nous sommes au printemps depuis le 20 mars, mais il a quand même mis un bon mois pour s’installer. Quand je suis reparti de mon rendez-vous, après un bon café à l’italienne et quelques verres de grappa, j’étais toujours d’accord avec moi, le printemps était vraiment là.
. Le nouvel album de Médéric sur Qobuz :
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Le myspace de Médéric Collignon.
En sortant du concert, je ne sais pourquoi, j’avais dans la tête cette phrase d’un philosophe bien connu dont j’ai oublié le nom : « La Vie nous offre tout ce dont nous avons besoin sans combler nos désirs inspirés par nos peurs. » Une phrase comme ça, ça fait réfléchir ! Est-ce valable pour tous ceux qui souffrent, de la guerre, de la faim ? Retrouvons d’abord le nom de ce philosophe, et posons-lui la question ! Ensuite, j’ai eu envie de manger du poulet. Le lendemain, je suis allé chez un boucher passionnant parce que passionné, et lui ai demandé un poulet et le nom du philosophe qui aurait dit : « La Vie nous offre tout ce dont nous avons besoin sans combler nos désirs inspirés par nos peurs. » Il n’a pas su me répondre, mais m’a juste dit qu’il avait mis des herbes et qu’il fallait le mettre dans un four pas trop chaud pendant une heure et demi avant d’ajouter : « Si c’est vrai, il faut réfléchir sur la manière d’appréhender la souffrance. » Je suis rentré chez moi bien songeur avec mon poulet. A propos, l’œuf ou la poule ?
Arnault Cuisinier, qui joue sur une contrebasse “Jean Auray” sera lundi 12 avril au Sunside. Son nouvel album s’intitule “Fervent”.
C’est dans les environs de Limoges que j’ai rencontré Arnault, au Château Laborie lors d’un reportage pour “Jazz Magazine”. Comme j’y suis resté la nuit, j’ai dû préparer ma valise. J’y ai mis un caleçon et un tee-shirt pour dormir, comme brosse à dent, j’ai pris la mienne, la rouge. Je ne me souviens pas exactement quel dentifrice j’ai emporté mais cela n’a pas vraiment d’importance. A y réfléchir, cela devait être un dentifrice bio avec 5% d’extrait de plante (thé vert), 0,32% de fluorure de sodium, et, je crois, des essences naturelles de menthes. Pour l’action rafraîchissante, il devait y avoir aussi un peu d’alcool. Habituellement, je me sers d’un jet dentaire, mais comme ça m’ennuyait de le débrancher, je ne l’ai pas emporté. Quand j’y pense, heureusement, parce que en revenant à Paris j’ai perdu ma valise. Si vous voulez participer aux recherches, sachez qu’en fait ma valise est un simple sac en plastique, avec à l’intérieur un caleçon et un tee-shirt pour dormir, une brosse à dent rouge, la mienne, et un dentifrice bio. Pour me le rendre, je vous donne rendez-vous au concert d’Arnault au Sunside, le 12 avril vers 20 heures.
Wax Tailor dans sa loge à l’Olympia. Le 14 avril, il sera au « Printemps de Bourges ».
En quittant Wax, l’Olympia, le Boulevard des Capucines et le neuvième arrondissement, j’étais plongé dans mes pensées quand, tout à coup, j’entends derrière moi “Hé Millot, qu’est ce que tu fous là ?” Je me retourne, et… quelle stupéfaction ! Vingt ans après, ça fait un choc ! Quelle émotion. Il n’a même pas changé. Et quand je pense qu’en me réveillant ce matin, j’ai pensé à lui ! La vie vous fait bien des surprises. Que de souvenirs ont ressurgi, entraînant dans leurs sillages mille odeurs et sensations fugaces. Quand il est reparti, j’ai aussitôt appelé mon frère. “Tu ne devineras jamais qui j’ai revu !” En effet, il n’a pas trouvé.
Catherine Major était à l’Européen le 22 mars. J’ai beau vivre d’amour et d’eau fraîche, il me faut un peu d’argent pour acheter du vin. Alors, quand on se sert de mes photos, il m’arrive d’envoyer une facture pour que l’on puisse gentiment me payer. Une fois, au temps de l’argentique, je n’avais rien reçu. J’avais donc trouvé un système imparable pour éviter le conflit. J’ai écrit au mauvais payeur la lettre suivante : “Cher Untel, sauf erreur de ma part ou de la poste, vous m’êtes encore redevable de la somme de 2000 Francs. Cette situation m’ennuie beaucoup pour vous car je devine que, actuellement, vous rencontrez certainement des problèmes d’argent. J’en suis tout désolé, mais je vous en prie, gardez courage. Si nécessaire, je serais prêt à annuler votre dette, voire vous donner un peu d’argent. Et si par extraordinaire, vous ne me répondiez pas, rassurez-vous, je comprendrais votre pudeur, et vous assure tout de même de ma haute considération.”
Cela a été très efficace, sauf erreur de la poste, je n’ai jamais eu de réponse.
Le pianiste Boris Berezovsky sera en concert avec Brigitte Engerer, à quatre mains à la Salle Pleyel le samedi 27 mars.
La première fois que j’ai rencontré Boris, c’était à « La Folle Journée de Nantes ». C’est là que j’ai appris que Boris ne faisait pas que jouer à quatre mains. Avec son compatriote le pianiste Evgeny Kissin, il lui est arrivé de faire une course à quatre pattes, avec un cavalier sur le dos. Il semblerait que ce soit Evgeny qui a gagné. Je m’interroge. Les cavaliers étaient-ils homologués ? Quel poids ? Quelle position ? De quelle façon le départ a-t-il été donné ? Les règles de ce genre de course ont-elles été respectées, d’ailleurs quelles sont ces règles ? Un contrôle anti dopage a-t-il été effectué ? Qui a certifié Evgeny vainqueur ? Tant que je n’aurai pas toutes les réponses à ces questions, ne comptez pas sur moi pour vous raconter cette histoire.
Dee Dee Bridgewater, son nouvel album s’intitule « Eleanora Fagan ».
J’ai beau savoir plein de trucs, je ne savais pas que l’artiste à qui Dee Dee rend hommage s’appelait en fait Eleanora Fagan. Voici une charade qui va vous faire découvrir qui est cette artiste. Mon premier est un préfixe qui indique un doublement. Dans mon deuxième, j’en connais qui ronflent. Mon troisième ne sert pas qu’à se laver les pieds. Mon quatrième se trouve au fond des tonneaux de vin. Mon dernier est une préposition de temps utilisée par Victor Hugo pour son départ à l’heure où blanchit la campagne. Mon tout est une artiste à qui Dee Dee rend hommage et qui s’appelait en fait Eleanora Fagan.
Jacques Coursil , trompettiste, sera en concert le 19 mars, à la Maison du Peuple à Pierrefite-sur-Seine.
Samedi, pour ma petite soeur, j’ai joué Ständchen de Schubert à la trompette. Je l’ai joué sans accompagnement car dans les cimetières il n’y a pas de piano. Dorénavant, je décrète le mois de mars, “Mois de la Trompette Pour les Petites Soeurs qui Partent Trop Tôt”. Je remercie Jacques Coursil, le septième trompettiste de la photo de la semaine, d’inaugurer le “MTPPSPTT” et de rendre ainsi hommage à Marie-Catherine ma petite soeur.
Federico Pellegrini, le chanteur du groupe “French Cowboy” dont l’album “(Isn’t my bedroom) A Masterpiece” sort ce lundi 1er mars. “French Cowboy” sera sur scène à Paris au Nouveau Casino le 11 mars.
Heureusement, malgré le nom de son groupe et de ses albums, Federico m’a parlé français.
Pourtant, au collège, l’anglais, je l’avais étudié en première langue. Mais c’était sans compter que je partageais ma chambre avec mon frère, celui qui était très fort à me pousser à faire des bêtises. Alors que lui, il faisait allemand et italien, il m’aidait à faire mes devoirs d’anglais. Pour finir, on dessinait sur mon livre d’anglais des moustaches, des lunettes, des chapeaux, avec un talent et un goût assez contestables. Arrivé à la fin de l’année scolaire, d’après mes notes, il était évident que l’aide de mon frère n’avait pas été très efficace, et surtout, il fallait rendre le livre. Là, mon frère, il a eu une idée géniale. Pour que le professeur ne voie pas les pages illustrées par nos soins, on en a coupées certaines et collées d’autres ensemble. Un vrai massacre. Mon frère, il en était plié de rire et moi aussi je riais. Le lendemain, en faisant la queue pour rendre les livres, je riais beaucoup moins. Arrivé à mon tour, tremblant je tendis mon livre, le professeur le saisit, l’ouvrit et vloup… le livre se referma. Quand le professeur cria “au suivant”, je n’étais pas devenu bilingue certes, mais j’étais sauvé.
. Le nouvel album sur Qobuz.
Suivre les French Cowboy sur leur myspace.
Sarah Veilhan, violoncelliste à L’Ensemble Orchestral de Paris.
Cette semaine, je me suis pris pour un espion. Armé de mes deux redoutables 105mm 1:2.8 et 50mm 1:1.4, et grâce à mon contact LN, chargée de mission communication et nouveaux médias de l’EOP, je me suis infiltré dans les coulisses du 104. Pendant deux jours, j’ai mitraillé discrètement. Personne ne m’a vu ni entendu, sauf tous les gens qui étaient là bien sûr. Après moult périlleuses péripéties, ma mission remplie, je suis reparti comme je suis venu, par la porte, celle qui donne sur la rue. C’est sûr, la prochaine fois qu’on me contacte pour photographier un orchestre, je le ferai en me prenant pour un photographe, espion c’est trop fatiguant et beaucoup trop risqué.
Benjamin Biolay au Casino de Paris le 9 février, il y reviendra les 7 et 8 mai.
Aller au concert de Benjamin la semaine de la Saint-Valentin, c’était fatal. Elle était là. Belle comme le jour, un soir d’été en Corse du Sud. Je ne suis jamais allé en Corse, mais c’est mon frère, celui qui a vécu aussi en Chine, qui m’a décrit la beauté d’un soir d’été en Corse du Sud. Avant de partir en Chine, il a vécu en Corse pendant trois ans, mais dans le Nord, à côté de Bastia. C’est là qu’il a rencontré un Corse, qui venait du Sud et qui lui a parlé de la beauté d’un soir d’été chez lui. Et bien, elle était exactement comme ça. Calme, lumineuse et sombre aussi, mystérieuse telle une apparition, avec un ruban comme on les aime dans ses cheveux harmonieux…Pour la revoir, je retournerai les 7 et 8 mai au Casino de Paris au concert de Benjamin, j’espère qu’elle sera là, sinon, j’attendrai l’été et le soir et j’irai en Corse du Sud.
François Couturier jouera son album “Un jour si blanc” à la Maison de la Poésie à Paris le lundi 8 février.
En publiant cette photo de François, bien qu’elle n’ait pas daigné m’adresser la parole une seule fois, je ne peux résister de vous présenter Titine, sa perroquette et de vous parler du temps où j’habitais rue de la Roquette. J’allais fréquemment « Au père Roquet », un bistrot tenu par Monsieur et Madame Pierre Roquet. Naturellement, ils avaient un perroquet, qui braillait dès que quelqu’un franchissait le seuil de la porte : « Au père Roquet, tout est okay ». Et pour compléter la galerie, comme François, ils avaient un chien. Un roquet, un vrai, pas du genre petit chien hargneux qui aboie pour un rien, non, le roquet qui est un croisement entre le petit danois et le doguin. Bien sûr, avec l’esprit qui les caractérisait, ils l’avaient appelé Roquette. Bref, un joyeux tableau où l’on avait plaisir à s’y rendre et goûter une cuisine simple et bonne, où la seule salade autorisée était, comme par hasard, la roquette. De temps en temps aussi, j’allais, au tout début de la rue de la Roquette, dans le passage du Cheval Blanc, « Au père Cheuron », un bistrot tenu par Monsieur et Madame Cheuron. Mais je vous en parlerai quand je prendrai en photo un musicien ayant un cheval.
MARY’S DREAM, en concert le 11 février à la Maroquinerie.
C’est la première fois que je prends en photo un musicien dans un Paris enneigé. Bigre ! C’était beau mais j’ai eu un peu froid. Sitôt arrivé chez moi quelque peu frigorifié, la sonnette du téléphone retentit, je décroche : c’est mon frère, le paysan normand. C’est fou ce qu’il est doué mon frère. En six mois, le citadin, qu’il était depuis sa naissance, est devenu un homme de la terre avec une profonde sagesse à faire pâlir le plus âgé des moines tibétains. « Mais voyons JB, sois raisonnable ! Si tu as froid, tu coupes du bois. Déjà tu commenceras à te sentir mieux, ensuite tu le fends, là je peux te dire que tu auras chaud. Pour finir tu le ranges, mais avant, je te conseille de faire tomber la veste. Moi je te dis, quand t’as froid, le bois y a qu’ça de vrai ! » Mais le plus extraordinaire, c’est que mon frère, rien qu’en parlant, il m’a tant réchauffé le cœur que je n’avais plus besoin de couper la moindre brindille, j’avais déjà chaud.
Jean-Loup Longnon, dans sa cuisine. Il sera au Sunset avec son Big Band le jeudi 28 janvier.
Quand on rencontre Jean-Loup, on ne peux qu’être très impressionné par son extraordinaire capacité de travail. Lors de la séance photo, sa mère était là. J’en ai profité pour lui demander quel était le secret de son fils. Elle m’a regardé avec des yeux tout pétillants, me prit par le bras pour m’emmener dans la pièce voisine, et à voix basse me répondit : “Mon Jean-Loup, s’il est capable de travailler autant, c’est qu’il peut passer facilement huit jours sans dormir”. Devant mon air incrédule, elle enchaîne : “Si si, je vous assure, il ne dort que la nuit.”
« La Fête à Django ! » Rocky Gresset sera au Sunset le 19 janvier.
En vous présentant Rocky et sa belle guitare, c’est pour moi l’occasion ou jamais d’avouer à ma soeur Fonfon ce qui s’est passé il y a bien longtemps avec sa guitare. Elle aimait Georges Brassens et je crois que c’est pour ça qu’elle avait reçu une guitare, je ne sais plus par qui, en tout cas pas sur la tête.
Sa guitare était rangée dans une housse, elle était surtout rangée. En effet, je ne me souviens absolument pas de Fonfon jouant de la guitare. Et un jour, avec mon frère, nous, on a eu envie d’en jouer. Le jeu consistait à se courir après en se tapant sur la tête avec, en tenant l’instrument par le manche. Nous partions du salon de musique et nous traversions tout l’appartement dans un sens. Arrivés au bout, dans une salle de bain, nous échangions nos rôles et nous repartions dans l’autre sens. Le “bing” que faisait chaque coup sur la tête, somme toute, était très musical et ne faisait pas mal du tout. Et pour celui qui tapait, le plus drôle était le rebondissement de la guitare sur la tête de l’autre. Bref un jeu parfaitement crétin pour abrutis d’un moment. Et ce qui devait arriver arriva, après quelques aller retour, le “bing” si harmonieux se transforma en un “crac” bien explicite. Le jeu était fini. Discrètement, nous avons remis la guitare dans sa housse. Quand un beau jour, Fonfon eut envie de renouer avec Georges Brassens, elle comprit qu’elle n’était pas la seule à ne pas jouer convenablement de la guitare. Pardonne-nous Fonfon, c’est promis, on ne le refera plus.
Claire-Marie Le Guay joue le concerto de Schumann le 12 janvier à Roanne et le 16 à Chambery.
Je ne sais pas ce qu’en pense Claire-Marie, mais moi, je déteste la fête que font les gens pour la nouvelle année, et las de refuser les multiples invitations habituelles, cette année, j’ai invité du monde et on a fait la fête chez moi. Pour commencer, j’ai rédigé un petit mot à l’attention de mes voisins pour les prévenir de nuisances sonores potentielles, en les remerciant de leur compréhension. C’est vrai qu’on a fait beaucoup de bruits, il y avait tant de monde, mon salon était bondé, c’était chouette. Parcimonie ayant oublié de venir, on a bu sans elle, oubliant totalement cette histoire de mode et de ration. Puisqu’on avait le droit on a mis la musique très fort. On ne s’entendait plus parler, même en hurlant. C’était génial. A un moment, j’ai même jeté plein de trucs par la fenêtre. Je peux vous dire que le lendemain, il n’y avait pas que le Capitaine qui était fracasse ! Je ne comprends pas, moi, tous ces gens qui ne supportent pas qu’on s’amuse gentiment pour fêter la nouvelle année.
Laisser 2010 s’exprimer. D’après ma belle-sœur chinoise, la nouvelle année est l’occasion de s’envoyer des proverbes
nous invitant à nous rendre meilleurs. Je vous livre donc le proverbe chinois qu’elle m’a envoyé :
“的一條腿給踢在下降,樹死亡。”
et que je vous traduis :
« L’unijambiste donne un coup de pied en tombant, l’arbre en mourant. »
Que cette belle pensée vous aide à vivre cette nouvelle année que je vous souhaite merveilleuse.
Hindi Zahra à Paris, décembre 2009, sortie de son album “Handmade”. Elle sera à La Cigale le 15 février prochain.
Cette semaine, je suis allé en Bretagne, non pas pour photographier Hindi, mais pour fêter les cinquante ans de mariage de mes parents. J’ai naturellement emporté mon Nikon et mon âme de sociologue pour tenter de comprendre mes parents et les bretons. Et j’ai tout compris. Pour mes parents, au regard de la complexité et de l’intérêt du sujet, je vais consacrer tout un livre très épais, agrémenté de nombreuses photos qui paraîtra au Edition du Seuil le 12 avril 2018. Quant aux bretons, la chose est simple, claire, limpide : Les bretons ont le sentiment très fort de se sentir tous frères puisqu’ils ont non seulement la mer qui les entoure mais aussi Quimper.
Luciole, décembre 2009, année de son premier album “Ombre”.
J’ai donné rendez-vous à Luciole avenue Victoria à Paris, dans un Pub où il y a un billard. Nous avons joué une partie pendant la séance photo, sans en connaître les règles ni l’un ni l’autre, et nous avons réussi à gagner tous les deux. Revenant dans mon vingtième arrondissement, la nuit de décembre et la neige tombant, je rencontre un petit bonhomme plus petit que moi, dix ans environ, et qui vend des billets de tombola. C’est pour la kermesse de son école, deux euros le ticket. Je lui en ai pris cinq sans hésiter pensant au petit bonhomme que j’étais il y a …trente ans ! J’étais dans une école Saint-Joseph, avec son annuelle kermesse. Pour motiver les troupes, celui qui vendait le plus de tickets gagnait un walkman car à l’époque le baladeur n’existait pas. J’étais très, très motivé. La première année, j’ai vendu 479 tickets et gagné le walkman. La seconde année, avec cette fois l’aide de mes petits frangins, j’ai vendu 641 tickets. Il n’y a pas eu de troisième fois, car dans cette école, malheureusement, on ne pouvait pas tripler son année. Comme je n’irai pas à sa kermesse, je ne saurai jamais que j’ai sûrement encore gagné.
Marcus Miller revisite l’album “Tutu” à la Salle Pleyel le 21 décembre.
Chaque année, le 11 décembre, c’est toujours la même chose, c’est l’anniversaire de Mounette. Je l’ai donc appelée au 02.96.89.92.37 pour l’inviter au concert de Marcus en guise de cadeau. Eh bien, je suis tombé sur quelqu’un d’autre. Sans doute une erreur de numéro. J’ai recommencé en faisant plus attention, et j’ai réussi. J’ai pu alors lui souhaiter tout ce que je voulais. Mais bon, Mounette, le jazz, ce n’est pas son truc. Alors, je lui ai offert une citation d’Hippolyte Taine, (beaucoup plus économique) : “J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats. La sagesse des chats est infiniment supérieure.” Et bien, Mounette, qui n’a pas beaucoup étudié les philosophes, je vous l’accorde, a été comblée.
(c) Jean-Baptiste Millot / www.qobuz.com – DR-
Denis Lavant, joue Timon d’Athènes, de William Shakespeare jusqu’au 13 décembre à la Maison de la Poésie. Peut-être parce qu’il a fait aussi une école de mime, Denis m’a fait penser à mes héros d’enfance, Oleg Popov, Charlie Rivel. En effet, petit, je voulais être clown. Clown trompettiste acrobate précisément, alors mon père m’a inscrit à un cours de trompette et dans une école de cirque. Qu’est-ce que j’étais drôle, surtout au cours de trompette. Et puis j’ai fait aussi de la compétition de gymnastique, dans une équipe où il y avait mes frères qui me disaient tout le temps « aller Titi, fais nous rire ». Ça marchait très bien, je les faisais rire mais on n’a pas souvent gagné. Aujourd’hui, bien que je ne sois pas devenu clown, je suis toujours très rigolo.
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Le myspace de Timon d’Athènes.
Daniel Mille sera le 8 et le 9 décembre au Sunside.
Une fois n’est pas coutume, parlons littérature. En effet, avec la mise à l’honneur de Daniel dans la photo de la semaine, comment ne pas évoquer ce merveilleux conte écrit en français par une anglaise, où il est question d’un vieux monsieur accordéoniste qui trouve un sens à sa vie grâce…à un oiseau.
La navigatrice Ellen MacArthur, dans une interview, le cite même comme son livre de chevet. C’est un livre poétique, où tout est dit en quelques mots avec la musique en arrière plan. Si un musicien l’a mis en musique, qu’il me fasse signe, que je joue avec lui ! Et puis peut-être, on fera des photos.
. Le nouvel album de Daniel Mille : L’Attente.
Issam Krimi sera au Trois Baudets les 27 et 28 novembre pour la sortie de son album « Barbara piano solo » chez Bee Jazz. En rencontrant Issam, je me suis retrouvé au temps du collège où mes meilleurs copains s’appelaient Bouguetaya, Achenan et Samir. Nous habitions donc une banlieue parisienne un peu agitée, et comme toutes familles nombreuses qui se respectent, mes frères et moi savions nous battre. A la maison, nous avions un baby-foot, un vrai, comme dans les cafés, sauf que l’on n’était pas obligés de mettre des pièces. Et dès que nous avions des professeurs absents, ou que nous, nous nous absentions, on se retrouvait autour. Et comme le baby-foot ne comptait pas pour le brevet des collèges, mes copains et moi n’avons pas fait de brillantes études. Sauf un, Samir, lui, il avait de l’ambition, il a fait centrale pendant quinze ans. Pour cette séance photo, Issam est venu chez moi alors que je n’ai pas de baby-foot, et on a même oublié de se battre.
Matthieu Boré a sorti son nouvel album « FRIZZANTE ». On pourra le voir à l’Olympia le 30 novembre, et le 30 décembre au Duc des Lombards. Lors de la séance photo avec Matthieu, j’ai automatiquement pensé à mon neveu, celui qui s’appelle Matthieu évidemment. Mais j’ai fait pire. Sachant que l’un est né le 29 juin 1971 et l’autre le 22 février 1992, je n’ai pu m’empêcher de calculer leur différence d’âge tout en prenant des photos. Bon, je vous le dis quand même, ils sont nés à 20 ans 7 mois et 24 jours d’écart. Cela n’a aucun intérêt, je vous l’accorde, si ce n’est de montrer que je compte bien. Mais pas dans tout. Mon banquier, par exemple, s’est souvent plaint par lettre, parfois même recommandée, de mes lacunes en calculs. Mais ça s’est arrangé, j’ai changé de banque. Et il nous reste, pour retrouver Matthieu, à l’Olympia 16 jours et 8 heures, et au Duc des Lombards 46 jours.
. “Frizzante!!” chez Bonzaï Music.
Le myspace de Matthieu Boré.
Alex Gopher, vient de sortir son tout nouveau double-album : « My New Remixes ». Son studio d’enregistrement se trouve rue du Faubourg-Poissonnière. C’est fou. C’est exactement la rue où je serais allé il y a environ cent cinquante ans, si j’avais pris Luigi Cherubini en photo pour la création de son opéra « Ali-Baba et les Quarante Voleurs », ou alors Jean-Baptiste Corot pour son « Agar dans le désert ». Mais pour cela, il eut fallut que Qobuz vende de la peinture en ligne.
. Alex Gopher sur Qobuz :
Le site officiel : http://www.go4music.fr/
David Greilsammer, qui vient de sortir un nouvel album « Mozart », jouera salle Pleyel vendredi avec l’orchestre de Radio France. Il n’y jouera pas Mozart mais Bernstein, Boulanger et Gershwin. Ce concert sera enregistré en vue d’un CD que l’on pourra écouter quand on veut. Alors à tous ceux qui sont un peu grippés et surtout toussoteux : « soyez patients et restez chez vous. »
Jozef Dumoulin sort son nouvel album “Trees are always right”, le 27 octobre chez Bee Jazz. C’est la soixante-huitième fois que je le fais. Et à chaque fois, c’est important et je n’ai pas vraiment le choix, je dois le faire. Tout les six mois, ça me tombe dessus. Et encore, je n’ai pas suffisamment voyagé, du moins pas assez loin d’Ouest en Est, pour y être davantage obligé. La preuve, c’est la soixante-huitième fois que je le fais. C’est-à-dire le minimum. Personne n’a fait moins, du moins quelqu’un de mon âge ou né avant 75. Sauf quelqu’un qui serait tombé dans le coma plus de six mois. De là à être content d’être dans le coma pour éviter ça… En tout cas, voilà, c’est fait, j’ai mis mon réveil à trois heures du matin, et sitôt réveillé, je l’ai reculé d’une heure et me suis rendormi la conscience tranquille. Je serai à l’heure pour ma séance photo avec Jozef.
Dorado Schmitt, guitariste de Jazz manouche, sera au New-Morning vendredi. Dorado a une très grande reconnaissance pour son père et il veut la lui témoigner. Cet été, je suis allé jusqu’en Lorraine, à Forbach précisément, pour le prendre lui et sa famille en photo. Il était une fois à la cour d’Eisenach! A la cour d’Eisenach ! taintaintaintaintaintain qui se nommait Kleinzach! Qui se nommait Kleinzach ! Il était coiffé d’un colbac, et ses taintain, ses taintain faisaient clic clac! clic clac! clic clac! Voilà, voilà Kleinzach! Et voilà, Mounette, entendant le nom Forbach, chante la Légende de Kleinzach des Contes d’Hoffmann d’Offenbach. Elle est comme ça Mounette, elle ne peut pas s’en empêcher, même si il lui manque des mots. Et Dorado a tenu à avoir son père sur la photo de son tout nouvel album. Vous vous dites, « oulala, il ne doit pas être tout jeune son père ». Rassurez-vous, c’est lui son père. Quant au mien de père, il a aussi une moustache et il est aussi originaire de la Lorraine. En passant par la Lorraine, avec mes sabots, bon ça suffit Mounette.
. Le nouvel album « Dorado Schmitt Family »
Maurane et Nougaro, à l’Alhambra.
Il y a quelques années, j’avais un petit piano. Il avait cinq octaves alors qu’un piano normal en a 7 et demie. Pour ce que je voulais en faire et la taille de mon appartement, il était parfait. J’avais appris à jouer domisoldomisoldomi domisoldomisoldomi, dorélaréfalaréfa dorélaréfalaréfa etc. Vous aurez certainement reconnu le Premier Prélude du premier cahier du Clavecin bien tempéré de Jean-Sébastien Bach. Pas comme ces invités à qui je leur avais joué : « Ah, il joue du Maurane, maintenant ? » – « C’est pas Maurane, c’est l’Ave Maria de Gounod, je l’ai entendu au mariage de ma sœur. » J’aurais été rudement étonné qu’ils me citent aussi le Credo d’Arvo Pärt.
Laissons là ces bras cassés de la tête, et retrouvons plutôt Maurane qui nous fait redécouvrir les si belles chansons de Claude Nougaro avec entre autres « Ah ! Les débrouillards ».
Elisabeth Kontomanou, qui sort son nouvel album « Siren Song », le 8 octobre.
Pour rencontrer Elisabeth, j’ai dû aller à Nîmes. J’ai donc pris mon téléphone et appelé la Société Nationale des Chemins de fers Français. Je n’ai pas eu Guillaume directement, il faut dire qu’avec les 25 milliards de chiffre d’affaire et la dette de 8 milliards il a d’autres chats à fouetter, mais Mireille. C’est elle qui s’occupe de tout ce qui concerne le voyage à la SNCF. Mireille, je la connais par mon cousin, du temps où elle était à HEC. Très rapidement elle a rejoint la SNCF et aujourd’hui, elle en est la Directrice générale déléguée SNCF Voyages. Mon cousin, je crois qu’il était très amoureux de Mireille, mais une chose est sûr, il ne lui a jamais dit. Et à force de ne pas lui dire, ils ne se sont jamais mis ensemble. Toujours est-il que quand je l’ai eue au téléphone, elle m’a gentiment conseillé de prendre mon billet par Internet plutôt que de la déranger. J’ai suivi son conseil et ça a marché, mon cousin en était tout fier. Le voyage s’est très bien passé et ainsi j’ai pu faire ma photo d’Elisabeth.
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Retrouver Elisabeth Kontomanou sur son myspace.
Chez PlusLoinMusic : Le nouvel album: “Siren Song”
« La Fiancée », nouvelle perle de la chanson française, sera au Sentier des Halles le 7 octobre. Ce week-end, je suis en Normandie, chez mon frère et sa douce Kay, ceux qui, il n’y a pas longtemps, habitaient encore la capitale au métro Anvers et ont déménagé au mois de juillet. Depuis qu’ils y sont, il y fait beau comme en Corse. Le vin y est toujours aussi bon, mais ça, ça n’a rien à voir avec la Normandie. Le soir, bien fatigué, la campagne c’est tellement reposant, je gagne ma chambre situé au grenier. Là, peut-être qu’il n’y fait pas aussi chaud qu’en Corse. Heureusement Kay a une bonne couette pour moi, et une housse. Mais ce n’est pas facile d’enfiler une couette dans une housse. Surtout le soir tard, quand on a envie de dormir. Ni une ni deux, j’appelle mon frère. Il a sa technique. Il va dans la housse avec la couette, il y place bien les coins, et hop il en ressort en y laissant la couette. Il faut dire que mon frère, c’est un acrobate !
Mais revenons à « La Fiancée », qui n’a pas besoin de couettes pour être belle. Elle sera le 4 novembre au festival des Inrocks à l’Olympia, et le 5 aux Trois Baudets. Et en attendant, comme je vous le disais, cette nouvelle perle de la chanson française sera au Sentier des Halles le 7 octobre.
Arthur H était samedi, à la Cité de la musique. Il clôture ainsi sa tournée « L’Abondance Tour ».
Après la balance, déçu de ne pouvoir assister au concert, je suis rentré à la maison. Comme je me trouvais sur l’Avenue Jean Jaurès, j’ai tourné à gauche pour prendre la rue Eugène Jumin. Au bout, toujours à gauche, j’ai emprunté un petit peu de la rue Petit, histoire d’arriver à la Place du Général Cochet et de la traverser. Et là, sans hésiter, radicalement à droite, je me suis embarqué dans le Boulevard Sérurier qui m’a ouvert tout naturellement la rue Haxo, légèrement sur ma droite. Et maintenant, toujours tout droit, changeant même d’arrondissement sans crier gare, je suis arrivé tout simplement dans la rue Etienne Marey.
Et si la tournée d’Arthur est déjà terminée, vous pouvez le retrouver à Londres le 22 octobre, au Barbican, dans un hommage à Brel, il faudra donc passer par la Gare du Nord.
Eric Le Lann sera au Duc des Lombards, les 16 et 17 sept. A ne pas louper ! Tout comme ma quiche courgette-tomate de samedi soir. C’était facile. Faire revenir un oignon haché dans le beurre chaud et ajouter une tomate mûre coupée en dés ainsi qu’une courgette coupée en petits triangles. Saler, poivrer et ajouter un peu de ciboulette. Battre 4 oeufs, y verser 50cl de lait et y ajouter les légumes. Bien mélanger. Préchauffer le four à 200°C. Etaler le mélange dans un plat à tarte munie de sa pâte brisée que l’on aura piquée gentiment avec une fourchette. Enfourner pendant 30 minutes et hop, à table avec un petit Anjou par exemple.
Tout ça pour vous dire, qu’il n’y a aucune raison de louper sa quiche, mais que si vous loupez Le Lann au Duc, il sera le 18 à Brest et le 19 à Beaune. Son dernier album “Eric Le Lann, Al Foster, David Kikoski, Douglas Weiss” vient de sortir, chez Plus Loin Music. Disponible chez Qobuz. On peut aussi télécharger un “live” avec Archie Shepp.
ELLES, le nouveau spectacle de Jean-Jacques Vanier, au théâtre de la Pépinière. Partant d’une méticuleuse histoire de chaussures à lacets, cet homme délicat se donne un énorme défi: comprendre les femmes…
Après “L’envol du pingouin” et “A part ça la vie est belle”, ne manquez pas “Elles”.
Le site de Jean-Jacques.
Le Contrebassiste Avishai Cohen sera le 29 août au Festival de Leipzig, en Allemagne.
Pour le plus grand bonheur des Parisiens, il sera de retour les 24 et 25 novembre à l’Alhambra. Sinon, les vacances sont quasi finîtes, vive la rentrée !
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Le site officiel d’Avishai. A télécharger sur Qobuz.com :
Willy DeVille s’en est allé le 6 août. Le prince rockeur de New York avait 55 ans. Son dernier concert à Paris, le 8 juillet 2008 à la Cigale.
. Live à Montreux 1994
Paru en 2009 chez EagleRock
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….. Jerome Sabbagh est à Paris, il joue au Duc des Lombards le mercredi 29 juillet. Pour ceux qui sont dans le Gers, au soleil mais pas à la plage, il y a le festival du jazz à Marciac. Marciac se situe à une quarantaine de km de Auch, la capitale historique de la Gascogne. Auch est une des villes les plus chaudes de France, avec un ensoleillement souvent supérieur à 300 jours dans l’année. Jerome y sera, pas à Auch mais à Marciac, le vendredi 31 juillet et aussi le lendemain.
MOBY à la Cigale, c’était le 1er juillet. A tous ceux qui ont rendu leur devoir à temps, histoire de les récompenser, j’offre un séjour de rêve d’une semaine, voire d’un mois, dans la belle demeure de mon frère, vous savez, celui qui vient d’emménager en Normandie. C’est tout près de la mer, à cinq minutes en mobylette. Moult activités sont prévues : débroussaillage, abatage, arrachage, ménage. Il est conseillé à nos heureux gagnants d’apporter une tente et de prévoir le nécessaire pour préparer les pique-niques.
Comme disait Descartes : « Après un tel séjour, ils auront tout compris sur la philosophie. »
Le mois de juillet de Stéphane Belmondo : à Dinant le 19, à Nice le 21, à Marseille le 22, chez lui le 23. Après notre étude approfondie du bugle de la semaine dernière, nous allons aujourd’hui, avec Stéphane, nous intéresser à la trompette. La trompette est apparue dans l’Antiquité, en Egypte, il y a trois mille ans et sans trois pistons. D’après mon frère, celui qui sait toujours plein de trucs, on en aurait retrouvé trois dans le tombeau de Toutankhamon. En Grèce, la trompette, alors appelée salpinx, était considérée comme une discipline olympique, comportant trois épreuves : le son le plus fort, le son le plus loin, le son le plus aigu. Et moi qui croyais que Chet Baker était le plus grand, me voilà bien marri. Mais, d’après Stéphane qui a eu la chance de l’avoir pour ami, Chet était vraiment le plus grand. Pour la semaine prochaine, je vous propose donc un devoir de philosophie : « Peut-on être le plus grand et perdre quand même ? »
Roy Hargrove sera au Festival du Jazz à Sète, au Théâtre de la mer, le 8 Juillet. Champagne ! Voici venu le moment de boire du champagne pour fêter dignement un an de collaboration avec Qobuz. Vive Qobuz !
Bon, la fête est finie, laissons place aux vacances et à ses fameux devoirs qui vont avec. Aujourd’hui, grâce à Roy, nous allons aborder le bugle. Le bugle est un instrument à vent qui fait partie de la famille des cuivres, plus exactement de la famille des saxhorns, depuis les améliorations apportées par Adolphe Sax (1814-1894). A l’origine, le bugle (Flügelhorn en allemand) était une petite corne employée dans les chasses à courre. Comme de nos jours la chasse à courre est interdite dans certains pays, on se sert du bugle pour jouer du jazz. Le mot bugle en anglais désigne un clairon, l’instrument traditionnel de la musique militaire française. Donc, si vous voulez à tout prix parler bugle à Roy, il faudra vous résigner à lui dire « flugelhorn ».
Laurent Coq, pianiste et compositeur, était au Sunside, les 26 et 27 Juin. J’avais rendez-vous avec Laurent, à 15h30 au Père Tranquille. La journée commençait bien et une petite pluie fine n’allait en rien altérer mon humeur folichonne. Le bon thé du matin ayant été absorbé, plus par mon matelas que par moi-même, suite à une altercation avec mon oreiller qui rechignait à être un dossier confortable, j’allai dans la salle de bain avec la ferme intention de prendre une douche. C’est là que je découvris une salle d’eau qui portait bien son nom, car du plafond, tombait aussi une petite pluie fine qui commença alors à altérer mon humeur folichonne. En quelques secondes, je me trouve, pas très habillé, derrière la porte du voisin, qui soit dort profondément, soit n’est pas là. Et quand je me suis retrouvé derrière la mienne de porte, sans ma clé, et que je me suis dit, soit je ne suis pas là, soit je dors, la seule solution qui s’offrit à moi fut de me réveiller. J’avais rendez-vous avec Laurent, à 15h30 au Père Tranquille.
Diving with Andy, sera à l’Alhambra le mercredi 24 juin. Lorsque j’étais enfant, et que j’étais content, il m’arrivait, dans l’excitation du bonheur, de donner à mes frères et sœurs des affaires personnelles qui m’étaient chères. Ce devait être certainement pour partager ma joie. Et quand l’excitation retombait, je me retrouvais un peu triste de ne plus avoir mon bien, bradé inconsidérément. Et là, profitez-en, je suis content. J’aime les longues soirées d’été, faire de la musique avec mes frères, photographier des gens formidables. Je suis content de recevoir ce week-end une grande copine, de déguster jeudi du Sauternes avec des amis pour fêter un départ en Normandie, d’assister mercredi au concert de Diving with Andy à l’Alhambra. En plus, le 24 juin, c’est ma fête. Je suis content.
Le site officiel de Diving with Andy
Alexandre Tharaud, sera au Théâtre des Champs Elysées, mercredi 17 juin : « L’intégrale de l’œuvre pour piano de Ravel. » Je ne peux entendre la musique de Ravel sans penser à Monsieur Berquet, mon professeur de musique au collège quand j’avais 11 ans. Il n’avait de cesse de vouloir transmettre la grande passion qu’il avait pour Ravel. Pour lui, tous les moyens étaient bons, surtout la joie et la bonne humeur.
« Ce n’est pas parce que Ravel a écrit le Boléro que ses parents s’appelaient Paul et Aude Ravel », disait-il avec un accent africain. Et il ajoutait qu’il avait raison puisqu’ils s’appelaient en fait Joseph et Maria. Il nous racontait aussi une longue histoire à propos de sa gouvernante à Montfort-l’Amaury, Madame Révelot. Je vous la fait courte : C’est Madame Révelot, qui, voyant un chien errant marquer son territoire sur la roue arrière du vélo de son maître, s’écria « Une bolée d’eau de Javel sur le beau vélo de Ravel ». Et il ajoutait qu’on n’était pas sûr de son authenticité et qu’après tout, il n’est même pas certain que Ravel eût un vélo.
Dans le même temps, il était capable de nous faire entendre, voire apprécier, la fameuse modulation en Mi majeur à la fin du fameux Boléro juste avant la conclusion.
Si Monsieur Berquet est encore de ce monde, il y a de fortes chances que vous le rencontriez aux Théâtre des Champs Elysées au récital Ravel d’Alexandre. Il portait toujours un chapeau.
Liz McComb, reine du Gospel, chantera à l’Eglise St Sulpice les 11 et 12 juin. Liz parle français aussi bien que je parle anglais. Comme dit l’un de mes frères qui, le 8 mai dernier, a épousé une chinoise venant de Chine (c’est-à-dire que pour elle, le français, c’est vraiment du chinois), l’avantage de ne pas parler la même langue nous évite de nous disputer. Et bien, je dois reconnaître qu’avec Liz, je me suis très bien entendu. J’ai même compris que d’ordinaire, Liz est stressée à l’idée de se faire prendre en photo et ça l’ennuie. Et que là, avec le petit JB (c’est moi le petit JB, JB = Jean-Baptiste, petit parce que petit), elle a passé un très bon moment. Merci à Liz de me l’avoir dit, et c’est avec plaisir que je vous le traduis.
The official website de Liz McComb.
Pierrick Pedron, saxophoniste et compositeur, sera à l’Alhambra le mardi 9 juin. Pierrick a deux superbes chats qui se ressemblent autant que les Dupont-Dupond, reconnaissables par leur moustache et qui apparaissent dans la vie de Tintin dans « Les cigares du pharaon ».
Il est des gens de par le monde qui se posent la fameuse question : Que serions-nous dans un monde sans chat?
D’après mes calculs, nous serions avec plus de souris.
Et toujours d’après mes calculs, nous serons nombreux à l’Alhambra, pour écouter Pierrick.
Attention événements ! Déménagements. D’abord, il y a mon frère, qui en est à son vingtième carton, encourageons-le, surtout qu’il doit découper son balcon, pour faire passer son grand piano à queue par la fenêtre. Rassurez-vous, il ne le jette pas, il y aura une grue. Et puis il y a Cosma, et toutes ses musiques de films qui ont fait des cartons, qui s’installent enfin sur les sites de téléchargement, bientôt entièrement rééditées…. Et bien moi, je suis content, deux fois content. Qui c’est qui ira voir son frère et sa belle dans un magnifique endroit en Normandie ? Qui c’est qui va pouvoir enfin acheter et écouter « Chet Baker plays Vladimir Cosma » ? Décidément, la vie est merveilleuse.
Après le superbe concert de Melody, je vais, pour rentrer chez moi, d’un pas tranquille vers mon vélo. De loin, j’aperçois quelqu’un, un genou à terre, s’affairant devant mon véhicule sans moteur. Diable, me dis-je, on est en train de piquer ta bicyclette. Il arrive que je me tutoie. Courageusement je m’approche, je discerne bien mon gredin, mais finalement ce n’est pas si criminel de se placer juste devant mon vélo pour renouer son lacet. Arrivé à sa hauteur, je lui ai demandé pardon, juste pour qu’il se déplace, afin que je puisse détacher mon vélo, et ainsi je suis rentré chez moi.
Quand je pense, qu’avant de me remettre à la trompette, je voulais apprendre à jouer du bandonéon ! Heureusement, c’est mon frère, à qui je l’avais fait découvrir, qui s’y est mis, car quand je vois le temps et l’énergie qu’il y a mis, soit il n’est vraiment pas doué, soit cet instrument est véritablement difficile. Moi, j’aime toujours autant le son du bandonéon et je suis rudement content d’aller écouter, ce soir, Olivier en concert, au Studio de l’Ermitage, 2 rue de l’Ermitage dans le 20ième arrondissement de la capitale. Et j’irai avec mon frère, ça ne pourra lui faire que du bien !
Vinicio Capossela, le 4 mai, à Paris. Le Tom Waits italien est dans notre capitale, et il n’est pas là en touriste, mais en ambassadeur de la belle Italie, qu’il va nous conter ce mercredi 6 mai à 20 heures à l’Alhambra.
Prêter, c’est donner. Mon père, qui travaillait dans une prestigieuse bibliothèque, disait : « Les livres, ça ne se prête pas, sinon on ne les revoit jamais. Si tu veux partager une œuvre avec quelqu’un, offre-lui ». Ah, si j’avais écouté mon père. Le nombre de livres, de disques et de films, que j’avais, qui sont maintenant dans la nature et que j’ai dû racheter. Déjà que j’ai du mal à gagner beaucoup de l’argent ! En fait, je l’ai tout de même écouté, mon père. En effet, il n’y a pas un seul livre, un seul disque ou film que l’on m’ait prêté que je n’ai pas rendu. Sauf un, et qui est encore chez moi, je dois avouer, depuis 2003. Un disque que m’avais prêté Kay, la compagne de mon frère. Et l’objet de mon forfait n’est autre qu’une compilation de Vinicio, intitulé « L’indispensabile » …qui le devint pour moi. Pour me faire pardonner, c’est décidé, j’invite Kay et son amoureux à l’Alhambra.
Le site officiel de Vinicio Capossela: http://www.viniciocapossela.it/
Daniel Humair, à Paris le 25 avril.
C’est la deuxième fois que dans ce blog, nous avons un peintre. Le premier, en janvier 2009, si vous avez bonne mémoire, c’était Yannis, le collectionneur d’appareils photos. C’est lui qui me convertit au numérique et à Nikon. Le deuxième, aujourd’hui, c’est Daniel, peintre et musicien. Passionné également par la photographie, il travaille aussi avec un Nikon, le D300. Quand il a vu mon boitier, le D700, nous avons eu beaucoup de choses à nous dire. A la fin, il n’a pu résister à me l’emprunter pour me faire le portrait.
Daniel, était à la batterie lundi au Sunset avec Tony Malaby au saxophone et Bruno Chevillon à la contrebasse.
Manu Codjia, à Paris le 14 avril.
Manu habite au quatrième étage d’un immeuble sans ascenseur. Pour monter chez lui, Manu emprunte l’escalier. Et comme aucun ascenseur n’y a été logé à l’intérieur, cet escalier est resté magnifique. A chaque fois qu’il rentre chez lui, Manu ne se pose jamais la question : “Je monte à pied ou je prends l’ascenseur ?” Non, directement, il gravit les marches de son escalier avec facilité, parce qu’il n’a pas le choix et qu’il le fait tous les jours. Et c’est très bon pour la santé des citadins qui ont tendance à s’essouffler un peu rapidement.
Nous ne pensons jamais assez qu’un ascenseur peut détruire la beauté d’un escalier et la santé. En arrivant en bas de son immeuble, quand j’ai vu ce magnifique escalier, j’ai tout de suite su que ça ne me ferait pas de mal, et surtout, que les photos, je les prendrais ici même.
Le myspace de Manu Codjia.
Open gate trio, le 8 avril à Paris.
Ils sont trois et ils jouent de la musique. Emmanuel Bex, le plus grand, est le dealer, pardon, le leader. Il est au clavier, avec à ses côtés, Francesco Bearzatti, et Simon Goubert. L’un est italien, celui qui parait un peu moins grand qu’Emmanuel et joue du saxophone. L’autre, c’est sûr, est nettement moins grand que les deux autres, et ce n’est parce qu’il est assis à la batterie.
On pouvait les entendre, tous les trois, en trio, cette semaine au Duc des Lombards. Leur prochain album sortira, verbe du troisième groupe, très prochainement, le jeudi 15 octobre exactement.
Le site officiel d’Emmanuel Bex :http://www.emmanuelbex.net/
Jay Jay Johanson, au Bataclan le 5 avril.
La salle est noire de monde, l’ambiance est très tranquille, beaucoup de couples sont enlacés sur cette musique si sensuelle. Moi, j’aurais aimé que la femme à qui je pense, ce soir, soit là.
Cristina Branco à la Cigale, le 26 mars.
Entre la balance et le concert, j’avais peu de temps, beaucoup faim et grand soif. Je pense donc à mon frère qui a encore son appartement tout près, plein de bonnes victuailles et beaucoup de vin. Enfourchant ma bicyclette, je l’appelle : « Allo JC, c’est le petit chinois (c’est un code secret entre nous), j’ai la fringale du cycliste, une dalle monumentale, puis-je venir me substanter ? » …Paf, voilà la maréchaussée, la police pour les intimes, qui m’arrête et me verbalise d’une amende de 22€ ! « Usage du téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation etc… » – Est-ce ainsi que les hommes vivent ? – (Aragon).
Après avoir été réconforté par mon frère, par ses bouteilles de vin plus exactement, je suis reparti à la Cigale sur ma bicyclette et un doux nuage, que certains appelleraient « état d’ivresse ». Mais la maréchaussée m’a ignoré. – Que fait la police? – (Aragon).
Cristina m’a fait tout oublier, les forces de l’ordre, l’amende, le Saint-Julien 1997 de mon frère, presque même de faire des photos… C’était beau, émouvant, merci mille fois Cristina.
Bruno Fontaine, le 22 mars au Théâtre des Champs-Elysées. Mardi dernier, j’étais à Levallois, faire un portrait pour la série « Les Têtes de l’Art » de Qobuz. Il faisait beau, et vu que j’étais en vélo, je me prenais un peu pour Bernard Hinault. En revenant, déboulant dans l’avenue de Villiers, j’aperçois « Photo Librairie », une merveille pour les passionnés de photo que je fréquentais assidument quand j’étais apprenti. Je pile et hop, me voilà admirant les beaux bouquins en vitrine … quand tout à coup un chien m’aboie dessus. Je pense tout de suite à Virgule, un chien cher à Qobuz, qui m’aurait reconnu de dos et qui surtout perd ses poils. Mais non, ce n’était pas Virgule, ce chien si cher à Qobuz, c’était Milou, le chien de Bruno Fontaine. (Comme Tintin oui, sauf que Tintin ne joue pas du piano.)
Nous nous étions rencontrés lors de sa collaboration avec Paolo Conte à la salle Pleyel. Nous papotons donc, et au détour de la discussion, je me rends compte que son agent est justement la « Tête de l’Art » de Levallois ! Et alors que Milou continue d’aboyer, Bruno m’annonce qu’il joue dimanche le concerto de Bernstein au Théâtre des Champs-Elysées.
En repartant sur mon vélo, j’étais plongé dans mes pensées, cherchant la différence fondamentale entre Bruno Fontaine et son chien Milou. Juste avant d’arriver chez moi, j’ai eu comme un éclair : Milou n’a pas de chien.
Tigran Hamasyan, pianiste et compositeur, le 11 mars à Paris. Quand j’étais petit, je veux dire quand j’étais très jeune, mon père achetait les fruits et légumes pour notre nombreuse famille chez un commerçant arménien qui s’appelait Aprahamian. Je l’aimais bien. Ce n’est pas la première fois que je rencontre Tigran, et je peux vous dire que, à chaque fois, j’y retrouve du Aprahamian, c’est à dire cette même poésie, cette même délicatesse. Seraient-ce des qualités réservées à l’Arménie ? En tout cas, des qualités qui ont marqué mon enfance.
Tigran est au Sunside pendant plusieurs jours, pour la promo de son nouvel album, toujours une belle occasion de le réentendre.
On dit que je suis petit, ce n’est pas faux, mais je peux vous dire que ça rend bien service pour être discret. Car pour Rodolphe, qui n’est pas seulement immense musicalement, poser pour une photo, ce n’est pas son truc. Mais il m’a gentiment laissé travailler pendant toute la balance.
Peut-être qu’il ne m’a pas vu.
Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de Mounette, mais de l’une de ses petites filles, Victoire, passionnée d’équitation et grande danseuse de pogo.
Je vais même plutôt laisser la parole à Rodolphe, qui, je ne le savais pas, semble bien connaitre Victoire et son univers.
“Vicky oh my viking girl, Vicky, venue du froid
Vicky, nage vers moi, Vicky my Viking girl
Jette-toi à l’eau, jette-toi à l’eau
Laisse filer le drakkar qui t’emporte avec ces barbares
Laisse tomber ces Wisigoth, ces Attila sur leurs vaisseaux
Etc…”
Pour la suite, je vous conseille vivement d’écouter son dernier album.
Biyouna, au XXième Théatre, le 27 février à Paris.
La magnifique, la grande, l’immense actrice a atteint le rang de star de ce côté-ci de la Mer Méditerranée, grâce aux films de Nadir Moknèche (le dernier en date, Délice Paloma) mais aussi au feuilleton La Grande Maison (1973), adapté du roman de Mohamed Dib, réalisé pour la télévision algérienne. Dans son pays, Biyouna est une gloire bien-aimée, un symbole.
Biyouna est aussi une sacrée chanteuse (et c’est là qu’un site de téléchargement comme Qobuz est formidable), vous pouvez découvrir son dernier opus “Blonde dans la Casbah” de suite !
C’est Romain, mon fiston, vous savez le brillant bachelier, qui m’a fait découvrir Chat, en m’entrainant, il y a quelque mois au « Glaz’art ».
La séance s’est passée dans les salons insonorisés de l’appartement de mon frère, celui qui joue du piano. Ce n’est pas tant que Chat est bruyante quand on la prend en photo, mais simplement que cet appartement de 112 mètres carrés est très clair, avec une exposition sud-est, des pièces spacieuses et une vue superbe, imprenable sur tout Paris.
C’est un endroit agréable, idéal pour les musiciens tout autant que pour les photographes.
Il est à vendre, mon frère s’installe en Normandie avec son amoureuse.
Avant de commencer la séance, nous avons pris un thé dans la cuisine dînatoire, puis mon frère est monté à l’étage, c’est un duplex, nous laissant une paix royale.
Nous avons pris le temps, nous étions bien, avec le chauffage au gaz individuel.
Chat vient de sortir son premier album. Romain, qui fut certainement dans les premiers à l’avoir acheté, (quoique il fasse, il l’est toujours, dans les premiers, sauf peut-être en sport), va être rudement content de la voir ainsi à l’honneur.
Quant à moi, puisque Qobuz n’a toujours pas créé la rubrique de petites annonces, je suis à votre disposition pour donner plus d’informations sur cette belle affaire à faire.
Cécile Hercule à l’inauguration des Trois Baudets, le 10 février.
En 1967, il y eut à Paris deux événements majeurs : la fermeture de la salle
« Les Trois Baudets » et ma naissance.
En 2009, encore deux évènements majeurs : sa réouverture et mon anniversaire.
Mais que de changements ! Même un des accents du mot évènement a changé. (Voir Le Grand Robert, le dictionnaire, pas Lamoureux, même si lui aussi y fit ses débuts, aux Trois Baudets.)
En tout cas, je souhaite à Cécile Hercule que ce lieu soit pour elle un tremplin aussi extraordinaire qu’il le fût pour tous ces artistes du temps de Jacques Canetti.
J’étais allé faire des photos de « La Célestine », au « Vingtième Théatre » pour Eloïse, une amie qui y joue. C’est là que j’ai rencontré le fameux Luis… quel honneur ! Le procureur des flagrants délires était là, devant moi !
Aujourd’hui, on parle beaucoup de la maladie d’Alzheimer, rassurez-vous, rien à voir avec Luis, il connait très bien son texte. Mais il faut que je vous raconte.
J’habite à Paris dans un appartement que je loue à une vielle dame que j’aime beaucoup, nos échanges ne se limitent pas au règlement mensuel.
L’autre jour, je l’invite à la maison prendre une tasse de thé. Après qu’elle m’a montré les photos de ses adorables petits enfants, moi, je lui montre celles de Luis. Elle croit que c’est mon père. Si je disais ça à Mounette ! Mais non, c’est Luis Rego, lui dis-je. Elle me regarde, surprise, persuadée qu’il était mort depuis longtemps. C’est vrai qu’il a changé me dit-elle. Il chante encore ?
Oui, mais il joue en ce moment au théâtre, dans « La Célestine », je lui réponds.
Et là elle me dit : « Je l’ai adoré dans Le chanteur de Mexico ». Je comprends alors qu’elle se méprend avec Luis Mariano. Si Mounette entendait ça. Je lui explique qui est qui, l’un, le ténor basque espagnol, le « prince de l’opérette », décédé en effet il y a plus de trente ans, et l’autre le chanteur acteur portugais, « Les Charlots », « Le Tribunal des flagrants délires » et tout et tout et qu’il est bien vivant. Elle comprend sa méprise, en rit même (c’est qui Henri ?) et nous papotons d’autres choses.
Au moment de partir, après avoir descendu quelques théières, sur le pas de la porte elle me chante : « On oublie tout, sous le beau ciel de Mexico, on devient fou, au son des rythmes tropicaux… »
puis me dit : « quand même, je trouve qu’il a drôlement changé ! »
Je ne l’ai pas détrompée, mais j’ai pensé que j’aurais dû, plus que de longues explications, lui faire écouter
« Paulette la reine des paupiettes ».
Yannis Markantonakis, à Paris, janvier 2009.
Ceux qui connaissent cet homme s’exclameront : ” Que vient faire sa photo dans cette galerie de portraits de musiciens ? ”
En effet, s’il est bien mélomane, Yannis n’est pas pour autant un musicien. Yannis est peintre, mais pas n’importe lequel, et c’est mon ami.
Et puis, je vais vous dire un truc : Yannis, en plus d’être un grand peintre, est une véritable encyclopédie vivante sur, devinez quoi ?
…Les appareils photographiques !
Une exposition lui est consacrée en ce moment à la galerie Prodromus, rue Saint-Sébastien à Paris dans le 11ème, pendant un mois.
Ne la ratez pas, et pas seulement si vous avez quelques questions qui vous démangent concernant votre appareil photo.
Jannick Top, bassiste et compositeur, à l’Haÿ-les-Roses, le vendredi 23 janvier.
Ce jour-là, il faisait gris, j’étais moins d’attaque que la semaine dernière, j’y suis allé en bus !
Depuis un moment, Jannick joue avec le trompettiste Eric Le Lann, une rencontre choc, qui groove et qui décape.Sur scène, ça étonne et détonne !
Pour ceux qui restent chez eux, heureusement, il y a l’album…décoiffage garanti ! (Sauf pour ceux, bien sûr, qui sont comme Jannick). De plus, on y retrouve, à la batterie, l’époustouflant Damien Schmitt, toujours avec autant de bonheur.
Michel Jonasz, le 17 janvier au théâtre de Chelles.
Les chansons de Michel font voyager. Moi, elles m’emmènent dans les années 90. J’habitais alors avec mon frère rue Lamarck à Paris, qui commençait une grande histoire d’amour qui défrayât la chronique et qui continue encore aujourd’hui. Moi, j’avais une histoire avec la soeur de l’ex-femme d’un autre frère, qui n’a pas duré longtemps. Pourtant, nous aussi, nous l’écoutions, Jonasz.
Pour aller à Chelles, ce fut un vrai parcours du combattant. J’étais pourtant très combatif, puisque résolu de faire le trajet en vélo. J’ai dû contourner deux manifestations où il était question dans l’une, du Pakistan, dans l’autre de La Palestine. Quand je vous disais que Michel faisait voyager. Malgré une crevaison, mais grâce à un bon coup de jarret, j’arrive à l’heure.
Je suis récompensé de mes efforts par un Michel très en forme et plein d’humour, accompagné par l’excellent Guillaume Poncelet.
Après le concert, il est 23 heures 30, je commence à fatiguer, il faut rentrer à Paris. Ni une ni deux, j’appelle mon frère, l’amoureux, qui n’a pas hésité à me répondre et même à venir me chercher en voiture. Michel, mon frère et moi, c’est une grande histoire.
Pas du jazz cette semaine, eh oui !
Séance avec Jonathan Benichou, un jeune pianiste auquel le label Sisyphe a commandé son premier enregistrement solo, consacré à Scriabine, à paraître en mars ou avril prochain. On lui a commandé le disque, on m’a commandé les photos !
Lieu impeccable et superbe, favorable aux jeunes artistes, à la Fondation Singer-Polignac, dont s’occupe le mythique Yves Petit de Voize. La Fondation, qui dépend de l’Institut de France, c’est l’hôtel particulier où Winnaretta Singer (héritière des machines à coudre, oui !), princesse Edmond de Polignac, exerçait son mécénat. On ne compte pas les œuvres qui y furent créées dans le grand salon au début du siècle, grâce à cette femme d’une remarquable intelligence (et d’une grande laideur parait-il) et à la générosité discrète.
J’en reviens au ténébreux Jonathan, qui n’est pas un déconneur, alors là on peut pas dire. Un garçon fiévreux et comme possédé par sa musique.
Délit d’initié, je vous offre en avant-première un bout de son disque, en plus de la photo.
> Ecoutez l’Etude Op.8 No. 12 de Alexandre Scriabinepar Jonathan Benichou :
Kicca au Duc des Lombards, le 2 janvier.
Un vent chaud venu d’Italie pour commencer l’année, et vous la souhaiter merveilleuse.
Kicca est accompagnée du groupe Intrigo mené par Oscar Marchioni aux claviers, qui la présente comme “la cerise sur le gâteau”. Avec, comme ingrédient, Hervé Samb à la guitare, ce n’est pas peu dire.
Il n’est pas toujours facile de choisir la “meilleure photo” d’une séance. En cas de doute, je m’appuie sur l’avis de quelques proches.Pour Kicca, ce fut le cas.
J’ai donc demandé à René, qui s’appelle autrement en fait mais nous l’appelleront René par discrétion.
Et pourquoi donc par discrétion ?
Parce que René est tombé amoureux de Kicca. Et le problème, c’est que les photos, il les aime toutes.
Nous devions faire les photos après la balance, mais c’était sans compter les traditionnels embouteillages de la vie parisienne à la fin décembre. J’étais donc là, elle aussi, mais pas son contrebassiste. Il faut dire que je suis venu à vélo, mais il est vrai aussi qu’un Nikon, même le D700, est plus petit qu’une contrebasse. En attendant, Mina prend la pose, et elle le fait très bien.
Elle me dit qu’en ce moment elle écoute en boucle Maria Callas dans Puccini. Tout de suite, forcément, je pense à Mounette. Pour ceux qui regardent les photos sans lire le texte, Mounette, c’est ma mère, c’est elle qui adore l’opérette, mais aussi Maria Callas. Moi, je préfère quand elle écoute Offenbach, ça la rend beaucoup plus drôle !
Grand merci belle Mina, tu m’as fait penser qu’en ce jour d’embouteillages du 26 décembre, c’est le 49éme anniversaire de mariage de Mounette.
Portrait réalisé après la balance. On va dans sa loge, mais la lumière, l’endroit, ce n’est vraiment pas top. J’avais repéré un petit recoin sombre, éclairé juste d’un néon, où l’on trouve des chariots, diables et balais… on y va !
Jean est très détendu. Dès les premières photos, je sentais qu’on aurait la bonne. En plus, l’équipe qui l’accompagne est très sympathique. Je bois une bière avec eux, ils me donnent envie de revenir. Demain, je ferai des photos du spectacle.
Texte de Prévert, musique de Kosma, le tout avec la personnalité qu’on lui connaît, je ne me suis pas ennuyé !
”L’harmonica est un objet à rêver, c’est l’instrument du voyageur, de l’errant… Il génère un imaginaire qui va bien au-delà des possibilités qu’on lui prête.”
Voici le grand Jean-Jacques Milteau, harmoniciste, le 8 décembre chez lui près de la Place de la Nation, à Paris tel qu’en lui-même.
Pour fêter la sortie de son nouvel album « Soul Conversation », Milteau a squatté plus d’une semaine le Sunset. Si vous l’avez raté, vous n’avez pas d’excuse.
Aldebert, dans sa loge à l’Alhambra le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas (celui qui m’apportait des cadeaux quand j’étais petit).
J’en ai vraiment assez de rencontrer des gens sympathiques, simples et talentueux. Où sont les crapules donc, dans ce métier ? J’écris quoi, moi, sur des gens comme ça ?
J’en suis là de mes pensées, quand on sonne à ma porte alors que je n’attends personne.
J’y suis : mois de décembre, les étrennes, calendriers des pompiers ou éboueurs, voire faux éboueurs. Et ça insiste !
Mais non : c’est ma charmante voisine de palier que ma réputation de bricoleur pousse à me demander de lui remplacer une ampoule. Quel rapport ? Vous voulez que je vous dise quel rapport, comme dit l’autre ?
J’étais en caleçon, je mets un pantalon, j’y vais. Et qu’est-ce qu’elle écoutait, vous vous demandez ? Et bien je vais vous dire :
Aldebert ! Elle est fan. Mais ce n’était pas son dernier album.
Cette photo, ce sera son cadeau de Noël, à la voisine.
Isabelle Mayereau avant son concert le 29 novembre à l’Archipel.
Beaucoup de douceur et de tendresse, voilà Isabelle ! Elle connaît bien la photographie, adore Diane Arbus et Annie Leibovitz… ainsi que mes portraits !! : )
Elle n’aime pas poser et n’a plus 20 ans à ce qu’elle me dit. Qu’importe, ce fut très simple, sympathique et sans maquillage. Isabelle a peut-être les cheveux un peu gris, mais elle ne change pas et reste très belle !
Quand je lui ai dit que la photo de la semaine, ce serait Isabelle Mayereau, le regard de Riesel s’est embué. Ça lui a rappelé sa jeunesse à Antirouille et il s’est mis à chanter, le bougre :
“Tu m’écris, tu m’écris sur papier d’Arménie des mots À , des mots À,
à parfumer mon lit.
Je dessine, je dessine sur papier d’harmonie des notes À, des notes À,
à chatouiller ton ouïe
et le temps passe comme ça douceur de papier de soie et le temps passe comme ça…”
Mais je préfère l’original à sa reprise. Bon, je vous quitte, il va pleuvoir…
Franck Avitabile, pianiste et compositeur. Le 20 novembre en trio au Duc (euh… j’ai pas d’actions au Duc mais que voulez-vous, ça se passe là en ce moment !).
J’aime beaucoup ce pianiste, rencontré pour la première fois en 2001, pour les photos de son album Bemsha swing. A l’époque je travaillais avec le M5 de Leïca et je venais d’acheter leur excellent compact Minilux. Depuis, j’avais un peu oublié ce boîtier , mais pas Franck, et encore moins sa femme. En effet, à l’époque, il avait craqué sur cet appareil, et le lui avait offert.
A propos de Leïca, l’autre jour, j’ai un peu regretté mon M5. Pourquoi ? Avant de répondre à cette excellente question, je dois vous dire que les Leïca « M » sont très silencieux au déclenchement, contrairement à mon Reflex Nikon. Donc, j’étais à la répétition d’une chanteuse qui était accompagnée seulement d’un piano. A un moment, elle termine un morceau très doucement, pratiquement a capella et c’est très beau …Photographiquement aussi, alors, clic clac a fait mon Nikon et moi, je me suis fait jeter.
En attendant, vivement 2009, car le mois de janvier nous offrira un tout nouvel album de l’ami Franck.
Il est né vers 1950 à Dakar au Sénégal où son père est un haut dignitaire issu de l’ethnie des Lébou. J’ai écris à Wasis pour lui dire que j’aurais bien aimé bien lui tirer le portrait , pendant, avant, ou après la balance…pas de réponse, mais j’y suis allé quand même.
Wasis est très très grand, et aussi très très sympa. Il est ravi que je fasse des photos ! Plein de monde à la balance, ambiance pépère. Le titre de son nouveau disque lui correspond à merveille « Judu Bek » – ce qui veut dire « la joie de vivre ». Un album très personnel, aux ambiances ouatées, chanté en français et en wolof, une vision moderne de la musique africaine. Pour le mixage, Wasis a fait appel à Oz Fritz, un collaborateur de Tom Waits !
Tout d’un coup, l’une de ses chanson me fait penser à Leonard Cohen.
En fait, rien d’étonnant, cette voix râpeuse et sensuelle reprend « Hallelujah » rebaptisée « l’Ange Djibril » en hommage à son frère disparu… plus beau que l’original ! A 19 heures, on replie, c’est terminé. Un type adorable vient me voir. C’est James, le père de Wasis, venu du Sénégal pour le concert. Il veut des photos avec son fils et sa petite-fille, c’est très important… et puis, il me propose d’aller boire un verre. Et cela ne se refuse pas, hein.
Jean-Pierre Kalfon à l’Archipel le samedi 8 novembre. Même les amateurs de porno n’allaient plus à l’Archipel. Alors un type l’a racheté pour en faire un bouclard musical improbable dans lequel, pourtant, quelques pointures…
Accompagné de son pote guitariste Eric Traissard, JPK, la belle gueule du cinéma français des années 70 (vous vous souvenez son duo avec Piccoli dans “Une étrange affaire” ?) chante du rock et du blues . Je ne savais pas qu’il chantait, et pourtant, il le fait depuis les années 70 et a même joué à New-york avec Bob Marley en 73 ! J’aurais du me douter : la musique ne l’a jamais quitté et rien que de l’entendre parler, ça chante !
Jean-Pierre a un point commun avec Mounette (Mounette, c’est ma mère) : ils sont nés la même année, en 38. Dans un mois et un jour exactement, c’est son anniversaire à Mounette, pas à Jean-Pierre, lui c’est passé, c’était le 30 octobre. En attendant Eric qui cherche une place pour se garer, j’en profite pour lui faire le portrait. J’ai pas pu m’empêcher de lui dire, en le voyant : je pense à un film complètement loufoque, de la fin des années 80, “Vent de panique” avec Bernard Giraudeau et Caroline Cellier. Comédie absolument délirante !
Je suis venu à l’Archipel faire des photos de L.O qui faisait la 1ére partie. Une chanteuse rockeuse, rebelle, sympa… et sexy ! Elle doit sortir son premier album en 2009.
Qu’est-ce que je pourrais bien lui offrir à Mounette cette année, encore un CD d’Offenbach ? Quand j’étais tout bambino, le rock, ce n’était pas le genre de la maison ! Je vous laisse, j’vais écouter une opérette. Tout de même … Kalfon, quel culte ce type !
Dmitry Baevsky, saxophoniste, lundi 27 octobre dans sa loge au Duc des Lombards.
Né à Saint Petersbourg en Russie en 1976, Dmitry vit à New-York depuis l’âge de 20 ans. Il est 18 heures au Duc, et Dmitry est seul avec sa manager, Marina.
J’envisage des portraits dehors mais il commence à pleuvoir, et pas qu’un peu. On va faire les portraits dans sa loge.
J’éteins la lumière du plafond et j’allume juste le néon du miroir…
Alain Jean-Marie et son trio sont arrivés, la balance va être de courte durée, mais efficace, car Dmitry sait ce qu’il veut.
Pour tout dire, c’est un “убийца” (killer) et on pense à Charlie Parker quand il joue… impressionnant !
Il est 19h, Dmitry est déjà en interview avec Sébastien Vidal car chaque lundi au Duc, TSF diffuse en direct son magazine suivi de la retransmission du concert de vingt heures.
Et pour finir un peu de poésie (je me demande bien pourquoi il n’y a pas de poésie sur Qobuz ! ) Белеет парус одинокий
В тумане моря голубом!..
Что ищет он в стране далекой?
Что кинул он в краю родном?..
Philip Catherine à Paris le 18 octobre. Ce soir il joue en solo .
Il est belge, vit à Bruxelles mais il est né à Londres le 26 octobre 1942. Mom est anglaise.
Son dernier album “Guitars two” est une merveille. Même ceux qui n’aiment pas le jazz aimeront ! C’est toujours un grand plaisir que de le voir. Plein d’humour et de gentillesse, c’est un amour !
Je ne vous apprends rien en vous disant qu’il a accompagné mon trompettiste préféré et qu’ils ont enregistré ensemble de magnifiques albums. Celui-ci n’a pas de titre mais Philip l’aime beaucoup. Moi aussi !
Sinon, ne pas se faire remarquer avec Philip, c’est dur. Je me souviens déjà que lors de notre première rencontre, il avait renversé sa tasse de thé heureusement vide. Là, en se levant, il a renversé le plateau, avec l’assiette. Beaucoup de bruit encore, mais rien de cassé, tout va bien.
Yves Jamait dans sa loge, à l’Alhambra le 14 octobre, rue Yves Toudic près du Canal Saint-Martin.
Dommage qu’ils aient dû tout casser sur ordre des fonctionnaires, au nom de la sacro-sainte Sécurité… Une splendide salle Arts-déco est donc devenue un cube noir certainement fonctionnel mais sans charme particulier. Au moins, les voisins peuvent dormir tranquilles.
Paris devient une ville où on dort tranquille.
J’avais assisté au concert de Yves Jamait en mars 2007 au Cabaret Sauvage, avec une douce compagne qui avait adoré aussi… ce qui n’était pas gagné de prime abord, car elle déteste l’accordéon ! Je ne me suis pourtant pas mis à l’accordéon, depuis. ” Passe le temps c’est sûr, si rien ne dure, il reste pourtant les souvenirs… ” dit Jamait.
Malgré une sciatique, il va déclencher l’ambiance à l’Alhambra, mélangeant humour et émotion. Un vrai régal, j’suis fan !
” Je tire sur le mégot trop souvent je l’avoue
Au croisés du tabac qui se soucient de nous
Je prends une bouffée, une pensée m’effleure :
les couloirs de la mort seront-ils non-fumeurs ? “
Le saxophoniste Rosario Giuliani, le 11 octobre à Paris.
Il est dingue de Coltrane, on pourrait s’en douter, mais aussi de Bach, Mozart et Debussy. Chet Baker est très important pour lui, c’est-à-dire qu’on s’est bien entendus. La semaine prochaine, Votre Serviteur passe à la chanson et s’en va portraitiser Yves Jamait, un nouveau grand de la chanson française.
Originaire de New York, elle chante des standards du jazz, du blues mais aussi de la bossa-nova, et du gospel.
Avant de la rencontrer, je suis allé voir son site. “La musique”, y écrit-elle, “est la meilleure façon pour moi de m’accorder au monde. C’est ma vie, ma raison d’être que je partage grâce à la joie qu’elle me donne. ”
Une joie qu’elle rend, au centuple. Devant l’objectif, Manda rit. Son œil pétille, comme celui d’une enfant.
Le pianiste Alain Jean-Marie, au Café Universel, le 24 septembre.
Je m’étais retrouvé là pour réaliser quelques portraits d’Adèle, une chanteuse talentueuse et adorable que je ne connaissais pas, mais accompagnée au piano par le génial Alain Jean-Marie. Immense pianiste, avec une façon extrême de swinguer, en quelques notes seulement : avec lui il se passe toujours quelque chose, l’ennui n’existe pas.
Alain est un homme plein d’humour et de générosité. Azou est le patron sympa du Café Universel, endroit plein de charme où l’on entend chaque soir du jazz de qualité. C’est au 267 de la rue St Jacques. Juste à-côté de la vieille Schola Cantorum. Mais nul risque d’y croiser Vincent d’Indy. Ouf !
Rencontre avec Pierre-Laurent Aimard, l’un des plus impressionnants pianistes français autour de son actualité (Bach, Messiaen et Carter) mais aussi de son art de l’interprétation qu’il magnifie à chaque nouvelle étape de sa carrière.
Très craquante : Sophie Alour, le 18 septembre 2008, aux Disquaires, 6 rue des Taillandiers, Paris 11.
Quelques portraits avant la balance, qu’elle accepte avec gentillesse, bien qu’elle dise détester les photos. Naturelle, simple, directe et sympathique.
Dans Jazz mag, on apprend que Radiohead l’a beaucoup influencé pour son dernier album “Uncaged”. Allez l’écouter, tous les jeudis soirs !
Daniele Gatti, nouveau Directeur musical de l’Orchestre National De France à la veille du concert inaugural de sa prise de poste à Paris.
Photographié mardi 16 septembre au studio 104, dit Olivier Messiaen, de Radio France (qui n’a plus son orgue…).
Le successeur d’une prestigieuse lignée de chefs qui ont dirigé l’orchestre (de Ingelbrecht à Masur, de Manuel Rosenthal à Sergiu Celibidache, de Maurice le Roux à Charles Dutoit…) est un homme affable, courtois, charmant.
L’harmoniciste Olivier Ker Ourio, le 13 septembre, en face du Duc des Lombards.
J’ai rendez-vous avec Olivier à 18 heures, il est un peu en retard et la pluie se met de la partie. Au Duc, la nana qui s’occupe de la régie m’annonce qu’il ont un problème de logiciel : pas d’éclairage de scène, juste des lampes au plafond – et donc pas de photos du concert possibles…
Mais dehors il fait gris et Olivier a l’air bien fatigué ! On ira au bistrot de l’autre côté du Boulevard. Olivier vient d’avoir une petite fille et même si elle est la plus mignonne des petites filles, son sommeil reste agité, et celui du papa aussi. Ceci explique cela.
Vingt minutes pour quelques portraits, et comme c’est Happy Hour, le serveur apporte une mousseuse grand format. Ce métier a des avantages. Et de plus, chez Qobuz, ils m’ont fait des cartes de visite maintenant.
La vie est belle. Ecoutez la musique de Olivier Ker Ourio.
J’aime bien Truffaz. Il envoie du gros son, mais il y a toujours aussi une fragilité, une sensibilité, une émotion…
Je ne sais pas pourquoi il me fait penser à Benoît Poelvoorde, qui serait Suisse !
Il a la déconne facile et ne se prend pas au sérieux ! Un vrai plaisir de le voir et de l’entendre !
Et en plus, il joue avec Christophe, et il a bien raison !
Bojan Z… pour Zulfikarpasic !
Né à Belgrade, mais une chance : il parle comme un Français, installé en France qu’il est depuis 1988 où il devient en quelques années un musicien incontournable de la scène jazz ; sideman d’Henri Texier, de Michel Portal, et de Julien Lourau.
Rendez-vous à 17h devant le Sunside bleu ; il a une belle chemise bleue, y’a du soleil, le ciel est bleu… ce n’est pas tous les jours aussi bien… Une bière vers la Fontaine des Innocents, dans un grand café, branché, cher et vide ! Bojan a une sacré gueule, j’ai davantage l’impression de réaliser les portraits d’un acteur que d’un pianiste !
John Ellis, le 21 août avant la balance de son concert au Sunside. On avait une demi-heure pour les photos et je comptais sur Romain, mon grand garçon (qui a eu son bac avec mention très bien, d’ailleurs) pour faire l’interprète. Comment cela, vous vous en foutez ?
Mais Romain m’a planté. Donc – je sors du Sunside avec John et, vu qu’on n’avait pas trop de temps, nous nous installons juste à coté, au Baiser salé.
Café pour John, bière pour moi. John est très disponible, simple, hyper sympa, un vrai régal de photographe. Son père était Pasteur, il a vécu au fin-fond des régions rurales, en Caroline du Nord, avant de migrer à la Nouvelle Orléans pour y apprendre la musique…. Puis : sideman chez Charlie Hunter ( 4 albums ), Robert Glasper, Nicholas Payton, Jason Marsalis, entre autres…
Ellis vient de sortir un album surprenant : “Dance Like There’s No Tomorrow” (Hyena Records, 2008) inspiré de son éducation dans le Sud et de ses années passées à la Nouvelle-Orléans ; on y entend… du sousaphone ! (oui, le sousaphone, et pas l’hélicon, c’est vrai on les confond, mais l’Hélicon c’est Bobby Lapointe !)
Géraldine Laurent, par moi photographiée, au Duc des Lombards le samedi 2 Août 2008. Géraldine a été une vraie révélation en 2006, après que Jean-Claude Carrière l’a dénichée au Festival de Calvi. Le Duc était bondé ce soir là, pas facile pour sortir mon Nikon.
Après le premier set, canicule à l’extérieur, mais merci la clim Deluxe du Duc, qui marche très bien. Je la vois au dehors, pour la pause cigarette. Je lui demande d’accepter de prendre la pose, juste un instant. Incroyable : elle me dit qu’elle sort de chez le coiffeur ! Je ne sais pas si c’est vrai. On raconte toujours des conneries aux photographes. On n’est pas considérés dans ce métier !
Sur scène, Géraldine dégage énormément d’énergie. Ses reprises de standards des années 60 sont formidables ! Elle ne joue que du saxo alto mais ses influences sont en fait les souffleurs de sax ténor, avec, au premier rang de ses préférés ,Sonny Rollins.
Le New Morning, 17 juillet. Nils Petter Molvaer – trompettiste et compositeur Norvégien. J’en avais entendu parler, mais jamais entendu.
Né en 1960. Pionnier de la fusion jazz/musique électronique : son album “Khmer”, est sorti en 1998 sur le label ECM.
J’arrive à la balance, ils s’installent. Lequel c’est, le Nils Petter? Pas celui qui est en “marcel” noir, quand même !
Le batteur à l’air cool et sympa mais avec son bermuda et un tee-shirt vert, il va me faire regretter d’être passé à la couleur.
Je repère l’étui à trompette ouvert et j’attends. C’est “marcel” qui s’en saisit. Aïe ! Il a un aspect bien intimidant, pas vraiment avenant, surtout quand il parle.
Je m’approche de lui et en fait tout va bien. Il me donne même son adresse mail pour lui envoyer les photos.
Quelle bête de musique! Le son est énorme, impressionnant et envoûtant, le genre de son qui m’avait frappé dans les nouveaux bars à Berlin en 1992.
*
Môôôôsssieur Freddie Redd.
Ci-devant photographié – que dis-je… perçu… capté… brossé… fixé… chaloupé… catché… par mon Nikon D300 – bref. Freddie Redd à Paris, mardi 22 Juillet, à la fin de sa balance au Duc des Lombards. La maison Wikipedia vous informe que Freddie Redd was born May 29, 1928 – New York et que il is an American hard bop pianist and composer. Sacré hardeur de légende, oui. C’est lui qui a écrit et joué la musique de la pièce de théâtre “The Connection”.
J’y étais pour 17 heures, ça commençait. Mon confrère Christian Rose était là déjà lui aussi, fidèle à son Nikon argentique. 17 heures six minutes, balance expédiée, déjà finie. Rien dans la boîte de mon Nikon, la cata.
Freddie se lève du piano, souriant, il me cause en américain et vous savez ce problème que j’ai avec les langues étrangères et les étrangères en général. Je comprend que lui il aime les photos et les photographes, et qu’il aimerait bien en avoir. Je lui fais prendre la pose. Quelques portraits. Ô Dieux des photographes ! J’étais sûr d’avoir une bonne image. Il m’a donné son adresse pour que je lui envoie les photos. Pas une adresse mail, non, car il n’en a pas. Son adresse postale.
Longtemps que je ne vous ai pas parlé d’une attachée de presse. Celle du Duc, Perrine, vraiment sympa en vrai, mais par téléphone, pas facile sur ce coup. Je lui laisse un message sur sa boîte vocale Orange, pour lui dire que JBM (c’est moi) sera à la balance pour Freddie, pas d’inquiétude, je demanderai l’autorisation aux musiciens pour faire mes petites photos. A 18 heures 40, je reçois son texto : pas possible que je vienne à la balance, l’agent de Freddie a donné son accord pour un autre photographe, etc Il y a certains texto qu’il vaut mieux recevoir trop tard.
Nicole Henry, vendredi 11 juillet au Duc des Lombards. Avec un nom pareil, vous pourriez la croire de Sucy-en-Brie. Pas du tout : elle est américaine, chanteuse, formidable.
Je vous donne l’adresse de son site : www.nicolehenry.com Elle est grande, elle est belle, elle me fait peur un peu, moi qui ne suis pas si grand. Qu’elle est belle ! Un train d’enfer, une sensualité tonique et un feeling monstrueux.
Elle raconte des trucs entre chaque chanson, et du moins ceux qui y comprennent quelque chose se poilent.
Ne le dites à personne, je me suis fais draguer par un ami à elle, un Américain donc.
Lui non plus je n’ai pas compris exactement ce qu’il voulait me dire ou me faire, mais j’ai une petite idée sur la question. J’ai sa carte, je lui enverrai mes photos de Nicole. Il dinait avec elle après le concert. Le monde est assez mal fait, mais quelle soirée !
Lou Donaldson, 82 ans, au Duc des Lombards, mercredi dernier 16 juillet, quelques minutes avant le ou l’un des derniers 20 heures de PPDA. En haut de l’escalier. Il est super simple, drôle et sympathique. Il s’en fout pas mal d’être pris en photo et se marre tout le temps. Que du plaisir, faudra en parler à K. J. : ) ! C’est quand même fou qu’il soit encore avec nous, Lou. Quel type ! Il a commencé à enregistrer en 52 avec Milt Jackson et Thelonious Monk et a joué avec Horace Silver ou Art Blakey… Je ne peux pas résister à l’idée de vous annoncer pour la semaine prochaine une belle photo de Nicole H., dont je suis carrément tombé amoureux. Ne le dites pas à Maman, elle me rêve en ménage avec une institutrice.
Jean-Baptiste Millot est né dans une famille de musiciens, en 1967.
Il vit et travaille à Paris.
Débuts aux côtés de Claude Bricage en 1989.
Assistant de Franta Barton.
Importante série de portraits de musiciens classiques, jazz, variétés, et de
comédiens dans les années 90.
Tireur noir et blanc apprécié, pour Marc Riboud, Peter Lindberg, Willy
Ronis, Franck Horvat, Robert Doisneau, Werner Bischoff, François-Marie
Banier, Jacques-Henri Lartigue, Jean Larivierre, Xavier Lambourg.
Pochettes d´albums : Georges Moustaki, Allan Stivell, Gérard Blanchard, Roy
Haynes, Steve Grossman, Anne Ducros, Philip Catherine, Richard Galliano,
Sixun, Pierre Schott.
A la grande surprise de ses amis, en 2007 JB met de coté son Leica M5 et passe au
numérique. Nouvelles séries de portraits de Riccardo Del Fra, Tony Malaby, Guillaume
Poncelet,Bireli lagrene, Eric lelann, Roy Hargroove, Stephane Belmondo,
Daniel Mille, Jean-Luc Ponthy, Hadrien Ferraud, Buika, Hervé Samb, Bazbaz, Zap
Mama...
Il entame une collaboration à la rentrée 2008 avec Qobuz.com, dont il
est désormais le photographe attitré !
Ce photoblogue exposera chaque semaine ses dernières images.
Jean-Baptiste Millot est également trompettiste. jbmillot@free.fr