« 50 ans », je viens d’avoir 50 ans et déjà une catastrophe : Classica et Qobuz me demandent d’écrire chaque semaine pour un blog, j’ai cru à une blague. Moi qui ne fais pas la différence entre un péçé et un big-mac, il va falloir trouver l’initiale de mon prénom, qui d’habitude est la huitième lettre de l’alphabet, sur un clavier où règne un désordre effrayant. Les bras m’en tombent… plutôt déchiffrer des manuscrits de François Pétouille ou de Jean Baptiste Dutartre (à quand l’intégrale des œuvres sacrées de ce dernier sponsorisée par une marque de dentifrice ? ).
Bref j’ai accepté. Mais pour parler de quoi au fait ? « De tout ce que voulez, m’ont-ils répondu ». Alors là, ce qui me restait de bras s’est détaché. J’ai déjà tellement de mal à parler musique, autant de difficultés à la faire, qu’il me semblait douteux, voire dangereux, de parler des petits malheurs qui font la vie de tous les jours ou des joyeux bonheurs qui font la joie de votre inspecteur des impôts.
Il est tout de même un plaisir que l’on découvre petit à petit lorsque votre date de naissance s’éloigne de jour en jour, c’est celui de transmettre, avec calme et sérénité, expérience et connaissances….à ses enfants, ses étudiants, ses collègues.
En Septembre, Octobre, l’Académie d’Ambronay m’a permis de côtoyer soixante «apprentis baroqueux » tous plus chouettes, épatants, généreux, studieux, les uns que les autres. J’ai surtout été étonné de leur appétit d’apprendre, bluffé par leur assurance à savoir combien ils seront heureux dans leur métier-passion. C’était très émouvant.
Je crois que pédagogie et transmission seront souvent à l’ordre du jour du « blog-blague ». La dureté du métier de chef sera aussi très certainement une constante, car l’obligation que je me donne de rendre heureux les musiciens que j’ai en face de moi m’a permis de découvrir, de recevoir, d’apercevoir, de sentir mille douceurs, douleurs ou bonheurs au fil des répétitions jalonnant mes trente-cinq années de vie musicale.
Alors peut être ce « blog-blague » aura une petite raison d’être si vous apercevez ce qui se passe bien avant Le concert…
« PÉTARD, sur quelle touche appuyer pour que ces quelques lignes vous parviennent. »

