J’y laisserai ma plume…
Bon, ça y’est !!! Le drame vient d’arriver : on vient de me confier un ordinateur portable pour que je sois en relation rapide, efficace et constante avec les deux administrations qui occupent une grande partie de ma vie : Le Concert Spirituel et le Palazzetto Bru-Zane.
Déjà, j’ai eu du mal à ouvrir la housse ! Vous pouvez m’imaginer face à un « engin » où il faut appuyer sur démarrer pour qu’il vous explique comment l’arrêter autrement qu’en arrachant de colère la prise, car le texte que vous tapiez vient de couvrir d’encarts qui clignotent et de publicités que c’est une honte que vous n’ayez pas encore le turlusiphon en nougatine lyophilisée qui vous permettrait de simagre le tronlisse à coubonne pour seulement 8000 euros en deux mensualités de 5400 euros. Au secours !
« Maintenant que j’ai un blog, je dois avoir un ordinateur », m’a-t-on dit. J’ai du dire « oui »… L’on m’a mis dans les mains un PC et dans la journée qui a suivi, la moitié des gens que je connais m’a regardé comme si j’avais attrapé la syphilis au zoo de Vincennes : eux, sont sur Macintoch !!! J’ai envie de pleurer et de retourner à mes papiers à lettres, plumes, encres et crayons que je chéris tant, si rassurant avec leurs bonnes odeurs d’écoliers laborieux.
Alors d’accord, « ça va venir », m’a dit mon boucher confiant, mais ce matin, je vais tout de même envoyer mon papier à L’Express par fax à la librairie d’à côté, car hier soir, en arrachant la prise, j’ai aussi arraché le fil du mur, déclanché un court-circuit et plongé l’appartement dans le noir.
A la lueur des bougies, j’ai refait cet article (avec du papier blanc et un crayon de bois) et joué un peu de clavecin (Pierre Février, 1re suite). Certes, j’y parle peu de musique mais il paraît que dans les suivants, je serai plus calme. « C’est pas une blog ! »
“50 ans”
« 50 ans », je viens d’avoir 50 ans et déjà une catastrophe : Classica et Qobuz me demandent d’écrire chaque semaine pour un blog, j’ai cru à une blague. Moi qui ne fais pas la différence entre un péçé et un big-mac, il va falloir trouver l’initiale de mon prénom, qui d’habitude est la huitième lettre de l’alphabet, sur un clavier où règne un désordre effrayant. Les bras m’en tombent… plutôt déchiffrer des manuscrits de François Pétouille ou de Jean Baptiste Dutartre (à quand l’intégrale des œuvres sacrées de ce dernier sponsorisée par une marque de dentifrice ? ).
Bref j’ai accepté. Mais pour parler de quoi au fait ? « De tout ce que voulez, m’ont-ils répondu ». Alors là, ce qui me restait de bras s’est détaché. J’ai déjà tellement de mal à parler musique, autant de difficultés à la faire, qu’il me semblait douteux, voire dangereux, de parler des petits malheurs qui font la vie de tous les jours ou des joyeux bonheurs qui font la joie de votre inspecteur des impôts.
Il est tout de même un plaisir que l’on découvre petit à petit lorsque votre date de naissance s’éloigne de jour en jour, c’est celui de transmettre, avec calme et sérénité, expérience et connaissances….à ses enfants, ses étudiants, ses collègues.
En Septembre, Octobre, l’Académie d’Ambronay m’a permis de côtoyer soixante «apprentis baroqueux » tous plus chouettes, épatants, généreux, studieux, les uns que les autres. J’ai surtout été étonné de leur appétit d’apprendre, bluffé par leur assurance à savoir combien ils seront heureux dans leur métier-passion. C’était très émouvant.
Je crois que pédagogie et transmission seront souvent à l’ordre du jour du « blog-blague ». La dureté du métier de chef sera aussi très certainement une constante, car l’obligation que je me donne de rendre heureux les musiciens que j’ai en face de moi m’a permis de découvrir, de recevoir, d’apercevoir, de sentir mille douceurs, douleurs ou bonheurs au fil des répétitions jalonnant mes trente-cinq années de vie musicale.
Alors peut être ce « blog-blague » aura une petite raison d’être si vous apercevez ce qui se passe bien avant Le concert…
« PÉTARD, sur quelle touche appuyer pour que ces quelques lignes vous parviennent. »