Pas plus grosses qu’un coffret de cd, fonctionnant par paires ou associées à un caisson de basses, les enceintes multimédias sont devenues les complices indispensables de l’ordinateur mélomane et cinéphile. Comment choisir parmi une offre pléthorique et des prix les plus variés ? Réponse en six étapes.
Focal XS : le meilleur choix

Focal peut aussi bien proposer des modèles abordables (l’excellente série Chorus 700) que des enceintes de prestige (Utopia III à 130 000 € la paire). Aussi, quand le constructeur stéphanois s’intéresse au multimédia, il présente un produit original et fort bien pensé. Le système XS réunit deux satellites montés sur supports en aluminium et un caisson de
basses. Les premiers enferment un tweeter à dôme en matériau synthétique et un haut-parleur de médium-grave en papier de 8 centimètres de diamètre. Le second contient un haut-parleur de 16,5 cm. Le système XS permet de recevoir un iPod sur la base d’un des deux satellites, de se connecter à un ordinateur via une prise USB (carte son intégrée) ou à une autre source (baladeur, lecteur de CD) via une minifiche jack. L’installation se révèle d’une grande simplicité, tout comme l’utilisation, facilitée par la télécommande.
Écoute
Le meilleur ? « Évidemment, c’est le plus cher », entend-on déjà. Non, il n’est pas évident que le plus cher soit le meilleur. Mais en l’occurrence, la conclusion ne fait aucun doute. La Focal XS peut en effet prétendre évoluer en première division, celle de la vraie haute-fidélité, et non en seconde, celle de l’audio. L’ampleur et la densité sonores, la distribution généreuse de la musique dans la salle d’écoute, le relief rappellent à bien des égards une petite chaîne hi-fi. Jamais le piano de concert ne ressemble à un modeste instrument d’étude, jamais le violoncelle ne paraît avoir perdu son âme. Comparé à ses concurrents, le XS délivre une sonorité à la fois plus riche et plus corsée. Il ne faut certes pas espérer le raffinement chromatique d’un système de haut de gamme, et on peut raisonnablement percevoir un léger trou dans le bas médium. Mais quelles nuances ! Quelle santé ! Malgré son nom, le Focal XS diffuse la musique en XL.
Tangent Evo E5A

E5A parce que A comme Active. Ce qui signifie que ces enceintes pas plus hautes qu’un Petit Robert contiennent un circuit d’amplification. Il faut donc les brancher sur le secteur. L’Evo E5A peut fonctionner seule, connectée par exemple à une radio monophonique, ou par paire. Elle ne se destine pas exclusivement à l’informatique et peut donc côtoyer un téléviseur
(sa protection électromagnétique évite de déformer les images), un baladeur MP3, un iPod ou un lecteur de CD. Sur sa face avant s’alignent un tweeter à dôme et un haut-parleur de 13 centimètres de diamètre. À l’arrière se présentent les différents réglages et connexions. Le constructeur fournit les câbles destinés à relier les deux enceintes et la source musicale. Une télécommande permet de mettre en veille le système et d’en régler le niveau sonore. La conception de cette enceinte et son faible encombrement lui assurent une utilisation universelle.
Écoute
Il ne faut évidemment pas imaginer sonoriser une grande salle avec de si petites enceintes car la limite se fait aisément sentir : à trop fort niveau, le piano sature et la soprano s’égosille. Qu’on se rassure, l’Evo E5A a d’autres projets qui ne risquent pas de la mettre en difficulté. On ne peut certes pas s’empêcher d’estimer l’image stéréo un peu compacte, insuffisamment précise sur les arrière-plans. Mais, soyons honnête, ces critères d’écoute, destinés à l’appréciation de matériel de hi-fi, risquent de passer pour trop sévères avec une telle enceinte. Apprécions donc des timbres sans la moindre acidité (le violon ne vrille jamais les tympans), un médium consistant (voix superbes), une pâte sonore onctueuse. De quoi satisfaire la majorité des mélomanes et cinéphiles.
Harman Kardon SoundSticks II

Sans conteste le plus bel objet de ce banc d’essai. Il se compose de deux enceintes étroites, tubulaires, et d’un caisson, tous trois en matière synthétique transparente. Les premières alignent quatre mini-haut-parleurs de 2,5 cm de diamètre dans un corps cylindrique orientable. Le second enferme sous une forme de cloche l’amplificateur et un haut-parleur de 15
centimètres de diamètre. Il ne faut pas longtemps pour comprendre comment fonctionne l’ensemble ni comment le brancher tant la conception du SoundSticks II est claire. Le réglage du volume s’effectue sur une des deux enceintes, indépendamment de celui du caisson.
Écoute
Ce n’est pas tous les jours que l’on peut écouter un objet sonore présenté dans un musée. Habituellement, c’est réservé aux instruments de musique exceptionnels. Le Moma, le célèbre Musée d’art moderne de New York, a pourtant répertorié le SoundSticks II dans sa collection permanente. Ses formes remarquables le méritent amplement. L’oeil a de quoi se satisfaire, et l’oreille aussi, incontestablement. Malgré un encombrement limité, cet ensemble étonne par son aisance à investir le lieu d’écoute, à diffuser la musique sur les trois dimensions, à la faire rayonner sans la moindre contrainte. Le piano surprend par son tonus, son poids, sa vivacité. L’orchestre impressionne par son ampleur dans le grave (les contrebasses, les percussions) et sa maîtrise de l’espace. Jamais agressive, la restitution sonore ne se limite pas à la silhouette des instruments mais elle sait leur adjoindre une riche enveloppe harmonique. Aussi ne doit-on pas craindre les coups de ces « bâtons de son ».
JBL Duet II

Petite bouteille de soda ou grande flûte à champagne ? Quel que soit l’objet auquel elle se réfère, la Duet II arbore un profil séduisant, joliment galbé. Le branchement s’effectue par une minifiche Jack et autorise donc la liaison avec quantité d’appareils : téléviseurs, ordinateurs, radios, baladeurs CD ou MP3, instruments de musique électronique. Avare de commentaires, le constructeur américain ne dit rien de la nature ni même du nombre de haut-parleurs qui équipent chaque enceinte. La mise sous tension et le réglage du volume s’effectuent par un potentiomètre placé sur le haut d’un des deux éléments.
Écoute
Si la Duet, par sa simplicité et sa finition banalement industrielle, ne suscite aucun enthousiasme particulier, son écoute constitue en revanche une vraie, agréable surprise. Certes, elle ne saurait pas rivaliser avec les produits Focal ou Harman… proposés, eux, à des prix bien supérieurs. Il faut donc savoir reconnaître une sonorité d’ensemble plutôt raffinée, jamais acide, sans violons agressifs ni pianos métalliques. L’ensemble manque évidemment de puissance mais il réussit à tendre une palette de couleurs suffisamment variée pour retenir l’attention. Ce duo de Duet réussit finalement bien son numéro.
Bose MusicMonitor

Les MusicMonitor peuvent fonctionner sur n’importe quel appareil équipé d’une minifiche Jack. Le raccordement entre les différents éléments est on ne peut plus simple. Le constructeur affirme compenser par l’emploi d’une paire de haut-parleurs le faible volume de ces enceintes de poche. Le réglage du volume s’effectue soit sur le côté de l’enceinte droite, soit par une télécommande. Au banal plastique qui constitue l’essentiel des enceintes multimédias, Bose a préféré un élégant boîtier en aluminium. Les Music Monitor peuvent se transporter dans une mallette semi-rigide optionnelle (59 €).
Écoute
A l’instar de l’objet, le son se montre dense, compact et plein. En contrepartie, il manque de clarté et de transparence dans le registre central. Mais ces modèles réduits étonnent par l’aisance avec laquelle ils parviennent à se faire entendre. Les contrebasses d’un orchestre ne feront jamais trembler les murs mais elles soutiennent bien l’édifice symphonique. Les Music Monitor peuvent donner du décibel sans s’essouffler.
Altec Lansing FX2020

On dirait deux boîtes de conserve coiffées d’un élégant couvercle carré transparent. Faciles à installer, ces deux enceintes
sont reliées d’origine par un câble. Ne reste qu’à brancher l’une des deux au secteur et à accéder à la source sonore via une minifiche Jack. La mise en fonction et le réglage du volume sonore se font directement sur une des enceintes.
Écoute
Le son se montre proportionnel au poids des FX2020, c’est-à-dire très léger. Incontestablement orienté vers l’aigu, il permet une bonne définition des lignes et des contours nets. Mais en contrepartie, la musique manque singulièrement de poids, de consistance, de relief.
Philippe Venturini