Archive forfemmes

Je me sens devenir un peu vieux.

Je me sens devenir un peu vieux : je reçois en grande quantité des albums consacrés à la musique du futur, à la « musique des sphères », comme ils disent. Évidemment, c’est moderne et impressionnant. Il semble qu’un violon devient suranné, qu’un orchestre avec des vrais gens qui soufflent, pincent ou grattent, ne représente plus que l’image passée d’un monde dépassé. Depuis que la chienne Laïka et M. Gagarine se sont promenés dans l’espace, on veut nous faire croire qu’il n’y a de musique et de vinyles que ceux voués au culte des sons de demain. Pourtant je ne suis pas sûr que la musique soit une question d’actualité mais plutôt une bénédiction de toujours. Bon, on verra bien dans cinquante ans ce que vaudront tous ces bidules, ces machins, ces trucs électroniques. Peut-être qu’ils seront devenus désuets à leur tour, et qu’un être humain qui chante ou souffle et gratte sera encore apprécié.

Post Scriptum du Dr Lechat

Une fois n’est pas coutume, il semble bien que le bon Dr Lechat ait vu juste. Le futur n’est plus ce qu’il était, la modernité d’hier est devenue manifestement kitsch, et en tous cas inactuelle. Du coup, on se demande : qu’est-ce qu’être moderne ?Partager sur mes réseaux sociaux

Commentaires

Cette fois c’est la Ligue Anti-alcoolique qui me cherche des ennuis.

Cette fois c’est la Ligue Anti-alcoolique qui me cherche des ennuis. Les honorables membres de cette auguste association sont venus se plaindre du nombre « effarant », disent-ils, de pochettes présentant des jeunes femmes en train de savourer des cocktails. Comme si ça ne suffisait pas, ils ont aussi mobilisé quelques associations féministes. J’ai dû leur expliquer que je n’étais ni producteur ni maquettiste, et que je bois très peu moi-même, sauf quand l’occasion se présente.

Je leur ai fait également remarquer que sur certaines pochettes, ce sont les hommes qui poussent à la consommation, et que la responsabilité de ce triste état de choses leur revenait indubitablement.

En revanche, personne n’oblige ces jeunes femmes à se cacher sournoisement derrière leur verre, voire à carrément plonger dedans.

D’ailleurs, personne ne peut croire qu’une personne présentant tous les signes d’une bonne santé mentale et d’un charme incontestable puisse sans un haut-le-cœur savourer la chose verdâtre que l’on a versée dans son verre.

Enfin je leur ai montré qu’il ne s’agit nullement d’une attitude discriminatoire de la part des producteurs : un grand trompettiste comme Charlie Shavers, par exemple, n’hésite nullement à manifester son attirance pour nos boissons françaises. Les gens de la Ligue sont repartis en haussant les épaules. Je crois qu’ils voulaient dissimuler le fait qu’ils ne savaient pas de qui il s’agissait. On se demande bien alors à quoi peut bien servir d’être sobre de façon militante si c’est pour ignorer les bonheurs de la vie semblables à ceux que souffle le grand Charlie.

Partager sur mes réseaux sociaux

Commentaires

J’ai reçu la visite du Président-Directeur-Général des lingeries Rosy.

J’ai reçu la visite du Président-Directeur-Général des lingeries Rosy. C’est un homme charmant, très affable. Il m’a demandé s’il ne pourrait pas y avoir plus de jeunes femmes en lingerie sur les pochettes de disques. Il est convaincu que cela fera grimper les ventes, et des disques, et des nuisettes, et des soutiens-gorge et autres culottes affriolantes. Je n’ai eu aucun mal à lui montrer que la lingerie était déjà très présente sur les pochettes. Il y a des quantités de vinyles qui, sans le savoir, font la promotion de ses produits. Les producteurs de disques ignorent parfois pas mal de choses, mais pas les faiblesses masculines.

Je lui ai fait observer, en revanche, que les hommes ne s’exhibaient pratiquement jamais en sous-vêtements. Ce qui cause un embarras visiblement gênant pour les malheureux sollicités.

Je lui ai démontré qu’il fallait faire quelque chose très vite à ce sujet, la situation étant parfois critique, aussi bien au recto qu’au verso. Il m’a répondu sèchement que « ce n’était pas son rayon » mais qu’il en informerait un collègue à lui. Tout n’est pas perdu, donc.

Partager sur mes réseaux sociaux

Commentaires

Moi, j’ai toujours voulu aller au Japon.

Moi, j’ai toujours voulu aller au Japon. J’aime beaucoup le poisson cru, le saké et les chanteuses japonaises. Comme ces Peanuts qui chantent Gion Kouta, que je me passe souvent et qui me fait rêver.

Peanuts - Gion Kouta

J’aime bien aussi la chanteuse Reiko, qui me paraît très romantique.

Mais j’ai surpris mes petites-filles en train de battre des mains en écoutant un 45 tours où chante un monstre qui joue de la guitare et un autre avec la chanson du Capitaine Ultra. Je me demande bien ce qu’elles leur trouvent, surtout au guitariste.

Captain Ultra

Alors, naturellement, il a fallu les emmener voir Godzilla, dont tout le monde parle, qui les a empêchées de dormir pendant presque une semaine. Mais j’ai quand même dû demander à mon ami Masaru de m’envoyer le vinyle de la bande originale.

Elles nous ont même forcés, Ramona et moi, à aller voir La Guerre des monstres, un film japonais où deux singes géants se battent. Ramona a dit que ça lui rappelait certaines personnes dans les cabarets où elle se produisait autrefois.

Post Scriptum du Dr Lechat

D’une certaine façon, il veut mieux que le Dr Vinylo et sa femme n’aient pas connu la déferlante actuelle des bandes sonores de films de monstres japonais. Ramona aurait dû passer en revue tous ses souvenirs.

Partager sur mes réseaux sociaux

Commentaires

Je suis excédé de devoir constater que dans les magazines féminins la modernité, l’élégance et le confort sont associés au lave-linge, à la cuisine ou à l’automobile, oubliant constamment le disque vinyle.

Je suis excédé de devoir constater que dans les magazines féminins la modernité, l’élégance et le confort sont associés au lave-linge, à la cuisine ou à l’automobile, oubliant constamment le disque vinyle.

J’ai adressé quelques lettres bien senties aux rédacteurs en chef de ces publications. La plupart m’ont ignoré, quelques-uns m’ont remercié de les avoir alertés sur ce point essentiel, d’autres ont finalement inclus le vinyle dans leur représentation du tableau idyllique familial.

Finalement, je me suis dit que les premiers à convaincre étaient les producteurs de disques eux-mêmes. Malgré Ramona, qui m’a conseillé de me calmer, je leur ai donc adressé quelques courriers toujours bien sentis. J’ai pu constater que mes efforts n’ont pas été vains. Plusieurs se sont enfin décidés à prouver que le vinyle fait indubitablement partie de l’intérieur de toute personne moderne, élégante et sensible au confort.

Partager sur mes réseaux sociaux

Commentaires

« Previous entries