Le blindfold de la semaine dernière n’a pas été trouvé. Il s’agissait de Oriental Mood, étonnant morceau en C barré donnant une irrésistible impression de mesure à 5/4, interprété par l’orchestre de Salah Ragab, musicien égyptien qui vient de nous quitter. Précisons qu’à cette occasion (en 1971) les musiciens de Sun Ra s’était joints à lui.
J’avais reçu il y a quelques années des 78 tours en provenance de l’URSS dans un album de chansons pour enfants. Pépette et Zouzou les ont cassés et n’ont laissé que la pochette.
Je sais que depuis ils sont passés au vinyle, comme tout le monde. J’ai même reçu un disque des discours de Staline (en russe) sur les beautés du nouveau plan quiquennal et, d’après ce que l’on m’a dit, sur les progrès de la liberté de conscience.
En fait je m’étais habitué aux pochettes soviétiques. Celle-ci était sans doute la plus artistiquement audacieuse.
Un ami discret vivant en Allemagne de l’Est (je tairai son nom) m’a fait parvenir quelques albums parus récemment : les choses changent.
Ces pauvres gens, apparemment très peu bolchéviques, me paraissent tout de même encore visiblement en retard question téléphonie. Moi, je suis habitué aux traditions, comme le samovar et la vodka. Il semble qu’elles résistent.
Le blindfold de la semaine dernière n’a pas été trouvé. Il s’agissait de Climb Every Mountain interprété par Guy Lafitte, magnifique musicien toujours regretté.
Nous avions renoncé à aller à la montagne quand nous avons reçu ce petit disque de M. Tino Rossi. Charmés, en l’écoutant nous avons décidé, Ramona et moi, de faire une croisière en Méditerranée.
D’abord un petit tour en Grèce, en espérant pouvoir écouter Tacticos et ses Bouzoukis nous jouer Les Enfants du Pirée.
Ensuite la Turquie. J’ai longtemps rêvé devant cette pochette représentant un coucher de soleil sur Istanbul.
Sans oublier la danse orientale, dont les pochettes sont également évocatrices.
Et puis nous irons sans doute écouter la ravissante Kamuran Akkor, qui possède un bien joli canapé.
Post scriptum du Dr Lechat Le Dr Vinylo souffrait d’un glaucome sévère, tant pour les canapés que pour les chanteuses. Cette chanson qu’il aimait beaucoup, Sevgine dirhicbil medim, était en fait la version turque de Sixteen Tons.
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Après la Turquie, l’Egypte. Les pyramides, Le Caire, les souks… mais surtout la danse orientale, qui m’intéresse énormément du point de vue musical.
Le docteur Ernest Vinylo nait peu après la Première Guerre Mondiale d’un père fabricant de 78 tours et d’une mère arthritique. Il fuit très tôt le domicile parental (vers 5h du matin) et décide de ruiner sa famille en mettant au point dans d’effroyables conditions financières le vinyle qui portera désormais son nom. Il disparaît en 1981 intoxiqué par un vacherin. Pratiquement sourd et atteint d’un glaucome sévère, tout au long de sa vie pétulante il n’a cessé de collectionner les disques 33 tours lui paraissant symboliser l’excellence de son invention, les accompagnant des courtes et pertinentes notules que nous publierons chaque semaine avec les trésors qu’il a patiemment amassés.