Le blindfold de la semaine dernière n’a pas été trouvé. Il s’agissait de Yardbird Suite, avec son incroyable solo de pipeau, composition de Charlie Parker interprétée par l’Anachronic Jazz Band dont le CD vient d’être réédité.
En avant donc pour le blindfold de cette semaine, avec un téléchargement gratuit à gagner pour qui l’identifie.
Lorsque mon amie Carole m’a fait parvenir ce disque de Pierre et le Loup, me le conseillant pour faire aimer la musique classique à mes petites-filles Zouzou et Pépette, j’ai eu un doute. J’avais raison : quand je leur ai montré, elles se sont enfuies en hurlant.
Post scriptum du Dr Lechat
Le Dr Vinylo aurait pu leur proposer l’album édité par Disney :
Ou bien celui avec Robert Lamoureux ou bien Jean-Pierre Aumont (sous la même pochette…).
Ma belle-sœur Betty, qui vit à Boston, ne cesse de m’en envoyer. Encore un disque d’évangélistes américains ! La chose installée entre ces bienheureux ne doit sans doute pas représenter Jésus. Si c’est leur fils, il ne me semble pas en bonne santé.
Post scriptum du Dr Lechat
J’ai en effet retrouvé un grand nombre de disques religieux américains dans les archives du Dr Vinylo. Il ne les appréciait pas. Une note stipule même : « C’était bien la peine d’inventer le vinyle ! ». Je les présenterai bien sûr peu à peu, à faible dose. Deux échantillons supplémentaires pour commencer.
Les Lloyds interprètent pour nous He Touched Me, c’est-à-dire : Il m’a touché. A l’écoute de ce cantique d’un goût voisin de celui qui a dû présider à l’achat des pantalons, on se dit qu’il ne les a pas seulement touchés : il a dû frapper fort.
Bravo à Sextus, qui a découvert le blindfold de la semaine dernière et gagné un téléchargement gratuit sur Qobuz ! Il s’agissait de la Romanze de la Rosamunde de Schubert interprétée par Aafje Heynis accompagnée par le Concertgebow d’Amsterdam sous la direction de Bernard Haïtink.
Féliciter M. Capitol : enseigner l’accordéon et la lecture de la musique à un gorille qui sans doute ne savait jouer que de la batterie, c’est une belle réussite.
Post scriptum du Dr Lechat Le Dr Vinylo n’était pas tendre avec les batteurs. Il n’est cependant pas certain qu’il faille féliciter qui que ce soit : à l’écoute, la soumission simiesque au métronome ronge irrésistiblement le cerveau.
Ces sauvages devraient laisser Mme Russell jouer tranquillement. Son disque fait partie de la série des chefs-d’œuvre de M. Columbia : Masterworks !
Post scriptum du Dr Lechat
Le Dr Vinylo se plaçait spontanément du côté des faibles et des persécutés. Il ne savait pas que ce disque disons… douteux fut enregistré à Johannesburg au beau temps de l’apartheid devant un public exclusivement blanc, et que la prestation de Mme Russell à la cornemuse ne relève pas très clairement du chef-d’œuvre.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------- On m’a demandé quelle avait été l’attitude du Dr Vinylo durant la Seconde Guerre Mondiale. Afin que toute ambiguïté soit levée, je produis ici une carte postale retrouvée dans ses archives :
Voici ce Vinylo écrivit rageusement au verso :
En outre, les pontes de la Révolution Nationale du gouvernement de Vichy lui avaient fait parvenir le test-pressing d’une chanson à laquelle ils tenaient beaucoup, lui suggérant de la faire paraître en vinyle. Cela aurait lancé son invention, alors pratiquement au point. C’était richesse et célébrité. Le brave Dr Vinylo a purement et simplement refusé. Cette chanson n’est jamais parue en vinyle. Elle était alors pourtant très populaire.
Le blindfold de la semaine dernière n’a pas été trouvé. Il s’agissait du rondeau de la Partita n°2 en ut mineur BWV 826 de Jean Sébastien Bach interprété par Grigory Sokolov, extrait de son album consacré à L’Art de la Fugue où cette Partita figure en complément (Opus 111, distribution Naïve).
Nouvelle question donc. Rappelons que le téléchargement gratuit d’un album est offert à qui répond juste :
Le docteur Ernest Vinylo nait peu après la Première Guerre Mondiale d’un père fabricant de 78 tours et d’une mère arthritique. Il fuit très tôt le domicile parental (vers 5h du matin) et décide de ruiner sa famille en mettant au point dans d’effroyables conditions financières le vinyle qui portera désormais son nom. Il disparaît en 1981 intoxiqué par un vacherin. Pratiquement sourd et atteint d’un glaucome sévère, tout au long de sa vie pétulante il n’a cessé de collectionner les disques 33 tours lui paraissant symboliser l’excellence de son invention, les accompagnant des courtes et pertinentes notules que nous publierons chaque semaine avec les trésors qu’il a patiemment amassés.