Je me sens devenir un peu vieux.

Je me sens devenir un peu vieux : je reçois en grande quantité des albums consacrés à la musique du futur, à la « musique des sphères », comme ils disent. Évidemment, c’est moderne et impressionnant. Il semble qu’un violon devient suranné, qu’un orchestre avec des vrais gens qui soufflent, pincent ou grattent, ne représente plus que l’image passée d’un monde dépassé. Depuis que la chienne Laïka et M. Gagarine se sont promenés dans l’espace, on veut nous faire croire qu’il n’y a de musique et de vinyles que ceux voués au culte des sons de demain. Pourtant je ne suis pas sûr que la musique soit une question d’actualité mais plutôt une bénédiction de toujours. Bon, on verra bien dans cinquante ans ce que vaudront tous ces bidules, ces machins, ces trucs électroniques. Peut-être qu’ils seront devenus désuets à leur tour, et qu’un être humain qui chante ou souffle et gratte sera encore apprécié.

Post Scriptum du Dr Lechat

Une fois n’est pas coutume, il semble bien que le bon Dr Lechat ait vu juste. Le futur n’est plus ce qu’il était, la modernité d’hier est devenue manifestement kitsch, et en tous cas inactuelle. Du coup, on se demande : qu’est-ce qu’être moderne ?Partager sur mes réseaux sociaux

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Le blinfold de Carole #133

Le blindfold de la semaine dernière a été trouvé. Il s’agissait de Chimène Badi interprétant Un jour de trop qui passe.

Bravo à ebesse qui gagne un album de son choix à télécharger sur Qobuz.com

Celui de cette semaine sera-t-il découvert  ?

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Cette fois c’est la Ligue Anti-alcoolique qui me cherche des ennuis.

Cette fois c’est la Ligue Anti-alcoolique qui me cherche des ennuis. Les honorables membres de cette auguste association sont venus se plaindre du nombre « effarant », disent-ils, de pochettes présentant des jeunes femmes en train de savourer des cocktails. Comme si ça ne suffisait pas, ils ont aussi mobilisé quelques associations féministes. J’ai dû leur expliquer que je n’étais ni producteur ni maquettiste, et que je bois très peu moi-même, sauf quand l’occasion se présente.

Je leur ai fait également remarquer que sur certaines pochettes, ce sont les hommes qui poussent à la consommation, et que la responsabilité de ce triste état de choses leur revenait indubitablement.

En revanche, personne n’oblige ces jeunes femmes à se cacher sournoisement derrière leur verre, voire à carrément plonger dedans.

D’ailleurs, personne ne peut croire qu’une personne présentant tous les signes d’une bonne santé mentale et d’un charme incontestable puisse sans un haut-le-cœur savourer la chose verdâtre que l’on a versée dans son verre.

Enfin je leur ai montré qu’il ne s’agit nullement d’une attitude discriminatoire de la part des producteurs : un grand trompettiste comme Charlie Shavers, par exemple, n’hésite nullement à manifester son attirance pour nos boissons françaises. Les gens de la Ligue sont repartis en haussant les épaules. Je crois qu’ils voulaient dissimuler le fait qu’ils ne savaient pas de qui il s’agissait. On se demande bien alors à quoi peut bien servir d’être sobre de façon militante si c’est pour ignorer les bonheurs de la vie semblables à ceux que souffle le grand Charlie.

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Le blinfold de Carole #132

Le blindfold de la semaine dernière a été trouvé. Il s’agissait de l’Ouverture de la 5ème porte extraite du Château de Barbe Bleue de Bartok avec Sylvia Sass et Kolos Kovats dirigés par Solti avec le London Philharmonic Orchestra.

Bravo à foissy qui gagne un album de son choix à télécharger sur Qobuz.com

Celui de cette semaine sera-t-il découvert  ?

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J’ai reçu la visite du Président-Directeur-Général des lingeries Rosy.

J’ai reçu la visite du Président-Directeur-Général des lingeries Rosy. C’est un homme charmant, très affable. Il m’a demandé s’il ne pourrait pas y avoir plus de jeunes femmes en lingerie sur les pochettes de disques. Il est convaincu que cela fera grimper les ventes, et des disques, et des nuisettes, et des soutiens-gorge et autres culottes affriolantes. Je n’ai eu aucun mal à lui montrer que la lingerie était déjà très présente sur les pochettes. Il y a des quantités de vinyles qui, sans le savoir, font la promotion de ses produits. Les producteurs de disques ignorent parfois pas mal de choses, mais pas les faiblesses masculines.

Je lui ai fait observer, en revanche, que les hommes ne s’exhibaient pratiquement jamais en sous-vêtements. Ce qui cause un embarras visiblement gênant pour les malheureux sollicités.

Je lui ai démontré qu’il fallait faire quelque chose très vite à ce sujet, la situation étant parfois critique, aussi bien au recto qu’au verso. Il m’a répondu sèchement que « ce n’était pas son rayon » mais qu’il en informerait un collègue à lui. Tout n’est pas perdu, donc.

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