Laurent de la Hyre [Paris 1606 – 1656]
L’Allégorie de la Musique, 1649
huile sur toile, 105.7 x 144.1 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
À la mi-temps du XVIIe siècle, la peinture française s’apprête à prendre quelque distance avec l’esthétique baroque italienne pour s’engager dans une démarche devant la conduire au classicisme louis-quatorzien. Représentant de ce qui a été appelé l’École de Paris, Laurent de la Hyre réalise une œuvre toute d’harmonie et d’équilibre, qui est pour lui l’occasion de célébrer la musique pour cordes pincées, devenue le fleuron de la musique française, ainsi reconnue à travers toute l’Europe, et illustrée notamment par la dynastie des Gaultier, et plus tard par Robert de Visée. Dans un cadre architectural on ne peut plus classique, la musicienne inspirée par le rossignol perché sur le dossier de son siège n’est autre que Musica, l’allégorie de Musique laquelle, sein dénudé, draperie, coiffure et profil à l’antique, accorde une angélique, une variété de théorbe au long manche, en présence de divers instruments constituant une nature morte. Un moment exceptionnel de beauté, de grâce et de douceur françaises avant l’instauration d’un académisme d’État qui, bientôt, touchera tous les arts.
René Mesangeau, Pierre Gaultier
Old Gaultiers Nightinghall
Anthony Bailes, luth
Ramée, RAM 0707, 2007
“Proche de l’ambiance du tableau de La Hyre”
Sylvain Bergeron, luth
Atma, 2 2562, 2008
“Manuscrit écossais du XVIIe siècle comprenant des adaptations de pièces des Français Gallot et Mouton”
Robert de Visée et Théophile Viau
La Conversation
Vincent Dumestre, théorbe, Eugène Green, récitant
Alpha, 003, 1999
“La continuité musicale sous Louis XIV pour accompagner un grand poète persécuté sous Louis XIII”
Francesco Corbetta et Robert de Visée
Suites pour guitare et théorbe
Éric Bellocq et Massimo Moscardo, guitares et théorbes
Naxos, 8.553745, 1999
“Deux périodes musicales correspondant au début et à la poursuite du règne du Roi-Soleil, avec son professeur de guitare et le grand luthiste de la seconde époque”
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> Ecoutez un extrait :
Complete Music for Solo Lute
Jakob Lindberg
Brilliant Classics, 93698, 2008
“Et pendant ce temps, et un peu avant, l’incontournable et si touchante mélancolie anglaise”
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> Ecoutez un extrait :
John Dowland
The Complete Solo Lute Music
Jakob Lindberg
Bis, 1724, 2008 [1994]
“Et au même moment, la réédition de la même intégrale par le label qui l’avait proposée en 1994, un bonheur d’écoute pendant plus de quatre heures, sous réserve de disposer d’un lecteur SACD, car ce support ne peut être lu par les lecteurs CD habituels, même s’ils reconnaissent les SACD hybrides”
Liste des plages : http://www.bis.se/index.php?op=album&aID=BIS-SACD-1724
Anthony Holborne et Thomas Robinson
Pavanes et Gaillardes pour luth
Christopher Wilson et Shirley Rumsey, luth
Naxos, 8.553874, 1998
“Des précurseurs d’outre-Manche”
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> Ecoutez un extrait :
Lorenzino del Liuto, Giovanni Pierluigi da Palestrina, Orlando di Lasso, Cipriano de Rore
Renaissance Lute Music, Preludes, Fantasias and Dances
Marco Pesci, luth
Naxos, 8.570165, 2006
“L’Italie inspiratrice et son assimilation flamande”
Mise en ligne le 5 novembre 2008, modifications le 6 novembre 2008.
Prototype, 1er septembre 2008.
1. Le Mercredi 12 novembre 2008 17:48, par denis grenier
Merci pour vos commentaires. Couleurs agréables à porter dites-vous, sans doute, peut-être donnez-vous à ce mot un autre sens que celui de premier niveau qui me vient à l'esprit. S. Bergeron est certainement celui que vous dites, mais surtout je crois que vous serez d'accord pour dire que la musique de ce CD est divine. En ce qui concerne l'homme en bleu, il s'agit de « Man with the Blue Sleeve c. 1510 Oil on canvas, 85 x 70 cm National Gallery, London par le Titien, ou Tiziano Vecello The biographer Giorgio Vasari, in his Life of Titian, describes a similar portrait which he says could easily have been mistaken for a Giorgione if Titian had not signed it. This portrait was erroneously identified by early critics as the portrait of Ariosto; it is perhaps a likeness of Titian's earliest patron, a member of the noble Barbarigo family. In his early period, Titian's portraits are strongly realistic. The painting in its gripping tonal palpability and attention to detail, such as the stitching in the satin, has much in common with Giorgione's late portraits. But Titian, somewhat competitively, carries Giorgione's realism a step further in the way the sleeve billows out and invades our space, extending the boundaries of Giorgionismo in a burst of hyperrealism. The sitter's expression is arrogant, typical of the male dandy. The figure stands out in bold relief against the plain background and the colour emphasizes the unusual lighting, revealing the mood of the sitter as well as capturing his physical presence », tiré de World Gallery of Art. Certains y voient parfois un portrait de l'Arioste, le grand humaniste et poète de la Renaissance, auteur du célèbre Orlando furioso ou Roland furieux dont on connaît la fortune critique en musique. D.G. Veuillez excuser les éventuelles coquilles et la citation en anglais, langue qui vous est probablement familière.
Par denis grenier
2. Le Jeudi 13 novembre 2008 22:46, par Joyce Ferlotte
Denis Grenier.
Pour quelles raisons avez-vous choisi ce portrait et pourquoi ne pas l'avoir identifié?
Son regard est glacial.
jf
Par Joyce Ferlotte
3. Le Vendredi 14 novembre 2008 15:39, par Denis Grenier
Pour éviter que ma photo se retrouve deux fois parmi les titulaires de ces blogs. Parce que je cause de peinture. Parce que je trouve ce tableau magnifique. Parce que l'Arioste représente pour moi l'humanisme, au même titre que Baldassare Castiglione. Pour moi le regard n'est pas glacial, mais sérieux. Peut-être cela traduit-il les préoccupations de l'érudit sur l'homme et la société. Certes, chacun peut interpréter selon sa sensibilité. L'histoire de l'art n'est pas une science exacte et la théorie se recompose à chaque regard, à chaque instant.
Par Denis Grenier
4. Le Vendredi 14 novembre 2008 19:56, par Joyce Ferlotte
Ce tableau est magnifique je le pensais déjà. Les regards diffèrent d'un personne à une autre . Nous ne voyons pas tous les choses de la même manière. Je connais Baldassare Castiglione mais pas l'Arioste.
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Vous dites que la musique utilisée pour faire les indicatifs de CKRL, est en particulier celle de Diego Ortiz, de quel cd parliez-vous dimanche dernier?
J'aime énormément cet indicatif.
Aurevoir Monsieur Grenier.
Par Joyce Ferlotte
5. Le Vendredi 14 novembre 2008 21:00, par denis grenier
Ganassi dal Fontego, Silvestro di; Diego Ortiz; Regola Rubertina [Venezia 1542]. Lettione seconda [Venezia 1543]. Trattado de glosas [Roma 1553]; Modo Antiquo, Bettina Hoffmann, viola da gamba; Tactus, 490701, 1998.
Par denis grenier
6. Le Lundi 17 novembre 2008 18:38, par Mélomane
J'ai entendu des musiques très touchantes, des voix poignantes et troublantes. Continuo était beau.
Par Mélomane
7. Le Mardi 18 novembre 2008 5:07, par denis grenier
Merci pour votre commentaire enthousiaste concernant l'émission Continuo du 16 novembre je suppose. La musique est un miracle qui se renouvelle à chaque fois. J'espère que d'autres lecteurs vous entrendront au point de devenir auditeurs ! Et, comme vous, auront envie d'intervenir sur ce blog. Vedremo. Hier, plusieurs auditeurs français étaient avec nous.
Par denis grenier
8. Le Mardi 18 novembre 2008 5:14, par denis grenier
Il semble que plusieurs personnes aimeraient intervenir sur ce blog et sur celui intitulé « ut pictura musica », mais s'abstiennent de le faire parce qu'elles ne veulent pas révéler leur indentité. Pour ce faire, elles n'ont qu'à donner un pseudonyme, dont elles peuvent changer à chacune de leurs interventions, dans la case où le nom est demandé. L'adresse courriel est obligatoire, mais n'est jamais publiée. Quel que soit le sujet, quel que soit le commentaire, allez y en toute confiance, vous êtes assurés de la confidentialité, dans la mesure où vous-même ne la romprez pas ! Il vous sera répondu à chaque fois.
Par denis grenier
9. Le Mardi 18 novembre 2008 20:04, par Mélomane
Vous avez bien supposé, c'est bien celui du 16 novembre. Les précédentes émissions sont toutes aussi belles. La musique est un miracle, oui en effet, et qui disait: "que serions-nous sans elle?" Chaleureuses salutations aux auditeurs français, et je les invite à se joindre à nous. Ouf! que signifie ce mot...
MéliMélo.
Par Mélomane
10. Le Mardi 18 novembre 2008 21:25, par denis grenier
Il y a en tout cas Nietzsche qui disait : « Sans la musique, la vie n'aurait aucun sens », peut-être est-ce ce que vous avez à l'esprit.
Par denis grenier
11. Le Mercredi 19 novembre 2008 17:43, par isis
et j'aouterai égalemment sans la musique la vie serait une ereur
Par isis
12. Le Mercredi 19 novembre 2008 17:53, par latone
Moi je trouve que le choix de Monsieur Grenier concernant ce portrait est plutôt interessant ,je n'y vois absolumment rien de glacial mais bien plutôt un homme qui s'interroge ,qui observe
J'aime particulièrement ce regard qui peut peut être dérange car il semble penetrer les âmes ..;et je m'arrête là sinon ça risque d'être long
Latone
Par latone
13. Le Jeudi 20 novembre 2008 15:50, par denis grenier
Merci Isis pour votre mise au point. Vous avez raison de me corriger, car Nietzsche a en effet plutôt écrit que « Sans la musique, la vie serait une erreur. » Je me félicite que vous sembliez vous aussi apprécier cette magnifique phrase.
Par denis grenier
14. Le Jeudi 20 novembre 2008 16:01, par denis grenier
Mais on peut être long Latone, personne ne vous le reprochera, bien au contraire. Ce blog est à votre disposition comme à celle de tous, et je vous suis particulièrement reconnaissant de poursuivre la discussion concernant le tableau du Titien. Je crois que votre regard éclaire la lecture qu'on peut en faire, et j'aime beaucoup l'idée de pénétration des âmes que vous avancez. L'Arioste, s'agit-il de lui ici ?, est un grand humaniste, qui en effet cherchait à comprendre l'homme, au sens générique du terme, évidemment. Une préoccupation de la Renaissance. Une démarche dont nous lui savons gré.
Par denis grenier
15. Le Mercredi 24 décembre 2008 20:18, par Allegresse
Un merveilleux Temps des Fêtes à vous monsieur Grenier.
Allegresse.
Par Allegresse
16. Le Lundi 19 janvier 2009 15:47, par Lucie
Monsieur Grenier, Continuo m'a beaucoup manqué hier. À bientôt j'espère. Lucie
Par Lucie
17. Le Mardi 10 mars 2009 22:33, par Chris
Trop genial d'entendre votre voix sensuelle Denis. Tous les dimanche matin c'est un vrai régal et je n'arrive plus à m'en passer... Tabernacle ! Je croyais pas que c'était si bon. Encore et encore. On vous aime tous nous les hommes. Chris
Par Chris
18. Le Vendredi 13 mars 2009 11:41, par denis grenier
Sensible Chris à votre commentaire, qui me flatte, je me rends compte, une fois de plus, du pouvoir de la voix radiophonique, dont je m’en voudrais cependant d’abuser. Votre intervention sympathique me touche évidemment, comment vous le cacher. Cela étant, si cette voix devient le vecteur de votre intérêt pour la musique dont elle ne prétend pas être autre chose que la servante, je m’en félicite aussi pour elle, car il me semble qu’elle le mérite, bien plus que son présentateur. Excusez-moi de ne pouvoir vous donner la réplique en termes liturgiques québécois, domaine où votre compétence manifeste surpasse la mienne, malgré, je crois, les 6000 km qui nous séparent. Le matin, c’est pour vous l’après-midi, si je ne me trompe. À dimanche donc, enfin je l’espère. En ce moment, nous avons cinq heures de décalage, car la France est toujours à l’heure d’hiver, le Québec étant passé à celle d’été. Je dis bien l’heure, et non la saison, qui ne dure ici que huit jours ouvrables !
Par denis grenier

































. Le Mardi 11 novembre 2008 18:44, par Joyce
de: J.F. Monsieur Grenier. Ces couleurs sont attrayantes, agréables à regarder, à écouter et même porter. Cette musique réconfortante interprétée par Sylvain Bergeron, le grand et si sympathique musicien et celle très émouvante de John Dowland colorée ici par Jakob Lindberg ; je la savoure sans oublier Robert de Visée, ah, quelle merveille! Il faut entendre Eugène Green réciter Théophile de Viau; sublime Conversation à laquelle il est difficile, voire impossible de se soustraire. Toutes ces couleurs remarquables pour mon plus grand plaisir. Qui est cet homme habillé de bleu? Ce portrait il est de qui? Voilà, ce sont mes couleurs, je les mets sous vos yeux . Joyce
Par Joyce