Artiste principal :
Stephen Layton
Genre : Classique
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Qualité Studio Masters
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- 1 Tonight eternity alone
- 2 O admirabile commercium
- 3 O sacrum convivium
- 4 O vos omnes
- 5 Sanctus
- 6 O vis aeternitatis
- 7 Caritas abundat
- 8 O virtus sapientiae
- 9 Lux aeterna
- 10 Fair in face
- 11 I beheld her, beautiful as a dove
- 12 Rise up, my love, my fair one
- 13 How they so softly rest
- 14 The day is done
- 15 Pilgrims' Hymn
- 16 Hymn to the Eternal Flame
- 17 Mosella
- 18 Te vigilans oculis
- 19 Phoenix
Tonight eternity alone (René Clausen)
Three New Motets "in memoriam Thomas Tallis" (Steven Stucky)
Sanctus (Ola Gjeilo)
Hildegard Triptych (Frank Ferko)
Lux aeterna (Edwin Fissinger)
Fair in face (Healey Willan)
I beheld her, beautiful as a dove
Rise up, my love, my fair one
How they so softly rest
The day is done (Stephen Paulus)
The Three Hermits
To be Certain of the Dawn
2 Motets (William Hawley)
Phoenix (Ola Gjeilo)
À propos
Œuvres de Clausen, Stucky, Gjeilo, Ferko, Fissinger, Willan, Paulus & Hawley / Trinity College Choir Cambridge - Stephen Layton, direction
Inclus
1 Livret numérique
Détails de l'enregistrement original :
68:35 - DDD - Enregistré du 2 au 5 juillet 2010 au Trinity College, Cambridge - Notes en français, anglais et allemand avec les textes chantés en anglais ou latin avec traduction anglaise
René Clausen (né en 1953)
Tonight eternity alone (1991)
Steven Stucky (né en 1949)
Three New Motets "in memoriam Thomas Tallis" (2005)
O admirabile commercium - O sacrum convivium - O vos omnes
Ola Gjeilo (né en 1978)
Sanctus (2008)
Phoenix (2008)
Frank Ferko (né en 1950)
Hildegard Triptych (1997)
O vis aeternitatis - Caritas abundat - O virtus sapientiae
Edwin Fissinger (1920–1990)
Lux aeterna (1982)
Healey Willan (1880–1968)
Fair in face (1928)
I beheld her, beautiful as a dove (1928)
Rise up, my love, my fair one (1929)
How they so softly rest (1917)
Stephen Paulus (né en 1949)
The day is done (2006)
Pilgrims’ Hymn de The Three Hermits (1997)
Hymn to the Eternal Flame de To be Certain of the Dawn
William Hawley (né en 1950)
2 Motets (1981)
Mosella - Te vigilans oculis
Trinity College Choir Cambridge
Direction Stephen Layton
Tonight eternity alone (1991)
Steven Stucky (né en 1949)
Three New Motets "in memoriam Thomas Tallis" (2005)
O admirabile commercium - O sacrum convivium - O vos omnes
Ola Gjeilo (né en 1978)
Sanctus (2008)
Phoenix (2008)
Frank Ferko (né en 1950)
Hildegard Triptych (1997)
O vis aeternitatis - Caritas abundat - O virtus sapientiae
Edwin Fissinger (1920–1990)
Lux aeterna (1982)
Healey Willan (1880–1968)
Fair in face (1928)
I beheld her, beautiful as a dove (1928)
Rise up, my love, my fair one (1929)
How they so softly rest (1917)
Stephen Paulus (né en 1949)
The day is done (2006)
Pilgrims’ Hymn de The Three Hermits (1997)
Hymn to the Eternal Flame de To be Certain of the Dawn
William Hawley (né en 1950)
2 Motets (1981)
Mosella - Te vigilans oculis
Trinity College Choir Cambridge
Direction Stephen Layton
Par delà les rêves mortels La musique chorale américaine pénétra tard dans le XXe siècle. À sa création, la « Second New England
School » d’Edward MacDowell, Amy Beach et quelques autres épousa l’esthétique du romantisme allemand et il fallut attendre Charles Ives, et sa revendication du
modernisme pour l’Amérique (d’abord dans l’indifférence quasi générale), pour qu’émergeât un son plus spécifique. Son audace, raillant le conservatisme de ses collègues, favorisa l’épanouissement,
dans les années 1950, d’une musique américaine chez Copland, Barber et Bernstein. Fondées sur l’enseignement de compositeurs comme Nadia Boulanger, et mûries au sein des récents conservatoires, ces
années virent la musique chorale américaine devenir une force vibrante ; et tandis que leurs homologues européens recevaient surtout des commandes de fondations liées
à des cathédrales, avec leur lot d’exigences liturgiques, les Américains servaient les ensembles choraux profanes des campus de collèges et les sociétés de musique métropolitaines, source d’un plus
large accès au public et aux interprètes. Aujourd’hui, dans tous les États-Unis, les bibliothèques de musique chorale débordent d’œuvres américaines du XXe siècle, et nombre
d’éditeurs reconnaissent volontiers que ce vaste corpus entretient leur prospérité. Les productions des Randall Thompson, Norman Dello Joio, Howard Hanson et autres Vincent Persichetti ont instauré
un « son américain » difficilement définissable, encore qu’il soit à prédominance tonale et largement accessible ; pourtant, hormis l’« Alleluia » de Thompson et quelques autres pièces, ce fut seulement à la fin du XXe siècle
que cette musique traversa l’Atlantique pour entrer au répertoire de grands choeurs britanniques. En 2005 et 2007, l’un des autres ensembles vocaux de Stephen Layton— Polyphony—produisit deux
enregistrements décisifs de la musique de Morten Lauridsen (CDA67449 et CDA67580), entrecoupés d’un disque d’œuvres de l’actuelle coqueluche de la scène chorale américaine, Eric Whitacre
(CDA67543). Le présent enregistrement s’intéresse à huit autres compositeurs qui illuminèrent le dernier demi-siècle et qui ont désormais leur place sur la scène
internationale. Malgré tous les efforts déployés chaque année, lors de populaires conventions chorales, pour bâtir une scène chorale américaine unie, les régionalismes sont
en tout point aussi marqués qu’en Europe, avec des disparités ancrées dans des modèles historiques de migration et de colonisation. Destination traditionnelle des émigrés scandinaves, l’état
septentrional du Minnesota abrite ainsi des générations de luthériens amateurs de chœurs et l’on y trouve certains des meilleurs chœurs universitaires du pays, le plus remarquable étant celui de
Concordia College, dirigé par René Clausen, l’un des grands compositeurs-chefs de chœur du monde universitaire américain. Dans la langue néo-romantique typique de ce compositeur, Tonight
eternity alone met en musique des vers modifiés du poème « Dusk at Sea » de Thomas S. Jones et reproduit un sentiment de solitude
satisfaite, dans un vaste espace vide. À une quinzaine de kilomètres de là, à l’Université du Dakota du nord, Edwin Fissinger occupa, jusqu’à sa retraite en 1985, une
fonction similaire à la tête d’un autre grand chœur septentrional du Midwest. Rédigé en 1982, Lux aeterna est dédié à la mémoire d’un des élèves de composition de Fissinger et de son épouse,
tués dans un accident de voiture. Le compositeur, qui combine motifs grégoriens familiers et harmonies aux accords en clusters, commence par assembler des accords de bas en haut, d’une manière
rappelant fort le Nunc dimittis de Gustav Holst. Les solistes masculin et féminin, possibles incarnations des âmes des défunts montées au ciel, s’envolent, affranchis des textures chorales
en clusters. Mort depuis plus de vingt ans, Fissinger s’inscrit pourtant, par son langage compositionnel, dans la nouvelle génération de musiciens américains représentée
ici. On ne saurait en dire autant de Healey Willan, dont la musique s’épanouit plus tôt dans le siècle et qui conserva de forts liens avec le style édouardien développé dans sa terre natale
par Stanford, Parry et Finzi—bien que domicilié en Amérique, il avait des origines britannicocanadiennes. Comme ses homologues britanniques, Willan admira et parodia la musique des Tudors (il fonda
un chœur à leur nom, à Toronto) et, dans l’esprit des maîtres renaissants, il déclara que le plain-chant était l’épine dorsale de son œuvre. Moteur du développement de la musique liturgique
canadienne du XXe siècle, il dut sa place dans l’establishment musical à une commande de la Reine, pour son couronnement de 1953. Les trois premières pièces présentées ici proviennent de la
séquence des onze motets liturgiques, sur des textes des répons de l’« Office of Our Lady » (VIIIe siècle) et du Cantique des
Cantiques. Vient ensuite une somptueuse mise en musique de « The Dead » (How they so softly rest) de Longfellow, dont
l’aspiration débridée rappelle les Songs of Farewell de Parry—composés, eux aussi, dans les derniers mois de la Grande Guerre. Le choeur de Willan (à St Paul’s, sur Bloor Street, à Toronto),
pour qui cette œuvre fut écrite, devait disposer d’une excellente section de basses graves. À l’exception de Willan, les quatre compositeurs les plus représentés ici (Paulus,
Hawley, Ferko et Stucky, tous nés entre août 1949 et novembre 1950) contribuèrent beaucoup à façonner le paysage musical américain du nouveau millénaire. Premier Américain à s’être vu commander une
pièce pour le Festival of Nine Lessons and Carols du King’s College de Cambridge, et auteur de l’unique opéra américain jamais monté au festival d’Édimbourg, Stephen Paulus s’est déjà bien
imposé à l’étranger. De retour chez lui, il cofonda l’American Composers’ Forum (1973) puis devint l’un des chefs de file de la composition chorale américaine grâce à sa fructueuse collaboration
avec Robert Shaw et son chœur éponyme. Sa production chorale compte aujourd’hui un nombre de titres étonnant, dont trois seulement figurent ici. Écrites entre 1997 et 2006, ces œuvres séparées sont
cependant unies par leur approche strophique du texte, leur style homophonique et leur langue harmonique accessible. La mélodie ample et l’harmonie relativement statique de The day is done
(2006) reflètent le paisible romantisme du texte (là encore, de Longfellow), cependant que Pilgrims’ Hymn, poème sacré tout d’innocence et de dévotion, provient de The Three Hermits,
l’opéra en un acte que Paulus rédigea quelques années plus tôt, sur un livret de Michael Dennis Browne. Hymn to the Eternal Flame, où un soprano solo monte en flèche, est tiré de To be
Certain of the Dawn, l’oratorio écrit en 2005 par les mêmes Paulus et Browne pour commémorer le soixantième anniversaire de la libération des camps de la mort en Europe.
Après un début de carrière dominé par la musique instrumentale, le compositeur new-yorkais William Hawley est désormais reconnu comme une figure majeure du monde choral. Rejetant les
méthodes avant-gardistes de ses professeurs, il a créé un langage qui se délecte d’harmonies suspendues, « réintégrant, dit-il luimême, les éléments émotionnels et
spirituels de la musique classique occidentale d’avant le XXe siècle dans les acquis techniques et conceptuels du modernisme ». Ses Two Motets, composés en
1981 pour les Gregg Smith Singers, présentent un matériau fort similaire. Chose rare pour de la musique chorale, ils utilisent des textes latins non pas bibliques mais poétiques, sans aucun élément
sacré. Mosella est une strophe tirée d’un long poème d’Ausone (IVe siècle)—une célèbre évocation du paysage des bords de la Moselle—, qui nous offre l’apaisant murmure de l’eau où se mire la
lueur du crépuscule. Le second poème, Te vigilans oculis de Pétrone, nous fait partager les angoisses d’un poète qui ne parvient pas à trouver le sommeil—il soupire après sa bien-aimée. Les
contrastes de matériau thématique entre les deux motets sont magnifiés par leur similitude même, Hawley rendant l’ambiance du second texte par un climat assombri. Les deux œuvres s’achèvent sur des
suspensions prolongées et non résolues, pour un effet vivement différent : beauté sans fin dans l’une, tourment incessant dans l’autre. Important musicologue et compositeur,
Frank Ferko est l’un des grands experts américains de la musique d’Olivier Messiaen, même si les pièces réunies ici reflètent une autre de ses passions : la musique de Hildegarde von Bingen.
Le Hildegard Triptych est un exaltant corpus de compositions à double chœur, qui ne représente qu’une partie de l’imposant ensemble de pages chorales et organistiques que lui inspira la
grande mystique médiévale. O virtus sapientiae rappelle la musique et le texte de Hildegarde : un premier échange de phrases, en organum duplum, se développe rapidement jusqu’à englober le
chœur entier, orné de mélismes fleuris. L’extraordinaire ouverture pantonale de Caritas abundat évoque d’emblée les œuvres méditatives de Messiaen— une vision suppliciante où mille ans de
mysticisme sont condensés en trois minutes de musique. Quant à O vis aeternitatis, qui s’annonce par une longue quinte dépouillée, il introduit le corpus avec un idiome médiéval composé,
cette fois, d’une homophonie du style du conductus. Steven Stucky est un compositeur fort prisé dont la musique orchestrale a été jouée par de nombreux orchestres
internationaux et dont le Second Concerto for Orchestra a reçu un prix Pulitzer. Éminent conférencier et professeur, ce grand commentateur de la scène musicale contemporaine américaine a été
récemment nommé président du conseil de l’American Music Center. Comme Frank Ferko, il a voué une partie de son travail à l’étude d’un grand compositeur européen du XXe siècle, Witold Lutoslawski,
dont il publia une biographie, acclamée, en 1981. Avec ses Three New Motets « in memoriam Thomas Tallis », composés en 2005 pour
le Seattle Pro Musica, dans le cadre des célébrations du cinq centième anniversaire de Tallis, il rend hommage à une autre lumière de la musique ancienne—que cinq siècles séparent cependant de
Hildegarde. Des trois textes qu’il choisit, seul O sacrum convivium fut sans doute aucun mis en musique par le vieux maître élisabéthain, et les liens avec la langue musicale de ce dernier
sont plus relâchés ici que dans le cas de Ferko avec Hildegarde. Passé l’urgence rythmique du O sacrum convivium, O admirabile commercium et O vos omnes, tous deux à prédominance
homophonique, sont paisibles et respectueux, à l’image des courts motets à quatre parties de Tallis. Harmoniquement audacieux, ils n’en éveillent pas moins un sentiment d’hommage, modeste mais
puissant, à leur dédicataire. Le plus jeune compositeur de ce disque, le compositeur-pianiste norvégien Ola Gjeilo, termina ses études à la Juilliard School en 2006
avant de s’installer à Manhattan. Déployer des musiciens dans des combinaisons novatrices tout en intégrant des techniques d’improvisation lui valut un succès éblouissant dans la musique chorale et
commerciale. Il est représenté ici par deux œuvres fondées sur des textes empruntés à la messe. Gjeilo était diplômé depuis peu lorsqu’il composa pour l’Uranienborg Vokalensemble son majestueux
Sanctus, dont la riche texture se scinde parfois en douze parties. Quant à Phoenix, qui clôt notre disque, il met en musique le dernier mouvement de la messe (« Agnus Dei ») et fut rédigé en 2008 pour la Phoenix Chorale, avec laquelle Gjeilo entretint une fructueuse collaboration. Cette pièce utilise des
phrases mélodiques façon plain-chant, dans une texture toujours plus dense, jusqu’à aboutir à l’ultime prière pour la paix, exprimée dans les deux extrêmes de l’ambitus dynamique—d’abord
ffff puis, pour terminer, ppp.
Gabriel Crouch
Traduction Hyperion
© Hyperion 2011 – Reproduction interdite
Traduction Hyperion
© Hyperion 2011 – Reproduction interdite
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